‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 5)Chapitre 197 sur 284 · CHAPITRE XXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIII

DU GENRE GLYPHFS Agass.

Au nombre des Carcharias vivans que MM. Mùller et Heule rangent dans leur sous-genre Prionodon , se trouve une espèce, le Carcharias (Prionodon) Glyphis, dont les dents antérieures de la mâchoire inférieure ont une forme si particulière , que l'on peut se croire autorisé à en faire un type à part , du moment que l'on envisage la dentition comme un caractère important pour la délimitation des genres et des espèces. Ces dents sont élancées, la racine et la base de la couronne sont seules un peu élargies. Le milieu du cône est tout d'une venue ; mais il s'élargit de nouveau un peu vers la pointe , qui prend la forme d'un ciseau de tailleur de pierre; d'où le nom de Glyphis. La racine est massive et a des cornes très-proéminentes. Mais ces particularités ne sont propres qu'aux trois ou quatre premières dents de la mâchoire inférieure ; les suivantes sont plus petites et ne présentent plus cette dilatation en forme de ciseau vers la pointe. Elles sont aussi moins allongées et légèrement inclinées en arrière. Les dents de la mâchoire supérieure ont une forme toute différente de celles de la mâchoire inférieure. Elles sont triangulaires, leur base est beaucoup plus large, et le cône se rétrécit insensiblement jusqu'à la pointe ; leur racine est aussi moins haute et moins concave ; en un mot elles ressemblent beaucoup aux dents de fig. 5a, 36, Se de Tab. F. On pourra se faire une juste idée de la dentition de ces Squales remarquables en comparant la figure de MM. Millier et Henle sur la même planche qui représente le corps du poisson.

D'après cela , il sera fort difficile , j'en conviens , de distinguer les dents de la mâchoire supérieure des Glyphis de celles des autres Carcharias. à moins que l'étude de la structure microscopique ne conduise à la découverte de caractères génériques inconnus jusqu'ici. En attendant, cette difficulté ne saurait être une raison de négliger le parti que l'on peut tirer des dents de la mâchoire inférieure.

Parmi les dents fossiles je ne connais encore qu'une espèce qui puisse être rapportée à ce genre , c'est mon Glyphis hastalis.

— nu —

Gl.YPHIS ÏÏASTALIS ÂgaSS.

Vol. 3, Tab. 36,fig. 10—13.

H existe dans la collection de l'Institut philosophique de Bristol deux dents de cette espèce, dont l'une très-allongée (fig. 10) doit être, d'après l'analogie de l'espèce vivante, la première ou la seconde dent de la mâchoire inférieure , tandis que celle de fig. 1 2 est probablement la quatrième ou la cinquième. Dans l'une, la hauteur du cône émaillé égale environ le double de la longueur de la racine ; dans l'autre la racine est beaucoup plus considérable . et sa longueur est égale à la hauteur du cône. Le cône, quoique comprimé comme dans tous les Squalides, est cependant épais et arrondi, et ses bords ne deviennent tranchans qu'à partir de l'élargissement en forme de ciseau qui est près du sommet. Cet élargissement est plus marqué dans la dent de fig. 10 que dans celle de fig. 12 , et surtout plus large que dans l'espèce vivante. Les bords antérieur et postérieur de la dent sont exactement semblables, mais il n'en est pas de même des faces externe et interne, et, vue de proiil (fig. 11 et 15) la dent, loin d'être plate, paraît au contraire fortement courbée, comme certaines espèces de Lamies , du type du Lamna contortidens , c'est-à-dire que la face interne , qui est concave près de la racine, s'arque de nouveau près de la pointe, qui est recourbée en dedans. La face externe est au reste concave comme chez les Carcharias, tandis que la face interne est convexe. Ces torsions sont beaucoup plus marquées dans la dent de fig. 10 que dans celle de fig. 12. La base de la couroime est horizontale à la face externe, au moins dans la grande dent; elle est échancrée dans la dent de fig. 12. La racine est très-haute et fortement échancrée à sa base.

Les deux dents ici figurées, les seules que je connaisse, proviennent de l'argile de Londres.

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