‹ Recherches sur les radicaux organométalliquesChapitre 38 sur 47 · I. II · texte numérisé non relu

I. II

Iode 50,72 5i,22

La formule

C'«H»AsCd P = Cd I, As (C« H*) 4 1

donne

Iode... 50,69.

On voit, par les résultats qui précèdent, que toutes les fois qu'on fait agir un excès d'iodure d ethyle ou de méthyle sur l'arsenic libre ou sur les arséniures métalliques, il tend à se produire une combinaison appartenant au groupement

AsX\

Opère-t-on avec un arséniure alcalin, les iodures d'arsenétbylium ou d'arsenméthylium qui prennent naissance se séparent à l'état de liberté; fait-on intervenir l'arsenic libre ou quelque arséniure métallique, on obtient des composés doubles, Tiodure métalliquejouant le rôle d'élément électronégatif à l'égard des iodures d'arsenéthylium ou d'arsenméthylium,qui se comportent àla manière des iodures alcalins .

Dans cette dernière circonstance, on n'obtient jamais de composés se rapportant au groupement

AsX\

Il n'en est plus de même à l'égard des arséniures alcalins; Ces derniers fournissent en effet des triéthylures et même des diéthylures d'arseoic * composés qui , n'ayant pas atteint le terme de la saturation, peuvent à la manière des corps simples fixer de l'oxygène, du chlore, de l'iode, etc. et jouer par suite le rôle de radicaux.

La combinaison de l'arsenic avec 5 équivalents de mé-

thyle ou d'étbyle présentant une instabilité considérable, ainsi que j'aurai l'occasion de le démontrer plus loin , on conçoit qu'on ne puisse arriver à ce groupement, l'iode de l'iodure éthylique ou métbylique se fixant dans ce cas sur le métal alcalin, tandis que le radical alcoolique devient libre. Si nous voyons apparaître dans le cas d'un excès de l'iodure alcoolique la combinaison cristallisée

AsX'I,

cela tient à l'action ultérieure de cet iodure sur les groupements

AsX'

et

AsX s

Quoi qu'il en soit, on peut, à Taide des composés formés par l'action réciproque des arséniures métalliques et des iodures étbylique et métbylique, se procurer facilement, et dans un état de pureté parfaite, la trimétbylarsine et la triétbylarsine. Il suffit, en elïet, de distiller ces composés à deux ou trois reprises sur des fragments de potasse caustique dan s un courantd'un gaz inerte,d'bydrogène parexemple.

Une fois en possession d'une proportion un peu notable de ces étbylures et inétbylures d'arsenic, je me suis proposé de les examiner attentivement et d'en étudier les combinaisons principales.

Mes résultats sont complètement d'accord avec ceux de M. Landolt relativement aux composés formés par cette substance avec les corps simples; aussi serait-il superflu de publier ici les analyses que j'ai faites de ces divers produits, dont les plus remarquables, au point de vue de la beauté des cristaux, sont les sulfures

As(C'H 3 ) i S 5

et

J'avais également commencé l'étude des composés susceptibles de naître dans Faction réciproque de la triméthylarsine et de la triéthylarsine avec la liqueur des Hollandais bromée ou l'un de ses homologues. M. Hofmann ayant publié récemment sur ce sujet des résultats qui se rattachent à son grand travail sur les bases polyâtomiques, j'ai dû nécessairement l'abandonner.

Dans le Mémoire que j'ai publié, de concert avec M. Hofmann sur les bases phosphorées, nous avons fait ^voir que lorsqu'on abandonne la triéthylpbosphine ou son homologue méthylée au contact de l'air, elles se convertissent rapidement en de magnifiques substances cristallisées qui résultent de la fixation de 2 molécules d'oxygène et dont la composition, qui se rapporte au groupement

PhX»,

est représentée par les formules

Ph(C 3 H 3 ) 3 0

et

PhtCH 4 ) 301 -

Je me suis assuré, de mon c6té, que la triméthylarsine et la triéthylarsine, abandonnées au contact de l'air sec, en attirent graduellement l'oxygène, bien qu'avecune moindre énergie que les composés phosphores correspondants, en donnant naissance à de beaux produits cristallisés. Ceux-ci, qui appartiennent au groupement

AsX & ,

et correspondent aux oxydes de triméthylphosphine et de triéthylphosphine, sont représentés par les formules

As(C J H 3 ) 3 0 J

et

Às(C*H fc ) 3 O a ,

ainsi que le démontrent les analyses suivantes :

I. 0^,458 de la combinaison éthylée m'ont donné o ir ,355 d'eau et o |r ,677 d'acide carbonique.

II. o' r , 395 du même produit m'ont donné o ,r , 3o4 d'eau et o* r , 583 d'acide carbonique.

D'où Ton déduit pour la composition en centièmes :

Carbone . . . . 4°> 2 7 Hydrogène.. 8,60

Arsenic '

Oxygène. ... »

0,489 de la combinaison méthylée m'ont donné 0^,299 d'eau eto« r ,47i d'acide carbonique.

Résultats qui, traduits en centièmes, conduisent aux nombres suivants :

Théorie.

Carbone 26,28

Hydrogène. .. 6,79

Arsenic »

Oxygène •

Ces produits étant traités par une proportion insuffisante d'acide chlorhydrique donnent des substances liquides renfermant tout à la fois de l'oxygène et du chlore, ce sont des oxychlorures dont il faudrait probablement représenter la composition par les formules

C« H'PhCIO = Ph(C H 3 ) 3 Cl O, C J H' » Ph Cl 0 = Ph ( O H» y Cl 0 .

1 héorie.

Ka ....

As . ...

ACTION DES CHLORURES, BROMURES, IODURES DE MÉTHYLE et d'éthyle SUR LE CACODYLE.

Le cacodyle doit être évidemment considéré comme le diméthylure d'arsenic correspondant à un hydrure d'arsenic inconnu

analogue à l'hydrogène phosphore liquide dont on doit la découverte à M. Paul Thenard.

Ce produit n'ayant pas atteint la limite de la saturation , doit nécessairement fixer de nouvelles molécules de méthyle , d'éthyle ou de tout autre groupement analogue, ou bien encore divers corps simples, tels que l'oxygène, le soufre, le chlore, l'iode, etc., de manière à produire en dernier lieu des composés qui se rapportent au groupement

AsX*.

On sait, d'après les recherches de M. Baeyer, que le cacodyle peut absorber des quantités croissantes de chlore, jusqu'à ce qu'on soit parvenu finalement au terme

As (C H 3 ) 2 Cl 3 .

Le brome et l'iode suivant mes propres expériences donnent naissance à des résultats semblables. Ce groupement, extrême limite de la saturation , présentant une grande instabilité, tend à se scinder sous l'influence de la chaleur en

C'H'CI + As(C'H»)Cl s ,

de façon à rentrer dans le groupement

. AsX 3 ,

qui pour les combinaisons arsenicales paraît présenter le maximum de stabilité,

L'arsentriméthyle ( triméthylure d'arsenic ) jouissant de la propriété de s'unir très-énergiquement à l'iodure de raéthyle pour former le composé

As(C'rP)<I,

qui n'est autre que l'iodure d'arsenméthylium appartenant comme les précédents au groupement

AsX»,

il devenait assez probable que dans le contact de l'iodure de méthyle et de l'arsendiméthyle ( cacodyle ) , l'iodure d'arsenméthylium prendrait également naissance; mais dans ce cas il devait nécessairement se produire un composé complémentaire. L'expérience confirme pleinement cette hypothèse, et l'on observe en effet dans l'action réciproque de ces corps la production de l'iodure de cacodyle.

Le bromure de méthyle donne dans son contact avec le cacodyle des résultats exactement semblables, ainsi que l'analogie le faisait prévoir.

Lorsqu'on met du bromure ou de l'iodure de méthyle en contact avec le cacodyle, le mélange ne tarde pas à s'échauffer et la réaction devient bientôt tellement violente, que, si l'on opérait à la fois sur des proportions de matière un peu considérables et qu'on n'eût pas soin de refroidir, une portion notable du produit se trouverait projetée hors du vase. Si l'on emploie le bromure ou l'iodure méthylique en excès, on obtient finalement un produit solide qui, soumis à la distillation avec de l'eau, laisse dégager l'excès de bromure ou d'iodure méthylique, ainsi que des liquides moins volatils auxquels l'analyse assigne la composition du bromure ou de l'iodure de cacodyle, tandis qu'il reste une liqueur d'où se séparent par le refroidissement de fort beaux cristaux. Ces derniers, qui se dissolvent facilement dans l'alcool et plus encore dans l'eau, ne sont autres que du bromure et de Fio-

dure d'arsenraétnylium, ainsi qu'on peut s'en convaincre à l'inspection des nombres suivants :

I. n' r ,44° d'un bel échantillon obtenu par l'action du bromure de méthyle sur le cacodyle m'ont donné 0,226 d'eau et 0,367 d'acide carbonique.

II. o>%5i 1 du même produit m'ont donné o,446 de bromure d'argent.

Résultats qui, traduits en centièmes, donnent

l. II.

Carbone 22 >°9 *

Hydrogène 5,71 »

Brome » 37 , 1 2

et conduisent à la formule

C«H ,J AsBr==As(C ï H>) 4 Bt.

En effet, on a

As 75 34,9/)

Br 80 37,21

I. o",52i d'un bel échantillon cristallisé en cubes obtenu par l'action de l'iodure de méthyle sur le cacodyle m'ont donné 0,220 d'eau et o,347 d'acide carbonique.

IL o* r ,$56 du même produit m'ont donné 0,408 d'iodure d'argent.

III. o* r ,5oo d'un second échantillon m'ont donné o,447 d'iodure d'argent.

Ces résultats, traduits en centièmes, donnent

h il. III.

Carbone 18, 16 » »

Hydrogène 4*6°* » »

Iode » 48,34 48,32

et conduisent à la formule

C»H"AsI = As(C J H 5 )«I.

En effet, on a

As 7$ 28,62

Quant aux produits liquides qui se forment en même temps que ces substances cristallisées, non-seulement ils possèdent la densité, le point d'ébullition et tous les caractères extérieurs du bromure et de Fiodure de cacodyle, mais ils en offrent exactement la composition. C'est ainsi que le produit provenant de l'action du bromure de méthyle m'a donné 43,09 de brome, et celui qui se forme dans le contact de Fiodure correspondant m'a donné 54,86 d'iode.

La composition théorique de ces produits conduit aux nombres

Pour le bromure de cacodyle 43 > 2 4

Pour l'iodure 54» 74

Les réactions si nettes du bromure et de Fiodure de méthyle sur le cacodyle peuvent facilement s'expliquer au

moyen des équations i [As (O H 3 Y] -4- i <? H 3 Br = As ( C H 3 )» Br H- As ( C» H 3 )• Br

Cacodyle. Bromure Bromure Bromure

deméthyle. de cacodyle. d'arsenméihylium.

2 [As (C H 3 ) 1 ] -+- 2 C» H 3 1 — As (C H 3 )'IH- As ((? H 3 )« I.

Cacodyle. Iodure lodure lodure

de mélhyle. de cacodyle. d'arsenméihylium.

L'action des chlorure, bromure et iodure d'éthyle'sur le cacodyle donne naissance à des résultats exactement semblables. Met-on de T iodure d'éthyle en contact avec le cacodyle, les deux liquides se mêlent sans réaction apparente. Ferme-t-on à la lampe le tube qui contient les matières et abandonne-t-on le mélange à lui-même, on voit s'y former de beaux cristaux dont la proportion augmente graduellement. Lorsque la réaction cesse de se produire, ou trouve dans le tube une matière cristallisée jaunâtre qui doit cette couleur au liquide huileux qui la baigne. Il suffit, en effet, de briser le tube et de l'incliner pour faire écouler la portion liquide, puis de comprimer les cristaux entre des doubles de papier buvard pour obtenir une matière parfaitement blanche. Cette dernière étant dissoute dans l'alcool fournit par l'évapo ration spontanée de beaux prismes incolores qui se comportent à l'égard des réactifs de la même manière que l 'iodure d'arsenméthylium.

Soumis à l'analyse, ce composé m'a donné les résultats suivants :

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