V. Rôles divers d'Amitabha et de Çakyamouni
Le Pei-hoa-king explique l'origine de la mission différente de Çakyamouni et d'Amitabha.
Dans un des kalpas précédents, à l'époque où le Bouddha Pao-tsang-fou ^ |^ f^, s'incarna sur terre, un grand roi nommé Ou-tcheng-nien ^ ||î ;^ avait un ministre appelé Pao-hai ^ f^.
Le roi Ou-tcheng-nien formula le vœu de gouverner la Terre pure, et manifesta son dégoût pour notre terre souillée^ Son royaume fut donc la Terre pure, et ce souverain, ce fut Amitabha.
Son ministre Pao-hai. roulant d'existence en existence, monta au faite de la perfection dans ce monde souillé, puis finalement reçut l'illumination suprême, et devint le Bouddha Çakyamouni, qui exhorte les mortels à se hâter d'entrer dans la Terre pure, le Paradis de délices de son .ancien souverain.
VL Çakyamouni prêche l'Amidisme.
Ici l'auteur raconte l'exhortation de Çakyamouni à la reine Vaidehi. jetée en prison par son fils dénaturé Ajatasatrou. Bouddha, pour la consoler, lui indique les moyens faciles de renaître dans la Terre ])ure.
(1) Cf. Recherches, Tome VI, p. 81-8 3. — Cf. Royal Asiatic Society 1917, p. 1. The vows of Amida.
1** Se montrer pieux à l'égard de ses parents.
2° Honorer les "trois précieux": Bouddha, la Loi, la Confrérie; observer les cinq défenses.
3° Avoir foi dans la rétribution, et invoquer le Bouddha du Paradis de l'Ouest: Amitabha.
Cette légende est racontée en détail dans la vie de Çakyamouni (1).
VIL Divers degrés de félicité dans la Terre pure.
Le royaume d'Amida se divise en trois zones; chacune de ces zones comporte trois degrés d'excellence, et le 1^^' degré d'excellence de la zone supérieure comprend trois subdivisions. Le petit tableau suivant rendra cette description i)lus claire.
fi
la
1" Suprême
2o Médian
30 Infime
Degré médian Degré inférieur Deg:rê supérieur
Degré médian
Degré inférieur
Degré supérieur Degré médian
L Degré inférieur
Avoir le cœur droit.
S'abstenir de tuer (invoquer Amida).
Avoir une foi ferme.
Réciter le Ta-tcheng (invoquer Amida).
Se tourner vers le Si-t'ien (Ouest).
Désirer v aller et invoquer Amida.
Croire à la rétribution, ne pas mépriser le Bouddhisme et invoquer Amida.
Il suffit d'avoir à l'article de la mort les désirs ci-dessus et d'invoquer Amida.
Eviter le mal, observer les abstinences, invoquer Amida.
Observer les abstinences 1 jour et 1 nuit; à la mort, désirer le Paradis de l'Ouest et invoquer Amida.
Piété filiale, bonté pour le prochain. A la mort, on entend parler de la Terre pure: si on désire y aller, si on invoque Amida, on est sauvé.
Un pécheur invoque Amida à la mort.
Un violateur des observances consent è s'unir à celui qui pour lui invoque Amida.
Un pêcheur insigne connaît Amida au moment de la mort, et consent à l'invoquer.
(1) Cf. Recherches: Vie de Çakyamouni, Chap. IV, Art. V.
l82 CHAP. III. — l'amidisme contemporain, le dogme.
Dans la zone inférieure du Paradis d'Amida sont admis les plus grands pécheurs, pourvu qu'à l'article de la mort ils émettent suivant leurs moyens un acte de repentir, et qu'ils invoquent Amida. espérant qu'il les sauvera.
1° Degré supérieur.
Si, à la mort d'un grand pécheur, quelqu'un invoque pour lui les Bouddhas des douze ouvrages du Ta-tcheng, le mourant obtient la rémission de toutes les fautes qu'il a commises pendant 10.000 kalpas, dans ses existences antérieures.
Si le mourant lui-même invoque Amida avec confiance, il obtient le pardon de tous les péchés commis durant cinq millions de kalpas, et est admis dans la région supérieure de la dernière zone du Paradis.
2" Degré médian.
Le violateur des observances bouddhiques doit, d'après tous les principes, aller en enfer.
Cependant, si. au moment de sa mort, quelqu'un auprès de lui invoque Amida. et si le mourant, l'entendant, consent à s'unir à lui et à invoquer Amida dans la mesure de ses forces, il obtient le pardon des péchés commis pendant 8 millions de kalpas, et mérite d'être admis au degré médian de la 3'' zone.
3° Degré inférieur.
Ici, il s'agit d'un pécheur insigne qui durant sa vie n'a fait aucune bonne œuvre. D'après son Karma, le cours de ses transmigrations dans les six voies de l'existence doit se poursuivre pendant une durée indéfinie.
Supposons cependant qu'au moment de sa mort il se trouve quelqu'un qui lui parle d'Amida et de son Paradis, et lui persuade d'invoquer Amida pour être sauvé. Si le moribond consent à l'invoquer dix fois, la vertu de ce nom peut efl;acer en lui les péchés de huit millions cent mille kalj)as. et ce grand criminel pourra entrer dans la région inférieure de la troisième zone du Paradis.