XVI. Tetsacosolepis mxstodostel's Agass
Vol. a. Tab. a3e, fig. 3, 4 et 5.
Je ne connais encore de cette espèce que la branche gauche d’une mâchoire inférieure qui se trouve dans la collection de M. Cumberland à Bristol; ce n’est même qu’un os dentaire, les pièces articulaires étant détruites. Ce fossile provient des Wealden , et a été trouvé à Ilastings ; il y a dans les Transactions de la Société Géologique de Londres (a' Série, Vol. a. Tab. VI) une figure faite d’après ce même exemplaire. Si la mienne en diffère considérablement, c’est qu’avant de la faire dessiner j’ai mis à nu plusieurs dents qui étaient complètement cachées dans la roche.
La forme de l’os dentaire et celle des dents caractérisent aisément cette espèce. L’os est étroit, échancré vers son milieu ; sa face externe est marquée de deux séries de pores muqueux, dont l’inférieure est parallèle â la courbure de l’os ; tandis que la supérieure, d’almrd parallèle à l’insertion des dents, se courbe ensuite â la partie postérieure de l’os, dans la même direction que la série inférieure. Les dents font corps par leur base avec la mâchoire, en même temps que leur intérieur est creux; et c’est-Ià ce qui distingue ces dents de Ganoïdes, et surtout celles des Lepidotus, des dents de Labres et de Spares auxquelles on a voulu les comparer.
Les dents de cette espèce se distinguent facilement à ce que leur partie inférieure est un peu rétrécie, et leur extrémité renflée et arrondie, et surmontée d’une pointe d’émail conique (fig. 4 .)
J’ai vu dans la collection de M. Mantell, à Brighton, une plaque osseuse provenant également des Wcalden , dont la surface est hérissée de tubercules sinueux , et qui me paraît être une plaque buccale d'un Telragonolepis. Elle pourrait bien avoir appartenu à l’e.spèce dont il s’agit ici. En attendant que l’on possède sur ces fossiles des renseignemens plus précis, j’ai jugé convenable de la faire figurer aussi dans cette pl. a3'; c’est l’original de la fig. 5.
Dans son ouvrage sur les plantes et les poissons fossiles des environs de Cobourg, M. le D' Berger indique un poisson du Muschclkalk qni se trouve au Musée de Cobourg, et qui, d’apres le peu qu’en dit M. Berger, me parait ne pouvoir appartenir qu’au genre Teiragonolepis ou aux genres Platysomiis ou Gyrolepis. Vu le très-petit nombre de poissons entiers que l’on possède du Miiscbelkalk, il serait bien précieux d’avoir une description détaillée et une figure exacte de celui de Cobourg.
Avant de terminer ce chapitre, je dois encore ajouter ici la description d’une espèce de Dapediiis découverte depuis que j’ai publié les détails relatifs à ce genre, ainsi que quelques nouveaux renscignemens sur le D. Colei, ijiii a été décrit à la page ir)5 de ce volume.
Outre ce premier exemplaire de D. Colei, j’en ai vu un autre très-complet au Musée Britannique à Londres, que j’ai fait figurer Tab. 25 c, et d’après lequel je puis compléter ma description de celte espèce en ce qui concerne sa forme générale et ses nageoires, qui sont complètement enlevées dans l’exemplaire de Lord Colc.
Ce poisson est U'ès-large; le bord inférieur de son corps est très-arrondi, et présente une courbure uniforme ; le dus est également très-voAté, surtout en avant de la dorsale , tandis que , le long de cette nageoire , il est presque en ligne droite. La télé et la ceinture thoracique se voient par la face interne des os du cété gauche, mais la pectorale visible est celle du côté droit. Sur le milieu de la tête, entre la ceinture thoracique et l'orbite, on voit des fragmens de quatre arcs branchiaux auxquels les peignes des branchies sont encore attachés. Du reste les os du crâne sont très-mal conservés dans cet exemplaire. Les pectorales paraissent avoir été très-grandes, à en juger du moins par la largeur de leur base. Les ventrales sont insérées vis-à-vis du bord antérieur de la dorsale; leurs rayons sont aussi longs que les plus longs do celte nageoire. L’anale se termine en arriéré vis-à-vis de la dorsale; mais son l>ord antérieur ne s’étendait certainement pas aussi en avant, quoiqu’il ne soit guère possible de déterminer rigoureusement la longueur de cette nageoire, vu que sa partie antérieure est enlevée. Il y a cependant au milieu de l’espace compris entre les ventrales et l’extrémité postérieure de l’anale, une saillie qui ne peut être attribuée qu’au premier interapophysaire inférieur, et qui doit indiquer la place où commençait l'anale. Scs rayons sont assez gros, bifurqués profondément et à plusieurs reprises, et articulés de trèsprès. La dorsale commence un peu en avant du milieu du dos; ses rayons sont semblables à ceux de l’anale. A son bord antérieur il y a de très-gros fulcrcs, qui vont en diminuant de grandeur jusqu’à l’extrémité du premier rayon. La caudale est légèrement échancrée en forme de croissant; ses rayons sont très-subdivisés à leur extré- Tox. II. Î9
mité, et articulés de près jusque vers leur base; le long de ses bords il y a des fulcres courts et épais, qui deviennent de plus en plus petits vers Textrémité de ses lobes. Une particularité assez remarquable que préseute cette espèce, c’est que les écailles du pédicule de la queue s'étendent le long du bord supérieur de la caudale, et recouvrent en partie ses grands rayons extérieurs. Ces écailles sont beaucoup plus petites que toutes les autres, et ont une forme lancéolée.
Il y a sur le bord antérieur des écailles nuchalcs quelques points d’une line granulation , de même que sur quelques-unes des écailles du bord du ventre. Du reste, elles sont toutes jMirfaitement lisses, üii voit distinctement à leur surface les bords des lames d’accroissement. Les bords supérieur et inférieur des grandes écailles des flancs sont droits; ceux des écailles de la région su|>éricure du troue sont évasés.
Ce bel exemplaire a été trouvé à Lymc llegis, comme le premier.
Dxpedics Obbis Agass.
Vol. 3. Tab. 25 d.
Cette espèce se trouve fréqueinmeut en Angleterre, dans certaines couches du Lias, surtout à Harrow sur la Soar, d'oii proviennent la plupart des exemplaires que j’ai examinés : il paraît même que c’est la plus commune du genre; c’est du moins celle dont on a trouvé jusqu’ici le plus grand nombre d'exemplaires. J’en ai vu plusieurs doubles plaques très-bien conservées dans la collection de M. le Prof. Sedgwick; au 3Iuséc Britannique il y en a aussi plusieurs, dans l'un desquels les dents sont trèsdistinctes. L’un des exemplaires du Musée d'York qui m’ont été communiqués par M. le prof. Philipps , est le plus grand de tous ceux que j’ai vus ; il a environ i6 pouces de longueur, sur lo de largeur. A Scarborongli, j’en ai vu un exemplaire au Musée, et un autre, qui est l’original de ma ligure, dans la collection de M. le D' Murray. Tous ces exemplaires sont contenus dans des géodes de calcaire marneux, et proviennent de Barrow. Cependant on en a trouvé aussi ailleurs. Le Rév. M. Williams en a exposé à Dublin, & la Section de Géologie de l’Association britannique jmur l’avancement des sciences, deux très-beaux exemplaires provenant des scliistes du Lias de W'bitby.
La forme de ce poisson est trè's-caractéristique, presque circulaire, si l’on fait abstraction de la queue, qui manque d’ailleurs dans l'original de ma ligure. Le ventre et le dos sont également voûtés. La tète est petite, proportionnellement, à peine aussi haute que longue, la partie supérieure du crâne et la crête occipitale surtout étant peu développées; cnsortc que les écailles de la nuque s’étendent jusqu’au dessus de l’orbite, qui est passablement grande. Les pièces opcrculaires, le subopercule et l’intcro-
pcrcule surtout, sont plus développés que dans les autres Dapedîus. Les rayons branchiostègiies sont très-gros; on distingue entr’eux et la mâchoire inférieure un large écusson impair. Cette mâchoire csf très-large; les dents que l’on voit à son bord sont, comme celles de la mâchoire supérieure, fortement dilatées et comprimées d’avant en arrière à leur sommet, en forme de ciseau à tranchant échancré. La surface de tous les os de la tète est ornée d’une granulation en forme de petits points saillans. On remarque une semblable granulation sur les écailles de la nuque (fig. 4)- Les é-cailles des flancs, qui sont beaucoup plus grandes que celles du dos et de la queue, et en même temps plus hautes que longues, ont leur surface très-finement striée, avec quelques points creux. Ces deux derniers caractères ne se trouvent pas exprimés dans la fig. a, qui a été dessinée d’après un exemplaire dont les écailles avaient (>erdu leur émail , avant que j’en eusse vu de complètes. L’onglet articulaire est très-fort, et la fossette correspondante très-profonde. Toutes les écailles sont très-épaisses; celles de la queue, fig. 3, sont équilatérales et complètement lisses.
La dorsale commence au milieu du dos, et se termine à une distance de la caudale égalant la moitié de la largeur du pédicidc, qui est beaucoup moins étroit que dans la plupart des autres espèces de Dapedîus. Les rayons de cette nageoire sont très-gros, bifurqués seulement dans la moitié de leur longueur, avec des articulations transversales très-serrées jusque près de leur base; ils ne sont pas eux-mémes très-rapprocliés les uns des autres. Au bord antérieur de la nageoire il y a de très-gros fulcres,. et sur les côtés de sa base, des écailles beaucoup plus petites que celles du milieu du tronc, et qui forment une espèce de gaine autour des rayons. L’anale, beaucoup plus courte que lâ dorsale, finit eu arrière à la môme hauteur, mais s’étend moins en avant; ses rayons sont également peu nombreux, plats, larges, très-bifurqués à leur extrémité, avec des articulations transversales très-rapprochées. Les fulcres de son bord antérieur sont très-serrés, mais un peu moins gros que ceux de la dorsale. La caudale est trèslarge, composée' de gros rayons aplatis, à articulations très-rapprochées jusqu’à leur base, et bifurqués à plusieurs reprises à leur extrémité. Les fiileres de ses bords sont très-serrés, moins inclinés qu’à l’ordinaire; ils ne sont pas fort grands , pas môme ceux de la base de la nageoire. Les ventrales sont placées vis-à-vis le bord antérieur de la dorsale; leurs rayons sont très-bifurqués, et les fulcres de leurs bords très-serrés. Les pectorales sont insérées à la hauteur de l’écusson qui se trouve en avant des rayons branchiostègues.
Cette espèce est la plus grande du genre; elle n’a point encore été découverte sur le Continent.