II. Otodtis lanceolatus Agass
Vol. 3, Tab. 37, fig. 19-25.
Cette espèce est de grande taille ; elle a beaucoup de rapport avec VO. obiUimis de l'argile de Londres, et je ne serais pas étonné si , par l'étude comparative d'un grand nombre de dents , on venait un jour à démontrer que ces deux espèces sont identiques. J'envisage les dents de fig. 21 et 22 comme des dents antérieures, et celles de fig. 19 et 20 comme sises plus en arrière, sur les côtés des mâchoires. Or il est à remarquer que chez notçe 0. lanceolatus , les cônes latéraux des dents antérieures acquièrent un développement proportionnellement beaucoup plus considérable que chez VO. obliquus, où nous n'en voyons d'aussi forts que sur les dents postérieures. La racine, quoique haute, est peu gonHée à la face externe (fig. 21 h et 22 6) , et ne donne pas lieu à un renflement aussi considérable que celui quon remarque dans VO. ohliqmis. L'émail ne montre aucune trace distincte de plis, et les cônes latéraux, lorsqu'ils existent sont ordinairement plus ou moins émoussés; mais il paraît que le plus souvent ils sont enlevés.
Les originaux de liies figures se trouvent dans la collection de M. le comte de Miinster et proviennent du grès ferrugineux de Kressenberg , la plus ancienne couche tertiaire de cette localité.
La fig. 1 9 est une grande dent du devant de la mâchoire , vue par la face interne , montrant une forte échancrure dans la base de l'émail.
La fig. 20 est une dent semblable, mais un peu plus petite, vue par la face externe.
Fig. 21 est une dent des côtés de la mâchoire vue par la faee externe ; par la face interne fig. 21 a, et de profil fig. 19 h. Les cônes latéraux ont disparu.
Fig. 22 est une autre dent un peu plus effilée également des côtés de la mâchoire, vue par la face interne fig. 22a, et de profil fig. 22 6.
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Quant à la fig. 23 , ce n'est qu'avec doute que je l'envisage comme une dent postérieure de la même espèce ; cependant quand on songe aux différences de forme que l'on remarque dans l'O. obliqmis et dans beaucoup d'autres Squalides vivans, on ne doit pas être étonné d'une pareille identité, d'autant plus que la dent provient du même terrain et de la même localité. Fig. 23 la montre par la face externe; fig. 23a par la face interne; et fig. 23 6, de profil.
m. Otodtts appendictjlatus Agass.
Vol. 3, Tab. 32, fig. 1-25.
Syn. Lamna appendiculata Agass. Feuill. p. 54. — Mantell Geof. ofSiissex. Tab. 32, fig. 2. 3 , 3. C et 9.
On trouve dans les terrains de craie une espèce de dents qui , bien que de forme et de dimensions variables , se fait cependant remarquer par la présence de larges bourrelets latéraux, comprimés , et dont les contours paraissent en général obtus , quoique leur pointe soit souvent très-acérée. Comme ces dénis ont toutes un air de famille , je les ai réunies en une espèce particulière , sous le nom d'O. appendiculatus. Je sais bien que parmi le nombre , il y en a plusieurs qui diffèrent beaucoup plus entre elles que certaines espèces que j'ai reconnues pour être distinctes. Aussi n'ai-je pas la prétention d'avoir dit le dernier mot sur les caractères de cette espèce si répandue ; il se pourrait surtout que les dents qui sont ici représentées au trait fig. 1 9-25, appartinssent à une autre espèce. J'ai aussi quelques doutes à l'égard des fig. 17 et 18 à cause de leur extrême largeur. Quant aux autres , je suis d'autant plus porté à les envisager comme identiques , qu'elles proviennent toutes de la craie des environs de Brighton. Les différences que l'on remarque dans les dimensions et dans la forme , s'expliquent facilement par des différences d'âge et par la position des dents dans la gueule. Le fait que les plus petites dents et les plus arquées sont aussi celles qui ont les bourrelets latéraux les plus prononcés , n'a rien qui doive surprendre , car nous retrouvons la même chose dans d'autres espèces , en particulier dans VOtodus obliquus et dans plusieurs Squalides vivans.
La racine n'atteint point des dimensions exagérées; mais elle est assez épaisse et surtout renflée au milieu , ainsi qu'on peut le voir par les fig. 3' et 10'. La base de la couronne est àpeu-près horizontale dans la plupart des dents ; il n'y a que les grands exemplaires de fig. 9 et 15 dans lesquels elle soit échancrée. Ces mêmes dents ont aussi la racine très-concave et munie de fortes cornes latérales.
C'est une espèce particulière à la craie. Lesdentsde fig. 1 , 2,3, k, 5, 6, et celles de fig. 9, 10,11,12, 14, 15, 16 proviennent de la craie blanche des environs de Lewes, et se trouvent dans la collection de M. Mantell.
La dent de fig. 7 se trouve dans la collection de Lord Enniskillen, et provient du Gault de Speeton ; elle est remarquable par sa base étroite et sa forme élancée. C'est peut-être une es-
pèce distincte. Fig. 8 et-iS appartiennent au Musée de Strasbourg. Fig. 17 appartient au Musée de INewcaslIe, et provient de la craie marneuse des environs de Cambridge. Fig. 19-25 se trouvent dans la collection de M. Bronn , et proviennent de la craie d'Aix-la-Chapelle.
Enfin, je rapporte à cette espèce un grand nombre de dents provenant du Planer de Striihla, près de Dresde, de la craie de Quedlimbourg, du Planer de Kinkelrode, près de Miinster. et de plusieurs autres localités d'Allemagne , dont il existe de fort beaux exemplaires dans la collection de M. le comte de Munster. On voit un exemplaire de cette espèce au Musée de Paris, qui provient des Etats-Unis, des bords du canal de Delaware. M. Bouchard, de Boulogne-sur-Mer, m'a également communiqué une dent de la craie de Normandie , très-semblable à celle de fig. 15. et que je crois identique.