CHAPITRE yi
DES GENRES TRISTYCHILS , PTYCHACANTHUS ET SPHENACAINTHUS.
Si les rayons épineux des différens genres de Chondroptérygiens vivans n'affectaient pas des formes très-caractéristiques et constantes , il pourrait paraître prématuré d'ériger des genres nouveaux pour y ranger les nombreux rayons fossiles que l'on trouve dans toute la série des terrains stratifiés. Mais l'incertitude à laquelle on est en proie quand on commence à étudier ces débris, se dissipe bientôt en voyant combien les caractères des espèces fossiles sont constans et comment ces espèces varient d'une formation à l'autre. On n'éprouve alors plus qu'un seul regret, c'est de ne posséder souvent que des Iragmens très -incomplets d'un être que l'on ne peut rapporter à aucun des genres établis, et même de ne pas pouvoir toujours s'assurer si les diverses parties que l'on a trouvées dans un même gîte proviennent du même animal. En établissant les genres suivans, j'éprouve ce double embarras,
DU GENRE TRISTYCHIUS.
Le rayon qui est représenté tab. i a fig. 9, est le seul que je connaisse de cette espèce. Par sa forme il se rapproche extrêmement de ceux du genre Leptacanthus ; il en diffère cependant génériquement en ce qu'il a des sillons longitudinaux trèsmarqués à sa surface et sur toute la partie qui sortait des chairs , entre lesquels on distingue de fines stries qui se confondent fréquemment j tandis qu'à sa base on ne remarque que de fines stries. Cependant le caractère le plus marquant de ce genre de rayons consiste dans les trois quilles qui se trouvent à sa face antérieure , et dont la plus saillante est médiane \ les deux autres qui se continuent aussi jusqu'à la base du rayon sont latérales et s'éloignent insensiblement de la quille médiane. Entie ces quilles il y a de fines stries longitudinales. Aux bords postérieurs il y a des épines acérées, comme dans le genre Hybodus.