‹ Recherches sur les poissons fossiles (volume 5)Chapitre 239 sur 284 · DE LA STRUCTURE DES DENTS DES SQUALIDES · texte numérisé non relu

DE LA STRUCTURE DES DENTS DES SQUALIDES

Les dents des Squalides , à l'exception des Cestraciontes et des Hybodontes que nous avons rapportés à des familles à part , ont toutes une racine squammeuse et arrondie qui ne fait jamais corps aA^ec la mâchoire, et qui est surmontée d'une couronne plus ou moins tranchante et acérée. L'examen d'une vingtaine de genres de Squales vivans et fossiles nous a convaincu qu'il existe dans leur structure microscopique deux types de couronne très-distincts , tandis que la racine ne varie que dans la forme, mais non pas dans la structure intime. Le premier de ces types n'a à l'intérieur de la couronne qu'une seule cavité pulpaire , dont la forme imite les contours extérieurs de la dent. Cette cavité ne communique pas librement avec le canal alvéolaire de la mâchoire , comme c'est le cas de la plupart des autres dents à cavité pulpaire simple ; mais les canaux médullaires de la racine s'ouvrent sur toute la surface inférieure , et permettent ainsi le passage des vaisseaux nutritifs dans l'intérieur de la dent. Cette section comprend les genres Scylliuin , Pristidurus , Sqiiatina , Hemipristis , Sphyrna , Prionodon (Carcharias) , Galeus , Galeocerdo , Jcanthias , Spinax , Centrina, Scyinnm et Mustelus.

Le second groupe auquel appartiennent toutes les Lamies , notamment les genres Odontaspis , Lamna , Selache. Oxyrhina , Carcharodon , Otodus et les genres Corax et Notidanus , se distingue du premier par une dentine solide, sans cavité pulpaire principale, dans laquelle sont creusés une multitude de canaux médullaires secondaires qui , tout en conservant en général une direction ascendante vers le sommet de la couronne , s'anastomosent entre eux par des réseaux très-compliqués.

Comme les tubes calcifères sont disposés dans toutes ces dents de manière à former -un angle droit avec la cavité d'où ils rayonnent , il en résulte que dans les dents de la première section , ces tubes ont une direction très-uniforme et que l'on peut poursuivre sur des sections bien verticales les tubes calcifères dans toute la longueur de leur cours , tandis que les dents de la seconde section , dans quelque direction que l'on fasse la coupe , présentent toujours une quantjté de tubes ramifiés obliquement, La structure l'émail est la mêmedans les deux sections et varie comme les canaux médullaires d'après les genres et les espèces.

M. Owen qui, dans son excellente Odontographie (*) , a déjà fait une étude assez complète

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de la dentition des Squales , a bien remarqué cette différence de structure, qu'il mentionne à plusieurs reprises; mais comme il n'a examiné qu'un petit nombre de genres au microscope, se bornant pour les autres à en signaler les caractères extérieurs, si variés dans les Squalides , il n'a pas été dans le cas d'attacher une aussi grande importance à ces différences de sti'ucturc , d'autant plus que la plupart des genres qu'il a étudiés rentrent dans notre second groupe à dentine massive. Aussi la structure des dents , telle que nous l'envisageons aujourd'hui , nous fournit-elle un critère précieux pour la délimitation des genres et môme , dans quelques cas , poiH- le groupement des familles. C'est ainsi que le genre Carcharodon, si semblable aux vrais Carcharias par la forme extérieure de ses dents , se rapproche des Lamies par la structure de ces dernières, aussi bien que par ses autres caractères zoologiques ; c'est ainsi que le genre Corax , que sa forme pourrait à peine faire distinguer des vrais Galeus et des Galeocerdo , s'éloigne de ces genres pour prendre place à côté des Notidans. Enfin, le fait que les dents de différentes formes qui se trouvent dans les mâchoires de la même espèce affectent invariablement la même structure , comme je m'en suis convaincu à plusieurs reprises , est également d'une grande valeur pour la détermination des espèces fossiles , dont on ne trouve que des dents détachées. Ici la structure microscopique est la véritable pierre de touche , et ce n'est qu'autant qu'elle se montre la même que l'identité spécifique peut être maintenue , tandis que si elle est différente , tout rapprochement doit être rejeté , quelque semblable que soit la forme extérieure.

Du GEiSRE SCYLLIUM.

Vol. 3, Tab. N, fig. 1 et 2.

La cavité pulpaire de ces petites dents est assez considérable ; son diamètre égale à-peu-près celui de la dentine qui l'entoure. Les petits cônes secondaires dont ces dents sont garnies des deux côtés, ont une cavité à part qui communique rarement avec la cavité du grand cône. Les tubes calcifères qui rayonnent de la cavité vers la surface sont très-élégamment ramifiés et si peu serrés, qu'on en peut poursuivre chaque rameau jusque dans la couche émaillée. Ici les tubes sont très-serrés , très-fins et très-parallèles entre eux. La couche d'émail n'est pas séparée par une ligne de démarcation bien distincte. La racine est peu considérable. Les ramifications des canaux médullaires sont très-compliqués , mais peu serrés et les tubes calcifères qui en rayonnent sont peu nombreux.

Le genre Pristidurus ne se distingue des Scyllium que par sa couche d'émail , dont les tubes calcifères sont beaucoup moins serrés. Fig. I présente une coupe verticale d'une dent de Scyllium catulus ; fig. 2, une coupe verticale de Pristidurus melanostonms.

ToM. III 40

Du GEKRE SqUATINA.

Vol. 5, Tab. IV, fig. 3 et 4.

Ce genre se rapproche autant par la forme de ses dents que par leur structure des deux genres Scyllium et Pristidurus que nous venons de décrire. La cavité pulpaire y est même plus grande encore, de manière que le diamètre de la dentine est de beaucoup inférieur. Les tubes calcifères sont ramifiés d'une manière dendritique et assez rares. L'émail qui d'ordinaire en possède un grand nombre, n'en contient ici que bien peu. La racine est très-peu développée, et l'on trouve même des dents auxquelles elle manque presque complètement. Les fig. 3 et h montrent des coupes verticales du Sqiiatbia angélus.

Du GENRE HeMIPRISTIS.

Vol. 3, Tab. N, fig. 5.

Si, dans les genres précédens, la cavité pulpaire était beaucoup plus considérable que la dentine , nous trouvons ici le cas inverse. Dans la moitié supérieure de la couronne , la cavité est presque linéaire , et ce n'est que vers la racine qu'elle s'élargit un peu. Par une conséquence naturelle de cet arrangement , la dentine est très-épaisse et forme plusieurs couches concentriques. Les tubes calcifères qui la traversent sont ondulés dans tout leur cours et n'ont (jue des ramifications très -fines, appliquées contrôle tronc principal d'où elles se détachent. La couche d'émail est épaisse et forme à elle seule les serratures , dont les bords sont garnis des deux côtés ; elle est très-distinctement séparée de la dentine. Les tubes calcifères dont elle contient un grand nombre , sont parallèles et tellement fins , qu'ils prennent un aspect velouté. En général , la structure de la couronne de ces dents est telle, qu'il serait impossible, d'après le simple examen microscopique, de les distinguer des dents de Saurien. La racine est assez grande. Les ramifications des canaux médullaires sont très-compliquées, et les tubes calcifères qui s'en détachent en assez grand nombre se distinguent par leurs ramifications dendriticpies de ceux de la couronne , et forment des systèmes assez indépendans qui sont séparés par des lisières. La fig. S montre une coupe longitudinale deVHemipristis Serra.

Du GENRE CarCHARIAS (PrIONODOIN ) .

Vol. 3, Tab. N, fig. 6 et 7.

La cavité pulpaire tient à-peu-près le milieu entre celle des Hemipristis et celle des Scyllkim. Elle imite parfaitement le contour extérieur des dents , de telle sorte que , dans les dents triangulaires et comprimées de la mâchoire supérieure, elle paraît très-large sur une coupe

verticale parallèle aux deux faces, (aiulis qu'elle parait presque linéaire sur une coupe verticale prise dans l'autre sens. Les tubes calcifères sont assez abondans et ramifiés à la manière des peupliers d'Italie. Mais ce qui les dislingue de ceux du genre précédent, c'est l'absence d'ondulations, qui donnent un aspect si élégant aux dents des Hemiprislis. La couche d'émail est trèsnetlenienl séparée de la denline. Les tubes calcifères qui la traversent sont très-fins et tellement serrés, qu'il faut faire des franches excessivement minces pour les reconnaître. Les réseaux médullaires de la racine, qui d'ailleurs est assez considérable, sont très-compliqués, et les tubes qui en rayonnent tellement veloutés , qu'ils forment un tissu presque inextricable. Il est à remarquer que les dents des deux mâchoires , quelle que soit la différence de leur forme . sont toujours parfaitement semblables dans leur structure ; ce qui peut servir de guide pour la détermination des espèces fossiles. La fig. 6 représente une coupe verticale d'une dent triangulaire de la mâchoire supérieure de Carcharias ( Prionodon ) <//«hcws, prise dans la plus grande largeur de la dent; et fig. 7 , une autre coupe prise à travers les côtés comprimés.

Du GENEE SpHYRNA (ZyGAENa).

Vol. 3, Tab. N, fig. 8-10.

Les dents de ce genre se rapprochent beaucoup de celles des vrais Carcharias. La cavité pulpaire est assez grande. Les tubes calcifères qui en rayonnent diffèrent de ceux des Carcharias par leurs ramifications dendritiques. Les tubes de l'émail sont très-fins et serrés, et présentent même dans la plupart des espèces un aspect velouté. Les tubes de la racine sont peu développés. Les espèces fossiles de ce genre se distinguent peu des espèces vivantes. Dans la dent recourbée de Sphyrmi prisca (Tab.N, fig. 9), les tubes calcifères sont plus gros et moins ramifiés , et ceux de l'émail moins veloutés que dans les dents droites de la même espèce (Tab. N , fig. 10). Il se pourrait par conséquent que ce fussent deux espèces distinctes. Fig. 8 représente une coupe d'une dent de Sphyrna înalleus , prise dans sa plus grande largeur. Fig. 9, une coupe verticale d'une partie de la couronne d'une dent courbe de S;%*vi« prisca, et fig. 10 , une coupe verticale d'une dent droite de la même espèce.

Du GENRE GaLEUS.

Vol. 3, tab. 0, fig. 1 elâ.

La cavité centrale est assez considérable, et son diamètre à-peu-près égal à celui de la couche de dentine qui l'entoure. Les tubes calcifères qui en rayonnent sont distinctement dendritiques , et leurs dernières ramifications s'avancent jusque près de la couche d'émail , qui est très-nettement séparée de la dentine. et qui forme à elle seule les dentelures dont le côté externe

— 30a — de la dent est garni. Les tubes calcifères de cet émail sont veloutés et très-serrés. La racine n'otîre rien de remarquable dans son tissu. La fig. i montre une coupe verticale prise dans le sens de la plus grande largeur sur une dent de Galeus canis, et fig. 2 une coupe verticale en sens inverse.

Du GENRE GaLEOCERDO.

Vol. 3, ïab. 0, fîg. 3.

Dans ce genre , dont je n'ai eu occasion d'examiner que des dents fossiles , la racine est peu considérable ; les réseaux des canaux médullaires qui la traversent n'offrent rien de remarquable. La cavité centrale rappelle par ses dimensions celle des Hemipristis ; elle est presque linéaire dans la partie supérieure de la couronne. Les tubes calcifères sont parallèles, ramifiés à la manière des peupliers d'Italie , et plus gros que dans la plupart des autres genres de Squalides. Ce n'est que vers la limite de l'émail qu'ils offrent des ramifications plus considérables, qui forment un velouté assez serré. L'émail lui-même contient des tubes calcifères très-distincts et feutrés. Fig. 3 montre une coupe verticale d'une dent de Galeocerdo aduncus.

Du GENRE SpINAX.

Vol. 3, Tab.O, fig. 4etS.

Les dents de la famille des Galeus et des Spinax sont en quelque sorte intermédiaires entre les dents pointues et acérées des ScyUium et les dents larges et plates des Mustelus. Elles sont larges et minces, et ont une grande cavité semblable, comprimée latéralement, comme la dent elle-même. La denline qui l'entoure est presque transparente et n'offre qu'un petit nombre de tubes calcifères, dendritiques , dont les ramifications se perdent bientôt dans la substance. L'émail est même presque entièrement dépourvu de tubes calcifères. La racine est grande et montre presque toujours un ou plusieurs trous circulaires à sa face intérieure , par lesquels les vaisseaux nutritifs entrent dans l'intérieur de la dent. Ces trous circulaires sont remplacés dans la plupart des autres Squalides par des fentes transversales et longitudinales. Fig. 4 et 5 montrent des coupes de Spinax niger, prises dans le sens de la plus grande largeur de la dent.

Le genre Acanthias n'offre pas de différence dans sa structure.

Du GENRE CeNTRINA.

Vol. 3, Tab. 0, fig. 6.

La racine de ces dents hautes et tranchantes est très-considérable. Les tubes calcifères qui s'y trouvent sont très-fins et veloutés. La cavité pulpaire de la couronne est vaste, et les tubes calcifères qui en rayonnent , contrastent avec ceux de la racine , en ce qu'ils sont très-bruns

— ôon —

et présentent des raniifications dcndritiques. L'email présente dans son intérieur des tubes calcifères finement feutrés, Fig. 6 montre une coupe prise dans la plus grande largeur d'une dent de Ce)ttri>ia Sahiani.

Du GENRE SCYMNIIS.

Vol. 3,Tab. 0, fig. 7-9.

Ce genre , remarquable par la manière dont ses dents sont engrenées les unes dans les autres par leurs bords, nous offre à-peu-près la même structure que les genres précédons. La cavité centrale est grande, et les tubes calcifères qui en rayonnent, très-fins et veloutés, quoique dendritiques dans leurs ramifications. Ces ramifications se continuent dans l'émail qui, sans être bien séparé de la dentine , forme pourtant à lui seul les dentelures dont la couronne est ornée. La racine est grande , et les tubes calcifères qui s'y trouvent sont feutrés , comme dans la couronne.

Fig. 7 et 8 sont des coupes verticales, prises dans deux directions différentes. Fig. 9 montre une coupe horizontale à travers une dent.

Du GENRE MUSTELUS.

Vol. .5, Tab. 0, fig. 10 et H.

Les Mustehis nous offrent un type assez exceptionnel par la forme arrondie de leurs dents réunies en pavé, qui rappellent à certains égards les dents des Cestraciontes. Cependant la ressemblance n'est qu'extérieure ; car par leur structure , ces dents se placent à côté de celles des Raies. Loin d'avoir une dentine massive traversée de tubes calcifères indépendans , comme c'est le cas des Cestracions , les Mustelus montrent , au contraire , une cavité centrale assez grande, sur laquelle la dentine est appliquée sous forme de voûte. Les tubes dendritiques, <|ui rayonnent de cette cavité dans toutes les directions, sont assez rares, mais très-distincts. L'émail présente des rides diversement contournées et souvent usées ; c'est une disposition que l'on rencontre très-rarement chez les autres Squalides , mais d'autant plus fréquemment chez les Cestraciontes et les Hybodontes. Les tubes calcifères qui se trouvent dans cet émail , sont plus finement ramifiés que ceux de la dentine.

Fig. iO montre une coupe verticale d'une dent de Mustelus equestris ; fig. 1 1 , une coupe horizontale de la même espèce.

Du GENRE OdOKTASPIS.

Vol. 3, Tab.P, %.i-4.

INous commençons avec ce genre la série des Squales à dentine massive ; nous le plaçons en tête, parce que c'est le seul genre vivant d'une famille jadis nombreuse dont nous ayons eu une mâchoire entière à notre disposition , lorsque nous avons entrepris l'examen microscopique de ces dents. Les réseaux , qui sont formés par les canaux médullaires de la couronne, sont très-compliqués. On distingue en général un ou plusieurs canaux plus considérables que les autres, montant au milieu de la dent vers le sommet, et qui sont flanqués d'une quantité de canaux secondaires , diversement ramifiés et contournés. Les tubes calcifères , qui rayonnent de ces canaux, sont petits et courts, et s'entrecroisent dans divers sens sur la lisière des systèmes appartenant à des canaux dilïérens. Les tubes de l'émail sont parallèles, très-fins et assez serrés. La racine n'offre rien de remarquable. Les petites dents comprimées et obtuses qui se voient vers les angles postérieurs de la gueule , offrent exactement la même structure que les grandes. Seulement l'arrangement des canaux médullaires de la couronne est un peu différent, à cause de la forme aplatie et comprimée de ces petites dents. On n'y trouve pas de canal principal occupant le milieu de la dent et entouré de canaux secondaires ; au contraire , les canaux principaux sont rangés à la file et dans le même plan que les canaux secondaires (jui sont intercalés dans les espaces intermédiaires.

Fig. 1 et 2 montrent des coupes verticales; fig. 3, une coupe horizontale des grandes dents de VOdontaspis ferox ; fig. k, une coupe verticale d'une série consécutive de petites dents.

Du GENRE LaMNA.

Vol. 3, Tab. P, fig. 5.

J'ai examiné la même espèce fossile sur laquelle M. Owen a publié des détails très-intéressans dans son Odontographie, le Lamna elegans. C'est même sur une de ces dents préparées par M. Owen , et qu'il a eu l'obligeance de me donner , que j'ai vu pour la première fois l'admirable structure microscopique qu'offrent les dents en général , et c'est aux directions de l'aimable auteur de l'Odontographie que j'ai dû plus tard la facilité que j'ai eue de faire tailler un grand nombre de coupes de diverses dents pour les examiner en détail.

Le parallélisme des canaux principaux est plus distinct dans la couronne des Lamna que dans les autres genres. Les branches anastomosées sont lîien moins considérables par rapport aux grands canaux. Les tubes calcifères sont courts , dendritiques, et forment un feutre assez serré dans leurs dernières ramifications. Ceux de l'émail, bien que parallèles, sont pourtant telle-

ment serrés, qu'ils obscurcissent presque cntièrnieiit le tissu , principalement dans les fossiles de la molasse, où ils se sont imbibés de sels ferrugineux et de pyrites, ce qui les rend opaques. La (îg. 5 montre ime coupe longitudinale du Lamna elegans

Du GENRE OXYRHINA.

Vol. 3, Tab. P, fig. 6.

L'arrangement des canaux médullaires ne diffère en rien de celui des Odontaspis et des Lamna ; mais les tubes calcifères qui en rayonnent sont plus rares , plus fins et plus veloutés dans leurs ramifications. Aussi ne sont-ils pas parallèles dans l'émail , mais croisés en divers sens. Mais ce qui distingue surtout les Oxyrhines, c'est l'existence de cellules calcifères à l'intérieur de l'émail . Ces cellules se présentent sous la forme de petits points noirs fusiformes , sans ramifications, remplis de sels calcaires et dispersés sans ordre apparent dans le tissu.

Fig. 6 montre une coupe longitudinale de V Oxyrhina xiphodon.

Du GENRE CaRCHARODON .

Vol. 5, Tab. Q, fig. 1 et 2.

Comme nous l'avons déjà dit dans l'introduction de ce chapitre , le genre Carcharodon diffère essentiellement des vrais Carcharias et rentre , quant à la structure de ses dents , dans la famille des Lamnides. Les réseaux médullaires de la racine et de la couronne sont trés-développés. Les tubes calcifères sont aussi abondans dans l'un que dans l'autre; ils sont dendritiques, comme dans la plupart des dents à dentine massive. Ceux de l'émail sont parallèles et plus gros que dans les genres précédons. On n'y voit point de ramifications.

Fig. 1 représente une coupe longitudinale; fig. 2 , une coupe horizontale du Carcharodon productus.

Du GENRE OtODUS.

Vol. 3. Tab. Q, fig. 3 et 4.

Dans les deux espèces de ce genre que j'ai examinées, les tubes calcifères sont assez fins . veloutés et serrés , de telle sorte qu'il faut que les tranches soient fort minces pour être transparentes. Les tubes calcifères de l'émail ne sont pas parallèles comme dans le genre précédent , mais croisés en divers sens et très-finement ramifiés. La forme et l'arrangement des

canaux médullaires dans la racine , comme dans la couronne, ne diffèrent pas de ce qu'ils sont dans les genres précédens.

Fig. 3 et 4 montrent des coupes longitudinales de VOtodus obliquus.

Du GENRE SeLACHE.

Les petites dents coniques et arrondies de ce genre , qui ne sont en aucun rapport avec les dimensions considérables du corps , s'accordent parfaitement dans leur structure avec celle des Lamies et des Odontaspides. La racine est presque nulle; dans la couronne, les ramifications de canaux médullaires sont assez serrés et entourés de petits tubes calcifères courts et dendritiques. La couche d'émail est très-mince.

Du genre Corax.

Vol. 3 , Tab. P , fig. 7, et Tab. Q, fig. 5.

Les espèces de ce genre, que j'envisageais dans le commencement de mes études comme de vrais Galeus, s'en éloignent considérablement par la structure de leurs dents, et se rapprochent tellement des Notidans, que, d'après la seule inspection microscopique, l'on pourrait tout au plus voir des différences spécifiques dans les particularités qu'offrent leurs dents. Les tubes calcifères sont si fins et si veloutés, qu'il est très-difficile , même avec des grossissemens considérables , d'en suivre les modifications ; ceux de l'émail présentent un feutre presque inextricable , qui ôte au tissu beaucoup de sa transparence. L'arrangement des canaux médullaires n'offre rien de remarquable.

Les deux figures montrent des coupes verticales du Corax Kmipii dans divers sens.

Du GENRE NOTIDANUS.

Vol. 3, Tab. Q. fig. 6.

Les tubes calcifères sont si fins, si serrés, et forment un feutre tellement inextricable, qu'il est impossible de poursuivre même les réseaux des canaux médullaires. Les tubes de l'émail sont moins serrés et tant soit peu parallèles.

Fig. 6 montre une coupe verticale d'une dent du Notidanus primigenius.

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