‹ Recherches sur les propriétés physiques, chimiques et médicinales, des eaux minérales de Bagnères de BigorreChapitre 53 sur 103 · REFLEXIONS GENERALES · texte numérisé non relu

REFLEXIONS GENERALES

Les sources thermales de la plaine sourdent en général à travers un banc de sable ou de gravier. Les propriétaires des établissemens , pour faire remonter l'eau à une hauteur déterminée , percent verticalement la terre jusqu'à ce qu'ils trouvent le point central d'où part la source : ils y placent un tube ou canon de pompe , autour duquel ils pressent avec force de la terre argileuse. L'eau, trouvant alors de la résistance sur les parties latérales ou extérieures, gagne l'intérieur du tube, et, parvenue à son extrémité supérieure , elle est reçue dans des conduits en plomb ou en terre cuite , qui la distribuent dans les lieux qui lui sont destinés. Les sources supérieures sourdent à travers des roches granitiques , calcaires et de tuf, parmi des veines de terre argileuse et de sable de mine que ces roches renferment. Les tuyaux conducteurs de l'eau sont placés directement sur le solj et le plus près possible du point où elle rejaillit.

Il existe à Cadéac , canton d'Arreau , arrondissement deBagnères, des sources froides éminemment sulfureuses. M. le docteur Vignola, médecine Lombez. a recueilli des observations

qui constatent leurs bons effets, principalement contre les maladies cutanées.

On trouve encore , clans l'arrondissement de Bagnères, l'établissement thermal de Cap-Vern ; mon honorable collègue, M. Lacrampe Loustau , inspecteur de cet établissement, s'empressera de publier les résultats que sa longue pratique lui a fournis.

Le sulfate de chaux que l'on trouve ordinairement dans les eaux minérales salines en une quantité qui paraît grande, proportionnellement aux autres substances salines qui entrent dans leur composition , a fait croire à bien des personnes que ce sel terreux devait rendre ces eaux malsaines et de mauvaise qualité , comme le sont les eaux de pluie qui recèlent beaucoup de sélénite. « Les inductions que l'on a tirées » de cette prétendue ressemblance, dit le pro- » fesseur Figuier, ne sont pas justes, et sont en » opposition avec l'expérience de tous les temps, a 11 est, à la vérité, des eaux de puits qui sont » crues et indigestes, parce qu'elles contiennent » beaucoup de sélénite; mais il faut observer que » ces eaux ne sont pas courantes , qu'elles sont » peu aérées, qu'elles sont froides, et que les » sels terreux insolubles y sont presque seuls. » Il en est autrement des eaux minérales salines » thermales ; celles-ci contiennent presque tou-

a jours une grande quantité d'air atmosphé- » rique en dissolution ; le sulfate et le carbonate » terreuxy sont mêlés avec d'autres sels solublcs, » et, en vertu de l'action réciproque que les sels » exercent , ils y sont dans un état différent que » lorsqu'ils y existent isolément. La longue, cons- » tante et uniforme chaleur qui règne dans les » entrailles de la terre, où ces eaux circulent , » peut favoriser, maintenir , augmenter même » la tendance que les corps salins ont à s'unir en- » tre eux,etleurcommuniquer par conséquent » des vertus plus énergiques. La nature produit » des effets qu'il n'est pas permis à l'homme de » connaître ni d'imiter; elle a à sa disposition » et le temps et les lieux, et quelque grands » que soient les moyens de la chimie , ils sont » bien loin d'égaler ceux que l'auteur de toutes » choses met en usage. Les procédés synthéti- » ques ne sont jamais aussi exacts et parfaits » que ceux formés dans le vaste laboratoire de » la nature. Combien d'exemples ne pour- » rais - je pas citer pour démontrer cette » importante vérité! etc. » Analyse des Eaux x Dussat.

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