AmBLYPTEKO STKIATU8 Ag
Vol. 2 . Tab. 4 fig. 3, 4> 5 et 6 .
Au premier aspect, et lorsqu’on ne possède pas des exemplaires complets de cette espèce, l’on se douterait à peine qu’elle appartient au genre Amblyptems. Les premiers exemplaires que j’ai vus m’avaient fait supposer que c’était une espèce d’un genre encore inconnu. C’est ainsi qu’elle se trouve désignée dans les Proceedings of the 4 Meeting of the Br. Ais., pag. 76 . Mais en rcxaininanl plus en détail, surtout sur des exemplaires où les nageoires sont conservées, et en comparant la structure et la position de ses nageoires avec celles des genres dont elle me paraissait du reste se rapprocher, j’ai reconnu que, malgré la grandeur extraordinaire de ses écailles , elle devait rentrer dans le genre Amblyptems. En effet, tous ses caractères génériques coïncident parfaitement avec ceux des Amblypterus. Son aspect particulier provient seulement de ce que les écailles, fig. 4 et 6 , sont au moins du double |)lus grandes dans cette espèce que dans les autres du genre. Leur surface extérieure est couverte de grosses rides très-saillantes, qui s’étendent obliquement du bord antérieur au bord postérieur, se confondant quelquefois entre elles. Le bord antérieur des écailles, qui est recouvert par la série précédente, est parfaitement lisse ; l’onglet articulaire de leur bord supérieur est petit, proportionnellement à leur taille. Tous ces caractères tirés des écailles pourraient faire supposer que mes Gyrolepis, dont je ne connais pas les nageoires , mais qui ont aussi de grosses écailles ridées obliquement, sont des espèces à’ Amblyptems ; cependant la dentition de ces deux genres est très-différente, les Gyrolepis ayant les dents en cènes arrondis, serrées sur plusieurs rangées, tandis que les Amblypterus les ont en fine brosse.
L’espèce dont il s’agit ici est très-large, proportionnellement à sa grandeur; sa forme générale est celle d’un fuseau raccourci. La tête est énorme, car elle est à peine comprise quatre fois dans la longueur totale ; elle est allongée , se terminant en pointe en avant. L’orbite est très-petite, placée très en avant. La gueule est extrêmement fendue; la mâchoire inférieure paraît un peu plus courte que la supérieure. Les pièces operculaires sont étroites et placées obliquement sur la partie postérieure de la tête. Les nageoires sont immenses, proportionnellement â la petite taille du poisson; elles sont même plus grandes que dans VA. macroptems. La dorsale est placée en arrière du milieu du dos ; son bord anterieur est même plus reculé que le bord antérieur des ventrales ; et son bord postérieur s’étend presque jusque vis-à-vis le bord antérieur de l’anale. Les rayons de cette nageoire, comme ceux de tontes les autres, sont très-grèles, bifurqués à plusieurs reprises à leur extrémité seulement ; leurs divisions transversales
sont très-éloignées; en sorte que les articles des rayons paraissent beaucoup plus longs que larges. Scs rayons antérieurs sont beaucoup plus longs que les postérieurs : les premiers de son bord ne s’élèvent cependant que très-insensiblement. L’anale a à peu près la même forme que la dorsale. Les pectorales, fig. 3, sont extrêmement allongées ; leur extrémité s’étend jusque vers le milieu de l’insertion des ventrales. Celles-ci , fig. 5 et 3, ont des rayons moins allongés; mais leur base est très-large et s’insère, comme chez les Esturgeons, dans toute son étendue. La caudale manque complètement.
Tous les exemplaires que j’ai vus de cette intéressante espèce proviennent de New- Ilaven , et se trouvent dans la collection de Lord Greenock. ,
De nombreux exemplaires des Amblypterus macropterus , eupterygius , laleralis et latitSj que j’ai examinés dans les collections de M. le comte de Munster, de Sir Ph. Egerton et de Lord Cole, ont confirmé les caractères assignés précédemment à ces espèces.
JII. AeltlUions au genre Dipterus Sedgw. et Murch., ou C.vtopterus Agass. , et au genre Osteoeepis 'Val. et Pent. ; et Notice sur le nouveau genre Diplopterus Agass.
Je n’ai point encore examiné de poissons fossiles dont j’aie eu plus de peine à reconnaître les caractères, que ceux dont MM. Scdgwick et Murchison ont fait leur genre Dipterus. Au chapitre 3, pag. a3 de ce volume , j’ai donné un extrait de leurs observations et de celles de Cuvier et de MM. Valenciennes et Pentland , sur le gisement et les caractères de ces paissons, dont je n’avais vu jusqu’alors que quelques fragmens qui m’avaient été communiqués à Paris par-M. Pentland. Croyant que la séparation des rayons supérieurs du corps en deux nageoires dorsales, telles qu’elles sont représentées dans la figure restaurée par Cuvier , pourrait bien être le résultat d’une dislocation violente, je les avais réunies au trait dans ma fig. a, Tab. Â, vol. i , et j’avais attaché plus d'importance à la position reculée des rayons dorsaux et à leur opposition à l’anale, et changé le nom générique de Dipterus ^ qui me paraissait impropre, en celui de Catopterus. Cependant la présence de deux dorsales bien distinctes s’est
trouvée pleinement confirmée par l’inspection que j’ai faite à Londres des exemplaires originaux des figures de MM. Sedgwick et Murchison, et qui se trouvent déposés dans la collection de la Société Géologique. La présence des ventrales n’est également plus douteuse maintenant; elles se trouvent en avant de la dorsale antérieure. Les caractères assignés au genre Dipterus se trouvant ainsi confirmés , je dois le faire rentrer dans tous ses droits. Cependant, en examinant k Edimbourg la belle collection de poissons fossiles recueillis par M. Traill, dans l'ilc de Pomona, la plus grande deï Orkney, et dont les couches sont un prolongement de celles de Caithness , j’ai trouvé des exemplaires parfaitement bien conservés, semblables aux Dipterus en ce qu’ils avaient aussi deux dorsales, mais qui paraissaient en différer par la présence simultanée de deux anales, tantôt opposées aux dorsales, tantôt alternant avec elles. J’ai cru pouvoir en faire deux nouveaux genres sous les noms de Diplopterus et de Pleioptents, indiqués dans les Proceedings Brit. Ass. pag. ^5. — De retour à Londres, j’ai dû comparer ces poissons avec les Dipterus, dans l’intention de découvrir dans les écailles quelque caractère qui permit de les distinguer encore , alors même que les nageoires auraient entièrement disparu. Mais j’ai été très-surpris de trouver que les Dipterus avaient aussi deux anales, dont la pré.sence, rappelée, il est vrai, par des rayons bien mutilés, m’avait échappé précédemment, ainsi qu’aux observateurs qui les avaient examinés avant moi. Et pourtant ces deux anales sont représentées distinctement dans une des figures des Trans. de la Soc. Géol. , Tab. i5, fig. .3 ; on en voit même aussi des traces, Tab. i5, fig. I. Seulement la première anale est refoulée sur les écailles, auxquelles elle donne un aspect strié. Dès-lors le genre Dipterus doit avoir pour caractère générique distinctif deux dorsales opposées à deux anales sem~ blables J a\ec une caudale conformée comme celle du genre Pabconiscus.
Mon genre Diplopterus a aussi deux dorsales opposées à deux anales semblables ; mais la caudale a une forme très-particulière ; la gueule est très-grande et les mâchoires sont armées de grosses dents coniques. 11 appartient à la famille des Sauroïdes. 5LM. Sedgwick et Murchison en ont représenté des fragmens, Géol. Trans. vol. 3, Planche i 6 , fig. 4j 5 et 7 . ^
Quant aux espèces chez lesquelles les deux dorsales et les deux anales ne sont pas opposées les unes aux autres, et qui constituent mon genre Pleioptenis , établi sur des exemplaires très-complets, je me suis convaincu dans la collection de 31. 31urcliison, par l’examen de leurs écailles, qu’elles sont synonymes de celles dont 3DI. Valenciennes et Pentland ont fait leur genre Osteolepis, et dont ils n’ont connu que des fragmens très-incomplets de la cuirasse écailleuse. Je leur conserverai cependant le nom d' Osteolepis , parce que , guidés par ce sentiment qui, dans l'étude des fossiles, fait souvent apercevoir des différences importantes alors même qu’on ne peut
pas les exprimer, ces savans observateurs ont distingué très-à-propos les Osteolepis des Diptcrus , quoique d’apres des exemplaires où les caractères génériques distinctifs n’étaient nullement visibles.
Des espèces du genre Dipteküs.
. Plus j’examine les exemplaires originaux sur lesquels les quatre espèces de Dipierus décrites et figurées dans le 3 °” vol. des Trans. de la Soc. Céol. de Londres ont été établies, moins il me paraît plausible de distinguer ces différentes formes comme des espèces particulières. J’ai sous les yeux toutes ces plaques, et en outre plusieurs autres qui m’ont été communiquées par M. William, par M. le D' Hibbert et par M. Jameson Torrie, et qui me paraissent présenter une série non interrompue des différentes phases de développement de la même espèce. Les plus jeunes ont été décrits sous le nom de Diptenis V alenciennesii, Géol. Trans. pl. i6, fig. i et 3 . J’ai reproduit la fig. i dans la fig. 3 de ma Tab. a. Le D. macrolcpidotus, pl. i6, fig. a, et le D. brachfpjgopterus J pl. 17, fig. i , a et 3 , sont des individus de moyenne taille, que l’on trouve le plus conimunéinent ; ils ne diffèrent l’im de l’autre que par leur état de conservation. Le macrolcpidotus paraît avoir de plus grosses écailles, parce que leur émail étant en partie reste intact, elles ont conserve leur foi-mc naturelle rliomboïdalc ; tandis que dans le hrachypygopterus, dont la surface est fortement usée, les écailles sont arrondies, et paraissent proportionnellement plus petites. Cependant, dans l’exemplaire de la fig. i , pl. 16, Géol. Trans., où la partie postérieure du corps est enlevée, on voit des empreintes d’écailles rhomboïdalcs qui paraissent plus grandes que les écailles arrondies de la partie antérieure du corps. J'ai reproduit cette figure dans ma Tab. a, fig. 1 , et celle du macrolepidotus même Tab. fig. 4. C’est egalement de fusiirc que provient la différence de longueur entre les rayons du D. bracliypygopterus , et ceux des autres espèces nominales de ce genre. Le D. macropj-gopterus des Géol. Trans. pl. 1 5 , fig. i , a et 3 , dont j’ai reproduit la fig. I dans ma Tab. a , fig. i , représente les plus grands exemplaires de ces poissons, qui me paraissent seulement être de vieux individus de cette même c.spèce, à laquelle le nom de D. macrolepidotus conviendrait le mieux sous tous les rapports.
Je vais ajouter encore quelques détails sur les caractères particuliers qui distinguent ce poisson des autres espèces trouvées dans les schistes de Caithness et de Pomona.
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DiPTnL's MACitoLKPiDoTiis ScHgw, Pt Murch.
Vol. 2, Tab. 2 fig. I, i, 3, 4) et Tab. 2 a, fig. i , 2, 3, 4 et 5.
Dipicrus macropygopterus Sctlgw. et Murch., Gcol. Traus. pl. i5, fig. i, a et 3; Poisa. fosa. Ag. Vol. a,
Tab. a , fig. i. — Dipterus brachYpygopIcrus Setlgw. et Murch. Geol. Traus. pl. ij, fig. i , a et 3 ;
Poiss. foss. Ag. 3'ol. a , Tab. a , fig. a. — Dipterus macrolcpidotus Sedgw. et Murcli. , Gcol. Traus. pl.
|6, fig. a î Poiss. foss. Ag. , vol. a , Tab. a , fig. 4. — ■ Dipterus Valenciennesii , Geol. Traus. , pl. 16, fig.
I cl 3 J Poiss. füss. Ag. , vol. a, Tab. a, fig. 3. .— Catopterus analis Ag. Poiss. feiss. vol. a , pag. a3 — ay.
Toutes les figures des Traus. de la Soc. Géol. n’ayant pas ctd dessinées’ au miroir, sont renversées ; il en est de même de mes figures Tab. 2 , qui en sont des copies faites avant que j’eusse vu les originaux ; (j’en ai fait dessiner de nouveau quelques-uns , Tab. 2 0.) Cette circonstance et celles que j’ai indiquées plus haut, expliquent comment il se fait que ce poisson ait été indique à dilférentcs reprises sous difl'érens noms.
La tête de ce Dipterus, qui maintenant parait être l’unique du genre, est petite proportiouncllcmcnt à sa taille ; elle égale environ un cinquième de la longueur totale du poisson, Tab. 2 a, fig. 2. Sa forme est arrondie, le museau obtus, la gueule peu fendue, les mâchoires étroites, l’orbite de moyenne grandeur, entourée d'un cercle de sous-orbitaires étroits; les pièces operculaires sont larges, rojrerciile surtout. En dessous de la mâchoire inférieure on aperçoit quelques rayons branchiostègucs trèslarges. La ceinture thoracique est vigoureuse ; l’angle de l'humérus est arrondi ; les ■ pectorales, insérées sur son angle inférieur, sont étroites. La forme générale du corps, fig. I , est élancée ; la partie antérieure de la nuque est la région du corps la plus grosse. Depuis le milieu du dos en arrière, le tronc se rétrécit insensiblement. Le pédicule de la queue, en avant de la caudale, égale à peine en épaisseur la moitié de celle du tronc. Les écailles sont plus grandes , proportionnellement, que dans les l’alæoniscus , quoique ce soit avec les espèces élancées de ce genre que le genre Dipterus ait le plus de ressemblance dans son port. La surface extérieure des écailles est lisse ; mais il est rare de trouver des exemplaires oit l'émail soit encore conscn'é. Lorsqu’elles Sont intactes, fig. S, elles ont une forme rhombo'idale et sont. disposées en séries transversales trcs-oLliqucs ; en sorte que les bords supérieur et inférieur de chaque écaille sont presque perpendiculaires, c’est-à-dire , parallèles à une section transversale du corps, tandis que leur hord postérieur est dirige en arrière et en haut. Lorsque l’émail est enlevé, les lames qui constituent le corps des écailles s'usent facilement; et alors leurs bords s’arrondissent [wr le frottement, de manière à ce que , par suite de leur position naturelle, leur angle inférieuret postérieur disparaissant inscnsiblement, elles prennent dans cet état l’aspect d’écailles cyclo'ides arrondies,, et imbriquées comme dans les poissons ordinaires, fig. 4 > tandis qu’en y regardant de près, on peut
s’assurer qu’elles sont soudées les unes aux autres par leurs bords supérieur et inférieur. La ligne latérale est trcs-rapprochée du dos, avec le bord duquel elle est parallèle; c’est-à-dire, qu’elle est arquée en haut à sa partie antérieure. Les écailles qui recouvrent le prolongement du pédicule de la queue, sont beaucoup plus petites que celles du reste du corps.
La structure et la position des nageoires, lig. 3, sont les traits les plus caractéristiques de ce poisson. Il y a deux dorsales rapprochées l’une de l’autre, et placées immédiatement en avant de la caudale ; deux anales à peu près semblables correspondent aux deux dorsales, auxquelles clics sont opposées; tandis que les ventrales sont placées un peu en avant de la première anale et de la première dorsale. Dans aucun des exemplaires que j’ai vus, les ventrales n’étaient entières ; cependant leur existence dans la position indiquée n’est point douteuse. A en juger d’après la manière dont les écailles du ventre ont fréquemment glissé les unes sur les autres , il est probable que le corps de ce poisson était arrondi , et qu’en se comprimant, les ventrales et les pectorales ont ordinairement disparu. La première dorsale se trouve placée au tiers postérieur du corps ; elle est beaucoup plus étroite et plus courte que la seconde, dont les rayons antérieiurs sont assez allongés (mur que, ployée en arrière, l’extrémité de cette nageoire dépasse l’insertion du lobe inférieur de la caudale. Au bord antérieur de ces deux nageoires, surtout à leur base, on remarque de petits rayons accolés le long des plus grands ; leur présence prouve incontestablement qu’il y a réellement deux dorsales. La seconde dorsale est au moins du double plus large que la première, et formée de rayons plus nombreux ; elle est egalement plus large que la seconde anale qui se trouve vis-à-vis, quoique celle-ci ait des rayons aussi longs qu’elle. Cependant, comme l’anale est opposée au milieu de la dorsale, ses rayons atteignent au moins le milieu du lolie inférieur de la caudale. L’anale antérieure est plus grande que la première dorsale , à laquelle elle est opposée ; ses rayons surtout sont plus allongés. Au bord antérieur des deux anales il y a de petits rayons imbriqués, accolés le long des plus grands. La caudale a à peu près la même forme que dans les espèces du genre Palœonhcus J avec cette diflTérence-seulement, que les rayons antérieurs de son lobe inférieur étant moins allongés, cette nageoire est moins éehancrée que dans les l’aléoniscus. En s’approchant de l’exti’énïité de la queue, ces rayons deviennent insensiblement plus petits. Au bord supérieur du prolongement du jtédicule de la queue, il y a aussi de petits rayons plus Gns que dans les autres genres de cette famille, accolés jusqu’à son extrémité. Les rayons de toutes les nageoires sont trèsgrèles, et profondément bifurqués à plusieurs reprises; leurs articulations transversales' sont très-éloignécs , en sorte que tous les articles sont beaucoup plus longs que larges.
Pour les détails relatifs au gisement et à l’état de conservation de ce poisson, je renvoie aux renseignemens publiés par MM. Sedgvvick et Murchison, et que j’ai rapportés au chap. 3, p. a3 et suiv. de ce volume. J’ajouterai seulement que M. Murchison en a aussi trouvé un fragment dans le vieux grcs-rouge à Downton-Hall.
Du genre Osteolepis Val. et Pent.
En établissant ce genre d’après les fragmcnsque MM. Segdwick et Murchison avaient trouvés dans les carrières de Widel, MM. Valenciennes et Pentland lui ont as.signé pour caractères des écailles de la nature de celles du Lépidostée, des ventrales très-reculées et une anale en arrière de la dorsale. Cependant, comme on le verra plus bas, le genre Osteolepis n’est point sulTisammcnt caractérisé par ces indications, quoiqu’il dilR-rc essentiellement du genre Dipterus. On n’en possède point encore de figures ; il est seulement indiqué dans le mémoire de MM. Sedgwick et Murebisou sur les schistes bitumineux de Caithness, vol. 3 de la a**’ série des Transact. de la Soc. Géol. de Londres, pag. i44- Les espèces y sont désignées sous les noms d’O. macrolepUlütus et d’O. microlepidotus. ( Dans les Proceedings of 4 Brit. Ass. je les ai indiquées sous le nom générique de Pleioptcnis. ) Les naturalistes qui les ont examinées ont cru que c’étaient des poissons d’eau douce ; cette conjecture paraissait confirmée par la présence, dans les mêmes couches, de fragmens d’os fossiles qui ont été envisagés comme provenant d’une tortue voisine des Tryonix. Cependant *' l’examen que j’ai fait de ces plaques , et la découverte d’exemplaires plus complets , m’ont convaincu que ces os provenaient d'un grand poisson qui avait probablement quelques rap|H>rts avec celui de W itby. Je les décrirai dans mon 3“' volume.
Les exemplaires A' Osteolepis d'après lesquels j’ai fait les descriptions suivantes , ont été trouvés par M. le Prof. Traill dans l’îlc de Pomona ; ils sont beaucoup plus complets que ceux qui avaient été recueillis auparavant dans les carrières de 44 idcl. M. Traill a aussi trouvé en meme temps plusieurs espèces de dilTércns genres, dont on n’a point encore vu de traces à Caithness, et qui seront décrites ci-après.
lx>rs de la réunion des naturalistes à Edimbourg, M. Traill a exposé à la Section de Géologie une esquisse de la structure des îles Orkney, de laquelle il résulte que tout ce groupe est formé de roches schisteuses, semblables à celles qui contiennent les poissons. Ce sont des grès et des schistes argileux, qui paraissent appartenir à la formation du vieux gi'ès-rouge (Old-Red^. La carrière où l'on trouve les poissons est près de Skaill , dans Pile de Pomona , à environ deux milles anglais au nord du granité qui traverse la partie sud-ouest de l’îlc, sur une étendue d’environ six milles. On v Tu». 11. 16
trouve les poissons dans les couches les plus jirofondes que l’on ait atteintes jusqu’ici ; les couches snperiiciclles n’en contiennent point. M. Traill y a observé d’abord environ trois pieds de débris de roche, puis neuf pieds de roche schisteuse solide, et eulin deux bancs, chacun d’environ douze ponces d’épaisseur, contenant les poissons. Le premier de ces deux bancs, qui seuls renferment des débris organiques, abonde en poissons des genres Osteoleph , Cheirolepis , Cheiracanlhus et Diploptents y tandis que dans les schistes de Caithness on trouve surtout des Diptems. Le banc inférieur en contient peu; mais M. Traill y a trouvé en revanche des poissons plats, longs d’environ un pied et de quatre à cinq jrouces de large, terminés par une queue grcle de près de sept ponces. Je n’en ai pas vu- d’exemplaires complets, M. Traill avant malheureusement perdu ceux qu’il avait recueillis. Je pense que c’est à ce poisson qu’il faudra rapporter les fragmens qui ont été pris pour des os de Tryonix, et qui certainement n’appartiennent pas à la classe des Reptiles. Dans cette carrière , la présence des poissons est toujours indiquée par une couleur plus foncée de la roche; chaufTée dans un tube de verre, celle-ci donne du bitume. On trouve également avec les poissons de petits fragmens brillans d’asphalte très-pure. Les débris organiques sont très-rares dans les couches de calcaire , qui alternent quelquefois avec les roches schisteuses des Orkncy; et ce calcaire est souvent très-argileux.
Le genre Osteoleph est surtout caractérisé par la structure et par la position de scs nageoires ; il a deux dorsales, plus éloignées Tune de l’autre que dans le genre Diptenis,c\. dont la première est placée au milieu du dos, taudis que la seconde se trouve au milieu de l’espace qu’il y a entre la première et la caudale. Les deux anales ne sont point opposées aux deux dorsales, comme dans le genre Diptems ; au contraire, elles alternent avec elles, la première étant placée vis-à-vis de l’intervalle qui sépare les deux dorsales, et la seconde en arrière de la seconde dorsale, immédiatement en avant du lobe inférieur de la caudale. Celle-ci a h-peu-près la même forme que dans le genre Palteoniscits. Les pectorales sont grandes et arrondies; les ventrales, qui paraissent avoir été beaucoup plus petites, sont opposées au bord antérieur de la première dorsale. Dans ce genre les écailles sont proportionnellement plus grandes que dans le genre Palteonhcits ; la gueule est aussi plus fendue et armée de très-petites dents pointues. On connaît déjà trois espèces A'Osteolepis, dont deux proviennent des schistes de Caithness, et la troisième de Camric et de Pomona. Leur aspect et certaines ressemblances avec le genre Cephalaspis du vieux grès-rouge, me paraissent indiquer pour elles une époque antérieure à la houille , ou du moins aussi ancienne que cette formation.