I. Galeocerdo aduncus Agass
Vol. 3, Tab. 26 . fig. 24-28. (Sous le nom de Galem aduncus). Syn. Galeiis adiiriciis Ag. in Ejjertoa Catal.
C'est une espèce de la molasse ; la forme générale des dents rappelle à bien des égards celle des dents du Galeocerdo arcticus des mers boréales (Tab. E, fig. a-6). Ce sont les mêmes proportions entre les différentes dimensions. La plupart des exemplaires que je connais ont environ un demi-pouce de long et autant de haut. Le bord antérieur forme un arc régulier ; le bord postérieur est fortement écliancré , et la différence essentielle entre notre espèce et le G. arcticus consiste en ce que la partie qui est au-dessous de l'écliancrure et qui représente en quelque sorte la base de la dent, est plus forte dans l'espèce fossile que dans l'espèce vivante. Les dentelures sont surtout marquées sur cette partie basale au-dessous de l'écliancrure ; elles sont à peine visibles sur la branche du cône , mais de^ iennent de nouveau plus fortes au bord antérieur. La base de Fémail est moins échancrée à la face externe qu'à la face interne , où elle forme presque un angle droit. La racine est plus ou moins concave et médiocrement épaisse , comme dans tous les Galeocerdo.
Les fig. 2.5-28 représentent une dent du Musée de Carlsruhe , provenant de Souabe, vue par la face externe fig. 25, par la face interne fig. 26, par devant fig. 27, et par derrière fig. 28. Il en existe d'autres exemplaires dans la collection de M. le comte de Munster, et dans celles de Tord Enniskillen et de sir Philipp Egerton. J'en possède moi-même plusieurs exemplaires assez bien conservés , trouvés dans la molasse suisse. Enfin MM. Studer, Escher et Thurmann m'en ont également conmumiqué divers exemplaires qui proviennent de la molasse de Wurenlos , de Berthoud et de la Chaux-de-Fonds.
IL Galeocerdo i-atideins Agass.
• Vol. 3, Tab. 26 , fig. 22 et 23. (Sous le nom de Galeus latidens).
Les dents de cette espèce sont bien moins massives que celles du G. aduncus , et surtout très-allongées , car elles mesurent trois quarts de pouce de longueur sur un demi-pouce de hauteur. Il résulte de ces' proportions que le bord antérieur, quoique long, est moins arqué que dans beaucoup d'autres espèces. Le cône est gros, court et très-pointu. L'échancrure postérieure forme un angle très-aigu au-dessous duquel les crénelures sont très-prononcées, tandis qu'elles sont très-fines sur le tranchant de la pointe de la dent et même à son bord antérieur. Cette dernière particularité (l'absence de fortes dentelures à la base du bord antérieur) dis-
tingue particulièrement cette espèce du G. arcticus. La base de la couronne est parallèle au contour de la racine sur la face externe (fig. 22) ; elle est sans doute plus fortement échancrée à la face interne.
L'original de ma figure se trouve au Muséum de Paris ; c'est jusqu'ici le seul exemplaire connu , à moins que les fig. 20 et 21 ne représentent la même espèce. L'origine de ces trois dents est inconnue.
in. Galeocerdo minor Agass.
Vol. 3, Tab. 26a, fig. 64—66. etTab. 26, fig. 15-21 , (sous le nom de Galeus minor).
11 existe au Muséum de Paris plusieurs petites dents assez semblables par leur forme au G. latidem, mais de taille trop inférieure pour qu'on puisse les attribuer à la même espèce. Leur gisement n'est pas connu , mais ayant reçu depuis la publication de ma planche une petite dent tout-à-fait semblable de la molasse suisse, que je crois identique, je ne puis douter que les exemplaires du Muséum de Paris ne soient également tertiaires. M. le comte de Miinster en possède un autre fort semblable, qui provient probablement d'Aix-la-Chapelle.
C'est une dent de forme très-acérée, à peu près aussi haute que longue. La base de la couronne est très-allongée. Le sommet est très-aigu et orné de chaque côté de dentelures très-fortes, surtout en arrière, au dessous de l'échancrure postérieure. Les bords du cône sont tranchans et lisses , ou du moins les dentelures sont si fines qu'on a de la peine à les distinguer. La racine est étroite et fortement échancrée, du reste parallèle à la base de l'émail du côté externe ; en revanche , l'émail est d'ordinaire plus fortement échancré sur la face interne ou bombée.
Les fig. IS — 19 de Tab. 26 représentent cinq dents différentes, qui offrent cependant toutes la même physionomie. Quant aux exemplaires de fig. 20 et 21, il se pourrait qu'ils appartinssent au G. latidens, vu leur grandeur ; cependant leur forme est la même que celle des petites dents, que j'envisage comme le type de cette espèce ; seulement elles ne sont pas aussi fortement échancrées que la dent fig. 22 , sur laquelle j'ai établi le G. latidens.
Les fig. 64 et 6o de Tab 26a représentent la dent de la molasse suisse que je possède, et la fig. 66 celle de la collection de M. le comte de Miinster.
rV. Galeocerdo gibberulus Agass.
Vol. 3, Tab. 26a, fig. 62 et 63.
Cette dent se fait remarquer par son cône élevé, à bords ondulés. Les dentelures de la base en avant et en arrière du cône sont très-prononcées , surtout les postérieures ; il y en a trois dans notre exemplaire qui vont en décroissant d'avant en arrière. La racine n'est pas
très-grosso, comme en général dans les Galeoccrdo. La base de l'émail est profondément échancrée à la face interne (fig. 62) , tandis qn'elle est plus horizontale à la face externe (fig. 63). La hauteur de la dent est à peu près égale à la longueur de la base. Le cône n'est pas entièrement droit, mais légèrement courbé en arrière; et il n'est aucune autre espèce dans laquelle il soit aussi peu incliné.
Loriginal qui est ici représenté par ses trois faces, par le côté interne, fig. 62, par le côté externe, fig. 63 , et de profil, fig. 63a, se trouve dans la collection de M. le comte de Munster, et provient de la craie marneuse deHaldem. Je l'avais nommée Notidanus (jibherulus dans la collection de M. le comte de Miinster; mais il se rapproche davantage du type des dents du genre Galeocerdo que de celui des Notidans; c'est ce qui m'a engagé à le transporter dans le premier de ces genres.