INTRODUCTION
Depuis l’époque, éloignée déjà, où nous présentions, pour le diplôme supérieur de pharmacien, un travail sur la cire de la gomme laque, nous n’avons cessé d’étudier les corps de cette série, autant que le permettaient les loisirs de notre profession.
En 1914, encouragé par notre camarade et ami, le professeur Moureu, nous nous proposions de présenter quelques-uns des résultats obtenus, quand la guerre nous obligea d’ajourner ce projet et en retarda l’exécution jusqu’à ce jour.
Dans la Thèse citée plus haut, nous avons comparé les trois alcools, retirés des cires d’abeilles, de gomme laque (partie soluble dans l’alcool) et de Carnauba, que les auteurs désignaient sous le même nom d'alcool myricique, tout en leur attribuant des points de fusion différents (850 et 880). Nous avons trouvé que ces trois alcools étaient identiques, sans nous occuper de leur formule, et en admettant qu’il s'agissait de l’alcool de Brodie.
Au cours de ce travail, nous avons d’abord cherché la nature du composé insoluble dans lalcool bouillant, isolé de la gomme laque en branches et que nous croyions être une combinaison de l’alcool myricique avec un acide probablement azoté.
GASCARD 1
L'expérience a montré qu'il s'agissait d’un alcool nouveau, le laccérol éthérifié par son acide laccéroïque.
Puis, nous avons recherché la formule de cet alcool nouveau et celle de l’alcool myricique de Brodie.
Brodie attribue à son alcool la formule C3 H620, tandis que Schwalb adopte celle de C?! H610.
Pour établir la formule d’un alcool en C?!, Panalyse organique est tout à fait impuissante. En effet, la différence entre la composition centésimale des alcools en C3! et C?? est de 0,1 pour le carbone et 0,04 pour l'hydrogène, c’est-à-dire très inférieure aux erreurs d'expérience.
La détermination du poids moléculaire, par la cryoscopie dans la naphtaline, n’est guère plus concluante, car, pour des solutions à à pour 100, il y a entre les points de congélation des deux solutions une différence de 00,024 seulement.
Nous sommes arrivé au résultat cherché de deux manières :
19 Par le dosage de l’iode dans les éthers 1odhydriques.
Entre les deux iodures en C3! et C??, la différence d’iode pour 100 est de 0,49, chiffre plus grand que les erreurs d'expérience.
20 Par la préparation du carbure saturé correspondant et sa comparaison avec les carbures, obtenus par d’autres procédés ne laissant aucun doute sur leur constitution.
Ces deux méthodes ont donné la formule C3! HfO pour l’alcool myricique et C3? H66 O pour l’alcool laccérolique.
Nous avons été conduit ainsi à préparer un certain nombre de carbures de la série saturée, les uns en partant des alcools précédents, les autres en condensant les dérivés des acides palmitique et stéarique.
Les termes élevés de la série des carbures saturés, comme ceux des séries des alcools et des acides, sont peu connus à cause de leur purification difficile; il y a cependant un certain intérêt à connaître les termes successifs d’une longue série régulière.
Ayant eu, de cette façon, à manipuler des corps en G15,C16,C17, C'$, et d’autres en C#°,C3!,C32, etc., nous avons constaté, ce qui ne surprendra aucun chimiste, que la difficulté à vaincre, pour obtenir ces corps à l’état de pureté, croît avec le poids moléculaire et plus rapidement que ce poids; de telle sorte que le labeur paraît tout
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à fait en disproportion avec la portée du résultat obtenu. Sans doute, mais l'intérêt que l’on prend à la résolution d’un problème croît avec les difficultés, et la recherche de la Vérité pour la Vérité est passionnante, même dans les plus petits faits.
Puisse ce travail contribuer à fixer quelques points de cette vaste science, que notre regretté maître, le professeur Jungfleisch a su nous faire aimer.
Ordre suivi. — L'ordre suivi, dans cet exposé, n’est pas celui des expériences faites; pour éviter des redites et abréger les descriptions, nous avons groupé les corps suivant leur fonction chimique. Nous étudierons : les carbures, les alcools, les acides, les éthers, les nitriles. Ainsi, dans l’étude des carbures, seront supposés connus les alcools qui servent à leur préparation, bien que ceux-e1 ne soient décrits que dans le Chapitre suivant. Nous indiquerons chaque fois le numéro de la page où le corps, dont on parle, est étudié.
De plus, pour abréger, nous donnerons dans un premier Chapitre, intitulé Technique, la description des méthodes employées et dans un dernier les observations faites sur l’aspect des critaux vus au microscope.