XXII. Les cinq mirages trompeurs
1° La beauté corporelle, ({u'une maladie fait disparaître.
2° Les jouissances, qui durent peu. et sont mêlées d'amertume.
3° Les convoitises soit pour la richesse, soit pcnir les plaisirs: la coupe est loin des lèvres!
4° Les actions d'éclat, souvent mal récompensées, et cpii souvent causent la perte des héros.
ô" La science. C'est la jouissance la plus noble; cependant les connaissances prisées par la plupart des hommes ne satisfont guère le cœur ni l'esprit.
XXIIL Les sectes perverses, hétérodoxes,
La véritable doctrine est fort difficile à implanter; au contraire, les sectes hétérodoxes, pernicieuses même, ont l'appui des penchants dépravés et se multiplient avec rapidité.
1° Les sectes du Lotus blanc: Pélien-kiao ^ M %.-
2° La secte Ou-wei ^ ^j.
3" La secte Yucn-toen [g] iti|.
■1° La secte Nié-pan Jg ^.
5° La secte Tchang-cheng-pou-lao -^ ^ ^ ^ (Les Lnmor-
tels taoïstes).
6« La secte Cheou-tch'e ^ t^ : Végétariens (Tche-sou) H^ ^.
Tous ces sectaires s'autorisent des paroles de Bouddha, prétendent transmettre sa doctrine et trompent les ignorants. L'Amidisme seul mérite notre confiance.
Telle secte a pour membres dei^ bonzes vivant dans leurs pagodes: c'est une Che-kia-kiao, du l'ouddhisme rituel.
Telle autre secte se recrute parmi les laïques restant dans le siècle : c'est une Mi-touo-kiao ^ [)'Ë |5c ou société secrète.
220 CHAP. III. — l'amidisme contemporain, le dogme.
Innombrables sont les assertions diverses de ces sectaires.
Les uns disent qu'après 1 ^entrée de Çakyamouni au '"nirvana", c'est Maitreya qui prend soin du gouvernement de la confrérie.
D'autres allument des bougies à la lueur desquelles ils s'imaginent voir les Koei-chen.
Telle secte considère les spirales formées par la fumée de l'encens, et conjecture le faste ou le néfaste.
Ceux-ci voient leurs noms écrits au Ciel ; ceux-là constatent que leurs noms sont effacés sur les registres des enfers.
Il y en a même qui, après s'être lavés avec de l'eau sur laquelle on a prononcé des incantations, croient voir Bouddha et tout son cortège de saints.
Des manières de parler cabalistiques entrent dans le jargon des sectaires, qui ont toujours à la bouche les 36 "koan" et
les 72 "sin".
Suivant l'enseignement de certaines écoles, la l)ouche est la source de tout i)éché, le nez est la route vers la survivance; en conséquence, aux approches de la mort, on ferme la bouche du moribond, de manière qu'il ne puisse respirer que par le nez.
Des Taoïstes s'en vont humer les rayons du soleil et les effluves de la lune au moment où ces astres apparaissent à l'horizon. Quelques sectaires bouddhistes se livrent aussi à la gymnastique respiratoire, s'efforçant de charrier le souffle intérieur et de le faire sortir par le sommet de la nuque, comme les Bouddhas.