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Les rameaux velus, munis de nombreux piquants, sont disposés de telle sorte que les gouttes d'eau passent de ces derniers aux rameaux, glissant en autant de filets le long des tiges pour converger à la racine.
Il résiste énergiquement aux plus grands froids. Ses fleurs en casque, d’un beau jaune d'or, solitaires ou géminées, naissent sur les piquants qui ne sont que des rameaux modifiés. Les gousses sont obtuses et velues, et la racine pivotante a peu de racines secondaires.
Par suite d’une ancienne utilisation, Pine © le définissait semblable au Romarin épineux et propre à retenir l'or.
Dans les plaines d'Espagne, on construisait en eflet des canaux bordés de planches (agoges), creusés pour le passage de l’eau, et soutenus par des étais s'il y avait un ravin à franchir, puis de distance en distance une couche d'Ulex ralentissail le courant.
La cendre d'ajonc lavée sur un lit d'herbes y déposait l'or retenu.
Uülisé depuis un temps immémorial ® dans le pays de Galles pour ses propriétés nutritives, l’ajonc est en effet un aliment parfois précieux pour les animaux; le général Napier, commandant la cavalerie anglaise, fut heureux de le rencontrer pendant la guerre d'Espagne, pour la nourriture de ses escadrons affamés.
Depuis QuerBrat-CazLorr (1666), le premier en date, et Duaamer, un siècle plus tard, l’ajone a été de la part de nos agronomes les plus distingués l’objet de nombreuses publications, citons parmi eux : DE LA VILLARMOISE, DE LorGEriz, RoussiLze, TrocHü, BoDiN, ViLmoriN, Pic. Ils ont fait de louables efforts pour le faire apprécier en agriculture et l'améliorer.
M. Rierrez, à juste Utre, l'appelait « luzerne des terrains pauvres ».
(1) Histoire naturelle de Pline, livre XXXIV, chap. IV. (2) WEDLAKE et DE PORQUET, 1857, mp. 7, 8, 9,
re.
En Bretagne, en Normandie, dans le Poitou, il devient l'objet d'une culiure régulière. Soumis à des coupes bisannuelles el coupé au hache-ajones ou broyeurs d’ajones, il devient un fourrage précieux au moment même où la terre est dépouillée de toute verdure.
Dans les pays où ie bois est rare et le charbon coûteux, l’ajonc fournit au pauvre un combustible abondant et par oCCasion, il sert à recouvrir sa toiture.
Telle est la plante que, sur les conseils de M. le professeur PERROT, nous avons soumise à de nouvelles investigaüons. Habitué depuis notre enfance à sa vue et ayant fait de nombreuses remarques à son sujet, il nous fut agréable de reprendre l'étude de cette espèce et de ses variétés, en y joignant également quelques observations sur différents genêts, commensaux habituels de l’ajonc dans nos landes et forêts de la Bretagne.
Nous avons d'ailleurs été encouragé et soutenu par les conseils de MM. HourserT et LENORMAND, professeurs à l’école de Médecine et de Pharmacie de Rennes, qui ont mis leurs laboratoires à notre disposition; aussi est-ce pour nous, un agréable devoir de les remercier de ce concours, qui fut d'autant plus précieux qu'il nous évita de trop dispendieux séjours et des visites trop fréquentes au laboratoire de matière médicale de l'Ecole supérieure de Pharmacie de Paris.
C'est là que nous avons trouvé les encouragements si nécessaires à des débutants en matière de recherche originale, et c’est à cela comme à la critique avisée de M. le professeur PError et de M. le docteur Goris, que nous devons d’avoir pu établir cette modeste étude monographique qui, nous l’espérons, rendra quelques services.
En terminant, nous adressons également quelques mots de remerciements à MM. le docteur Berre, de Bordeaux: Daveau, de Montpellier; à MM. les professeurs HENRIQUEZ, de Coimbra (Portugal), BarranDiER, d'Alger et CoRBIÈRES,
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de Cherbourg, qui se sont obligeamment mis à notre disposition pour nous procurer les échantillons nécessaires à nos recherches qui ont été dans ce mémoire disposées ainsi qu'il sui :
CHAPITRE PREMIER. — Note sur les caractères, la classification et la réparüilion géographique des espèces du genre ULEX.
Cap. Il. — Histologie comparée des ULEXx.
a) Race b) Tige.
c) Feuilies.
d) Piquants.
e} Organes reproducteurs.
CHap. IT. — Composilion chimique et recherches sur la toxicité de l’ajonc et de quelques GENÊTS voisins.
Cuap. IV. — Locahs:lion de la Cylisine.
CuaP. V. — L'agoxc au point de vue économique. Cuap. VI. — Conclusions générales et considérations sur
la biologie des Ulex.
Comme on le voit en Jelant un coup d'œil sur ce plan général, nous avons élé entraîné, au chapitre de la toxicité, à ajouter quelques observations sur divers genêts à celles que nous avons réunies sur l’ajonc, à cause de l'intérêt que cetle question présentait au point de vue agricole alimentaire.