‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 3)Chapitre 97 sur 156 · I. Rhodeus elongatus Agass · texte numérisé non relu

I. Rhodeus elongatus Agass

Vol. 5, Tab. 54, fig. 4, 5 et 6.

( Cyprinus Nasus de Saussure Catal.)

On voit au premier coup-d'œil que ce petit poisson n'est ni un Cobitis , ni un Gobio, ni un Barbus, ni un Cyprmus, ni un Tinca ; c'est donc à l'une des subdivisions du genre Leuciscus qu'il devra appai'tenir. La structure et la position de l'anale et de la dorsale et la forme des mâchoires l'éloignent également des genres Leuciscus, Chondrostroma et Abramis, tels que je les ai restreints dans mon mémoire sur les Cyprins du lac deNeuchâtel. Le genre PJioxinus a de trop petites écailles, et le genre Aspius a le corps beaucoup plus effilé, plus élancé et surtout moins large en proportion de sa longueur. Il ne reste donc que le genre Rhodeus , et c'est en effet à celui-ci que je crois devoir rapporter les deux espèces fossiles figurées sur cette planche. Leur structure en général et les proportions des différentes parties du corps rappellent à beaucoup d'égards le Rhodeus amarus {Cyp. amarus BI.), que Saussure avait également cru devoir identifier avec les espèces fossiles. Ce qui distingue à mon avis le Rh. elongatus du Rh. amarus, c'est sa forme plus allonguée et plus grêle.

Des trois exemplaires figurés , c'est celui de fig. h qui est le mieux conservé et dont l'ensemble donne l'idée la plus juste de cette espèce ; seulement il est fâcheux que la plaque sur laquelle il est empreint soit fendue par le milieu , ce qui pourrait peut-être faire élever des doutes sur ses dimensions longitudinales. C'est pour prévenir de pareils doutes que j'ai ajouté les fig. 5 et 6, qui ont en outre l'avantage de faire ressortir plus clairement divers détails de structure moins visibles dans fig. l\ , comme par exemple les arêtes musculaires.

La colonne vertébrale est extrêmement grêle, composée de très-petites vertèbres, à apophyses épineuses très-minces. Les côtes sont proportionnellement très-longues ^ on compte 3, i5 vertèbres abdominales et i6, I vertèbres caudales. La tête est parfaitement conservée dans lexemplaire de fig. 4- On y voit distinctement les pièces operculaires , les rayons branchiostègues , les mâchoires et la grande orbite, qui constituent les caractères secondaires les plus saillans du genre Rhodeus.

La caudale est très-fourchue, composée de 5. L 9, 8. L 5 rayons. La dorsale, trèslarge à sa base et proportionnellement longue, compte i. L 10 rayons et 10 osselets interapophysaires, qu'il est cependant diflîcile de compter rigoureusement à raison de leur petitesse. L'anale a i. 12 rayons et 12 osselets. Les ventrales et les pectorales avaient les rayons assez nombreux, mais extrêmement grêles. Les écailles, que le dessin n'a pu rendre distinctement, sont de moyenne grandeur, comme celles du Rh. amants. On en distingue, sur l'original de fig. 5, quelques traces au dessus des ventrales. On voit en outre sur la plaque de fig. 4 une petite pétrification, portant sur l'original l'inscription de Chela cancri marini, qui me paraît être le noyau ouvert d'un petit fruit.

Les exemplaires originaux de mes trois figures font partie de la collection de M. Lavater de Zurich, et proviennent des schistes d'Oeningen.

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