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ses et par d'abondaDtes aumônes. Après avoir recommandé son âme à Dieu et demandé que son corps privé de vie soit inhumé « en l'église Saint-Paul, dans l'endroit où sa famille a droit de sépulture >, la testatrice fonde à perpétuité dans la même église ou dans le monastère que choisiront son frère et ses sœurs, deux messes bassies de Requiem par semaine, et stipule en outre le prélèvement sur ses biens d'un revenu en rentes ou en terres, pour être payé chaque jour, à perpétuité, à cinq pauvres « cinq sols en l'honneur des cinq plaies de Notre-Seigneur, qui sera un sol à chacun desdits pauvres, auxquels la distribution de cette aumône sera faite de semaine en semaine » par le curé de la paroisse de Saint-Paul et par ses successeurs. S'il restait quelque doute sur le degré de parenté de Madeleine avec la femme de Molière, et sur l'amitié qu'elle portait à sa plus jeune sœur, amitié que la tradition a transformée en jalousie furieuse, les dispositions qui suivent ces œuvres pies achèveraient de convaincre les plus incrédules. Madeleine ne lègue particulièrement à Louis Béjard que la moitié d'un terrain situé dans le faubourg Saint- Antoine ; elle lui laisse ensuite ainsi qu'aux « damoiselles de la Villaubrun et de Molière, ses sœurs » quatre cents livres de rente viagère à chacun ; mais c'est la femme de Molière et après elle « Madeleine^sprit Poquelin, sa nièce » que la testatrice nomme ses légataires universels. Dans le cas où la fille de Mcdière décéderait sans enfants, Madeleine lègue sa fortune « à Fainé des autres enfants dudit sieur de Molière et de ladite damoiselle Grésinde B^'ard, 3» à la charge « qu^en chacune famille depuis ladite Madeleine-Esprit Poquelin, décédée, les ahiés mâles seront toujours préférés aux femelles ; et en cas que lesdits sieur et damoiselle de Molière^ décédassent sans enfants nés d'eux, lesdits héritages retourneront aux enfants du sieur Louis Béjard et de ladite damoiselle de la Villaubrun, chacun par moitié ; voulant et entendant ladite damoiselle testatrice qu'à chacun changement d'héritier ou légataire, suivant ce qui a été sus expliqué, il soit pris une année du revenu pour être employée en fonds et
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les revenus dudit fonds distribués aux pauvres par ledit héritier. » Pierre Mignard, dit le Romain^ peintre ordinaire du Roi, est chargé de recueillir les deniers comptants qui se trouveront appartenir à Madeleine, lors de son décès, et d'en surveiller le placement en rentes ou enterres; M. de Châteaufort, « conseiller du Aoi, auditeur en sa chambre des Comptes » est nommé exécuteur testamentaire. Par un codicille ajouté trois jours avant sa mort, Madeleine remplace comme exécuteur testamentaire M. de Châteaufort par Charles Gardé, trésorier de la chancellerie de Paris, et laisse à la libre disposition de sa sœur Grésinde l'usufruit de son héritage qu'elle avait d'abord grevé de quelques autres œuvres pies. £ien qu'elle puisse à peine signer ce codicille, Madeleine Béjard se fait relire encore une fois son testament et conserve assez de présence d'esprit pour indiquer quelques corrections de noms propres; mais après cette lecture, elle déclare « ne pouvoir plus écrire ne signer, sa foiblesse et son mal augmentant toujours, qui l'en empêchent entièrement. » Conformément à ses dernières dispositions, le corps de Madeleine Béjard, après avoir été présenté à l'église de Saint-Germain l'Auxerrois, sa paroisse, « par permission de monseigneur l'archevêque > fut « porté en carrosse en l'église de Saint-Paul > et inhumé le 19 février 1672 « sous les charniers de ladite église^ »
Le 12 mars 1672, Molière donne une procuration à sa femme* pour assister en son nom à l'inventaire de Madeleine Béjard, commencé le même jour et clos le 17 mars suivant'. Madeleine demeurait avec ses deux sœurs et leurs maris dans une maison de la rue Saint-Thomas-du-Louvre, où elle occupait, au quatrième étage, un petit logement composé d'une antichambre et d'une chambre à coucher; aussi lès ustensiles et les meubles trouvés chez elle sont-ils peu nombraix. Les habits de thé&tre, renfermés dans six coffres.