Ce nom est resté en blanc. — 2. Document n» XXIX
par ledit contrat, au bout duquel est rentériment d'icelui portant quittance de la somme de deux cents livres pour tous les droits de lods et ventes, datée du 18« jour d'avril 1669, signée : Gilles Benoist « , cellerier, avec lequel contrat se sont trouvés deux autres contrats et onze pièces concernant et faisant mention de ladite grange, terre et héritages vendus. Inventorié sur ledit contrat de vente pour
le tout. Quatre.
Item. Une obligation en brevet, passée par devanrt lesdits Moufle et Levasseur, notaires, le 17® jour dé septembre 1669, par laquelle Louis Bertelin, écuyer, sieur de Lisle, confesse devoir à ladite damoiselle Madeleine Béjard la somme de cent livres, pour les causes
et à payer au lieu et terme y déclaré. Inventorié Cinq.
Jtem. Un écrit signé Rocquemartene, daté du 7® janvier 1662, contenant le soussigné avoir reçu, pour et au nom de Mons. de Modène, de Daniel Brillard, chapelier, la somme de mille livres, pour employer aux affaires dudit sieur de Modène, et promis ledit faire rendre par ledit sieur de Modène ou de payer de ses propres deniers
dans le temps de deux mois prochains. Inventorié Six.
Item. Expédition en papier desdits testament et codicile de ladite défunte damoiselle Béjard et de l'acte étant au pied d'iceux, par lequel codicile appert ledit sieur Gardé avoir été élu exécuteur et ladite défunte avoir fait les conditions y contenues. Inventorié . . . Sept.
Ce fait, tous lesdits meubles, linge, habits, vaisselle d'argent, deniers comptants, titres, papiers et autres choses contenues au présent inventaire et ci- devant inventoriées, ont été laissés en la possession de ladite damoiselle Molière èsdits noms, du consentement desdits sieur 6ardé et damoiselle de la Villaubrun, èsdits noms, laquelle s'en est chargée et charge pour les représenter, lors et quand par justice sera ordonné, et a signé :
Armande Gresinde Béjard.
Genneuiefue Bejart. Cardé.
Ogier. Moufle.
]. Frère Gilles Benoist, religieux du monastère de Montmajour lès Arles, était seigneur direct de la grange de la Souquette, en qualité de prieur du prieuré de Saint-Martin de Bedoin, dont cette grange relevait. La veuve de Molière se trouva en discussion avec les héritiers de M. Modène au sujet de la propriété de la SouqHette, et le marquis de Fortia d'Urban a publié, relativement à cette affaire, les extraits d'un mémoire trouvé dans les papiers de la famille de Modène. Le contrat d'acquisition de la Souquétte par Madeleine Béjard est mentionné dans ce mémoire, à la date du 7 juin 1661, seulement le nom du notaire qui l'a dressé y est écrit le Pin au lieu de Pain. M. de Fortia, induit en erreur, n'avait pu retrouver cet acte dont il regrettait la disparition et en concluait que « la prétendue vente de la terre et grange de la Souquétte, n'était pas le résultat d une véritable acquisition. » {Supplément aux diverses éditions de Molière ou Lettres sur la femme de Molière^ 1825, in-8% p. 120 à 124 et 148 à 154.)
Et le dix-septième jour dudit mois de mars mil six cent soixantedouze, avant midi, est comparu par devant les notaires soussignés • le sieur Pierre Mignard, peintre ordinaire du Roi, demeurant à Paris, rue Montmartre, paroisse Saint-Eustache, lequel a reconnu et confessé qu'en exécution du testament de ladite défunte damoiselle Madeleine Béjard, daté et énoncé en l'intitulation de l'inventaire devant écrit, lesdits sieur Molière et damoiselle Armande-Grésinde Béjard, sa femme, de lui autorisée, à ce présents et acceptant, lui ont, en la présence et du consentement, tant dudit sieur Gardé, exécuteur dudit testament et du codicile de ladite défunte, que de ladite damoiselle Geneviève Béjard, à présent veuve dudit sieur de Villaubrun, en son nom et comme procuratrice dudit sieur Béjard, son frère, par la procuration annexée audit inventaire, baillé, délivré et mis es mains, en la présence des notaires soussignés, la sonmie de dix-sept mille six cents livres, faisant partie de celle de dix-sept mille huit cent neuf livres un sol qui s'est trouvée en deniers comptants après le décès de ladite défunte, comme il est contenu audit inventaire, et ce en espèces de louis, pistoles et pied-forts d'or et louis d'argent, qui sont les mêmes déclarées audit inventaire ; laquelle somme de dix-sept mille six cents livres demeurera en la possession dudit sieur Mignard pour être employée en la manière et comme il est porté èsdits testament et codicile. Et, au moyen de ce, ledit testament est exécuté à cet égard, et ledit sieur Gardé déchargé desdits deniers comptants envers et contre tous ; et quant aux deux cent neuf livres un sol, faisant le reste desdites dix-sept mille huit cent neuf livres un sol, lesdits sieùr et damoiselle de Molière les ont retenus pour être employés aux dépenses menues et plus pressantes faites et à faire au sujet du décès de ladite défunte; et par les mêmes présentes ledit sieur de Molière est déchargé, conjointement avec ladite damoiselle sa femme, de toutes les autres choses contenues audit inventaire dont ladite damoiselle sa femme s'étoit chargée comme sa procuratrice, ainsi qu'il paroit par icelui, et ils ont tous deux solidairement promis les représenter quand et à qu'il appartiendra ; et pour l'exécution des présentes et dépendances, lesdits sieur Mignard, sieur et damoiselle Molière ont élu leurs domiciles irrévocables es maisons où ils demeurent, devant désignées, auxquels lieux nonobstant, etc., lesdits sieur et damoiselle Molière solidairement comme dit est, etc. Fait et passé en la maison et demeure d'iceux sieur et damoiselle Molière, les jour et an susdits, et ont signé :
J. B. PoQUELiN Molière.
Cardé. P. Mignard.
G. Bejart.
Armande Gresinde Bejart.
Ogier. Moufle.
XLm
1672^ — 26 juillet.
BAIL. FAIT FAR RSNâ BAUDBLLET A MOLZÀRE..
Minutes de M* Turquet.
Fut présent le sieur René Baudellet, tailleur et valet de chambre ordinaire de la Reine, et bourgeois de Paris, y demeurant , rue de Richelieu, paroisse Saint-Eustache, lequel a reconnu volontairement avoir baillé à loyer, comme il fait par ces présentes, pour six ans consécutifs, à commencer du jour saint Remy prochain , à Jean- Baptiste Poquelin Molière, valet de chambre ordinaire de ladite dame Reine*, et damoiselle Glaire-Armande-Grésinde Béjard, sa femme , qu'il a autorisée et autorise pour Tefifet des présentes, demeurant à Paris, rue Saint-Honoré, paroisse dudit Saint-Eustache, à ce présents et acceptant, les lieux ci-après déclarés, dépendant d'une maison sise en cette ville de Paris , susdite rue , en laquelle le sieur bailleur est demeurant, à lui appartenant^, savoir : trois petites caves ou deux grandes, au choix des preneurs ; une cuisine ; une écurie dans laquelle ledit bailleur pourra mettre un cheval quand il en aura; les premier et second étages^ quatre entresols audessous ; la moitié du grenier qui est au-dessus du troisième étage et une remise de carrosse ; communauté de la cour, puits et aisances; les lieux comme ils se comportent, lesquels lesdits sieur et damoiselle preneurs ont dit avoir visités, dont ils se contentent et desquels lieux, que ledit sieur bailleur promet de faire mettre en bon état de menues réparations dans ledit jour de saint Remy prochain, icelui sieur bailleur promet et s'oblige de. faire jouir iceiix sieur et
1. Il y a évidemment erreur et le scidbe reproduit sans y prendre garde le titre de Baudellet.
2. Par une obligation du 2 août 1659, René Baudellet, maître tailleur d*habit8, demeurant rue du Four, paroisse Saint-Eustache, et Madeleine Dumont; sa femme, confessent devoir à Jean de Lespée, bourgeois de Paris, rue des Deux- Portes, paroisse Saint-Jeau, la somme de neuf mille cinq cents livres qu'il leur a prêtée pour employer à la construction d'une maison, sise à Paris, rue de Richelieu, paroisse Saint-Eustache, qu'ils font bâtir sur une place de terre par eux depuis peu acquise. La. somme est remboursée le 2 septembre 1662. {Minutes de M' Gatine.)
Cette maison dans laquelle mourut Molière serait , suivant M. Edouard Fournier, celle de la rue Richelieu qui porte aujourd'hui le n** 42* (ComeiUe à la butte Saint-Roch^ 1862, in-12, page cliij.)
ÛÛGUM£NTS, 2£^
damoiselle preneurs pendant ledit temps, et pour cet effet de faire cesser tous les troubles et empêchements qui leur pourroient être apportés, etc. Ce bail fait moyennant les prix et somme de treize cents livres de loyer par chacun an, laquelle somme de treize cents livres iceux sieur et damoiselle preneurs, seront tenus, comme ils promettent et s'obligent solidairement l'un pour l'autre, un seul pour le tout, sans division ni discussion. à, quoi, ils renoncent, de bailler et payer audit sieur bailleur en sadite demeure, à Paris, ou au porteur, aux quatre termes accoutumés à Paris, le premier desquels écherra au jour de Noël prochain, et continuer ensuite le payement dudit loyer de terme en terme, jusquesl la fin dudit bail. £t outre ledit bail est encore fait à la charge par lesdits sieur et damoiselle preneurs d'entretenir lesdits lieux de menues réparations locatives et nécessaires. qui y seront à faire pendant ledit temps, et de les rendre, en bon état à cet égard ; souffrir que. les grosses réparations, si aucunes il convenoit faire pendant ledit temps èsdits lieux, soient faites; plus de payer la moitié de ce à quoi la totalité de la, maison dont les lieux susdits dépendent est à présent et pourra être pendant ledit temps taxée, pour le nettoyement des boues et immondices des rues, l'entretien des chandelles et lanternes, pour l'aumône des pauvres et autres charges de ville ou de police ordinaires, sans pouvoir pour tout ce que dessus prétendre par lesdits sieur et damoiselle preneurs, aucune diminution dudit loyer, ni aucuns dé^ pens, donunages ni intérêts. Seront tenus iceux sieur et damoiselle preneurs de garnir les susdits lieux de biens meubles exploitables pour sûreté dudit loyer ; ne pourront iceux sieur et damoiselle preneurs. c.éder ni transporter le droit dudit présent bail à qui que ce soit, sans l'exprès consentement dudit bailleur et à moins qu'il ne soit par écrit; lequel sieur bailleur dès à. présent sera tenu, comme il. s'oblige de tenir les susdits lieux clos et couverts, selon l'usage et coutume de Paris, auquel sieur bailleur lesdits sieur et damoiselle preneurs fourniront k leurs dépens, dans huitaine, la grosse en forme dudit présent bail; car ainsi,. etc. Fait et passé à Paris, es études pour le fait dudit bailleur, pour ledit sieur Molière à Âuteuil, et pour sadite femme, en leur demeure à Paris, l'an mil six cent soixantedousse, le.vingt-sixièmejpur de juillet, aprèsjuidi, et ont signé :
J.'-B'. PoQUELiN Molière. Baudeelet.
âamande-Gresinbe Bêjart;
Routier, Pàutot:
1672. — 15 septembre.
CONTBAT DE 1CA.RIAGB ENTRE JEAN-BAPTISTB AUBRT ET GENEVIÈVE BÉJARD.
Minutes de M* Durant.
Furent présents sieur Léonard Aubry, paveur ordinaire des bâtiments du Roi , et Anne Papillon , sa femme , de lui autorisée , demeurant rue Saint-Honoré , paroisse Saint-Germain rAuxerrois, stipulant pour sieur Jean-Baptiste Aubry, sieur des Carrières, leur fils, aussi payeur desdits bâtiments, à ce présent, de son consentement, d'une part; et damoiselle Geneviève Béjard, veuve de feu Léonard de Loménie , sieur de la Villaubrun , demeurant place du Palais-Royal , susdite paroisse, fille de défunts M« Joseph Béjard , procureur au Châtelet, et Marie Hervé, sa femme, ses père et mère, pour elle et en son nom, d'autre part. Lesquelles parties volontairement reconnurent et confessèreiît, en la présence de leurs parents et amis ci-après nommés, savoir, de la part dudit futur époux : de Sébastien Aubry, frère ; Pierre le Viez, chevalier, médecin général de l'ordre et milice du Saint-Esprit, archi-hospitalité de toute la Chrétienté', beau-frère; damoiselle Anne Aubry, sa femme; damoiselles Marie et Barbe Aubry, sœurs; Jean de Granouilhet, écuyer, sieur de Sablières, intendant de la musique de Monsieur, duc d'Orléans ; André de Vivensan, seigneur de Bussy, ci-devant gentilhomme de la chambre de mondit sieur ; Louis Raymond, sieur des Cluzeaux, garde du Roi en la prévôté de son hôtel, amis; et de la part de ladite future épouse : de Jean-Baptiste Poquelin de Molière, valet de chambre et comédien ordinaire du Roi , beau-frère à cause de damoiselle Claire-Armande-Grésinde Béjard, sa femme; Louis Béjard, ingénieur du Roi, frère ; François Brossard, marchand à Paris, M^François Coiffier, ci-devant huissier ordinaire du Roi en son grand Conseil , amis; avoir fait entre eux les traité, conventions et promesses de mariage qui ensuivent : c'est à savoir que lesdits sieur Jean- Baptiste Aubry et damoiselle Geneviève Béjard s'être, du consentement des dessusdits, promis prendre l'un Tautre par nom et loi de mariage, etc., pour être uns et communs en tous biens meubles et conquéts immeubles, suivant la coutume de Paris , sans être tenus des dettes l'un de l'autre faites avant leur mariage, et si aucunes y
1. Cet ordre est plus connu sous le nom d'ordre du Saint-Esprit de Montpellier.
a seront payées par celui qui les aura faites et sur ses biens, sans que ceux de Tautre en soient tenus.
Lesquels biens et droits à ladite damoiselle future épouse appartenant, elle a dit consister tant au contenu en rinyentaire qu'elle a fait faire à sa requête après le décès dudit défunt son mari, par de- Tant Ferret et Levasseur, Tun des notaires soussi^piés, le vingtseptième juin dernier*, clos ce jourd'hui, et reprises qu'elle a sur la succession de sondit mari , comme ayant renoncé à leur communauté, le quart au total en une place de terre sise faubourg Saint- Antoine, grande rue dudit lieu, que en quatre cents livres de pension viagère à elle léguées par feu damoiselle Madeleine Béjafd, sa sœur, par son testament reçu par Ogier et Moufle, notaires, le neuf janvier dernier; le tout quelle promet apporter audit futur époux la veille de leurs épousailles.
Desquels biens il en entrera en leur future communauté la somme de trois mille livres et le surplus sera et demeurera propre à ladite damoiselle future épouse et aux siens de son côté et ligne.
Partant ledit sieur futur époux a doué et doue ladite damoiselle future épouse de trois mille livres de douaire préfix pour une fois payé, à l'avoir et prendre par elle sitôt qu'il aura lieu sur tous les biens dudit futur époux , qu'il en a chargés et hypothéqués à cet effet.
Le survivant des futurs époux aura et prendra par préciput de tels biens meubles de leur communauté qu'il voudra choisir jusques à la somme de quinze cents livres, suivant la prisée de l'inventaire, etc.
Sera permis à ladite damoiselle future épouse survivant sondit futur époux, et aux enfants qui naîtront dudit mariage de renoncer à ladite communauté ou icelle accepter, etc., en faveur duquel futur mariage Jean-Baptiste de Loménie, fils d'elle et dudit défunt sera nourri, instruit et entretenu aux dépens de ladite communauté jusques à l'âge de quinze ans sans lui en faire payer aucune chose.
Les père et mère dudit futur époux, pour les services qu'il leur a rendus et rendra , en l'exercice de paveur des bâtiments du Roi et autres ouvrages toisés, et écritures qu'il a faites et fait encore à pré-
1. Il est inutile de reproduire cet inventaire; le seul intérêt qu'il oflre est la mention, parmi les papiers, d'une quittance sous seing privé, « signée Bernard, prêtre et confesseur dudit défunt, par laquelle le soussigné confesse avoir reçu de ladite veuve, trente-six livres pour messes et prières qu'il a dites pour ledit défunt. » En outre, il est dû par la succession de Léonard de Loménie « au sieur Bernard, prêtre de Saint>Germain l'Âuxerrois, deux cent trente livres. » {Minutes de ¥* Durant.) Cet abbé Bernard est, sans aucun doute possible, le même que « M. Bernard, prêtre habitué en l'église Saint-Germain » cité dans la requête adressée par la veuve de Molière à l'archevêque de Paris, le 20 février 1673, comme ayant «admi- • nistré les sacrements à Pâques dernier», c'est-à-dire le 17 avril 1672, à Molière. (Histoire de Molière, par M. Taschereau, 3* édit., page 260.)
S959 DOCUMERTO*
seât, ite lui font don ptar ces^trésentes, oe'iicc6i»(a«t, ^^cÎD^ioeQto livres chacun an pendant qu'il trayaiUera, par forme de pension, •nourritures et entretenements, qxii commencera à «aivoir ^cofcrps de vejourd'hui en avant. Après le décès dudit sieur son père la susdite pension sera et demeurera éteinte. Recomidssant ledit futur ^paoz avoir été satisfait par sesdits père et mère de sadite pensioii jusqu'à présent , "dont il les décharge ; lesquels père et mère dudit futur époux ont certifié leurdit fils franc «t quitte de toiïtes dettes hypothécaires faites avant ledit mariage et dont ils promettent Tacquitter; car ainsi a été accordé entre lesdites parties, promettant, etc.
Pait et passé en Pétude de Levassefur, l'un desnotaires soussigoés, l'an mil six cent soixante-douze, le quinzième jour ée septembre, après midi, et ont signé :
AuBRY. Anne Papillon.
AuBRY. Le Viez.
Geneuiefue Bejart. Anne Aubry.
Bejard l'eguisé. Marie Aubry.
J. B. PoQUELiN Molière. Sebastien Aubry.
CoiFFiER. Barbe Aubry.
Viuensan Bussy. Granouilhet.
F. Brossard. Raymond.
Ogier. Levasseur.
1673.— 13-20 mars.
IIT^NTAIBE FAIT APRÈS LE DÉCÈS DE MOLIÀBE.
Minutes de M"". Durant.
L'an mil six cent soixante -treize, le lundi avant midi, treizième our de mars, à la requête de damoiselle Glaire -Élisabeth-Armande- Grésinde Béjard, veuve de feu Jean-Baptiste Poquelin de Molière, vivant tapissier et valet de chambre du Roi, demeurant rue. de. ûichelieu, paroisse Saint^Ëustache, tant en son nom, à cause de la communauté qui a été entre elle et ledit défunt son mari, que comme tutrice de damoiselle Marie-Madeleine-Esprit Poquelin de Molière, fille d'icelui défunt et d'elle, âgée de sept ans et demi ou environ, élue par. acte du Châtelet du quatre du présent mois, reçu par Gaudion, greffier, et en la présence de honorabie homaoe
. DÛGUMËNTS. A»
André.Boadet, marohaisd tapissier à Paris, demeurant sons les pi- .iiers de la Toouellerie ,. susdite paroisse, oncle paternel et subrogé tuteur de Jadâte darnûkeUe mineure, élu par ledit acte quanta ses .actions» partage et. confection. du pirésent inventaire, ladite mineui» . habile: ifc: se porter :et nommer héritière dudit défunt, son père, et à la conservation des droits de qui il apparti^odra, par les notaires au •Châtelet de Paris, soussignés, fut et .a été fait inyentaire et description de tous les biens jneubles, ustensiles d'hôtel, or et argent monixoyé, lettees, papiers et enseignements délaissés après le décès dudit défont, arrivé le. dix-sept février dernier, trouvés et étant es lienx que lesdits .sieur et damaiselle occupoient en ladite rue de Riebelieu, montrés et eoiseignés auxdits notaires par ladite damiôiselle Teuve, et par. Renée Vannier, dite laForest, et Catherine Lemoyne, servant de fille de chambre, demeurant avec ladite damojselle comme ils [sic] faisoient avant le décès dudit défunt, après serment par elles fait d'iceux montrer et mettre en évidence sans aucuns cacher ni latiter, sur les peines de droit à elles donnant à entendre par l'un desdits notaires soussignés , l'autre présent, et lesquels biens meubles ont été prisés et estiméS' par Jacques Taconnet, huissier sergent à verge au£!hâteletjuré-priseur, vendeur de biens meubles es ville, prévôté et vicomte de Paris, aux sommes de deniers, et ainsi qu'il ensuit. Lesdites la Forest et Lemoyne ont déclaré ne savoir signer jet les autres comparants ont signé :
Armande Gresinde'Claibe Eslisabet *BferAi(T.
Taconnet. a. Boudet.
De Beaufort. Levasseur.
En lacuisine.
Premièrement : une paire de chenets, deux paires de chevrettes, une autre paire, une crémaillère, pelle et pincette, le tout de fer, prisé soixante sols, ci >• . . . Ix».
Item. Trois poêles ,à frire, un gril, deux réchauds, trois broches, une lèchefrite, un croc à pendre viande, une marmite, une cuillère à pot, le tout de fer, prisé ensemble quatre livres, ci iiii*.
Item. Deux fontaines de cuivre rouge, garnies chacune de leur isouvercle et Tobinet, l'une tenant quatre seaux et .l'autre deux, prisées ensemble quarante-cinq livres, ci xlv*.
Item. Une grande marmite, façon de jarre? sans pied, et une autre petite à pied, garnies de leurs couvercles, toutes deux de cuivre rouge, prisées ensemble sept livres, ci vil*.
Item. Une grande cuvette * tenant deux seaux ou environ , une
1. Cwrcttc, petit, vwiseaa en Ibrme dexu?e, faitde'cuiTre, d^ai^^t, de marbre, etc. , qu'on met dans les lieux où on mange, auprès 4^ttn 'bafifet, pour y jeter les eaux sales et superflues. (Furetière.)
autre plus petite, toutes deux de cuivre rouge, prisées ensemble trente livres, ci xxx*.
Item, Une grande tourtière avec son couvercle, aussi de cuivre rouge, prisée trois livres dix sols , ci. . ; iii*x«.
Item. Trois chaudrons de cuivre jaune de différentes grandeurs, prisés ensemble six livres, ci vi^.
Jtem. Deux platines * Tune grande et Tautre moyenne, prisées ensemble dix livres, ci x^.
Item. Un grand chandelier, six autres petits et un martinet*, le xout de cuivre jaune, avec deux autres petits chandeliers de fer et trois fers à repasser, le tout prisé ensemble six livres, ci. . . vi*.
Item. Deux bassinoires de cuivre rouge, prisées six livres, ci. vi^.
Item. Deux poêlons, un grand et un petit, avec une cuillère et deux écumoires de cuivre jaune; prisé trente sols, ci xxx».
Item. Deux tenailles*, deux pelles et une pincette, le tout de fer, avec un trépied de la tourtière, une petite broche; prisé vingt-cinq sols, ci XXV».
Item. Une table de bois de chêne de sept pieds de long sur son châssis, deux bancelles^ de pareil bois, des tablettes à vaisselle, deux seaux, le tout prisé ensemble huit livres, ci viii*.
Item. La quantité de quatre-vingts livres d'étain sonnant en plasieurs ustensiles ; prisé à raison de onze sols la livre, revenant audit prix à •.
Item. En autres ustensiles d'étain commun la quantité de vingtune livres ; prisé à raison de neuf sols la livre, revenant à. . •.
Item. Une seringue avec son étui, prisée vingt sols, ci. . . . xx«.
Dudit jour de relevée, à la requête et présence que dessus a été inventorié ce qui ensuit :
Item. Une grande marmite de cuivre fouge, tenant un seau et demi, avec son couvercle, prisée huit livres, ci viii*.
Item. Un grand alambic et un moyen, tous deux de cuivre rouge, avec les deux fourneaux de fer, prisés ensemble vingt cinq livres, ci. . • ^ • xxv^.
1. Platine, ustensile de ménage qui sert à étendre, à sécher le menu linge, les rabats; les cravates empesées se sèchent sur la platine qui est faite d'un rond de cuivre jaune fort poli. {Fur^tière.) Dans une mauvaise imitation du Malade imaginaire , publiée à Amsterdam en 1674, Ârgan se nomme Orgon et la servante Cato au lieu de Toinette. Cato dit à Orgon : « J'ai laissé du linge sur la platine, qui se brûlera; souffrez que je Taille ôter.»
2. Martinet f petit chandelier plat qui a un manche et un crochet et qui sert .pour aller à la cave.
3. Tenailles, grandes pinces qui garnissaient autrefois les cheminées.
4. Bancelhy petit banc long et étroit comme celui qu'on met aux tables des petits cabarets. {Furetière.)