V. Lamna acuminata Agass
Vol. 3, Tab. 37 a, fig. 51-57.
(^ette espèce est très-commune dans la craie, et l'on en trouve des exemplaires dans une foule de collections d'Angleterre. Elle est de moyenne largeur, assez épaisse à sa base; ses bords sont tranchans. La face externe est plane ; la face interne est légèrement bombée. Les deux bords sont égaux. Les cônes latéraux sont petits, mais saillans. La racine est de moyenne grosseur.
Par un hasard extraordinaire, je n'ai à ma disposition aucun exemplaire bien conservé de cette espèce si commune ; j'emprunte par conséquent à l'ouvrage de M. Dixon la fig. 54 , qui représente une dent parfaite.
La dent de fig. 55, qui me paraît être la même, mais dont la racine n'est pas conservée, provient du grès vert de Pewsey. Enfin je rapporte aussi au L. acuminata les deux dents de fig. 56 et 57, de la craie marneuse (Planer) de Saxe.
Les plus belles dents de cette espèce se trouvent dans la collection de M. Mantell, au Musée de Scarborough, et dans la collection de lord Enniskillen et de sir Philipp Egerton. On l'a également signalée dans le terrain crétacé d'Aix-la-Chapelle.
Il est probable que les vertèbres que l'on trouve dans les mêmes couches , proviennent de cette espèce. M. Hall . de Leeds . en possède quatorze.
W. Lamna crassideks Agass.
Vol. 3, Tab. 35, fig. 8-21.
Le nom de cette espèce en indique le caractère essentiel , qui consiste dans sa forme courte et trapue. J'ai sous les yeux un nombre assez considérable de ces dents ^ qui m'ont été communiquées en partie par M. le professeur V^alchner, en partie par M. Klausing; elles proviennent d'une couche de fer pisolitique près de Mœskirch sur les bords de l'Alpbach, dans le domaine du Danube supérieur.
Au nombre des exemplaires figurés, il s'en trouve de formes diverses qui correspondent sans doute aux diverses régions de la gueule. Le cône dentaire rappelle à beaucoup d'égards celui de VOxijrh. Desorii décrit ci-dessus; il est courbé en arrière comme celui-ci, avec une tendance à revenir en avant vers la pointe ; et n'étaient les bourrelets latéraux , on pourrait facilement confondre les deux espèces. La face externe est légèrement bombée, ce qui n'empêche pas les bords d'être tranchans. Les originaux de fig. 19 et 20 se trouvent dans la collection de M. Klausing à Carisruhe ; ceux de fig. 12 et 14 dans celles de M. H. de Meyer.
Les autres font partie de la collection de M. Walchner. Ce savant géologue m'apprend qu'on a trouvé dans la même couche des dents d'Ours, des dents de Rhinocéros, des fragmens de grandes Tortues et des moules de coquilles qui paraissent provenir de l'oolite inférieure et sont transformés en pisolites. C'est également dans ce terrain que M. d'Alherti a trouvé quelques fragmens de l'espèce si remarquable de Phoque que j'ai nommée Phocodon Scillœ . et dont Scilla a (îguré une mâchoire avec plusieurs dents.
Vil. Lamna (Odontaspis) hopei Agass.
' Vol. 3, Tab. 37 a, fig. 27-30.
Cette espèce, l'une des plus fréquentes de l'argile de Londres, se trouve ordinairement associée aux dents du L. compressa. On pourrait peut-être, connaissant les variations auxquelles sont assujetties les dents d'une même espèce, l'envisager comme une forme particulière de cette dernière , correspondant à une position spéciale sur la mâchoire; mais il faudrait pouicela qu'un même poisson eût à la fois des dents plates et droites et d'autres renflées, subulées et cylindriques. Or, je n'ai remarqué nulle part des différences semblables dans les espèces dont j'ai pu étudier la dentition complète. J'envisage en conséquence ces dents subulées comme provenant d'une espèce particulière , et je me fais un plaisir de la dédier au célèbre entomologiste, M. Hope, qui m'a mis en état d'en faire une étude détaillée, en m'en abandonnant un grand nombre d'exemplaires.
C'est de toutes les dents de forme subulée la plus plate. 11 y en a de fort grosses, d'autres très-effdées ; mais toutes sont à-peu-près cylindriques près de la base. Les bords ne deviennent saillans que vers la pointe, à mesure que la dent s'aplatit. La racine est épaisse et ses cornes rapprochées. On distingue fort bien le tlou nutritif, au milieu de la partie la plus saillante de la face interne delà racine. Les cônes latéraux sont petits et subulés, souvent à l'état rudimentaire. Il est rare qu'ils soient conservés dans les grandes dents. La face externe , qui est plate près de la pointe, s'arrondit insensiblement vers la base, où elle est presque aussi renflée que la face interne. L'une et l'autre sont lisses , sans trace de stries.
On trouve de ces dents en quantité dans toutes les collections de fossiles de Sheppy. Souvent elles sont usées et oblitérées , lorsqu'elles ont été roulées quelque temps sur la plage ; celles que l'on recueille au milieu de la couche d'argile sont au contraire toujours parfaitement intactes. Il y en a dont les dimensions sont à-peu-près doubles de celles qui sont ici figurées. On trouve souvent des dents de cette espèce parmi les fossiles du Crag ; mais elles ne sont que remaniées de leur gisement primitif; de même que de nos jours la mer qui bat les côtes de Sheppy, en entraîne probablement aussi un certain nombre dans les dépôts qui se forment au fond de l'Océan.
TOM. tll. 39
VIIl. Lajvina (Odontaspis) verticalis Agass.
Vol. 3, Tab. 37a, fîg. 31-32.
Au nombre des dents de Squales de Sheppy, que je dois à l'obligence du Rév. Hope, se trouvent plusieurs dents que je ne puis rapporter ni au Lamna Hopei , parce qu'elles ne sont pas tordues, ni au L. compressa, parce qu'elles sont très-épaisses, ni au L. elegans , parce qu'elles sont dépourvues de stries à la face interne. Ce qui caractérise en particulier notre L. verticalis , c'est sa forme droite et son renflement considérable , qui ne se borne pas seulement à la racine, mais qui est encore très-notable à la base de l'émail. Les bords n'en sont pas moins très-tranchans jusqu'à la racine. Il existe en outre des dentelons latéraux très-marqués , en forme de petits cylindres très-pointus ; et par une exception assez rare dans les Lamna, ces dentelons sont conservés dans les quatre exemplaires que je possède. La racine a des cornes très-accusées et assez rapprochées. La base de l'émail est plus échancrée à la face externe qu'à la face interne, où elle ne descend pas tout-à-fait aussi bas. Le' trou nutritif est distinct dans tous les exemplaires.
IX. Lamna (Odontaspis) acuussima Agass. Vol.3, Tab.37fl, fig. 33et 34.
Les dents que je désigne sous ce nom sont très-aiguës , mais en même temps assez épaisses à la base ; ensorte qu'elles se rapprochent assez du L. verticalis : ce qui les en distingue cependant , c'est que leur face interne est distinctement striée , et sous ce rapport l'analogie est plus grande avec le L. contortidens. La racine est fortement renflée à la face interne, et le trou nutritif y est des plus distincts. Les bords sonUtranchans vers le sommet et ne s'arrondissent que près de la base. Enfin , les cônes latéraux sont très-développés , fort longs, cylindriques et très-aigus.
L'origine de la dent de fig. 37 ne m'est pas connue ; mais il est probable que c'est une espèce tertiaire. La dent de fig. 34, que j'envisage provisoirement comme identique , provient de la molasse de Berthoud,
X. Lamna (Odontaspis) contortidens Agass. Vol. 3, Tab. 37fl, fig. 17-23.
Cette espèce se caractérise par sa forme subulée , irrégulière et recourbée en dedans ; sa face interne est distinctement plissée, et les plis se poursuivent sur toute la longueur du cône jusque près du sommet, affectant la forme de petites veines plus ou moins ondulées, très-
nombreuses et fort distinctes à la base de l'émail, mais dont le nombre diminue plus haut à mesure qu'elles se confondent. La racine est très-développée , fort épaisse, et le trou nutritif situé au milieu de sa partie la plus renflée est d'ordinaire très-distinct. Les cornes de la racipe sont de grandeur moyenne et sensiblement rapprochées comme dans toutes les espèces subulées. La face antérieure est plane , mais les bords ne de^ iennent tranchans que vers la pointe. Plus bas, près de la base, ils sont très-obtus, et le cône de la dent a une forme sensiblement subcylindrique.
Cette espèce est très-fréquente dans la molasse ; on la rencontre dans une foule de localités de la Suisse et dans les graviers tertiaires de Flonheim, dans la vallée du Rhin. M. Hartmann l'a aussi trouvée dans le calcaire molassique de Thiengen , en Souabe. Elle parait fréquente dans le Grag d'Angleterre.
XL Lamna (Odontaspis) dubia Agass.
Vol. 3, Tab. ù7a. fig. 21-26.
Ces dents soulèvent d'une manière directe la question de savoir si les stries de la face interne sont réellement un caractère d'espèce ; car à part l'absence complète de stries , elles ont absolument la même apparence que les dents du L. contortidens, avec lesquelles elles se trouvent très-souvent associées. N'ayant jusqu'ici aucun exemple dans les espèces vivantes qu'un seul et même poisson put avoir des dents plissées et des dents non plissées, j'envisage ces dernières comme provenant d'une espèce à part. Pour ne point les confondre avec le L. contortidens , il faut examiner les dents de très-près et à la loupe , car les plis de l'émail sont souvent si fins, qu'ils sont fort difficiles à reconnaître. Le cône est au reste sensiblement arrondi et subcylindrique près de la base ; il ne prend une forme aplatie que vers la pointe. La racine est rarement conservée ; il en est de même des cônes latéraux, que je n'ai vus jusqu'ici que dans la dent de fig. 26, où ils sont cylindriques, allongés et très-aigus.
On trouve en Suisse des dents de cette espèce dans toutes les collections de fossiles de la molasse.
XIL Lamna (Odontaspis) gracilis Agass.
Vol. .5, Tab. 37 a, fig. 2-4.
Je ne connais encore que trois dents de cette espèce ; elles ont été trouvées par M. Auguste de Montmollin, dans le calcaire néocomien (pierre jaune) de Neuchâtel. C'est jusqu'ici la seule espèce de Lamie que l'on ait signalée dans ce terrain. C'est en même temps la plus grêle de toutes les Lamies fossiles connues. Elle est subulée, fortement recourbée en dedans;
mais ce qui la distingue des espèces décrites ci-dessus , c'est que ses bords sont tranchans sur toute la longueur de l'émail. La face externe est plane ; la face interne est sensiblement bombée. Le fait que les trois exemplaires connus sont de même taille, me fait supposer qu'elles ne sont point retardées dans leur développement , mais qu'elles ont réellement atteint leur laille définitive. On ne remarque aucune trace de stries à la face interne.
XIIL Lamna ( Odontaspis ) subulata Agass. Vol. 3, Tab. 37a, fig. 5-7.
C'est l'une des espèces les plus élancées et les plus grêles que je connaisse. Elle a évidemment beaucoup de rapports avec le L. gracilis du néocomien. Cependant je n'ai point cru devoir les identifier, parce que je ne connais de notre espèce que la face externe , et ne puis par conséquent pas savoir si sa face interne qui est cachée par la roche, est striée ou non. Il faudrait aussi pouvoir comparer la racine ; or, nous avons vu qu'elle n'est point conservée dans le L. gracilis. Dans notre espèce , elle est fortement échancrée , et l'on remarque de chaque côté un petit cône très-acéré.
L'original se trouve en la possession de M. le comte de Munster et provient de la craie marneuse de Quedlimbourg. La fig. 5o est grossie. Je rapporte provisoirement à la même esl)éce la dent de fig. 6 qui se trouve dans la collection de M. le comte de Miinster, et provient du grès vert de Ratisbonne ; la dent de fig. 7 provient aussi du grès vert , de Bognor en An- «ïleterre.
XIV. Lamna (Odontaspis) rhaphiodon Agass. Vol. 3, Tab. 37a, fig. 11-16.
Les dents de cette espèce sont subulées et de forme élégante. On les reconnaît facilement à plusieurs caractères très-marqués ; et d'abord leurs bords sont tranchans malgré leur épaisseur ; de plus ils se rapprochent sensiblement au milieu de la face externe, de manière à présenter un étranglement plus ou moins prononcé. Il existe en outre au milieu de la face externe une arête médiane très-saillante , qui s'étend souvent sur presque toute la longueur de la dent (fig. 1 1 a) et qui , vue de profil, déborde de beaucoup les bords latéraux (fig. 116). Cependant ces caractères ne sont pas toujours aussi tranchés qu'ils le sont dans nos figures. Il est beaucoup de dents dans lesquelles le rétrécissement des bords est bien moins sensible et l'arête médiane bien plus faible. Enfin Iji face interne est marquée de stries très-distinctes, qui disparaissent insensiblement vers la pointe , et qui, vues à la loupe , présentent un très-joli dessin (fig. 13a). C'est une espèce fréquente dans la craie de Lewes. Les originaux de fig. 1 i , 12 et 13 se trouvent dans la collection de M, Mantell.
Il est probable que les fig. 14 , 15 et 16 représentent la même espèce; cependant je ne puis l'aflirmer d'une manière certaine , n'ayant pas eu l'occasion de les comparer directement avec des exemplaires d'Angleterre.
Les originaux se trouvent dans la collection de M. le comte de Munster, et proviennent du grès vert de Ratisbonne