IX. Otodus tricuspis Agass
Vol.3,Tab. 36, fig. 28.
Malgré sa petitesse extrême (fig. 28 ), cette dent est l'une des plus remarquables du genre. Elle est ramassée , trapue et d'une épaisseur considérable ; les cônes latéraux acquièrent en outre un développement relatif beaucoup plus considérable que dans les autres espèces. On remarque à la base de l'émail sur la face externe sept gros plis très-saillans et fort courts qui ressemblent à une série de bourrelets allignés horizontalement. Le cône principal est large et ne se rétrécit que très-insensiblement. Comme je n'ai pas vu l'original . je ne puis dire si le
sommet qui paraît ici très-obtus, l'est réellement de sa nature, ou bien si c'est l'effet de l'usure. Les cônes latéraux ne sont pas très-aigus, quoique terminés en pointe. Leur largeur à la base égale à-peu-près la moitié de la largeur du cône principal. La racine n'est pas conservée. La base de l'émail dont les contours sont très-nets, n'est que légèrement concave à la face externe (fîg. 28a), tandis qu'elle présente une échancrure très-prononcée (fig. 286) à la face interne. Cette jolie petite dent fait partie de la collection de M. le comte de Munster ; elle provient du grès tertiaire de Wilhelmshohe près de^Cassel. Fig. 28 indique la grandeur naturelle; fig. 28 a et 6 sont grossies.
t X. Otodus siTBPLicATus Mûnst.
Vol. 3, Tab. 36, fig. 38.
M. le comte de Miinster désigne sous ce nom une dent de sa collection , de forme allongée , arquée en arrière , à bords tranchans et à pointe acérée , et remarquable par la présence d'un certain nombre de plis à la face interne (fig. 38). Ces plis ne s'étendent pas bien haut , et les plus longs égalent à peine le tiers de la hauteur du cône. Les bourrelets latéraux sont peu saillans et très-arrondis. La racine n'est ni haute ni épaisse, mais légèrement échancrée à sa base. La base de l'émail est horizontale à la face externe et un peu plus échancrée à la face interne (fig. 38«).
Je ne connais encore qu'une dent de cette espèce ; l'original se trouve dans la collection de M. le comte de Miinster et provient des sables marneux tertiaires de Blinde.
XL Otodus trigonatus Affass.
Vol. 5, Tab. 56, fig. 35-57.
Ce sont de petites dents reposant sur une base très-allongée. Le cône ne se rétrécit qu'insensiblement à la base, mais il n'en est pas moins pointu et à bords tranchans. Fig. 3.5 est la matrice de fig. 36 ; l'on y distingue fort bien l'empreinte du petit cône latéral qui a disparu de la dent même. L'épaisseur de la dent n'est pas très-considérable; la face externe est plane, la face interne bombée. La racine est assez épaisse. Les fig. 37 et 37 a représentent une dent un peu plus grande , que j'envisage comme appartenant à la même espèce.
Les originaux font partie de la collection de M. le comte de Miinster , et proviennent du terrain tertiaire de Kressenberg.
\1I. Otouus apiculatus Agass.
Je désigne sous ce nom quelques dents qui se trouvent au Muséum de Paris. Celles <|ue j'envisage comme le type de cette espèce (fig. 32 et 33) se trouvent pour ainsi dire sur les fonfîns du genre Olodus. Elles sont très-plates, et l'une d'elles (fig. 33) ressemble, à s'y méprendre, à VOxyrh. hostalis. Mais ce qui empêche de les confondre , c'est qu'il existe sur le côté un bourrelet latéral, très-petit, il est vrai, mais qui cependant ne doit pas passer inaperçu du moment que l'on envisage les mamelons latéraux comme caractéristiques du genre Otodus. La dent est du reste verticale, et la pointe seule est légèrement recourbée en dehors (fig. 32' et 53'). Le bord antérieur est droit (fig. 33), ou légèrement arqué (fig. 32), suivant les exemplaires, ou mieux, suivant la position que les dents occupaient sur les mâchoires. La face externe est plate ; la face interne est moins bombée que dans aucun autre Otodus . ce qui contribue à lui donner cette forme aplatie qui le caractérise. La racine n'est pas trèsépaisse ; sa base est légèrement échancrée , ainsi que la base de l'émail.
L'étiquette indique que l'une de ces dents provient du calcaire de Veteuil. La fig. 53' (au dessus de fig. 35) et la fig. 55 paraissent avoir été charriées.
XIIL Otodus recticonus Agass.
Vol. 3, Tab. 36, fig. 31.
Telle qu'elle est ici représentée , cette dent ne ressemble à aucune de celles (jue nous venons de décrire ; mais ce n'est point là une raison suffisante pour éloigner cette espèce du genre Otodus , attendu que la plus grande diversité peut régner entre les dents d'une même mâchoire. Cependant comme je ne connais point encore d'espèce à laquelle je puisse la rapporter d'après l'analogie de la dentition des Otodus en général , je crois devoir la décrire ici sous un nom particulier. Sa forme est essentiellement triangulaire ; les deux côtés sont égaux et droits. La longueur égale presque la hauteur. L'épaisseur n'a rien d'exagéré et le cône s'amincit sensiblement vers la pointe. La racine a disparu ; la base de l'émail est horizontale à la face externe (fig. 34) , très-échancrée à la face interne (fig. 54 o).
L'original se trouve dans la collection de M. le comte de Miinster et provient, selon l'étiquette, de l'île de Malte. La question de savoir si c'est bien un Otodus ne pourra être décidée que lorsqu'on aura découvert des exemplaires munis de leurs bourrelets latéraux.