XVII. Les richesses sont de faux biens
Les pauvres fixent un œil d'en\ic sur les riches; ils devraient savoir i)ourtant que ces hommes-là ne sont pas vraiment heureux. Que de préoccupations les accablent ! Les rois, les grands de la cour, les hauts fonctionnaires, les savants, aspirent aux richesses, aux honneurs, et n'ont jamais la vraie paix du cœur.
Quand l'adversité les frappe, ils désireraient appartenir à une condition moyenne : mais ils ne peuvent plus voir leurs souhaits accomplis. Comme les pauvres, ils sont soumis à la maladie, à la mort, aux désagréments de la vie; puis, quand ils ont cessé de vivre, où passent ces biens qu'ils ont si péniblement acquis où conservés? Auront-ils même des descendants? La mort ne frappera-t-elle pas leurs héritiers? De toute cette gloire, de toute cette opulence, ils n'emporteront rien: seuls leurs péchés et leurs bonnes œuvres les suivront, et personne ne les aidera à porter le lourd fardeau de leurs fautes...
Comparaiso7i.
Le ver-à-soie se file un cocon duveteux; à peine est-il achevé, qu'on en convoite les précieux filaments. Pour les dévider, on jette le cocon dans l'eau bouillante: le ver-à-soie y demeure enseveli comme dans son cercueil. Les marchands achètent la soie: le fabricant trouve la mort dans son officine, au sein de ses richesses.
XVIIL Comparaison du condamné à mort.
La terre est comme une prison où sont enchaînés des condamnés à mort, attendant le jour de l'exécution. Parmi ces condamnés on peut distinguer trois classes d'hommes, répondant assez exactement aux trois classes de bouddhistes:
1° Les uns s'amusent et ne pensent pas qu'ils vont bientôt mourir. Ce sont les Amidistes qui ne songent qu'à se distraire, à s'amuser, et ne pensent ni au .Si-fien, ni à Amida, qu'ils invoquent jamais.
2""' D'autres prisonniers emploient à se procurer des douceurs l'argent qu'on leur apporte; ils n'ont pas même l'idée de l'utiliser pour essayer de se racheter. .Ainsi agissent les gens imprévoyants, qui négligent d'invoquer Amida, pour s'afifrancher de la métempsycose et recou\rer la bienheureuse liberté des élus du Si-t'ien.