XVIII. Chimaera ( Psitt acodon ) Ma>tellii Agass
Vol. 3,Tab. 40a,fig. 1 et 2.
Syn. Chimœra Mantellii Buckl. Proc. Geol. Soc, Loiiil. Il , pag. 206. — Agass. lab. cit. — Feuill. pag. 10'2.
Cette espèce provient de la craie blanche de Kent. Les deux maxillaires inférieurs que j'ai ligures Tab. 40 «, fîg. I et 2 , font partie de la collection de M. Mantell. Ils indiquent une espèce de grande taille , caractérisée surtout par la forte saillie de son bord antérieur , qui est arrondie et se détache en avant comme la pointe du bec d'un perroquet. Ces mâchoires sont très-comprimées et plus minces que dans les autres espèces de même taille. Le bord antérieur est uniformément, mais faiblement arqué. La symphyse est très-plate et large, et elle occupe près de la moitié de la face interne. La face extérieure est lisse et faiblement voûtée, surtout sur les côtés , où elle est plutôt plate. On distingue sur toute sa surface des lignes d'accroissement longitudinales , parallèles au bord dentaire , contrairement à ce que l'on remarque sur les autres espèces , où la lame émaillée du bord en offre seule. Mais il est à remarquer que l'on n'observe point de lame particulière le long de ce bord, dans cette espèce.
Le bord inférieur est arrondi au milieu et fortement échancré en arrière. Le bord postérieur est droit et de la moitié plus court que le bord antérieur. Le bord dentaire est fortement échancré sur toute son étendue ; sa courbe n'est interrompue que par une légère saillie au milieu de l'échancrure. C'est à cette coupe particulière du bord dentaire qu'il faut attribuer la forme élancée de la pointe extérieure. Les tubercules de la face interne sont peu développés. Sir Philipp Egerton possède un intermaxillaire de cette espèce , qui est court et large ; son bord tranchant est oblique, mais moins que dans le/. Greenowjhii. A tous égards, leP. Elasmodus Mantellii diffère notablement des autres espèces du genre ; il n'a d'analogie qu'avec le P. Sedgwickii , le P. falcatiis et le P. psittacinns de sir Philipp Egerton , avec lesquels il devra peutêtre former un genre à part, lorsqu'il sera mieux connu.
La position de ces mâchoires dans mes figures est trop inclinée ; le bec devrait être beaucoup plus relevé , de manière à ce que le bord postérieur fût incliné obliquement en arrière et non pas tourné en haut, comme c'est ici le cas.
XI.\. CiiiMAEKA ( Psitt AcoDON ) Seixiwickii Agass. Vol. 3, Tab. /iO, fig. 17 cl i8.
Syn. Chimœra Sedgwickii Agass. Tab. cit. — Feuill. pag. 116.
M. le professeur Sedgwick a déposé dans la collection de la société géologique de Londres uu maxillaire inférieur , d'une espèce particulière de ce genre , provenant des environs de Cambridge. Je l'ai représenté par ses deux faces (fig. 17 et i 8). Sa forme a quelque chose de trèsparticulier, dont il est difficile de se rendre compte , d'après l'exemplaire figuré , à cause de ses nombreuses cassures. Au milieu du bord dentaire s'élève un mamelon triangulaire ; mais à part ce mamelon , la courbe de l'échancrure paraît s'étendre uniformément à tout le bord supérieur, comme on peut le voir par la fig. 18. Le bord antérieur est très-faiblement arqué. Daprès l'angle qu'il forme avec le bord dentaire , on peut conclure que la pointe antérieure de cette mâchoire, qui est ici cassée, formait une forte saillie en avant, comme dans le P. Mantellii, avec lequel elle a encore d'autres rapports , en particulier par la forme de sa symphyse qui est plate et très-large. Le grand tubercule dendritique de la face interne occupe un vaste espace triangulaire au-dessous du mamelon triangulaire du milieu du bord dentaire ; on aperçoit également à son bord postérieur une surface tuberculeuse de même nature. La face externe est arquée vers le bord antérieur et plane sur le côté. On ne remarque aucune trace d'une plaque émaillée le long de son bord dentaire.
N'ayant plus à ma disposition l'original de cette espèce , je ne puis dire s'il existe des stries d'accroissement longitudinales sur la face externe , comme on en observe dans le P. Mantellii. Je pense cependant que ces deux espèces feront partie du même genre , si l-'on parvient à reconnaître qu'il faut séparer le P. Mantellii des autres Chimères fossiles.
XX. Chdlœra ( Psittacodon ) falcata Egert. Vol. 3, Tab. iOc, fig. 13.
Syn. Chimœra falcata Egert. mSC.
Sir Philipp Egerton m'a communiqué le dessin d'un maxillaire inférieur d'une petite Chimère de Stonesfield , dont l'extrémité antérieure est encore plus saillante , plus pointue et plus relevée que dans lejP. Mantellii. Le bord dentaire est aussi plus uniformément échancré. et la mâchoire , en général , proportionnellement plus étroite et plus allongée que celle du P. Mantellii. Le bord inférieur est moins fortement échancré et le bord postérieur moins rétréci. Je ne saurais affirmer si les lignes longitudinales d'accroissement recouvrent toute la surface , comme dans le P. Mantellii, ainsi que semble l'indiquer le dessin. S'il en était ainsi, ce caractère suffirait pour distinguer ces deux espèces de toutes les autres, et joint à leur forme particulière, il justifierait leur distinction comme genre.
TOM. m. 46
XXI. Chimaera (Psittacodoin) psittacina Egert. Vol. 3, Tab. UOc, %. 12.
SVN. Chimœra psittacina Egert. msc.
On reconnaît de prime abord cette petite espèce, aux crochets saillans de la partie antérieure de son bord dentaire, qui diffère de celui du P. falcatus , en ce qu'il est plus vertical. Du reste, le bord dentaire est échancré en arrière. Le bord postérieur est très-oblique. Les bords antérieur et inférieur sont régulièrement arqués.
Cette espèce provient de l'oolite de Stonesfield , où elle a été découverte par sir Philipp Egerton , qui m'en a communiqué un dessin. Mais je n'ai pas eu occasion de la voir en nature.
3° Des genres Elasmodus et Psaliodus Egert. et des genres étarlis par M. Bltckla>d sous LES noms d'Edaphodon et de Passalodon.
11 existe dans le Musée du collège des Chirurgiens à Londres un intermaxillaire et deux maxillaires inférieurs d'une espèce particulière de Chimère fossile que M. Owen a décrite dans son Odontographie pag. 66. Sir Philipp Egerton se fondant, \° sur l'arrangement des lames des dents de l'intermaxillaire de cette espèce qui sont disposées sur quatre séries verticales, diminuant en longueur et en largeur de la symphyse en dehors , et 2° sur la structure du maxillaire inférieur qui a des lames semblables dans sa partie antérieure, jointes à un bord irrégulier dû à l'usure de ces lames qui aboutissent à la -surface de trituration , et dont la surface interne est convexe et unie , mais poinlillée ; sir Philipp, dis-je, en a fait le type de son genre Elasmodus , dont il donnera une description détaillée dans le mémoire qu'il a rédigé sur ces fossiles, et auquel j'ai déjà fait allusion. Il a nommé cette espèce :
I. Elasmodus Hunterii Egert. Elle provient de l'argile de Londres, de Sheppy, mais elle ne m'est pas connue de visu.
J'apprends au moment de mettre sous presse, que les fragmens très-imparfaits que j ai figurés Tab. kO , fig. 11-16, sous le nom de Chimœra Greenoiujhii , appartiennent également d'après un nouvel examen que sir Philipp Egerton en a fait, à son genre Elasmodus , et seront décrits par lui sous le nom de :
II. Elasmodus Greenoughii Egert. Cette espèce se distingue par l'extrême brièveté du maxillaire inférieur qui est plus court que haut (fig. H), et dont la symphyse est plate ; le bord dentaire est tronqué et échancré en arrière ; la surface externe est lisse et le milieu de la surface interne concave. L'intermaxillaire est plus aplati que dans les Ischyodon , et se termine en une pointe étroite (fig. 13 et Hi). Elle provient du grès vert ou de l'argile de Londres
A peine l'exislenco des Chimères a-t-elle été reconnue dans les terrains secondaires et tertiaires, ([lie le nombre des espèces et même celui des genres s'est nuiilipiié d'une manière inattendue. Sir Philipp Egerton vient encore d'ériger un nouveau genre sous le nom de Psa- LiODiis pour une espèce de Chimère fossile , du Musée du collège des Chirurgiens , provenant de l'argile de Londres de Sheppy , dont il ne connaît encore que la mâchoire inférieure . qui ressemble davantage aux vraies Chimères qu'aux espèces fossiles des terrains secondaires , mais qui diffère cependant de l'espèce vivante par des contours moins droits , par la courbure de la symphyse, et surtout par l'absence complète de tubercules de trituration. A sa face extérieure on dislingue une réticulation régulière , résultant de l'entrecroisement de stries verticales avec des lignes horizontales. Le bord dentaire est ondulé, tranchant et mince. Cette espèce portera le nom de : Psaliodus compressus Egert.
Il me reste encore à mentionner deux genres de Chimérides fossiles établis par M. le U' Buckland , dans les Proceedings de la Société géologique de Londres , mais que je n'ai malheureusement pas pu examiner plus directement que les précédons. Ce sont les genres Edaphodon et Passatodon, dont l'illustre auteur a bien voulu me communiquer des dessins et des moules en plâtre. Je me borne à les mentionner ici pour faire entrevoir toute la diversité de combinaisons que ce type , si réduit dans noire époque , a offerte à des époques précédentes, et pour montrer que ces genres sont établis sur des caractères réellement dislinctifs. J'en ai fait représenter deux espèces Tab. kOd.
Le genre EdaphodojN Buckl. est caractérisé par ses maxillaires supérieurs munis de trois tubercules de denline dendritique, faisant saillie sur la mâchoire ; deux de ces tubercules sont au bord interne de l'os, et l'autre plus long et plus étroit, le long du bord externe. Le maxillaire inférieur a un large tubercule plat de même structure , qui occupe presque toute sa surface interne, et deux autres petits tubercules semblables, placés obliquement sur le bord dentaire : ce bord offre en avant et sur les côtés deux échancrures analogues à celles des Ischyodons. Lintermaxillaire est concave en dedans, et convexe en dehors; son bord est arrondi. Je distingue trois espèces de ce genre :