XXI. Lepidoti'S Maximiliam Agass
Vol. 2, Tab. 2‘Jclig. 8-H.
M. Max Braun a découvert dans les marnes du calcaire grossier, près de la barrière des fourneaux, à Paris, quelques écailles qui appartiennent évidemment au genre Lepidotus. Ce sont justju’ici les seuls débris de ce genre qui aient été signalés dans les terrains tertiaires. Bien qu’il soit difficile de déterminer rigoureusement des débris aussi imparfaits , j’ai cependant la conviction qu’ils proviennent d’une cspèi’e différente de toutes celles que nous venons de décrire dans les pages qui précèdent ; |)eut-étrc est-ce du L. yiijm que l’espèce se rapprochait le plus. Les fig. 8 et 9 représentent deux écailles du c6té gauche , l'une des flancs ( fig. 8 ), et l'autre de la région caudale (fig. 9). I>a fig. 10 est une écaille du côté droit; fig. 1 1 est pro' bablement une de ces petites écailles qui entourent d’ordinaira la base des nageoires. Toutes sont lisses et ont le bord postérieur uni.
Outre les e.spèces que nous venons de décrire , j'en connais encore plusieurs sur les(|uelles j'attends de plus amples informations pour les publier. Ce sont, entre autres :
1° la; Lepidotus ViBLETiAg., dont l’original se trouve en la possession de M. Théodore Virlet, à Paris; c’est un fragment avec plusieurs grandes écailles, de la taille des écailles du LepitlotuH Manlellü , provenant du grès vert supérieur, sous-jacent à la craie tufau des environs de Modon , en Morée.
2° Lepidotus raoNDOSirs .Ag. Deux grandes plaques correspondantes , de la collection de .U. Hartmann, à Gôppingcn, provenant du lias de Zell, prés de Boll. C’est un poisson de la taille du L. Giyas , mais qui en diffère cependant par la plus grande largeur de la partie antérieure du tronc. L'n caractère particulier de cette espèce, c’est que la (lartiu antérieure
de l’émail des écailles, est ornée de poülcs arêtes sinueuses qui vont en divergeant vers le milieu de l'écaille.
5° Une espèce de la collection de M. James Johnston, à Bristol, provenant de l’oolite de Purbeck.. C’est un poisson entier, de la taille du L. undatiu. Les écailles de la partie antérieure du tronc ont deux ou trois gros plis longitudinaux à leur surface , tandis que ceux de la partie postérieure n’en ont qu’un.
ObservatioH» sur le s(jueletle du Lepidotus minor.
Vol. 2, Tab. 29c, lig. 12.
Depuis que je m’occupe de poissons fossiles, j’ai toujours recherché, avec le plus grand soin , les occasions d’étudier plus particuliérement les détails relatifs à l’organisation des espèces que je panenais à déterminer. Mais jusqu’à présent je n’avais pu réussir à me procurer un squelette de Ganoïde avec les corps de scs vertèbres. Ceux que j’ai décrits et ligurés (vol. 2, Tab. D, et pag. 50 et 162), ne m’avaient oITcrt que les os de la tête et de 1a ceinture thoracique , puis les apophyses épineuses des vertèbres , les côtes et en6n les nageoires et les osselets qui les portent ; mais jamais je n'avais rencontré les corps mêmes des vertèbres dans un Ganoïde fossile. C’est au zèle persévérant de lord Enniskillen , ci-devant lord Cole, que j’ai dù le premier exemplaire de la colonne vertébrale d’un de ces poissons; et bien que ce squelette soit loin d’être entier, j’ai cependant pu reconnaître qu’il appartient au Lepidotus minor, décrit plus haut, pag. 260. Il est adhérent à une plaque de calcaire de Purbeck; on y distingue la tête, qui est trés-mulilée , mais où l’un des arcs branchiaux est bien en vue, et les corps de seize vertèbres abdominales dont les tsïtes ont disparu , mais dont les apophyses épineuses sont en partie conservées.
Je m’attendais si peu à voir chez des poissons osseux des corps de vertèbres conformés comme ceux de ce squelette, qu'au lieu de le ranger parmi les Ganoïdes, j’avais placé dans mon portefeuille des Placonles le dessin que lord Enniskillen m’en avait envoyé , tant les corps de vertèbres ressemblent à ceux d’un S<|uate; et ce n’est qu’aprês avoir examiné le fossile même, au mois d’octobre I8k0, que j’ai reconnu que c’était un Lepidotus. Ce qui frappe d’abord dans ce squelette, c’est la hauteur des vertèbres comparativement à leur longueur, et l’apparence fibreuse de leur surface extérieure, qui est dépourvue, sur les côtés , de ces fossettes plus ou moins nombreuses que l’on remarque chez tous les poissons osseux. En revanche, on observe de grandes fossettes vers les bords supérieur et inférieur des vertèbres, servant à l’insertion des côtes et des apophyses épineuses supérieures. Ces fossettes sont plus arrondies et moins profondes que chez la plupart des Squales; mais elles ressemblent beaucoup à celles des Icbthyosaures et des Plésiosaures ; il y en a deux en dessus et deux en dessous de cliaquc vertèbre , qui sont assez distantes l’une de l’autre. Les surfaces articulaires
lies vertébrc'i sonl cii forme île cOne creux évasé, tandis que leurs bords forment des boiir— ndets lisses, entre lesquels les plis extérieurs lon^iludinunx de la surface extérieure sont eoniine tendus d'avant en arriére. Je ne serais point surpris que parmi les vertèbres détachées d’Ichthyosaures et de Plésiosaures, qui sont maintenant entassées dans tant de collections, il ne se trouvât des vertèbres de grandes espèces de Lepidotus du lias ipie l'on trouve dans les mêmes looalitw. .Viissi, avant d’admettre délinitivement que les Ichtliyosaures et les Plirsiosaures se mangeaient les uns les autres , il importera de comparer attentivement les vertèbres que l'on trouve dans les eoprolitlics , avec celles des Ix'pidotus, examen que je n’ai pas encore eu occasion de faire depuis que je connais ces dernières. Je crois même qu’il ne si'ra pas lonjonrs facile de distinguer des vertèbres isolées de ces divers genres ; car plus j’apprends à les connaître , et plus je sens combien est grande l'aflinité qui lie les (îanoïdes aux anciens Sauriens. Cette aflinité ressort surtout de la comparaison du mode d’insertion des cèles et des a|K)physcs épineuses , qui rappelle bien plutôt les Ichlbynsaures <|ue les Squalas. (jiiani à coin|>arer ces vertèbres à celles des poLssons osseu.\ de l’ordre des Clénoïdes et des Cycloïdes, c’est chose superflue , piiisipic nulle part chez ces derniers, les ajHipliyses des vertèbres ne sont insérées dans des fossettes profondes des centres des vertèbres , comme c’est le cas dans le genixi Lepidotus et chez une partie des Sipiales, mais font plutôt corps avec eu.x. Il en est de même des Gymnodontes, des Sclérodcrmes, des Ixvphohrancbcs , etc., qui font aussi partie de l’ordre des Gano'ides, mais qui n'appartienneut p.as à cette division de l’ordre qui est caractérisée, comme les Lepidotus, par de grandes écailles, en forme de lo- .sauge, et dont les bords supérieur et inférieur sont parallèles aux contours du |>oisson.
Dans le s«|uelclte figuré, les apophyses des vertèbres, quoique conservées en partie, sont lependant trop luutilws pour ))Ouv oir être di'icriles. Dans la tète on distingue , en revanche , assez bien la mâchoire inférieure et les os impairs qui forment 1a ba.se du crâne , savoir : le voilier, le sphénoïde cl le basilaire. Qnelqucs-iins des rayons braiichioslègues sont aussi conservés; ils sont fixés à des os hyoïdes plats, très-larges et surtout dilatés en arrière. Le boni interne de l’arc branchial, qui est en vue, jiorte de fortes pièces osseuses dirigées en avant et à l’intérieur , et qui formaient , sans doute , un puissant râtelier sur les côtv'S de l'avaloir.