RECHERCHES SUR M0L1ÈRE
passage d*Elomire ^hypocondre dans lequel Le Boulanger de Chalusaay fait dire à Molière :
En quarante , ou quelque peu devant , Je sortis du collège , et j'en sortis savant ; Puis venu d^Orlôans , où je pris mes licences , Je me fis avocat au retour des vacances.
Je suivis le barreau pendant cinq ou six mois , Où j*appris à plein fond POrdonnance et les lois. Mais quelque temps après, me voyant sans pratique , Je quittai là Gujas et je lui fis la nique *.
Quelques pages plus loin l'auteur de ce libelle dialogué met dans la bouche d*un autre personnage'une injurieuse contrepartie de ces vers qu'il faut pourtant reproduire :
En quarante , ou fort peu de temps auparavant,
Il sortit du collège âne comme devant ;
Mais son père ayant su que moyennant finance ,
Dans Orléans un âne obtenoit sa licence,
Il y mena le sien , c^est-à-dire ce fîeux
Que vous voyez ici , ce rogue audacieux.
Il Pendoctora donc moyennant sa pécune,
Et croyant qu'au barreau ce fils feroit fortune ,
Il le fît avocat ,' ainsi qu'il vous a dit ,
Et le para d'habits qu'il fît faire à crédit.
Mais de grâce admirez l'étrange ingratitude,
Au lieu de se donner tout à fait à l'étude
Pour plaire à ce bon père et plaider doctement,
Il ne fut au Palais qu'une fois seulement*.
C'était en effet < moyennant finance » que l'on obtenait alors à Orléans ses lettres de licencié. Écoutons encore Charles Perrault, qui n'était pas plus âne que Molière, raconter comment se terminèrent ses études de droit. « Au mois de juillet de l'année 1651, j'allai prendre des licences à Orléans avec M. Varet, depuis grand vicaire de Mgr l'archevêque de Sens, et avec M. Monjot qui vit encore. On n'étoit pas en ce tempslà si difficile qu'aujourd'hui à donner des licences ni les
1. Éhmire hypocondre ou les Médecins vengés ^ 1670, in-12, page 75.