XIV. Myliobates nitidus Agass
Sir Philipp Egerton possède aussi une espèce de ce genre , dont je ne puis donner maintenant ni description détaillée , ni figures, et dont je parlerai dans les Supplémens; c'est le Myliobotes nitidus. qui provient de l'argile de Londres , de l'île de Sheppy.
Je décrirai également dans les Supplémens deux espèces de ce genre , que j'ai confondues jusqu'ici sous le nom de M. angi(stus , mais qui diffèrent par plusieurs caractères , qu'il me serait difficile de faire ressortir avec les matériaux incomplets dont je dispose maintenant; l'une de ces espèces, que je nommerai yF/)7/o6a<es Colei, provient de l'argile de Londres. L'autre , à laquelle je conserverai le nom de Myliobates angustus , provient des sables tertiaires d'Eckelsheim, dans la vallée du Rhin.
2" Du GENRE Aetobatis M. et H.
M. de Blainville désigna sous le nom générique à'Jëlobalis l'ensemble des Mourines connues à l'époque où il publiait son ouvrage. Ce genre n'était donc alors qu'un simple synonyme du genre Myliobates de M. Duméril. Plus tard, lorsque MM. Millier et Henle subdivisèrent ce groupe en plusieurs genres, ils conservèrent le nom de Myliobates au genre dont le Raja Aquila des auteurs peut être considéré comme le type , et ils restreignirent le nom de Aetobatis au genre dont le Narinari de Margraf est l'espèce la plus anciennement connue.
Ce genre est caractérisé par la forme de ses mâchoires , dont l'inférieure fait saillie en avant, tandis que la supérieure est plus courte et tronquée carrément. Toutes deux sont garnies d'une seule rangée de dents transversales, sans chevrons latéraux. La mâchoire inférieure est, comme dans le genre Myliobates, plus longue que la mâchoire supérieure (Tab. D, fig. \). L'os de cette mâchoire est aussi long que large. La plaque dentaire, dont la surface est à-peu-près plate dans toute son étendue, n'en recouvre pas toute la surface ; en revanche, sa partie antérieure déborde considérablement la mâchoire, et comme les dents sont arquées eti avant, cela ne rend le bord antérieur que plus saillant.
Toutes les dents étant parallèles entre elles , leur surface offre l'aspect de chevrons courbés
et emboîtés les uns dans les autres. La dernière dent seule est tronquée transversalement. La
moitié antérieure de la plaque dentaire , qui est légèrement ombrée sur la figure 2 de Tab. D .
est usée par le frottement des deux mâchoires l'une contre l'autre. La mâchoire supérieure est
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plus large que longue, La plaque dentaire qui la recouvre diffère de celle de la mâchoire inférieure, en ce que ses chevrons sont à-peu-près droits et ne se fléchissent que vers les bords, et en ce qu'ils entourent le bord antérieur de la mâchoire, de manière à former une surface coûtée sur le devant de la gueule. Cette partie de la plaque dentaire est usée par le frottement comme la pointe de la mâchoire inférieure. La tîg. 3 représente une dent antérieure détachée de la mâchoire supérieure , vue par sa face supérieure (a) , et placée de manière à ce qu'on voie également en raccourci sa face postérieure (o) qui s'applique contre la face antérieure de la dent suivante. La figure k représente cette même dent par dessous. Les fig. 5 et 6 la représentent par devant et par derrière. La lettre a désigne la couronne, et la lettre c la racine. La fig. 7 montre cette dent d'en haut , mais placée aussi de manière à ce qu'on voie sa face antérieure en raccourci.
On ne connaît que deux espèces vivantes de ce genre, les Aëtohalis Narinari et À. flagellum , qui vivent sur les côtes du Brésil , aux Indes et dans la mer Rouge. Les fossiles sont plus nombreuses, j'en connais quatre , probablement toutes des terrains tertiaires.
Les espèces de ce genre ayant la queue armée de piquans qui ne diffèrent pas essentiellement de ceux des Myliobates , il est impossible de rapporter jusqu'à présent à leurs vrais genres les exemplaires fossiles que l'on trouve isolés.
L Aetobatis sulcatus Agass.
Vol. 3 , Tab. 46 , fig. 4 et 5 (sous le nom de Myliobates sulcatus).
Je ne connais encore qu'une seule plaque dentaire de la mâchoire inférieure de cette espèce. Quoique voisine du Narinari, elle en diffère cependant par plusieurs caractères faciles à saisir. Et d'abord, la plaque entière est plus large proportionnellement à sa longueur. La partie usée par le frottement est moins étendue ; mais ce qui la distingue surtout , c'est que les chevrons dentaires sont beaucoup plus arqués, par cela même, proportionnellement plus larges au centre , et plus étroits sur les côtés que dans l'espèce vivante ; ils sont en outre séparés les uns des autres par un petit sillon superficiel , ce qui a valu à ce fossile son nom spécifique. La fig. a le représente d'en haut; la fig. h , de profil, pour montrer que, dans son ensemble, cette plaque dentaire est plus épaisse que celle du Narinari. Dans ces deux espèces la courbure des chevrons est régulière. Nous verrons plus bas qu'il n'en est pas de même de toutes les espèces fossiles.
L'original se trouve au Muséum de Paris, sans indication d'origine.