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Recherches sur les roches globuleuses

On désigne sous le nom do roches globuleuses celles dans Ics-quelles certains minéraux se sont réunis en globules ; ces globules peuvent cire formés de minéraux variés; le plus généralement cependant ils sont presque entièrement feldspalhiques, comme cela a lieu, par exemple, pour la diorile orbiculaire de Corse ou pour la variolite de la Durance (1).

Les roches globuleuses ont déjà été étudiées dans différentes publications (2); mais ce Mémoire aura spécialement pour objet les roches globuleuses qui sont riches en silice, et qui ont des globules feldspaihiques ; les globules de ces dernières roches présentent, en effet, la plus grande analogie soit dans leur structure , soit dans leur composition , soit dans leur gisement, et par conséquent il importe de les décrire simultanément; nous verrons d'ailleurs que leur élude conduit à des résultats tout à fait inattendus, et qu'elle jette un jour nouveau sur la formation des globules, ainsi que sur la formation des roches qui les contiennent.

Les granités, qui sont toujours assez riches en silice, sont quelquefois globuleux; on cite comme exemple \g Rappakiwi de Finlande, qui contient des globules concentriques dans lesquels l'orlhose est entouré par de l'oligoclase (3).

(1) Annales de chimie et de iilijsique, 3" série, t. XXIV; Annales des i/iines, W sûrie, t. XVII, p. H 6.

(2) Voyez notamment île Bucli, Hecueil de planches de pétrifications reuMrqnabh-s, in-folio. — K.-C.von Lconhard, Charakteristik der Felsarten, p. 52. — AI. Brongniart, Essai sur les Orbicides siliceux, Ann. des sc.natur., l" série, t. XXiri, p. 166. — Naumann, Lehrbuch der Geognosie. — Rolli , Die Kugelform im Mineralreiclie und dercn einflussaufdic Al/sondeningsgestalten der Gesteine.

(3) Verhandlungcn der Rvssisch-Kaiserlischen mineralogischen Gesellschaft , 1850-1851. — Von Kutorga : Gco/jtwstische Beobachtungen in Sudlichen Finland.

Soc. GÉOL. — 2' SÉRIE. T. IV. — Mém. n° 5. 39

302 RECHERCHES t>.3.p-2.)

Quoique les roches, telles que le Rappakhoi, soient riches en silice, leur structure cristalline est granitique, el par conséquent très développée; il en résulte que les minéraux qui tendaient à se former se sont séparés d'une manière presque aussi nette que dans le granité ordinaire, et que ces globules ne présentent rien de particulier. Je ne mentionne donc les roches (jlohuleuses à struclure granitique que pour mémoire, et je vais m'occupcr maintenant des roches globuleuses riches en silice, qui sont a structure porphyricjue ou à struclure compacte : on peut citer, parmi ces roches , Veurite, la pyroméride , le trachyle , le rétinite , la perlite, Vobsidienne et une très grande variété de porphyres.

Pour fixer les idées, je décrirai spécialement celles de ces roches globuleuses qui peuvent être considérées comme types ; notamment : les pyroméridos de Corse et des Vosges, les porphyres de l'Estcrel, du pays de Bade et du Thuringerwald, les trachytcs d'Islande, les rétinites de Saxe, les perlites et les obsidiennes de Hongrie. Toutes ces roches sont représentées par des séries très nombreuses dans les principales collections de Paris, et surtout dans la collection du Jardin des Plantes, qui a été mise à ma disposition, avec une grande bienveillance , par MM. Cordier et Ch. d'Orbigny.

Glolmles.

Je commence par faire connaître les principales propriétés jjhysiques el chimiques des globules qui caractérisent les roches globuleuses ; puis j'étudierai avec détail leur structure et leur gisement.

Couleur. — i,a couleur des globules est extrêmement variable ; elle peut être noire, violette, verte, brune, jaunâtre, rougeàtre, grise ou blanche; souvent elle est peu différente de celle de la pâte.

Dureté. — Lorsque ces globules ne sont pas décomposés, ils ont dans la pyroméride une dureté supérieure à celle du feldspath; cela résulte vraisemblablement de ceque la pâte feklspathiquc qui les compose a retenu une grande quantité de silice; cependant, dans les rétinites, dans les perli tes el dans les obsidiennes, la dureté des globules est inférieure à celle du feldspath , bien que leur teneur en silice soit supérieure à celle de ce minéral ; cela tient sans doute à ce que ces roches sont plutôt à l'étal vitreux qu'à l'état cristallin, et peut être aussi à ce qu'elles sont intimement pénétrées d'opale, comme l'admettent MM. Hausmann et Fuchs.

Pesanteur spécifique. — La pesanteur spécifique des globules est toujours peu élevée; on a trouvé, en efl'et :

Globules gris vordùire de AVucnlicim (voir leur analyse, page 303). 2,59û

Glotnilcs de Jlrafiiliniiahriygur (Islande) (1) 2,389

Globules de la perlite (2 2,3 — 2,1

(1) Forrhhaninicr : Journal fi'w jiniktis^clu' Clicmic , t. XXX, p. 394.

(2) Dana : Mim'ralocjy, t/iini édition, p. 329.

'"''"" SUR LES ROCHES GI.ORL'LEUSES. 303

OnxoMdoncqneUur pesanteur spécifique est plus pelile que celle du miarlz

puisque celte dernière est do !2,G5. '

On peut remarquer que, si le développement imparlait de la structure cristalline dans les globules, tend d'un côté à rendre leur pesanteur spécifique inférieure a celle du feldspath, le mélange de silice tend, d'un autre cùté, à rendre cette pesanteur spécifique supérieure à celle du feldspath.

Chalumeau. - Au chalumeau, les globules peuvent fondre, mais beaucoup plus difflcilemenl que le feldspath; il est facile de s en rendre compte en observant qu ils contiennent plus de silice et moins d'alcalis. Dans les pyromérides il est souvent nécessaire que les globules soient en esquilles très minces, et, dans ce cas même, il peut arriver qu'ils s'arrondissent seulement sur les bords, ou qu'ils ne fondent que dans certaines parties.

Les globules de la perlite et de l'obsidienne se gonflent avant de se fondre.

Composilion chimique. - La composition chimique des globules qui se sont lormes dans quelques roches riches en silice, ainsi que la composilion des roches qui ont une structure enlièrement globuleuse, comme les rétinites et les perlites, est donnée par le tableau suivant :

Ces globules sont caractérisés par une grande teneur en silice et par une faible teneur en alcalis; eurs teneurs en oxyde de fer, en magnésie et en chaux sont également 1res laibles (G).

Il est facile de comprendre que la composition minéralogique de la roche, dans

(1) Bitll. de la Soc. géoL, 2« sér., t. IX , p. 176.

(3) Journal fur praktische Chemie , t. XXX, p. 391.

(2) [U) et (5) Rammelsberg. Ilandwôrterbuch, 2' partie p hk et /t5

clfe ,e """' ''r'V''" «'^'^^'"'--"^- »''-d» 'I- 'es divers ,é.,ni;es analysé! jusq'i i ne comienneut que peu de chaux .Rammelsberg. HandœOrierbuch, 2' partie, p. UU, Pechs ein )

30/, RECHERCHES fN5,p.4.)

laquelle les globules se sont développés, a nécessairement exercé une grande influence sur leur composition.

Ainsi la teneur en silice des globules est généralement supérieure à celle des feldspalhs qui ont cristallisé dans la roche qui les contient ; elle est d'ailleurs très variable, et elle augmente avec la teneur en silice de la roche qui est toujours très grande dans la pyroméride.

Si l'on compare la teneur en silice des globules à celle de la roche enveloppante, il est facile de voir que , dans les roches vitreuses et à peu près sans quartz, comme l'obsidienne, la perlite, le rétinite,ils ont la même teneur en silice.

Dans la pyroméride et dans les roches porphyriques avec quartz , il n'en est plus de même.

Dans la pyroméride provenant d'un môme gisement, la composition des globules varie d'ailleurs beaucoup avec la composition de la roche enveloppante ; ainsi, lorsque cette roche est très quartzeuse, le globule est surtout feldspalhique ; lorsque, au contraire, cette roche est feldspathique, le globule est sinon entièrement siliceux, du moins beaucoup plus riche en silice.

On peut donc regarder, comme une règle assez générale pour la pyroméride,

que la composition des globules est en quelque sorte inverse de la composition

de la roche enveloppante.

Structure.

Je passe maintenant à l'étude de la slruciure des globules.

Quelquefois la slruciure des globules est très nelle; c'est ce qui a lieu, par exemple , quand leurs parties feldspathiques ont des couleurs qui diffèrent de celles des parties siliceuses, comme dans la plupart des pyromérides de Corse et des Vosges, ainsi que dans les porphyres de l'Esterel et d'Oppenau. C'est ce qui a lieu également, quand les globules ont subi une altération par exposition à l'air; car leurs parties feldspathiques qui se sont taolinisées sont blanches, et se dessinent en creux, tandis que leurs parties siliceuses qui résistent à la destruction se dessinent, au contraire, en relief.

Avec les acides, on produit plus rapidement ce qui est produit très lentement par l'altération atmosphérique , et il est surtout commode d'employer l'acide fluorhydrique. 11 suffit par exemple de placer la roche sur un petit treillage en fil de platine , de manière qu'elle plonge dans une dissolution étendue d'acide sulfurique, contenue dans un vase de platine ou de plomb, au fond duquel il y a du spath-fluor. Il est préférable cependant d'opérer comme M. Leydolt, et déplacer la roche dans un vase de plomb, d'y mettre de l'eau, et de renfermer ce premier \ase dans un deuxième vase de plomb , au fond duquel se dégagent des vapeurs d'acide fluorhydrique (1).

(1) Depuis que les planches qui accompagnent ce Mémoire sont terminées, M. Leydolt a fait connaître un procédé nouveau et extrêuienient ingénieux, à l'aide duquel il est parvenu à reproduire.

Le plus gônémlGment, afin de pouvoir comparer facilement la roclip allaquée a la roche non attaquée , j'ai opéré de la manière suivante. Je recouvrais complètement le globule ou la portion de la roche polie, dont je voulais examiner la sL- »re par de la poudre de spath-fluor; cette poudre était ensuite humectée avec de

LTl.mn •''?''' '•''.'"'"' ^;;^S'f ^^-^^ ""^ F'it« ^Pa>ulo, de manière à former une lou.ll.e homogène et b.en l.qu.de; les parties feldspathiques étaient alors corrodées et devenaient mates ; généralement elles prenaient une couleur blanchâtre, tandis que le quartz conservait sa transparence et sa couleur grise Les part.es s.hceuses résistaient beaucoup mieux à l'attaque que les partie; feldspa-

brHhnt fl 's^ r 'T^'fTr P'r" reconnaître, par la conservation du brillant a la surface des échantillons polis , que le quartz hvalin n'avait pas été a aque ; quant a la calcédoine et à la silice non cristallisée; elle était fortement attaquée, et elle prenait une couleur blanche laiteuse

L'acide attaque donc inésalement un minéral , suivant que ce minéral est ou n asi pas cnstalhse; on peut d'ailleurs ajouter qu'il attaque inégalement les différentes part.es d un môme minéral cristallisé. Quoi qu'il en soit l'acide fluorhydrique met bien en évidence la structure des globules , et il opère un décapage analogue a celui qui donne lieu au moiré métallique

L étude de la siruclure des globules m'a fait voir que les uns n'ont pas do cavités dans leur inteneur, tandis que les autres ont des cavités; d'après cela ie distingue les globules en globules normaux qui n'ont pas de cavités, et en ohiL anormaux qui ont ou qui ont eu des cavités.

Caracicrcs communs.

Avant de décrire ces deux variétés de globules avec détail, et avant d'examiner leurs caractères dans les diiïérentes roches, il est bon de signaler quelques caractères qui leur sont communs.

Les globules Jiormaux ou anormaux présentent tantôt des ravons , tantôt des zones concentriques, tantôt des lignes très irrégulières : leur structure, qui est extrêmement complexe, peut donc être rayonnée, zonée ou i/Te^«/;è/-e. Chacune de ces structures s'observe souvent sur un môme globule; mais , suivant que l'une ou l'autre d'entre elles sera prédominante, nous dirons que le globule est ravonné zone ou irrégulier. " '

La surface extérieure des globules est généralement lisse, bien qu'elle puisse elre mamelonnée.

Ils se détachent assez souvent de la roche qui les enveloppe,et de laquelle ils sont avec la plus grande perfeciion, les détails les plus délicats de la structure des silicates (vov. Jahrbuch der h. h. geologischen Ik-icAs Ans/ait, Wie.,., t. II, p. 103). Le procédé de M. Leydolt est le suivant : L échantillon est corrodé jusqu'à un certain degré par de l'acide fluorliydrique faible ; cet echannllon sert alors, soit à faire un tirage direct et immédiat sur une planche, soit à donner, comme matrice , un relief sur cuivre dont l'empreinte est prise par la galvanoplastie.

306 RECUKRCIIES ,V3p6.)

séparés par un interslice 1res pclil, mais régulier; cel iiUerslice indique qu'il s'esl o[)érc un léger reirait à la circonférence des globules depuis leur formation. Tanlùl la cavité zonée, formée par ce retrait, est resiée vide ; tantôt elle a été remplie postérieurement par du quariz ou par de l'iiydrosyde de fer, comme on l'observe dans les pyromérides.

Les globules sont ordinairement sphériques : quelles que soient leurs formes et leur composition, ils peuvent être confluents.

Ils sesont développés indifféremment dans des variétés d'une même roche, présentant une structure d'agrégation compacte, porphyrique, veinée, bréchiforme.

Us se décomposent plus difficilement que la roche qui les enveloppe, et ils restent en saillie à sa surface , lors même qu'elle est presque entièrement quarlzcuse-, celte résistance des globules à la décomposition doit, sans doute, être attribuée à leur structure cristalline.

Quoique la forme et la structure des globules puissent être complexes, leur composition minéralogiquc est assez simple; en effet, ils sont composés de feldspallis ou de pâte feldspalhiquo et de silice qui se présentent sous divers états. Je désigne ici sous le nom ûg pâte feldspathique une pâte contenant de l'alumine, et une ccrlaineproporlion d'alcalis, qui peut, sinon prendre la structure cristalline, du moins se réunir en globules , qui ont quelquefois une structure réticulée ou fibreuse. Cette pâle n'a pas une composition définie; elle est généralement beaucoup plus riche en silice que les feldspaths qui lui sont associés, et, même dans certains globules, elle n'est en quelque sorte que de la silice impure, ayant retenu une petite proportion des bases qui se trouvent dans la roche.

L'excès de silice de la pâte feldspathique doit être considéré comme l'excès d'un dissolvant, ainsi que cela a été admis par M. Delafosse pour divers silicates.

Gloliulcs normaux.

Je m'occupe maintenant de la structure des globules normaux.

On peut distinguer parmi ces globules ceux qui sont sans quartz, formés par le feldspath ou par une pâte feldspathique, et ceux qui sontaret quartz, formés par du feldspath ou par une pâte feldspalhiquo, et par du quariz.

Giobulos normaux sans qnarJz.

Las globules normaux sans quariz, qui sont les plus simples, peuvent avoir une structure cristalline, rayonnée, zonée ou irrégulière.

Lorsque \ijs globules normaux sans quartz ont une structure cristalline, ils sont formés par un cristal ou par un amas de cristaux, dont les contours sont arrondis; les clivages de ces cristaux se prolongent quelquefois dans toute l'étendue du globule, qui est alors un cristal dont les faces sont arrondies.

On observe fréquemment ces globules dans les porphyres quartzifères ou dans les eurites.

(^' 3, p. 7.) SUR LES ROCnES GLOBULEUSES. 307

Ainsi l'curile d'Ëlival (Vosges), (jiii esl composée d'orlliosc, de leldspiuL du sixième système, de pàtc feldspalliique, d'un pou de quaitz et de mica, renferme des globules irrcguliers, dont la forme, reprcsenlcc par la figure ci-contre, esl allongée et se rapprodio souvent décolle des cristaux d'orlliose. L'orlliosc blanc-grisatre 0, qui conslilue presque entièrement le gloljule, esl Lien cristallin, clivablc , transparent, à éclat vitreux ; il est entouré par une zone mince/', d'un feldspath compacte, non transparent, rougeâlrc ou Liane laiteux, qui esl très probaLlement , coiiime dans le liappakiici, un feldspath du sixième système, ou un feldspath dont la soude esl l'alcali dominant.

On oLserve encore des euritcs analogues à la précédente sur les flancs du Slieve Donard, dans le comté de DoAvn en Irlande; ainsi, au-dessus du parc de lord Uoden, une eurite gloLuleuse el très quarlzeuse se trouve en dylies dans le granile ; une autre variété de cette eurite, qui est plus porphyrique que la précédente, se rencontre également un peu plus loin et près de Glas Drumman. Les globules de ceseuriles sont généralement feldspathiques, comme ceux de l'eurite d'Élival, mais ils peuvent aussi être formés par du quartz hyalin qui est gris et parfaitement pur.

Les globules de certaines euriles micacées des Vosges (Minettes) sont également composés de petites lamelles feldspathiques d'un brun grisâtre; ces lamelles ne présentent pas la màcle des feldspalhs du sixième système; on doit par conséquent les regarder comme de Torthose , et j'ai constaté d'ailleurs qu'elles en ont à peu près la composition. Elles ne sont pas orientées autour du centre du globule , mais elles sont entrecroisées dans tous les sens, comme le montre la figure ci-conlre; à la circonférence du globule, il y a, de même que dans l'eurite d'Élival, une zone feldspatbique rougeâtre/". De plus, le globule, qui est souvent parfaitement sphérique, conticnl de petits cristaux de mica m, irrégalièrement disséminés dans son intérieur.

Dans un porphyre verl foncé d'Ékathérinenbourg (Russie) , on trouve aussi de petits globules Llancs-vcrdàtrcs el légèrement cristallins, qui sont formés par des lamelles d'un feldspath du sixième systèrue, qui m'a paru devoir être rapporté à lalbile

Lorsque les globules normaux sans quartz ont une structure rayonnée, ils n'ont habituellement qu'un seul système de rayons généralement divergents, en sorle que ces globules sont étoiles, comme le montrent les figures 1, 2, Set k, pl.I.

r.ien qu'ils se soient surtout développés par la tendance du feldspath à cristalliser, il est très rare de les trouver formés de feldspath pur et cristallin ; le plus souvent ils sont formés par une pâle feldspalhique.

Cependant on observe quelquefois dans la pyroméride de Corse (fig. \, jd. I)

308 RECHERCHES (.\.3.p.s.)

des globules étoiles, généralement assez petits, formés de cristaux n roses et clivables, qui sont de l'orthose pur, bien qu'ils se trouvent dans une pâle très siliceuse ou môme entièrement quarlzeuse.

Il y a aussi dans la pyroméride de Wuenheim des globules rayonnes , à aiguilles séparées et divergentes , qui sont formés par un feldspath blanchâtre ou blanc jaunâtre.

Le porphyre d'Oppenau (pays de Bade) contient de même des globules feldspathiques blancs, blancs-verdûtres ou blancs-grisâtres (fig. 3 et k, pi. I). Ces globules se sont développés dans une calcédoine c, qui est très pure et qui a une très belle couleur verte (plasma). Us sont bien distincts sur les échantillons altérés, et surtout sur ceux qui sont polis; tantôt ils ont une structure rayonnéo, plus ou moins régulière, telle que celle des globules (fig. 3 et h, pi. I) ; tantôt ils ont une structure zonée ou concentrique.

Dans d'autres circonstances le feldspath ne forme plus à proprement parler des globules, mais seulement des houppes microscopiques, qui peuvent être toutes orientées dans le même sens, comme le montre la figure li, pi. II.

Lorsque ces houppes feldspathiques se réunissent suivant des lignes parallèles, elles donnent lieu à des bandes jaspées, et la calcédoine a l'apparence d'un véritable jaspe.

Il importe de remarquer que le feldspath ne constitue jamais qu'une très petite proportion des globules d'Oppenau ; cependant, comme la calcédoine qui l'entoure est ciilièremcnl amorphe, on est certain que ces globules d'Oppenau ont été formés uniquement par le feldspath ; on peut s'expliquer d'après cela comment un globule, qu'on serait tenté, d'après son analyse, de regarder comme une concrétion de silice impure, résulte uniquement de la tendance d'un feldspath à cristalliser.

Dans les obsidiennes , il y a souvent des globules homogènes blancs ou grisâtres, formés par du feldspath orthose, ou plutôt par une pâle feldspathiquo. Ces globules ressemblent beaucoup à ceux qui se développent dans les creusets de verrerie, lorsque le verre se refroidit lentement. Tantôt ils ont la structure rayonncc, comme le montre la figure 2, pi. I, dans laquelle les globules sont formés par un seul système de rayons divergents , en sorte qu'ils ressemblent à des étoiles. Tantôt ils ont la structure rayonnée , et aussi la structure zonée, comme on le voit sur les globules de Hongrie représentés figure 2, pi. II : à la circonférence de ces derniers globules on peut d'ailleurs remarquer une sorte de capsule nn', formée par une pâle opaque non cristalline , et d'un blanc mal ; elle entoure complètement le globule feldspathiquo, qui est blanc grisâtre, translucide , lamelleux et bien cristallin ; la capsule et le globule sont séparés 1 un do l'autre d'une manière très nette.

A la circonférence des globules des obsidiennes, des rétinites, et, en général, des roches vitreuses, on n'observe pas toujours une capsule séparée d'une manière aussi nette que celle n' n' qui est représentée figure 2, pi. II ; mais , cependant ,

il y a gcncralemcnlà la circonférence des globules de ces roches une auréole qui est blancliàlre , ou de couleur pâle, et qui se fond dans leur pâle.

Les perlitesel les rctinites, môme ceux qui, au premier abord, paraissent être le plus compactes, sont entièrement formés do globules; ces globules ont une structure qui diffère notablement de celle des globules dont nous nous sommes occupés jusqu'à présent. Ils sont, en effet, mal déterminés, confus, testacés et entrelacés l'un dans l'autre ; ils sont souvent allongés , aplatis , et même anguleux. Leur forme s'éloigne quelquefois beaucoup de la forme sphérique. Ils n'ont pas la structure rajonnée, et leur structure zonée est très irrégulière;

ils sont d'ailleurs plutôt vitreux que cristallins. Pour faire apparaître ces gîobules!

qui ne sont pas toujours immédiatement visibles, il suffit d'exposer la°roche à

l'action do l'acide fluorhydrique; les globules de la figure 5, pi. I, et du croquis

ci-contre, ont été obtenus de cette manière avec

un échantillon poli de rélinite brun foncé de

Meissen, qui paraissait entièrement compacte.

Toutes les lignes droites ou courbes dessinées en

blanc sur ces figures avaient, avant l'attaque, une couleur un peu plus pâle que

le reste de la roche ; elles ont pris, après l'attaque, une couleur blanchâtre, et

elles ont été fortement corrodées, en sorte qu'elles se dessinent en creux.

On peut remarquer que les contours des globules dans ces figures sont souvent tangents à des lignes droites qui traversent l'échantillon dans tous les sens : ces lignes indiquent un fendillement qui s'est opéré dans la roche, par conséquent la formation des globules est postérieure à ce fendillement. Je reviendrai plus loin sur cette particularité qui est très importante à signaler. , La structure fendillée et la structure globuleuse entrelacée.représentéespar la figure 5, pi. I, et par le croquis ci-dessus, sont caractéristiques pour les rétinites et pour les perlites; cependant ces structures se retrouvent aussi dans d'autres roches fjlobulcuscs : ainsi elles se retrouvent dans quelques obsidiennes, dans certaines variétés de la pyroméride deCorse, dans l'échantillon de Wuenheim, représenté figure 9, pi. I, dans un porphyre globuleux de Sibérie , qui est représenté figure h, pi. lY.

— Dans les pyromérides de Corse et de Wuonheim , il y a des globules isolés qui paraissent homogènes ; ils sont noirâtres, verts ou gris, à structure quelquefois légèrement rayonnée ou zonée, mais le plus ordinairement compacte ; ils sont formés par une pâte feldspalhiquc » , dans laquelle se fondent certaines parties, visiblement plus riches en silice, ou contenant même un peu de quartz q, qui se trouvent soit à la circonférence, soit au centre (fig. !, pi. II) : ces globules sont exlraordinairement riches en silice, comme le montre l'analvse, page 303.

Soc. GÉOL. — 2* sÉr.iE. T. IV. — MOm. n' 5. /,0

310 RECHERCHES (N.s.p. lo.)

Globules normaux avec quaiiz.

Dans les divers globules que je viens de décrire en dernier lieu, le quartz commence déjà à se montrer; les globules sans quartz sellent, en effet, par des passages insensibles aux (jlohules avec quartz que je vais décrire maintenant.

On comprend d'ailleurs que les globules uonnaux avec quartz ne diffèrent des globules normaux sans quartz qu'en ce que le quartz a été emprisonne dans leur intérieur, par suite de la solidification d'une croûte cristalline à leur circonférence. Je commence par décrire les globules normaux avec quartz qui s'observent dans les pyromérides, car ils sont le mieux caractérisés (pi. let II).

Ces globules ont à la fois la structure rayonnée et la structure zonéc. Dans les uns, c'est la première structure qui domine; dans les autres, c'est la deuxième; le plus souvent, les deux structures sont réunies dans le même globule. Leurs rayons ne sont plus formés de fibres microscopiques , mais d'aiguilles plus ou moins impures de feldspath 7i, dont les dimensions varient avec celles des globules, et qui sont séparées par du quartz </; à la circonférence des globules et à leur centre, il peut d'ailleurs y avoir des zones de feldspath qui alternent avec de petites zones de quartz.

Les globules de la pyroméride de Corse atteignent quelquefois de grandes dimensions, et il est facile d'étudier leur structure en examinant les sections qui passent par le centre du globule (1).

Une forme très habituelle aux globules de la pyroméride de Corse est celle représentée par la figure?, pi. I, qui comprend toutes les autres formes , auxquelles je vais la comparer en la décrivant elle-même avec quelque détail.

Feldspath. — Si l'on étudie d'abord la structure des parties feldspathiques, on voit qu'à la circonférence de ce globule, il y a plusieurs zones formées par une pâte feldspalhique de différentes nuances n.

Dos aiguilles feldspathiques sont implantées par leur base sur ces zones de la circonférence, et elles convergent vers le centre du globule.

D'autres aiguilles feldspathiques, qui sont quelquefois implantées sur un noyau central, divergent, au contraire, du centre du globule : elles vont s'engager dans les interstices laissés par les premières aiguilles.

Ces deux systèmes d'aiguilles , dont les unes sont convergentes et les autres divergentes, sont assez souvent distincts dans les globules de Corse ; on peut les comparer à deux roues d'un engrenage intérieur et concentrique.

Généralement les deux systèmes d'aiguilles sont très inégalement développés ; souvent les aiguilles convergentes sont riulimentaires , quelquefois même elles disparaissent complètement.

Quand les aiguilles divergentes subsistent seules, le globule n'est pas terminé par une zone à sa circonférence ; il est étoile, et ses contours sont dentelés.

(I) Monleiro, Journal des Mhics, t. XXXV, p. Ii01-2hl.

O.3. 1'- n.) SUR LES ROCHES GLOBULEUSES. 311

Il peut arriver que les aiguilles (/u'er(/e?j/es se soudent par leurs extrémités aux aiguilles convergentes ; lorsque les aiguilles sont en même temps irrcgulières, la limite entre les deux systèmes d'aiguilles est alors un peu confuse : c'est ce qu'on peut observer, par exemple, dans le globule figure 7, pi. I.

Si l'on étudie les aiguilles feldspalhiques elles-mêmes, on voit qu'elles ne sont pas limitées par des faces planes et qu'elles n'ont pas la forme de pyramides ; elles sont, au contraire, limitées par des surfaces courbes, et elles ont la forme de cônes ou de fuseaux, qui peuvent d'ailleurs être très irréguliers. En effet , la section de ces aiguilles par des plans perpendiculaires à leur axe donne des courbes ressemblant à celles représentées figure 11, pi. II.

Quelquefois même ces courbes ont des contours frangés et un peu confus, comme on le voit sur la figure 6, pi. II.

Souvent les aiguilles se transforment en globules isolés, comme dans la figure H, pi. II; lorsque ces globules viennent ensuite à se souder, on a des aiguilles qui présentent la forme de feuilles très découpées (fig. 7, pi. I ; fig. 11 et 12, pi. II).

Quartz-. — La pâte feldspalliique des globules de Corse qui viennent d'être décrits est mélangée d'une grande proportion de silice, dont la présence a gêné la cristallisation du feldspath ; cependant ces globules contiennent aussi de la silice libre ou du quartz, dont nous allons maintenant étudier la structure (fig. G, 7, pi. I; fig. 6, 11 et 12, pi. II).

Ce quartz q est hyalin, d'une couleur grise ou noirâtre, qui tranche sur la couleur rougeàlre ou brunâtre du feldspath; il se dislingue surtout très bien lorsqu'on attaque l'échantillon par l'acide fluorhydrique; on voit alors qu'il remplit tous les interstices soit entre les aiguilles, soit entre les zones feldspalhiques du globule, et qu'il se ramifie en une multitude de filets extrêmement complexes et déliés.

Tantôt le quartz est séparé de la pâte feldspalhique d'une manière très nette , tantôt il se fond avec elle d'une manière insensible; c'est généralement ce qui a lieu au centre des globules, et quelquefois à leur circonférence (fig. 7, pi. I).

Lorsqu'on examine le quartz dans chaque aiguille en particulier , on voit qu'il présente une structure analogue à celle qu'il a dans les globules de la figure H, pi. II, dans lesquels la structure cristalline est peu développée ; cependant la limite du quartz q et de la pâle feldspalhique n n'est pas toujours aussi nette que dans cet échantillon, le plus souvent elle est même un peu confuse.

Généralement, le quartz q de chaque aiguille s'est réuni soit vers son centre, soit au contraire vers sa partie moyenne, comme on peut le voir sur le globule représenté figure 7, pi. I ; toutefois, dans les aiguilles de certains globules , le quartz q s'est aussi réuni vers la circonférence (fig. 12, pi. II).

Dans les globules de la pyroméride de Corse, toutes les parties ne sont pas également riches en quartz, et ordinairement il y en a beaucoup plus daiis la partie centrale que près de la circonférence; au centre même, il y a lanlùl du

312 RECHERCHES (k. s.r. 12.1

quartz, lanlôt une pâte rouge ou brun rougeàlre, qui, d'après la difficulté avec laquelle elle se laisse rayer ou fondre, est nécessairement très riche en silice (fig. 7, pi. I; fig. IG, pi. II).

— Suivant que la pâte feldspalhiquc a formé des aiguilles ou des zones , le globule a la structure rayonnéeou la structure zonée ; le plus souvent ces deux structures sont réunies dans les globules. Il est d'ailleurs très remarquable qu'elles s'observent jusque dans la même aiguille : ainsi la figure 6, pi. II, qui représente une pyroméridc de Corse, montre très bien des zones concentriques et équidistantes de quartz q, qui viennent couper des aiguilles feldspatliiques orientées autour d'un centre x.

Ces zones de quartz s'amincissent un peu dans les aiguilles feldspalhiques ; mais il est très facile d'y suivre leur trace, et on la suit également dans le quartz luimême. On rend d'ailleurs la trace des zones bien visible en attaquant la roche par l'acide fluorhydrique ; on reconnaît alors que le quartz de la roche se laisse un peu attaquer et devient noir grisâtre , tandis que le quartz des zones conserve sa couleur noir foncé, et reste en relief. Ce quartz hyalin des zones, qui est le plus cristallin, et qui coupe les aiguilles feldspalhiques ainsi que le quartz de la roche, s'est vraisemblablement solidifié le dernier.

Dans l'échantillon représenté figure G, pi. II, il y a deux systèmes de zones de quartz correspondant à deux systèmes d'aiguilles feldspathiques, dont les unes sont orientées autour du centre x, elles autres autour d'un centre situé vers x\ qui se trouve en dehors des limites de la figure.

— Les globules dans lesquels on n'observe pas la structure rayonnée, mais seulement la structure zonée, ont généralement une forme qui s'éloigne assez de la forme sphérique, et qui peut même être ondulée ou très irrégulière (fig. 11, 12, 15, 10, pi. II). Dans ces derniers globules , le feldspath , qui n'a pas été orienté autour du centre, s'est souvent réuni en une série de petits globules, qui sont disséminés dans le globule principal ; ces petits globules ont des contours qui sont tantôt nets (fig. 11, pi. II) et tantôt frangés (fig. 5, pi, II) : à l'intérieur de ces globules, le quartz s'est quelquefois bien séparé à l'état de quartz hyalin (fig. H, pi. II); le plus souvent, cependant, il forme des zones qui se fondent plus ou moins dans la pâte feldspathique (fig. 12, pi. II).

— Les globules anormaux avec quartz que j'ai décrits jusqu'à présent sont plus spécialement ceux qui se trouvent dans la pyroméridc de Corse; bien que tous n'aient pas une structure aussi nette que celle des globules représentés sur les planches, il est cependant facile d'y découvrir au moins des indications de la structure rayonnée ou de la structure zonée.

Lorsque le feldspath et le quartz ne se sont pas nettement séparés, ces indications sont données par la différence de couleur, de dureté et de composition de certaines parties du globule : en effet , les parties siliceuses ont généralement une

(•■«•'.p- '■) SLR LES ROCHES GLOBULEUSES. 313

couleur plus foncée que les parties feldspathiques ; elles sont plus dures et elles restent un peu en saillie dans les échantillons polis ; elles résistent d'ailleurs mieux à la décomposition atmosphérique ou à l'acide fluorhydrique.

La structure rayonnée et surtout la structure zonée s'observent aussi dans les 'jlobules avec quartz des porphyres de l'Esterel, tels que ceux représentés par les ligures 14 et 17, pi. II; les globules de ces porphyres ont même une structure plus régulière que celle des globules des pyromérides.

— Quand la structure des globules n'est plus que confusément rayonnéo ou zonée, elle devient irrégulière.

La structure irrégulière s'observe quelquefois dans les globules de la pyroméride de Corse, mais elle s'observe surtout dans les globules de Wuenheim (fig. 8 et 9, pi. I; fig. 7 et 8, pi. II).

Le groupe des globules confluents, représenléfigure 8, pi. I, donne un exemple de celte structure : le feldspath n est en filets ramifiés et confusément rayonnes, qui serpentent dans toutes les directions ; le quartz q est intercalé entre ces filets.

Le globule (fig. 7, pi. II) a une structure irrégulière assez complexe.

Les globules (fig. 9, pi. I, et fig. 8, pi. II) présentent des dessins qui rappellent ceux d'une dentelle extrêmement compliquée. A la circonférence de ces globules, il s'est formé une zone feldspathique bien caractérisée, qui est séparée d'une manière très nette de la roche enveloppante ; les aiguilles convergentes implantées sur cette zone sont rudimentaires.

Lorsque les globules de Wuenheim sont traités par l'acide fluorhydrique, ils offrent quelquefois celte particularité remarquable, que leur silice s'attaque plus facilement que la pâte feldspathique : c'est ce qui a eu lieu, par exemple, pour les globules (fig. 9, pi. I; fig. 8, pi. II) dans lesquels la pâte feldspathique n est blanchâtre et forme une dentelle qui est bien en relief; tandis que certaines parties siliceuses ont été fortement corrodées et se dessinent en creux. Ces parties siliceuses sont habituellement formées par de la calcédoine ou par un quartz opaque, blanchâtre ou grisâtre, qui est tout différent du quartz hyalin, gris et transparent, des globules de la pyroméride de Corse, car, dans les mêmes circonstances , ce dernier n'est pas attaqué.

Dans les globules de Wuenheim , il y a d'ailleurs aussi du quartz hyalin q qui a résisté complètement à l'attaque de l'acide fluorhydrique , et qui forme les veines gris noirâtre qu'on voit serpenter dans ces globules (fig. 8, pi. I).

Globules anormaux.

Je passe maintenant à la description des globules anormaux , qui sont caractérisés par la présence de cavités. Ces cavités peuvent être twn remplies ou remplies, nettes ou confuses ; de plus, elles peuvent avoir été produites par contraction ou par expansion : d'après leur mode de formation, les globules anormaux dohenl donc

314 RECHERCHKS (n. 3, p. n.j

être Ji s tin gués en globules anormaux par contraction, et en globules anormaux par expansion.

Tous ces globules se Irouvont d'ailleurs dans les mômes gisements que les globules normaux, et ils sont conslitués par une pâte feldspalliique généralement très siliceuse, dans laquelle on observe souvent une structure rayonnée ou zonée, surtout après qu'ils ont été attaqués par l'acide fluorhydrique.

Globules anormaux par contraction.

Je m'occupe d'abord de la description des globules anormaux par conlraclion.

Cavités. — Ces globules qui présentent des cavités sont très abondants dans les tracbyles, ainsi que dans les autres rocbes volcaniques de l'Islande, notamment à Rauda, sur la cote orientale, où ils ont quelquefois plus d'un demi-décimètre. Ils sont bruns, marrons, rougcàlres, gris, violacés, verts ou noirâtres. Leur forme est très irrégulière, et elle peut s'éloigner beaucoup de la forme spbérique.

Lorsqu'on coupe ces globules par des plans passant par leur centre, on obtient des sections qui sont représentées par les figures 1, 2 et 3, pi. III.

On voit qu'à l'intérieur de ces globules il y a des cavités qui, le plus souvent, sont anguleuses et étoilées ; ces cavités peuvent dépasser la moitié ou môme les trois quarts du volume total du globule.

Quelquefois ces globules se fondent près de leur circonférence avec la roche qui les enveloppe, comme cela a lieu pour celui représenté figure 3, pi. III; le plus ordinairement, cependant, la surface extérieure des globules est mamelonnée, en sorte qu'ils se détachent très facilement do la roche, de laquelle ils sont d'ailleurs séparés par un petit interstice.

La surface intérieure des globules avec cavités, ou la surface de leurs cavités ■> est extrêmement irrégulière ; mais elle a cependant des formes arrondies, et elle est généralement convexe vers le centre du globule , comme on peut le voir par les figures 1 et i2, pi. III. Quant à la surface extérieure des globules, elle est, au contraire , concave vers le centre.

Dans les porphyres de l'Esterel, près de Fréjus, il y a fréquemment dos globules avec cavités. Ces globules ont une couleur violacée, grisâtre ou blanchâtre. Us sont généralement réguliers, et même à peu près sphériques ; leur structure est à la fois rayonnée et zonée; en outre, ils sont moins déformés que les globules précédents. La figure 7, pi. III, représente trois de ces globules de l'Esterel qui sont confluents, et dont les cavités sont concentriques ou zonées : quelquefois ces cavités zonées sont en communication avec une cflr/7c centrale et sphérique.

Des globules avec cavités, ayant même structure que ceux de l'Esterel , s'observent également dans les diverses roches du terrain trachylique de la Hongrie et de l'Islande , notamment dans le traclnte porpliyrique.

Points de rebroussemcnt. — ■ Les deux surfaces intérieure et extérieure des glo-

(^■^■P.f') SUR LES ROCHES GLOBULEUSES. 315

bules avec cavités présentent fréquemment des points de rebroussement, et souvent même elles ont des points de rebroussement qui leur sont communs : c'est , par exemple, ce qui a lieu pour les points r des Ggurcs 1 et 2, pi. III. Ces points de rebroussement communs r s'observent d'ailleurs sur d'autres globules anormaux qui n'ont plus de cavités, et il y en a notamment sur les globules des figures /|, G, 8, pi. III, et des figures 1,2, 3, li, 7, 8, l/i, 15, pl.IY.

Cavités non remplies. — Il est facile de comprendre que des minéraux ont nécessairement diî se développer dans les cavités de tous les globules anormaux que je viens de décrire, elles remplir soit partiellement, soit complètement. En effet, dans ces cavités on trouve fréquemment du quartz s, qui est mamelonné ou en cristaux hyalins implantés par une de leurs extrémités : c'est ce qu'on observe, par exemple, pour les globules de l'Islande (flg. 1, 2, 3, pi. III ; croquis, pag. 3-23, 324), et pour les globules de l'Esterel (ûg. 7, pi. III).

Toutes ces roches globuleuses étant très riches en silice, on conçoit que le quartz se soit développé presque exclusivement dans les cavités des globules anormaux; cependant on y rencontre aussi quelques autres minéraux: ainsi, dans les globules anormaux de l'Islande, on trouve accidentellement de loxyde de manganèse pulvérulent, du fer carbonate manganésifére, qui est en petits rhomboèdres bruns, et une zéolilhe fibreuse qui paraît être de la scolésite.

ADigoedetàLlanberis,dansleCa3rnarvonshire(pays de Galles), il y a des globules anormaux qui sont extrêmement remarquables par leurs grandes dimensions , car ils ont près d'un décimètre de diamètre ; les cavités de ces globules ont également été remplies soit partiellement, soit complètement, par des cristaux de quartz ; au-dessus de ces cristaux il s'est quelquefois développé du ripidolite, qui est en petites paillettes vert foncé (i).

Cavités remplies. — Les cavités des globules [anormaux sont quelquefois complètement remplies, même dans les roches volcaniques modernes ; mais c'est surtout ce qui a lieu pour les globules dont je vais parler maintenant.

MM. B. Cotla, Naumann et de Gutbier (2), ont observé dans le rétinite cornpacte, ainsi que dans le rétinite porphyrique de la Saxe , des globules qui me paraissent présenter tous les caractères de globules anormaux , dont les cavités auraient été rmjj//e^. La figure suivante, qui n'est que la reproduction de celle donnée par M. Colta, représente l'un de ces globules qui provient du rétinite de Plan tz,près Zwikau. La cavité triangulaire de son intérieur, ainsi'que la fente qui le traverse, est tapissée par de la calcédoine c, ainsi que par des cristaux de quartz hyalin.

J'ai, du reste, observé des globules anormaux, identiques avec les précédents,

(i) Collection dos porphyres globuleux du pays de Galles, qui se trouve au Geological Surceu de Londres. Cette collection a été faite par M. le professeur Ramsay. ^

(2) Leitfaden und Vade mecum der Geognosie , 1849, p. 75.

,,Q RECHERCHES (n.5.p16.)

duiisdes rétinilesqui sonlccrlaiiiemciit 1res modernes; car ils sont intercalés dans les roches volcanifiucs do l'Islande. Cesclobules sont noirs, verdâtres, bruns, marrons- ils sont enveloppés par une pâte de même couleur, qui est quelquefois un peu nlus pâle près de leur circonlerence. La figure ci-dessous représente un de CCS globules vert noirâtre, qui se trouve dans le rélinite noir de Rauda : sa cavité intérieure a été complètement remplie par de la calcédoine gris bleuâtre c, et celle calcédoine est bordée elle-même par une zone d'opale blan- '^~ châtre c ; quelquefois il y a, en outre , un peu de chlorite verle foncée qui est associée à la calcédoine.

D'après M. Credner, lies globules anormaux analogues se rencontrent fréquemment dans les porphyres quartzifères {Horustein-porphyr), qui jouent un rôle si important dans le Thuringerwald.

— Dans certains fjlobules anormaux, le remplissage des cavités a été plus complexe que dans les globules que j'ai décrits jusqu'à présent ; j'ai trouvé, en effet, dans un porphyre jaspé de Sibérie, venant d'Yrkutzky, des globules anormaux très bien caractérisés , et dont le remplissage présente des circonstances extrêmement remarquables.

Ce porphyre jaspé ;e rencontre dans la plupart des collections de minéralogie; il est très riche en quarlz , et on le classe habiluellement au quartz jaspe. Cependant , en rexaminant à la loupe, on peut constater que ses bandes jaspées 6ont formées par des fibres feldspathicpies très ténues, qui ressemblent à celles représentées figure û, pi- II; ces fibres sont groupées à peu près normalement il la longueur de la bande jaspée, à la base de laquelle elles sont implantées.

Quelquefois ce poridiyre présente à la fois la structure jaspée et la structure •dobuleuse entrelacée, comme celle de laperlile, ainsi qu'on le voit sur la lî^ureft, pi. IV. 11 contient, en outre, un grand nombre de globules anormaux, cénéralemenl assez irréguliers. Plusieurs de ces globules sont représentés par les d'hures 1, 2, 3, h, pi- IV : tantôt ils sont complètement isolés (fig. 1 et 2, pi. IV) ; l;mtôl ils sont accolés à des bandes jaspées qui leur servent de parois (fig. 3, li, 1)1. IV), et il semble même que le globule résulte de la réunion en sphères de ces bandes jaspées.

La structure des globules ne diffère d'ailleurs pas de celle des bandes jaspées ; ils sont formés par une pâte compacte n, de couleur brune ou jaunâtre, dans laquelle se détachent des fibres feldspathiques de couleur plus claire; ces fibres, qui sont microscopiques , sont généralement orientées vers le centre des globules (fîg. 1, pi. IV).

La pâle n a visiblement éprouvé des retraits, qui ont produit des car^'/cx généralement étoilécs dans l'intérieur des globules; ces cavités ont d'abord été recouvertes par une couche mince de quartz s, hyalin, blanc, transparent, et mamelonné, absolument comme cela a eu lieu dans le globule de l'Islande (fîg. i ,

'""^■i^ ''; SUR LES ROCHES GLOBULEUSES. 317

pi. 111) , mais le remplissage ne s'est pas arrôté là ; postérieurement , en effet les cavités ont été complètement remplies par de la silice qui est à l'état de calcédoine c, et au centre do laquelle il y a quelquefois des cristaux de quartz hyalin. Celte calcédoine c présente les couleurs variées et les zones concentriques de l'agate, en sorte que son origine est évidemment la môme. Ordinairement elle est gris bleuâtre ; comme, de plus, elle est transparente, on peut très bien apercevoir la surface interne et mamelonnée des globules (Og. 2, 3, pi. IV), qui a été recouverte par une première couche de quartz hyalin s, et qui ressemble complètement à colle du globule de l'Islande (fig. 1, pi. III).

Le remplissage des cavités de ces globules anormaux de Sibérie comprend donc deux phases bien distinctes.

Cavités nettes. — Dans les globules anormaux que ]M décrils jusqu'à présent les cauiVes étaient généralement nettes, car la pâte de ces globules était bien séparée de la silice qui avait rempli les cavités; il en est enc re de même dans les globules de la pyroméride de Saint-Maurice.

Les globules de cette pyroméride sont quelquefois sphèriques ; mais le plus souvent cependant, ils sont irréguliers et allongés dans le sens de la schistosité de la roche; ils sont, en outre, fréquemment accolés, en sorte qu'ils ressemblent à des espèces de grappes (fig. 5, 6, pi. IV\ Ils sont formés par une pâte feldspa- Ihique grise , légèrement rougeàtre ; cette pâte est bien séparée du quartz, dans lequel elle ne se fond pas; dans certains globules, ce quartz est en petits cristaux, qui sont orientés comme ceux qui tapissent les géodes ; par conséquent, ce quartz a bien rempli des cavités, et de plus ces cavités sont 7iettes.

Cavités confuses. — Les globules que je vais décrire maintenant ont , au con- •traire, leurs cavités plus ou moins confuses; ils s'observent surtout dans les pyromérides et dans divers porphyres , tels que ceux de l'Esterel ; ils sont représentés par la plupart des figures dos planches III et IV : ces figures montrent avec la plus grande évidence une analogie complète entre les formes de la pâte feldspa- Ihique dans ces globules et dans les globules avec cavités des trachytes de l'Islande (fig. 1, 2,3, pi. III). Il est visible que, par suite de retraits, des cavités se sont formées dans l'intérieur de ces globules ; ces cavités étaient tantôt étoilées (fi-^. 7, 8, 15, pi. IV; fig. 8, pi. III), tantôt irrégulières {(1^. i, pi. III; fig. M, 12° 13, U, IG, 17, pi. IV), tantôt zonècs {ûq. 9, 10, pi. IIl) ; toutes ont d'ailleurs été remplies par de la silice, qui est généralement à l'état do quartz hyalin.

Bien que ces faits semblent extraordinaires au premier abord , il sera facile de se convaincre de leur exactitude par l'étude détaillée de quelques uns de ces singuliers globules, que je continuerai à appeler globules anormaux.

Je m'occupe d'ixhorà des globules anormaux h cavités confuses de la pyroméride de Corse.

Ces globules , dont l'étude offre le plus grand intérêt, sont très nombreux cl très variés ; ils sont représentés par les figures h, 5, 6, 10, planche III ; 7, 8, 9, Soc. cÉOL. — 2' SÉRIE. T. IV. — Mcm. n" 5. 41

31g KECHERCHES CN.3.1..18.)

10 11, 12 13 14, 15, 16, 17, planclie IV. Leur pâte feldspalhique se trouve surtout à la circonférence; ses couleurs ne diffèrent pas de celles des globules normaux sans quartz que j'ai décrits antérieurement ; elle est noirâtre, violàtre, verte, brune, marron, jaunâtre, rougeâtre, grise ou blanchâtre; elle a cependant le plus souvent un éclat gras et pétrosiliceux, comme la roche qui enveloppe les "lobules. Au chalumeau, elle s'arrondit seulement un peu sur les bords, lorsqu'elle est en esquilles très minces; elle est donc extrêmement riche en silice. Dans certains cas, elle est même plus riche en silice que la roche qui l'enveloppe. En examinant la pâte feldspathique n à la loupe, et après l'avoir attaquée légèrement par l'acide fluorhydrique , j'ai reconnu que sa structure est confusément cristalline; généralement elle présente un réseau dentelé extrêmement complexe qu'on voit bien sur la fiijure li, pi. III; cependant elle présente aussi des fibres rayonnées et zonées, comme cela a lieu dans les globules des figures 15, 10, 17, pi. VI.

Si nous passons à l'étude du quartz des globules li crtt'î7ésco?î/"»6e5delapyroméride de Corse, nous trouvons quece quarlzsest blanc ou gris, et très pur; en sorte qu'on le dislingue très bien de la pâte feldspathique, surtout après l'attaque par l'acide fluorhydrique, qui donne à la pâte feldspathique une couleur blanche et niatte ; il est assez généralement compact ou grenu ; quelquefois cependant (fig, \h, 15, pi. IV) il est en cristaux radiés, qui ont tapissé des cavités dans la partie centrale du globule : de môme que dans les amygdaloïdes avec quartz, une petite zone de calcédoine blanchâtre se trouve alors interposée entre les cristaux de quartz et entre la pâte feldspathique n.

La figure ù, pi. III, elles figures 15, 16,17, pi. IV, montrent très bien que, dans les (jlobules à cavités confuses de la pyroméride de Corse, la pâte feldspalhique n n'est pas nettement séparée du quartz s; en effet, on voit facilement que les fibres feldspathiques s'engagent dans le quartz s, dans lequel elles se fondent d'une manière insensible ; de plus, on reconnaît à la loupe que cela a môme lieu sur les bords des déchirures, qui, lorsqu'on les regarde à une certaine distance , paraissent être les plus vives, telles que celles de la figure 15, pi. IV. Il importe d'observer d'ailleurs que toutes les fibres de la pâte feldspalhique du globule sont orientées relativement à sa forme actuelle, et qu'elles ne portent généralement aucune trace des déchirures principales qui ont été éprouvées par la pâte du globule; on doit donc en conclure que ces fibres n'existaient pas encore au moment du retrait de la pâte feldspalhicpic, et qu'elles se sont développées postérieurement. Les globules anormaux de Corse, qui sont ordinairement très irréguliers, sont souvent associés à àds, globules normaux , qui sont , au contraire, parfaitement réguliers ; on peut se rendre compte de cette différence en observant que les çjlobules anormaux sont moins cristallins que les globules normaux, et qu'en outre ils ont élé déformés; en effet, leur surface extérieure et intérieure présente, comme celle dos fjlobulcs à cavités non remplies, des points de rebroussoment com-

'^ '•'' " SUR LES ROCHES GLOBULEUSES. 3i9

muns r, qui correspondent souvent à dos fractures de la pâle feldspatliique ; ces fractures ont eu lieu après la solidincalion de cette pâte, et avant la solidification du quartz. La figure h, pi. III, et les figures 11 et lu, pi. IV, montrent môme que de nombreux fragments de la pâte feldspatliique n ont pu tomber dans les cavités intérieures des globules , et que ces fragments ont ensuite été enveloppés par le quartz s. Le même fait a déjà été signalé pour le globule de Sibérie 'fig. h, pi. IV}. Le fer oligiste, qui est fréquent dans la pyroméride, ainsi que dans la pâle des globules, s'est quelquefois développé en zones concentriques dans les globules anormaux; il peut d'ailleurs se trouver au centre inème de ces globules.

Quand le fer oligiste accompagne le quartz dans les druses des pyromérides, il forme des lamelles qui sont implantées sur les cristaux de quartz, et qui par conséquent leur sont postérieures.

— Les porphyres deTEsterel contiennent aussi des globules à cavités confuses; ces globules ffig. 8 et 9, pi. III) diffèrent de ceux de Corse en ce qu'ils sont très réguliers, et même à peu près spbériques; ils sont fibreux, à structure rayonnée et zonée. Leurs cavités sont elles-mêmes disposées avec régularité autour du centre du globule; elles sont généralement spbériques, zonées ou semi-lunaires; dans certains cas cependant elles sont anguleuses.

La figure 8, pi. III, montre une cavité centrale et anguleuse remplie par de la calcédoines, dans laquelle se fondent les fibres feldspathiques.

La figure 9, pi. III, montre des cai-iVé^ semi-lunaires qui sont remplies par du quartz hyalin. Les globules figure 10, pi. III, présentent la même structure que les globules précédents ; ils sont toutefois plus réguliers, bien qu'ils proviennent de la pyroméride de Corse.

— Dans la pyroméride d'Andlau , il semble qu'il y ait certains globules qui soient à la fois globules normaux et anornjaux ; ils sont représentés par la figure ci-dessous. A la circonférence du globule est une zone feldspathique radiée, cristalline et roscàtre ?!, à laquelle succède une autre zone feldspathique n', brun marron ou brun violacé, qui est plus siliceuse que la première; c'est dans cette dernière zone seulement que se sont formées des cavités irrégulièros et anguleuses qui ont été remplies par du quartz 5; quelquefois il y a des paillettes de fer oligiste c dans ces cavités, et le fer oligiste se retrouve aussi dans les autres cavités de la roche ainsi que dans toute sa pâte.

Les globules de la pyroméride d'Andlau sont entourés de quartz hyalin griS; le plus souvent , ils sont normaux ou sans cavités ; tantôt ils ont cependant deux zones distinctes et concentriques, telles que n et n'; tantôt ils se réduisent à la première de ces zones.

Globules anormaux par expansiou.

Je passe maintenant à la description des globules anormaux par expansion , qui ont une structure toute difrérenle de celle des globules anormaux par contrac-

320 RECHERCHES (N.srso.)

lion. On peut en distinguer deux variétés, suivant que l'expansion a été intérieure ou extérieure.

Expansion intérieure. — La première variété est représentée par des globules , tels que celui dont une partie a été dessinée figure 9, pi. II. Ces globules, qui se trouvent en Islande, où ils atteignent 5 centimètres de diamètre, sont formés par une pâte feldspatliique n, qui est compacte et rouge-marron. Do la calcédoine grise c est contenue dans cette pâte ; mais elle n'est pas réunie vers le centre du globule, et elle ne forme pas non plus des zones concentriques, comme cela avait lieu dans les globules anormaux décrits jusqu'à présent; elle est, au contraire, disséminée d'une manière très irrégulière dans la pûte des globules, et il est visible que sa forme est celle des amygdaloïdes qu'on trouve dans la pâte des roches ignées ; cette calcédoine a donc rempli des cavités ou des cellules , qui ont clé produites à l'intérieur de ces globules par le dégagement d'un gaz, et par conséquent ces globules sont anormaux par expansion intérieure.

Expansion extérieure. — Les globules anormaux à expansion intérieure que je viens de décrire sont très exceptionnels ; mais les globules que je vais décrire maintenant sont très fréquents. Ils diffèrent complètement des précédents en ce qu'au lieu de contenir des cellules, ils sont, au contraire, entourés par une cellule, dans laquelle ils se sont développés; ces globules sont don canormaux par expansion extérieure.

Ils se trouvent dans certaines roches celluleuses, notamment dans les obsidiennes, dans les perliles et dans les irachytes: souvent ils sont disposés suivant des zones parallèles, comme cela a lieu pour les cellules ; souvent aussi ils sont conligus comme les grains d'un chapelet. Quelquefois ils se sont développés, suivant un plan dans lequel ils communiquent entre eux par une multitude de canaux très sinueux : lorsqu'on casse la roche suivant ce plan, on peut obtenir des dessins très bizarres, tels que celui de la fig. 10, pi. Il, qui a été copié sur une obsidienne de l'Ile de Miio.

La figure H, pi. III, montre plusieurs globules à expansion extérieure, qui ont été observés sur une obsidienne d'Ischia. On voit qu'ils ont une couleur blanche, qui contraste très fortement avec la couleur noire de la roche. Leur structure est rayonnée et légèrement zonée; ils sont d'ailleurs formés de fibres très ténues qui paraissent être feldspathiques.

On peut remarquer que ces globules sont tantôt sans cavités, tels que a (fig. H, pi. III) ; tantôt avec cavités, notamment dans leur partie moyenne, tels que p ; ces derniers globules passent d'ailleurs d'une manière insensible à de véritables cellules, telles que y, dont les parois sont seulement tapissées sur certains points par des fibres blanches, identiques à celles qui formaient les globules précédents ; enfin les cellules y, en partie remplie, passent elles-mêmes à des cellules qui sont entièrement vides.

La figure 11, pi. III, donne une idée dos dégradations présentées par les (//oèti/es

{N 5,P-2i) SUR LES ROCHES GLOBULEUSES. r.21

qui passent à des cellules. On voit, en effet, que chacun de ces globules est complètement entouré par une cellule, dans l'intérieur de laquelle il s'est développé.

11 n'est d'ailleurs pas rare d'observer sur un même éclianlillon d'obsidienne tous les intermédiaires entre un globule cl une feZ/w/e complètement vide , qui est le terme extrême des dégradations de ces globules anormaux par expansion.

J'ajouterai que les cavités de ces globules ont été remplies par les substances qui tapissent généralement les cellules de la roche ; ainsi, dans les obsidiennes d'Islande, par exemple, il y a fréquemment au-dessus des fibres feldspathiqucs de la silice blanche et nacrée qui est mamelonnée ou vermiculèe, et qui ressemble assez à la silice des hauts-fourneaux; dans certains cas, il y a de l'hyalile et d'autres minéraux des cellules. Dans les obsidiennes du Mexique, il y a même du péridot.

— Parmi les roches quicontiennent fréquemment des ^/o^u/es anormaux par expansion extérieure, on])e\i[.suTlo\ii citer les roches trachytiques de la Hongrie. Si nous prenons comme exemple la perlile globuleuse et lithoïde de la colline de Maad, environs deTokay (1), nous trouvons que cette roche consiste en une pâte grise, dans laquelle il y a des cristaux d'orthose vitreux, du quartz, du mica noir éclatant; elle renferme des globules normaux formés par une pâte feldspathique grisâtre, au centre de laquelle il s'est quelquefois séparé de l'orthose blanc; elle renferme aussi àescellules très irrégulières, dont les parois sont tapissées par la pâte feldspathique qui constitue les globules; entre ces deux extrêmes, il y '(<?^ a des globules anormaux par expansion extérieure, tels que ceux représentés par la figure suivante.

Ces globules sont formés par une pâte feldspathique fibreuse et blancgrisâlrcH, • qui ne diffère pas de celle des globules normaux de la même roche ; cette pâte peut d'ailleurs se détacher assez facilement des parois des cellules qu'elle tapisse. Dans les cavités restées vides à l'intérieur de cette pâte , et postérieurement à sa solidification, il s'est développé de petits mamelons de silice blanche s qui lui sont superposés.

Le croquis ci-dessus montre bien que la pâte de ces globules anormaux a subi elle-même des retraits qui ont produit des cavités ressemblant à celles des globules amrmaux par contraction : ces globules sont donc anormaux à la fois par expansion et par contraction. Ils passent d'ailleurs d'une manière insensible aux globules anormaux par contraction, et il n'y a pas de limite nette entre ces deux variétés de globules, qui sont cependant si différents lorsqu'on n'étudie que les types extrêmes.

Cristaux indépendants.

L'étude de la structure des globules fait voir qu'ils peuvent renfermer divers cristaux isolés, non orientés, relativement au centre du globule, et irrégulière-

(1) Collection rapportée de Hongrie par Beudant et déposée à l'École des mines de Paris.

322 KECHERCIIES (n. s p- 2:

nicnldisséminés dans sa pâte ; il est visible que ces cristaux n'ont pas concouru à la formation du globule, et je les appelle en conséquence cristaux indépendants.

Les minéraux qui se sont séparés en cristaux indépendants sont surtout le quartz, Vorthose et les feldspaths du sixième système; mais on peut citer aussi Yaniphibole, le mica, le fer oligistc, \;\ pyrite de fer.

Los (jlohules normaux peuvent renfermer des cristaux indépendants , et les (jlohules a?iorw!ai<a7 par contraction en renferment toujours.

Les figures des planches II , III, IV, font voir suffisamment quel est le mode de gisement des cristaux indépendants dans les [/lobules normaux ou anormaux, et je vais d'ailleurs décrire quelques globules qui en renferment.

Dans certains cas, les cristaux indépendants sont au centre même du globule autour duquel ils sont confusément orientés : c'est ce qui a lieu , par exemple , pour le globule du rélinite d'Islande qui a été représenté figure 13, pi. II, au centre duquel il y a des cristaux de feldspath orthose 0, et quelques grains d'ami)liibolc hornblendea, qui sont entourés par un globule à pàtefeklspathique dont la structure est irrégulière et ondulée : c'est ce qui a lieu également pour les globules des trachytesdc h Hongrie, qui présentent quelquefois à leur centre des cristaux d'orlhose, de quartz et de mica (1).

Ces cristaux au centre des globules peuvent être comparés aux noyaux qu'on observe souvent dans les concrétions cristallines , notamment au centre des oolilhcs; ils doivent être considérés comme des cristaux indépendants , car ils se sont solidifiés avant le globule, et, par conséqucjil, bien qu'ils aient pu lui servir de noyau et déterminer le groupement de ses différentes parties , ils n'ont cependant pas contribué d'une manière directe à sa formation.

Los globules, tels que ceux d'Islande et de Hongrie que nous venons de décrire, forment en quelque sorte la transition entre les globules sans cristaux indépiendants et entre les globules avec cristaux indépendants.

— Le plus généralement les cristaux indépendants ne sont pas au centre du globule, et ils ne sont pas orientés relativement à ce centre; ils sont, au contraire, disséminés irrégulièrement dans la pùte du globule.

On voit surtout ces cristaux d'une manière très nette dans les globules anormaux qui sont représentés sur les planches III et IV. Quand on ne les aperçoit pas immédiatement, il est facile de les faire apparaître en traitant l'échantillon par l'acide fluorhydriquo.

Les cristaux indépendants sont le plus souvent des cristaux de quartz ; cependant il y a aussi dans les globules anormaux des cristaux à' orthose, et surlouL de feldspath du sixième système.

Quartz. — Les cristaux de quartz s'observent, par exemple, dans les globules anormauxdes porphyres del'Esterel.du Thuringervvald,dc la Saxe, dans ceuxdes

(IJ Dciulani, Votjuyv en Hongrie, t. lit, p. 3^i8.

Irachytes de l'Islande ; mais c'esl surtout dans les j,'lobules anormaux des p} roniérides qu'ils sont très abondants. Ils sont hyalins et leurs arêtes sont vives, quoique leurs dimensions soient généralement petites ; ils sont quelquefois terminés à leurs deux extrémités, et leur forme est alors celle du dodécaèdre triangulaire comme dans le porphyre quartzifère. Ces cristaux de quarlz q sont représentés sur les figures h et 8, pi. III , ainsi que sur les figures k, 11, 12, 13, \k, 15, 16 et 17, pi. IV.

Il importe de remarquer que les cristaux indépendants du quartz peuvent être engagés en partie dans le globule et en partie dans la pâte qui l'enveloppe, comme on le voit par la figure 15, pi. lY ; il en est d'ailleurs de même pour tous les cristaux indépendants.

Feldspath. ■ — Les cristaux de feldspath f du sixième système sont abondants dans les globules anormaux des pyromérides, notamment dans ceux de ces globules qui ont un éclat gras (fîg. 6, 15, 17, pi. IV). Ils présentent des lamelles allongées et striées qui ont de petites dimensions; leur couleur est Idanche, blanc verdàtre , rouge pâle, rouge vif. Dans les pyromérides, ces cristaux m'ont paru se rapporter à l'albile.

Orthose. — Les cristaux d'ort/toxe osont abondants dans les globules anormaux des trachytes, des rétinites et de divers porphyres (fig. 13, pi. II ; fig. l,pl. III). Bien qu'ils soient généralement petits , ils sont plus gros que les cristaux de feldspath du sixième système; leur couleur est blanche et quelquefois rougeâtre.

Amphibole , mica. — Les cristaux dî amphibole a sont noirs ou noirâtres, de même que les cristaux de mica m; on les observe surtout dans les trachytes, dans les perlites et dans les rétinites.

Le globule anormal, qui est représenté ci-contre, montre deux cristaux à'amphibole hornblende a , qui ont une belle couleur noire, et une longueur de 6 millimètres : ce globule se i trouve dans le trachyte de Rauda en Islande. '"^i^^z^

Les figures 13, ik, pi. II, ainsi que les figures 1, 2, li, pi. IV, montrent également des cristaux d'amjMbole a.

Enfin le globule de la minette , qui est représenté page 307, contient des cristaux de mica m.

Fer oligiste, pyrite. — Le fer oUcjiste et \di pyrite de fer sont en cristaux indépendants dans les globules anormaux ainsi que dans les globules normaux. Le fer oligiste est même très fréquent dans les globales des pyromérides ; tantôt il est disséminé dans leur pâte ; tantôt il a cristallisé dans leurs cavités, et ses cristaux sont alors superposés aux cristaux de quartz qu'elles contiennent.

Quelquefois les cristaux de fer oligiste forment une zone très régulière autour du centre du globule vers lequel ils sont orientés : c'est ce que j'ai constaté , par exemple, dans certains globules normaux de la pyroméride de Corse. Le fer o/j-

22i RECHERCHES (N5,|..2si

(jiste cesse alors d'èlrc en cristaux indépendants, et l'on conçoit qu'il puisse en être de même pour les autres minéraux que je viens d'énumérer , surtout pour les loldspallis , puisqu'ilS'constiluent les globules.

Globules indépcmlanls. — Un globule peut contenir non seulement des crislaux indépendants, mais même des globules indépendants.

En effet, la figure 7, pi. I, ainsi que la figure 11, pi. II, donnent des exemples de "lobules normaux à globules indépendants : on voit cependant que ces globules tendent déjà à s'orienter suivant des zones ou suivant des rayons.

La fir'ure h, pi- IV, donne un exemple de globules anormaux avec globules indépendants ; mais un exemple remarquable est surtout donné par le globule anormal, représenté ci-contre, que j'ai observé dans le Irachytc de Rauda. On voit, en effet, qu'un petit globule étoile, très régulier et presque splicrique, s'est développé dans la pàte?i de ce globule.

— 11 importe de remarquer que les cristaux indépendants qui se trouvent dans la paie des globules anormaux ne sont aucunement brisés; lors môme qu'ils sont minces et allongés, comme les cristaux d'amphibole, de feldspath du sixième système el d'orlhose, ils ne portent aucune trace des décbirures subies par la pâte ; ils peuvent seulement être traversés, comme le reste du globule, par de petits filets de quartz provenant de fractures quelcjucfois très récentes. Il en est de même pour le globule indépendant, duquel il vient d'être parlé, et qui se trouve dans un globule do llauda. Or, comme les cavités des globules anormaux résultent visiblement de retraits , on doit nécessairement conclure de la remarque précédente que les cristaux, ainsi que les globules indépendants, sont postérieurs à la formation des cavités.

On peut encore observer que les globules dans lesquels le feldspalli est bien cristallin et s'est bien séparé do la roche, sont ceux qui ont une structure rayonnée , et notamment ceux qui sont étoiles, comme ceux représentés figures 1, 2, 3, li, pi. I. Au contraire, les globules dans lesquels le feldspath est resté à l'état de pâle, sont ceux qui ont la structure zonée , comme ceux représentés figuresU, 15, IG, 17, pi. II.

Si l'on jette les yeux sur les globules avec cristaux indépendants, et surtout sur ceux représentés par les planches III et lY, on voit que ces globules ont généralement une structure rayonnée assez confuse; au contraire, les globules sans crislaux indépendants ont une structure rayonnée très nette.

Comme les cristaux indépendants accusent dans un globule une faible tendance à cristalliser, on doit donc admetlre qu'un globule est d'autant plus cristallin que sa structure rayonnée est mieux caractérisée.

La structure zonée , lorsqu'elle existe seule , indique au contraire un globule peu cristallin.

Filons de quartz.

Les globules normau.r ou anormaux sont souvenl traversés par des filons ou par des veinules de quartz. Il suffit pour s'en convaincre dlcxaminer l'une ou l'autre des planches de ce Mémoire ; je signalerai particulièrement les globules qui sont représentés fifjnre 8, pi. I; fig. 4, pi. II; fig. 6, 8, 16, pi. IV. Les filons de quartz qui coupent complètement ces globules sont désignés par 1 1'.

Les veinules de quartz sont surtout extrêmement fréquentes dans les globules do Wuenbeim ; ce qui ne doit pas surprendre, puisque nous verrons plus loin que la roche est complètement pénétrée par des filons de silice. Ce quartz des veinules est blanc, rouge, jaune, et il peut avoir des couleurs variées.

Quand les globules ont été écrasés ou brisés, les joints de fracture ont été ressoudés par du quartz : ainsi le f;lobuIe de gauche, dans la figure 9, pi. I, a visiblement été comprimé par une force horizontale ; il s'est rompu en quatre fragments principaux qui, sur la figure, ont à peu près la forme de secteurs de cercle; du quartz a d'ailleurs pénétré entre tous les débris et les a ressoudés postérieurement.

Les globules peuvent quelquefois être brisés en un très grand nombre de frat^ments, qui non seulement ont été séparés l'un de l'autre, mais qui ont même été entraînés à une assez grande distance.

Ainsi la partie gauche du globule de Wuenheirn (fig 1, pi. I!) a été entièrement arrachée, et ses fragments ont ensuite été dispersés assez loin ; comme dans les globules précédents, du quartz s a d'ailleurs entouré tous les fragments.

Il résulte donc de ce que nous venons de voir, que tous les vides formés dans les globules riches en silice ont été complètement remplis par du quartz.

Gisement des globules.

Les roches globuleuses, dans lesquelles se trouvent les globules que nous venons d'étudier spécialement, sont : le granité, ïeurite, la pijromcride ,\g trachgte ,le rétinite , hperlite, l'obsidienne et d'wevs porphijres.

On attribue généralement une origine ignée à toutes ces roches ; mais elles diffèrent toutefois complètement par leur âge, par leur structure, ainsi que par leur composition minéralogique et chimique; il est donc très remarquable que les globules qui se sont développés dans des roches si différentes aient autant d'analogie dans leur structure et dans leur composition chimique.

Ces roches globuleuses présentent, du reste, un caractère commun qui parait avoir été une condition essentielle du développement des globules; elles ont toutes un excès de silice: c'est, en effet, ce qu'il est facile de constater en faisant Soc. GÉOL. — 2' SÉRIE. T. IV. — Mém. 11° 5. ^^2

326 RECHERCHES (^ » i' =6 )

connaître sommaircincril leurs printiiiaux caractères miiiéralogiqucs elchiiuiqucs ainsi que leur gisement.

— Si l'on considère d'abord les granités globuleux, on trouve qu'ils sont toujours très quartzeux : je me contenterai de citer comme exemple le granité que j'ai observé à Diamond-Rock (comtédeDown, Irlande). Ce (/ra?u<e renferme assez fréquemment des i,dobules étoiles qui atteignent plusieurs centimètres , et qui sont formés par des lamelles d'orthose autour desquelles il y a du quartz hyalin. Lorsqu'on étudie le gisement de ces globules , on voit qu'ils sont à la circonférence de druses tapissées par une grande variété de cristaux , mais surtout par des cristaux de quartz; ces globules se sont donc développés dans les parties du granité qui contiennent un grand excès de silice.

■ — Mais ce sont surtout les pî/ro??!erû/e5 qui sont très riches en silice, comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire observer dans un autre travail ; le plus souvent même elles contiennent un excès de silice qui a été introduit par des filons de quartz. Ainsi la pyroméride de la chaîne du Niolo (Corse) a été complètement pénétrée par des liions de (juartz associé avec du fer oligiste.

— L'd pyroméride de l'île de Jersey, qui ressemble beaucoupà certaines variétés de la pyroméride de Corse dont les globules sont anormaux , est également très riche en silice. M. Transona constaté, d'ailleurs, que dans la baie de Boulay, elle s'est développée au contact d'un porphyre quartzifère avec le grès d'Anneport, c'est-à-dire au contact d'une roche très riche en silice.

— La pyroméride de Wuenhcim, dont la découverte est duc à M. Kœchlin- Schlumberger, est de môme complètement pénétrée par de la silice qui se présente dans la roche sous des états très variés. Cette silice est généralement à l'état dequartz; elle est associée avec de la baryte sulfatée et avec un peu de 1er oligiste.,

Les fyj'omeVjrfes d'Andlau et de Saint-Maurice sont aussi pénétrées dequartz hyalin, et elles contiennent, soit dans leur pâte, soit dans leurs cavités, des grains ou des lamelles de for oligiste (1).

— Si nous étudions maintenant \e gisement dos porphyres globuleux les [Aus remarquables, nous trouvons qu'ils sont également très riches en silice.

En effet, les porphyres globuleux de Thuringerwald sont, d'après MM. Credner etNaumann (2), en relation intime avec des porphyres à cavités plus ou moins régulières, qui sont remplies par de la calcédoine, du quartz, du for oligiste, de la chaux carbonaléc , de la baryte sulfatée et de la chaux flualée. Ces divers minéraux, et surtout la calcédoine et le quartz, s'observent jus(jue dans les globules eux-mêmes.

— Las porphyres globuleux du llanskopf, près d'Oppenau, de Sclirioshoim, de

(1) Voyez pour plus de délails sur la composition et sur le gibcinent des pyromérides, Bull, de la Soc. f/éoL, 2«sér., t. IX, p. 180 et suiv.

(2) Nauuiauii, Lchrbitch dcr Gemjnosie , t. I, p. G17. — Crcdiicr, Ihinudhskuadt de Schulze , 111- volume. Goiha, 1847.

•"^"'^ SUR LES ROCHES CxLOBULEUSES. 327

de Zicgelliauseii dans le duché do Bade, sont, d'après MM. Ilausmann et G. Leonhard (1), complètement pénétrés par des filons, dans lesquels la silice se présente sous des étals extrêmement variés.

— Le porphyre ylobuleux, observé par M. Cordier (2) au\ environs de Frèjus, sur la rive gauche du Reyran, au lieu dit Couiiguière, près do la Hastide-Ferrant, est également très siliceux ; indépendamment du quartz hyalin et cristallisé, il contient une grande quantité d'un quartz qui a une très belle couleur verte, et qui se retrouve avec beaucoup de constance dans la plupart des roches globuleuses à structure granitoïde.

Les porphyres globuleux de i'Esterel se sont surtout développés sur trois points de lEsterel, notamment aux collines du Deiïant, au revers nord de la montagne de Grane, aux environs d'Agay (3) ; daprès iM. Coquand, ce sont des variétés"de mélaphyres, et ils peuvent d'ailleurs passer à de véritables mélaphyres, contenant des amygdaloïdes de chaux carbonatée. Ces porphyres globuleux de I'Esterel sont souvent pénétrés de quartz, de jaspe, de calcédoine, et il importe surtout de remarquer qu'ils ont fait éruption à travers des grès bigarrés, c'est-à-dire à travers des roches extrêmement riches en silice.

— Sir H. de La Bêche et 3L Ramsay ont découvert dans le pays de Galles des porphijres globuleux , qui sont très remarquables par la grosseur de leurs globules. Ces porphyres, qui s'observent dans le Carnarvonshire et dans lo Merionethshire, ne contiennent pas d'orthose ; ils sont verts, verdàtres ou grisâtres : leur feldspath est lamelleux et à éclat gras; il appartient au sixième système, et par conséquent la soude en est l'alcali dominant. A Llanberis, à Digoed (Carnarvonshire), leurs globules ont quelquefois près d'un décimètre:

.ces globules, qui sont généralement anormaux , sont formés par une pâte feldspalhique verdàtre ou grisâtre, très siliceuse ; leurs cavités sont tantôt partiellement remplies par des cristaux de quartz hyalin et tantôt complètement remplies par de la silice, qui est à l'état de quartz ou même de silex. Au N.-O. de Bala (Merionethshire), les globules se sont quelquefois développés suivant dos zones qui sont parallèles entre elles ; de plus ils sont accolés les uns aux autres et ils sont réunis en chapelets avec beaucoup de régularité : on sait que les globules des obsidiennes présentent fréquemment cette disposition.

Il est remarquable que les globules du pays de Galles aient une structure qui rappelle celle des globules les pins récents ; car ils se trouvent dans des porphyres très anciens et qui sont vraisemblablement contemporains de l'époque sdurienne. Si les cavités de ces globules ne sont pas toujours remplies, cela tient sans doute à ce que les porphyres, dans lesquels elles se sont formées, ne sont pas aussi riches en silice que ceux que j'ai décrits précédemment; quelque-

(1) Ahltandlungen der Koënujlischen Gesellschaft zu GoUingen.l. IL— .\euesJahrbiHi (t8i'5) p. U2.

(2) Coliecn'on do Géologie du Jardin des ri.inles. (S) Mvm. de la Soc. géoL, ÎS.'iS , p. 350, 351.

328 RECHERCHES (N. s. r- m/!

fois cependant ces porphyres sont pénétrés par du quartz ; ainsi, par exemple, à Burtli-Glas, dans le Merioncllisliire, ils ont des cellules qui sont complètement remplies par un quarlz-silex grisâtre.

— Les ?-oc/ie5(//oii(/e!/5es sont surtout très abondantes dans la Hongrie, notamment ùTolesva ,àTokay,à Koenigsberg : ces roches, qui sont des trachytes, desporphyres molaires, des perliles, des obsidiennes , sont toutes extrêmement riches en silice; en outre, elles sont souvent pénétrées par des veinules de silice, qui présentent de nombreuses variétés de quartz, de silex, de calcédoine et même d'opale (1).

— Le (jisemenl dos roches globuleuses de l'Islande a été observé p'ar M. E. Robert dans les montagnes de Baula, Rauda, Sirholt, Sandur et Hrafiitinnuhriggur ('2). Ces roches sont des trachytes, des rétinites, et quelquefois des obsidiennes : elles sont souvent associées, et elles présentent même des passages insensibles l'une à l'autre. Elles ont incontestablement une origine volcanique, bien qu'elles se soient fréquemment répandues sous forme de nappes.

Ces roches globuleuses de l'Islande appartiennent au groupe de celles que M. Bunsen désigne d'une manière générale sous le nom de trachytes; elles sont toutes très riches en silice, car leur teneur moyenne en silice est de 76,67 pour 100 (3). Il importe d'ailleurs de remarquer que ces roches sont souvent traversées par dos veines decalcédoine et de jaspe rouge; c'est, par exemple , ce qui a lieu à Rauda : dans un assez grand nombre d'échantillons, j'ai môme observé que les globules se sont surtout développés près de la salebande des filons de jaspe.

— Il est inutile de niulliplier les exemples qui précèdent, et l'étude du gisement des roches globuleuses que nous avons décrites nous fait voir qu'elles sont le plus souvent pénétrées par des filons de silice , indépendamment de ce qu'elles peuvent contenir des grains de quartz hyalin, et de ce qu'elles sont elles-mêmes , déjà très riches en silice ; cette silice est quelquefois accompagnée par du fer oligisle et par d'autres minéraux des filons ; elle se présente dans les roches globuleuses sous les états très variés de quartz hyalin, d'améthyste, de plasma, d'agate, de calcédoine, de silex, de jaspe, de cacholong, de demi-opale, d'opale, d'hyalile.

— Il importe d'ailleurs de remarquer que les roches globuleuses renferment le plus souvent un excès de silice , bien qu'elles soient elles-mêmes pauvres en silice ; c'est ce qu'il est lïicile de constater pour celles dont la structure globuleuse est la mieux caractérisée.

En effet, la diorite orbiculaire de Corse renferme du (juartz, bien que la cneur en silice de son feldspath soit seulement de Z|9 pour 100. La diorite de Faymont, qui est aussi orbiculaire et dont le feldspath a une teneur en silice de 58 pour 100, renferme également beaucoup de quartz (/i).

(1) Rtudant , Vo'jnrje m Ilimfjrie, 1. III, p. /i8i. — G. I.conliard, Die qitartzfi'lircnde Porphyre, p. loG.

('J) Eugène Robert, Voyo/je en hlandc et au Groenland, p. 2i9, 250, 278, 300.

(3) Poggendarff Ann., t. LXXXIII, p. 204.

[U) Aiw. de c/i. et de phys., 3' sér., t. XXIV. — Annales des mines, It' sur., t. XVI, p. 3JG.

(^ s r.29) SUR LES ROCHES GLOBULEUSES. 329

Les globules de la variolite do la Durance ont de même une iciieur on silice qui est supérieure à celle du labrador ; car, dans un cchanlillon, je l'ai trouvée de 56 pour 100. On observe d'ailleurs assez souvent des veinules de (|iiarlz dans la variolile.

Le basalte çjlobuleiix du liulienliagen , près de Gœllingiie , renferme des globules qui, d'après MM. llausmann et Schnedcrmann , sont formés de feldspath orlhose; par conséquent, ce basalte a aussi une teneur en silice exceptionnelle; i! y a, du reste, entre la teneur en silice de sa pâte et enire celle de son orthose une différence du même ordre que celle qui existe entre la teneur en silice des feldspallis les plus silicates et entre celle du quartz.

Enûn, lorsque la mmetle est (jlobuleuse , ses globules se développent près de la salebande de ses filons, c'est-à-dire dans une partie de la roche dans laquelle le refroidissement a dû être rapide-, mais il faut remarquer aussi que ces globules se trouvent généralement au contact de roches granitiques, dont la teneur on silice est toujours plus élevée que celle de la minette.

Cependant le porphyre rjuartzifère devient quelquefois globuleux dans des circonstances de gisement inverses de la précédente, et lorsqu'il se trouve au contact de roches dont la teneur en silice est moins élevée que la sienne. C'est ce qui a lieu, par exemple, cà la Guette (Côte-d'Or),oîi M. G. de Nerviile a observé un porphyre quartzifère, qui est injecté dans un granité porphyroïde pou riche en silice ; près de sa salebande et sur une épaisseur de 0"',liO environ , ce porphyre a pris néanmoins une slrucluro rubannée et globuleuse. Mais il est facile de constater que ce porphyre quartzifère est lui-même riche en silice, surtout à sa salebande; par conséquent, il est probable que, dans l'éruption, la silice se sera concentrée vers la salebande du filon.

On comprend d'ailleurs que , dans certains cas, une simple action de contact aurait pu suffire pour développer dans une roche la structure globuleuse.

— L'élude du gisement des globules nous montre donc qu'une roche globuleuse contient généralement une quantité de silice bien supérieure à celle qui est nécessaire au feldspath qui lui sert de base ; cet excès de silice qui provient souvent de filons siliceux ayant complètement pénétré la roche, a gêné la cristallisalion normale du feldspath et a déterminé sa réunion en globules.

Kn outre, les roches silicatées, pauvres ou riches en silice, qui ont une structure globuleuse, présentent toujours quelque anomalie dans leur composition chimique ; quand cette anomalie disparaît, elles reprennent la structure porpliyrique , et il n'est pas rare de voir la structure globuleuse et la structure porphyrique réunies sur le même échantillon.

— Dans la première partie de ce Mémoire, j'ai étudié la composition, la structure, le gisement des globules, cl je me suis borné autant que possible à l'observation immédiate dos faits.

Mais il importe maintenant do coordonner tous ces faits et de les relier entre

330 RECHERCHES x.s.pMi

eux par une théorie : c'est le but que je me propose dans la deuxième partie de ce Mémoire, dans laquelle je vais exposer une théone générale de la formation des globules.

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