VII. Carcharodon auriculatus Agass
Vol. 3, Tab. 28, fig. 17-19.
SVN. Squnlus ainiciilafiis DeBl. Iclltll. p. 80.
Cette dent est de forme élancée , droite et triangulaire comme le C. anyustidens ; seulement ses dimensions sont moins considérables. De chaque côté du bord de l'émail, se voit un petit bourrelet qui est dentelé comme les bords marginaux de la dent elle-même. L'épaisseur de la dent est peu considérable ; la face interne est arrondie , la face externe est plane , voire même un peu concave, et le sommet de la dent , lorsqu'on l'exanune de profil (fig. 19) est légèrement recourbé en dehors. La racine est très-forte et très-concave. La base de l'émail est échancrée, et comme d'ordinaire beaucoup plus à la face interne (lig. 18) qu'à la face externe (fig. 19).
A en juger d'après l'analogie , cette dent doit être de la partie antérieure de la mâchoire. Il faudrait dès-lors, pour l'identifier avec le C. ancjustidens , admettre qu'elle provient d'un individu plus petit. Or, comme jusqu'ici nous ne possédons pas de forme intermédiaire, je
préfère la décrire sous un nom à part, sauf à la réunir plus tard au C. aiujustidens , si l'on parvient à en démontrer l'dentité.
L'original se trouve au Musée de Carlsruhe. Une autre dent très-élancée se trouve au Musée de Stuttgart, et une troisième au Musée de Strasbourg. J'en ai aussi ^u une trés-compléle provenant de Dax.
M. de Blainville a désigné le premier, sous le nom de Squolus auriculalus , une espèce dont il trouve le type dans l'ouvrage de Burtin. Dans la supposition que c'est peut-être la même que celle qui nous occupe ici, je lui ai conservé le nom de C. auriculalus. Les dents figurées dans Scilla , Tab. 12 , que M, de Blainville rapporte avec doute , il est vrai, à cette espèce . ne sont pas même des dents de poisson ; elles appartiennent à un genre particulier de nianuiiifères voisin des Phoques , que j'ai appelé Phocodon.
Vin. Carcharodon anCtUstidens Agass.
Tab. 28 , fig. 20-2S et Tab. 30 , fig. 3 (sous le nom de C. lanceolatus).
Cette espèce se fait remarquer entre toutes ses congénères par sa forme très-élancée. Sa plus grande hauteur mesure dans quelques exemplaires , et notamment dans fig. 20 , le double de sa plus grande longueur ; tandis que dans aucun exemplaire, la largeur de l'émail n'en égale la hauteur au-dessus de la racine. C'est donc une espèce bien caractérisée, sur laquelle il ne saurait exister aucun doute. Sa forme est celle d'un triangle isocèle, et vue de profil , elle est môme à-peu-près verticale (fig. 21, 22 et 2S). Son épaisseur va en décroissant insensiblement vers le sommet. La face externe présente au milieu une petite arête longitudinale, qui s'étend jusqu'au sommet. Vers les bords, cette même surface se déprime brusquement, ce qui la fait paraître ondulée. La face interne est bombée. La racine est plus renflée que l'émail , fort haute et très-concave; sa plus grande épaisseur est au-dessous de l'échancrure de l'émail ; ses cornes latérales sont comprimées et arrondies à leur extrémité. Les dentelures mariïinales de l'émail sont distinctes et uniformes. Enfin les bourrelets latéraux sont très-accusés , au moins dans les deux exemplaires de fig. 22 et 24 (ils sont enlevés dans l'exemplaire de fig. 20). Ils sont finement dentelés dans la fig. 24 , tandis qu'ils ne sont que mammelonnés dans la dent de fig. 22. L'angle qu'ils forment avec le cône principal est un angle aigu, tandis que dans beaucoup d'autres espèces et notamment dans le C. auriculalus, c'est un angle très-ouvert.
Les originaux de nos trois figures se trouvent au Muséum de Paris , où ils ont été déposés par M. Pasquier. Leur origine n'est pas connue. La môme espèce se trouve aussi dans le terrain tertiaire de Kressenberg, et j'ai tout lieu de croire maintenant que la dent représentée sous le nom de C. lanceolatus sur notre Tab. 30 , fig. 3 , est la même espèce dépourvue de racine.