II. Hybodus pybamidalis Agass
Vol. 3, Tab. 22 a, fig. 20 et 21.
Il est probable que la plaque figurée représente une mâchoire ou du moins une portion de mâchoire. S'il en est ainsi , nous y trouvons la confirmation d'un fait déjà énoncé à l'occasion du H. reticulatus , savoir que les dents d'Hybodes ne sont pas soumises à des variations notables; car ici, comme dans cette dernière espèce, toutes les dents sont semblables, et il paraît même que les différences de taille n'apportent aucune modification sensible à la forme générale.
Par l'ensemble de ses caractères, cette espèce se rapproche davantage du t}'pe des dents à base large , tels que les H. médius et raricostatus , que des formes plus grêles , tels que les H. reticulatus et plicatiiis. Le cône principal est très-gros et pyramidal; sa hauteur n'égale jamais la largeur de la dent; souvent même il n'en atteint que la moitié. Les cônes latéraux ont cette même apparence massive qui caractérise le cône principal ; il y en a ordinairement trois en avant, et un ou deux en arrière, ensorte que la dent n'est pas équilatérale. De gros plis irréguliers et ondulés recouvrent la surface entière de la dent jusqu'au sommet du cône principal, formant, à la base de la couronne, des bourrelets très-saillans. La racine est assez haute et parallèle à la base de la couronne, ordinairement horizontale ou légèrement concave.
Du lias d'Angleterre. La plaque figurée se trouve dans la collection de M. Johnson. Le dessin original dû au pinceau de M. Muller m'a été communiqué par M. Stutchbury. La fig. 21 représente une dent isolée de la plaque fig. 20.
IIybodus minor Agass.
Le nom de H. mmor a été donné à cette espèce , d'après le piquant qui l'accompagne ordinairement, et que j'envisage comme provenant du même poisson. Ce nom convient d'ailleurs parfaitement bien aux dents qui peuvent être rangées parmi les plus petites du genre. Par leur aspect général , elles ressemblent assez à celles du //. apicalis , dont elles se rapprochent aussi par la taille ; cependant leur forme est un peu différente ; elles sont moins pyramidales et surtout plus recourbées en arrière (fig. 23''). Le cône principal est large, gros, et ordinairement accompagné de deux cônes secondaires de chaque côté. La racine est fort grosse , et dans quelques exemplaires sa hauteur égale à peu près le tiers de la hauteur totale de la dent (fig. 23'). La base de la couronne paraît être sensiblement horizontale. La surface entière de la dent est plissée, et les plis s'étendent en s'amincissant jusqu'au sommet du cône principal ; ils sont proportionnellement très-gros ; aussi n'en compte-t-on guère que huit sur l'une des faces du cône , tandis qu'il y en a bien plus sur d'autres espèces; au contact de la racine avec la dent, ces plis donnent lieu à des bourrelets trèsmarqués.
Il n'en faut pas davantage pour faire reconnaître cette dent entre toutes ses congénères , alors même que les cônes secondaires manqueraient ou seraient irréguliers comme dans la fig. 21. C'est ce qui m'a engagé à envisager comme identiques les exemplaires de fig. 20 et 22 , et ceux de fig. 23 , bien que ces derniers soient beaucoup plus petits. Il existe au musée de Bristol toute une série de dents de cette espèce , qui établissent des passages nombreux entre ces formes diverses. Lord Enniskillen et sir Philipp Egerton en possèdent de nombreux exemplaires trouvés à Austcliff avec des rayons que je crois appartenir à la même espèce. L'espèce paraît être propre au Lias.
Les fig. 21 et 22 représentent deux dents de grandeur naturelle, de la collection de lord Enniskillen, vues par la face interne.
Fig. 22' représente la dent de fig. 22 de profil.
Fig. 23' représente une plaque avec plusieurs petites dents, dans la collection de lord Enniskillen.
Fig. 23' représente une de ces dents grossie.
Fig. 23" la même dent grossie vue de profil.
Fig. 24 représente une dent un peu plus grande, également de la collection de lord Enniskillen, vue par la face extérieure.
La fig. 24' et fig. 24" représentent cette même dent grossie.