‹ Recherches sur les UlexChapitre 12 sur 33 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Histologie comparée des Ulex

a) Racine

Les Ulex L. par leurs grandes racines, ligneuses et ramifiées, ne souffrent pas de la sécheresse.

Les radicelles sont naturellement pourvues des curieuses nodosilés qui, comme chez toules les Légumineuses renierment des bactéroïdes, dont le rôle a été défini par de nombreux travaux quil est inutile de rappeler ici. On sait qu'elles ont pour but de fixer l'azote atmosphérique utile à la nutrition de la plante.

Ces considérations ont élé déjà mises en évidence il y a une dizaine d'années par Girarp 1 dans un travail très documenté sur l’ajonc au point de vue de l'assimilation.

« L'ajonc, dit-il, est une plante admirablement organisée pour expioiter à la fois le sol et l'atmosphère. Les racines peuvent soutirer d'un mieu dont la richesse est bien audessous de 1 pour 1.000, ce que les racines des autres récoltes ne sauraient y trouver. La plante semble avoir besoin de peu d'éléments minéraux pour organiser et développer ses issus; seul l'azote y est tres abondant; or cet azote est emprunté à l'air par l'intermédiaire des bactéries qui vivent sur les nodosilés de cette Légumineuse » et sui-

(1) GIRARD, professeur à l’Institut agronomique. Annales agronomiques, publiées sous les auspices de DEHERAIN, t. XXVII, 1901, p. 42-43.

eg

vant le distingué professeur de l'Institut agronomique, il est même permis de penser que ces bactéries ont vis-à-vis de l'azote une faculté d'absorplion très développée.

L'étude anatomique et surtout la structure ligneuse nous a paru assez intéressante.

Dans loutes les espèces d'Ulex, dont nous avons pu étudier la racine, la structure du bois secondaire est établie sur le même plan que dans la tige, seulement tous les éléments ont une disposition plus régulière et plus accentuée; les vaisseaux de printemps sont beaucoup plus larges, il en est de même des rayons médullaires à cellules prismatiques.

Le parenchyme ligneux et les rayons médullaires sont bourrés de granulations amylacées, ce qui nous montre que ces plantes accumulent plus tôt leurs réserves dans les tiges. Vaisseaux et fibres sclérifiés en sont entièrement dépourvus.

Cet amidon se présente sous l'aspect de grains légèrement arrondis, pourvus d’un hile allongé. Isolés, ou le plus souvent réunis au nombre de 2,.3, 4 et même 5, les grains d'amidon les plus pelils sont dans les rayons médullaires et les gros dans le parenchyme ligneux (fig. 1).

F1G. 1 — Fragment de parenchyme amylacé de la racine et amidon isolé.

Sp Er

NoposrrÉs. — Les nodosités de cette Légumineuse, de couleur marron, sont de la grosseur d’un grain de blé; les bactéroides qu'elles renferment nous ont paru avoir les mêmes caractères que celles qui ont été décrites ailleurs chez les Légumineuses, c'est pourquoi nous n'avons pas cru utile de nous arrêter à celte étude en dehors du cadre que nous nous sommes imposé.

b) Tige Caractères du bois secondaire et plan ligneux des ex

Il n’est peut-être pas inutile de donner ici quelques détails sur la manière dont nous avons procédé pour étudier la tige et particulièrement le bois secondaire.

Nous avons suivi la méthode de M. le professeur HouLr8erT 1 qui consiste à pratiquer des coupes minces dans les trois plans principaux de la tige.

1° Dans une direction perpendiculaire à l'axe : coupe transversale ;

2 Dans une direction axiale :

A) Selon le rayon : coupe radiale ; B) Perpendiculairement au rayon : coupe tangentielle.

Voic ce qu'on peut observer sur ces coupes.

Coupe transversale. — Diamètre des vaisseaux et des fibres ; épaisseur et répartition des rayons médullaires ; disposition relative et coloration des {rois sortes d'éléments.

Coupe langenlielle. — Grandeur et distribution des rayons médullaires coupés transversalement; ornementaion des rayons et des fibres suivant leur axe longitudinal.

(1) C. HOULBERT. Recherches sur la structure comparée du bois secondaire dans les Apétales. Th. Farc. SC., Paris 1898,

+ Le

Coupe radiale. — Elle montre le profil des rayons médullaires, la section longitudinale des vaisseaux et des fibres, leur ornementation sur la paroi radiale.

Il existe, entre deux rayons voisins et les zones de vaisseaux qui limitent chaque couche annuelle, des surfaces plus où moins grandes de fibres ligneuses que nous désignerons suivant l'expression de M. HourBErrT sous le nom de plages ligneuses.

De plus en dehors des vaisseaux, le tissu ligneux proprement dit offre deux variétés d'éléments bien distincts l'une est formée de fibres à parois souvent épaissies et à lumen étroit, ce sont les fibres ligneuses; l'autre généralement confinée aux vaisseaux, el formée d'éléments allongés à parois minces, possédant la même structure que les vaisseaux eux-mêmes : cest le parenchyme ligneux.

Nous ne croyons pas inutile de rappeler ici que les caractères taxinomiques seront exclusivement établis d’après la distribution et l'arrangement relatif des vaisseaux, du parenchyme ligneux et des fibres; d'après la forme, le nombre et la dimension des rayons médullaires.

Aux caractères de cet ensemble seulement, nous appliquons la désignation de plan ligneux.

ULEX EUROPÆUS L. (fahe).

Ajonc, genêt épineux, brusc, vigneau, sainfoin d'hiver, jauge, jan, lande épineuse, landier, lédin, hault-jonc.

LORTÉDJOUPOUMANNELERE A Tee (breton) ADO LES e on ns (provençal) HORTEROORN EL OPAD RIDER TES RE (anglais) FOUDRE RER PA ne (hollandais) Stecginster, skorpionskraut, hekensamen. (allemand) PORN IR RSC Re D (espagnol)

OO OR OT D me Dee (portugais)

Tone

Hab. — Lieux stériles, landes, taillis, dans une grande partie de la France, surtout dans l'Ouest, le Nord et le Centre, plus rare dans le Midi, l'Est et la Corse ; croît surtout dans les terrains siliceux ; peu commun sur le calcaire; var. 8 plus rare que la var. « : côtes de la Bretagne.

Aire géographique. — Europe sccidentale, du Danemark au Portugal; Suisse méridionale; Italie. — Subspontané çà et là dans la Scandinavie, la Bavière, etc.

Caractères botaniques. — Arbuste de un à trois mètres, robuste, à rameaux et ramuscules épais; épines fortes, très vulnérantes; phyllodes lancéolés-linéaires; fleurs grandes (14-17 millimètres de long); pédicelle velu, muni ordinairement à la base de deux bractéoles plus ou moins pubescentes appliquées, plus larges que lui; calice velu rougeâtre à dents de la lèvre supérieure contiguës, triangulaires. Etendard non veiné, ovale; ailes arquées, sensiblement plus longues que la carène droite; légume ovale, relativement grand (8-19 millimètres de long sur 6-7 de large), très velu, plus long que le calice; graines échancrées à l’ombilic, fleurit en hiver et au commencement du printemps.

«. genuinus Nob.

B. humilior Nob.

Page 1