‹ Recherches sur Molière et sur sa familleChapitre 13 sur 165 · RECHERCHES SUR M0L1ÈRE · texte numérisé non relu

RECHERCHES SUR M0L1ÈRE

passage d*Elomire ^hypocondre dans lequel Le Boulanger de Chalusaay fait dire à Molière :

En quarante , ou quelque peu devant , Je sortis du collège , et j'en sortis savant ; Puis venu d^Orlôans , où je pris mes licences , Je me fis avocat au retour des vacances.

Je suivis le barreau pendant cinq ou six mois , Où j*appris à plein fond POrdonnance et les lois. Mais quelque temps après, me voyant sans pratique , Je quittai là Gujas et je lui fis la nique *.

Quelques pages plus loin l'auteur de ce libelle dialogué met dans la bouche d*un autre personnage'une injurieuse contrepartie de ces vers qu'il faut pourtant reproduire :

En quarante , ou fort peu de temps auparavant,

Il sortit du collège âne comme devant ;

Mais son père ayant su que moyennant finance ,

Dans Orléans un âne obtenoit sa licence,

Il y mena le sien , c^est-à-dire ce fîeux

Que vous voyez ici , ce rogue audacieux.

Il Pendoctora donc moyennant sa pécune,

Et croyant qu'au barreau ce fils feroit fortune ,

Il le fît avocat ,' ainsi qu'il vous a dit ,

Et le para d'habits qu'il fît faire à crédit.

Mais de grâce admirez l'étrange ingratitude,

Au lieu de se donner tout à fait à l'étude

Pour plaire à ce bon père et plaider doctement,

Il ne fut au Palais qu'une fois seulement*.

C'était en effet < moyennant finance » que l'on obtenait alors à Orléans ses lettres de licencié. Écoutons encore Charles Perrault, qui n'était pas plus âne que Molière, raconter comment se terminèrent ses études de droit. « Au mois de juillet de l'année 1651, j'allai prendre des licences à Orléans avec M. Varet, depuis grand vicaire de Mgr l'archevêque de Sens, et avec M. Monjot qui vit encore. On n'étoit pas en ce tempslà si difficile qu'aujourd'hui à donner des licences ni les

1. Éhmire hypocondre ou les Médecins vengés ^ 1670, in-12, page 75.

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