‹ Recherches sur les propriétés physiques, chimiques et médicinales, des eaux minérales de Bagnères de BigorreChapitre 68 sur 103 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Influence de L'air.

Si les naturalistes, si les médecins de tous les siècles , fondés sur l'expérience , se sont tous accordés a convenir que le climat le plus favorable à la santé, à la longévité , était sur-tout celui où l'air était le plus pur, le plus lucide , le plus exempt des émanations malfaisantes , aër sitpurusjsk clarus 3 sit lucidus, nec obus fœ-

tore cloacœ , Hipp. , celui qui environne Bagnères est, sans contredit, un de ceux qui, en France, réunit le plus les avantages de la salubrité. La peau absorbant, comme les poumons, une portion de l'air atmosphérique, l'importance de sa pureté, comme son efficacité , se trouvent dèslors démontrées. Or, à Bagnères, on respire en abondance cet air vivifiant qui ranime les fonctions de toute nature. Dans le temps des grandes chaleurs, celle du jour se trouve tempérée par les émanations qui s'élèvent des nombreux ruisseaux qui circulent de toutes parts autour de Bagnères. A l'avantage d'entretenir convenablement l'action de la peau , se joint encore celui de la rétablir, lorsqu'elle est dérangée. Le bien-être inexprimable que tout être vivant éprouve lorsqu'il se trouve environné d'un air saîubre est une des plus douces jouissances que l'homme de la nature puisse ressentir. C'est au moment où ce premier élément de la vie, à la faveur du sang qu'il vivifie, va au loin porter les principes qui augmentent la vie , que l'on sent de toutes parts les fonctions des divers organes s'accroître et s'affermir. C'est daus cet instant de délices que procure au malade convalescent l'aspect d'un beau ciel azuré, celui d'un jour pur, qu'il sent se développer avec une sorte de volupté les forces qui prési-

3o3 dent de toutes parts aux réparations vitales. Si Hippoerate fut le premier qui prescrivit le changement d'air dans un grand nombre de maladies , ce sage conseil , dont les bons effets ont été si bien appréciés depuis lui par les plus célèbres médecins de tous les siècles , est, plus que jamais, suivi par les plus grands praticiens modernes, qui s'empressent de prescrire les voyages , le changement d'air et le passage du nord au midi. Toutes les fois que je m'occupe des nombreux bienfaits que tous les êtres reçoivent de l'air pur, je crois voir en lui un océan immense qui renferme cette nature vivante, qui, sous cent noms divers, s'insinue partout, anime tous les êtres , et qui , sans borne et sans mesure, en un cercle de bien partage toute existence. C'est elle de qui la féconde haleine, sous le nom de zéphirs, rappelle avec le printemps celui de tout être animé. C'est elle enfin qui ressuscite les fleurs, et dans nos bois ramène le ramage et l'amour de cent oiseaux divers et l'augmentation de vie de tout ce qui respire.

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