‹ Recherches sur Molière et sur sa familleChapitre 56 sur 165 · Document n* LV. — 2. Documentix^'XX · texte numérisé non relu

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seize ans; comme lui tendre et indulgent, jtvec une certaine inquiétude de caractère; comme lui s'étudiant à contenter les goûts innocents de celle qu'il aime, à gagner son cœur par la facilité et la confiance ; comme lui se flattant de se rajeunir à ses yeux par les soins délicats et les bienfaits. On donnait la pièce en 1661. L'année suivante, Armande Béjard devait être la femme de Molière. Elle jouait le rôle de Léonor, et Molière se servait de l'aimable Ariste pour lui faire les promesses lesidus louchantes*. »

L'argenterie de Molière egt en rapport avec le reste du mobilier, et l'on y remarque les deux chandeliers d'étude du poëte. Les deux cent quarante marcs que pèse cette argenterie, et les cent soixante et un louis d*or trouvés en deniers comptans représenteraient de nos jours environ quarante mille francs.

Les bijoux ne consistent; qu'en un collier de perles, deux bagues et un écrin rempli de pierreries fausses pour jouer la comédie ; il est difficile de croire que ce «oient là les seuls joyaux d'Armande.

L'inventaire de l'appartement que Molière occupait à Auteuil aurait, ainsi que celui fait à Paris, beaucoup plus d'intérêt si tous les objets étaient à leur place; m^is là aussi, tous les meubles sont rassemblés dans trois pièces : la cuisine, une salle et une chambre. Cet appartement devait être bien plus grand, puisque Molière le louait quatre cents livres par an. Le mobilier de la maison de campagne, «ans être comparable à celui de Paris, offre encore une certaine recherche, et Ton retrouve dans les tentures les mêmes couleurs affectionnées par Molière. .Mais ce qu'il y a de plus précieux à Auteuil, c'est le complément de la bibliothèque de Molière ; et bien qu'une .partie. de.ses livres soit à Paris et l'autre à la campagne, nous allons les rassembler tous ici sous la forme de cafeJogue sommaire, en ayant soin .d'indiquer leur place dans l'inventaire.

,i:.Bùtoite Me la lUtérature française, par D. Nisard, 1849, in-8% tome III, page 137.

La sainte Bible, et figures d'icelle. Deux vol. in-fol. à Paris.

Plutarque. Trois vol. in-fol., un à Paris et deux à Auteuil*.

Hérodote. Un vol. in-fol., à Auteuil.

Diodore de Sicile. Deux vol. in-fol., à Auteuil.

Dioscorid^. Deux vol. in-fol., à Paris.

Lucien. In-4*, à Paris.

Héliodore? Un vol. in-fol., à Paris.

Térence. Deux vol. in-fol., à Paris.

César. Les Commentaires. Un vol. in-4*, à Auteuil.

Virgile. Trois vol. in-fol. , à Paris.

Horace. Un vol. in-4«, à Auteuil.

Sènhqxis. Deux vol. in-fol., à Paris.

Tite Live. Deux vol. in-fol., à Paris.

Ovide. Les Métamorphoses. Un vol. in-fol., à Auteuil.

Juvénal. Un vol. in-fol., à Paris.

Valère le Grand. Un vol. in-fol., à Auteuil.

Cassiodore? Un vol. in-fol., à Paris.

Montaigm, Les Essais. Un vol. in-fol., à Auteuil.

Balzac. Les œuvres. Deux vol. in-fol., à Auteuil.

La Mothe le Vayer. Deux vol. in-fol., à Paris.

Georges de Scudéry. Alaric ou Rome vaincue. Un vol. in-fol., à Paris.

Pierre Corneille. Deux vol. in-fol., à Paris.

Rohault. Traité dephysique. Un vol. in-4«, à Auteuil.

Comédies françoises^ italie7ines et espagnoles. Deux cent quarante vol., à Paris.

Poésies. Quelques volumes à Paris.

Dictionnaire et traités de philosophie; environ vingt vol., à Paris.

Histoires d'Espagne^ de France et d'Angleterre. Quelques vol. à Paris.

Valdor. Les triomphes de Louis XIII. Un vol. in-fol., à Paris.

1 . Il faut mettre en première ligne ces deux ouvrages , qu'on se rappelle avoir vu dans l'inventaire de Marie Cressé, et que Molière eut sous les yeux avant l'âge de dix ans.

Voyage du Levant. Un vol. in-4», à Auteuil.

Voyages. Environ huit vol. in-4% à Paris.

Calepin. Dictionnaire des langues latine, italienne, etc. Deux vol. in-fol., à Paris.

Claude Paradin? Alliances généalogiques? Un vol. in-fol., à Paris.

Antiquités Romaines. Un vol. in-fol., à Paris.

Un livre italien. In-fol., à Paris.

Trois cents volumes environ à Paris et une quarantaine à Auteuil, tel est le résultat de cet inventaire ; mais on doit croire que, pour l'abréger, beaucoup de livres considérés comme sans valeur par la veuve de Molière et par Thuissier-priseur, ont été passés sous silence. Malgré son laconisme, cette liste confirme et précise l'idée qu'on se faisait de la bibliothèque de Molière, et il faut rendre à M. Aimé-Martin la justice d'avoir deviné autant que possible les livres qui la composaient. Ce qu'il en a dit dans sa préface des Œuvres de Molière^ mérite d'être rappelé ici et sera le meilleur commentaire et le meilleur complément de notre catalogue. « Pour entendre Molière, je me plais à le répéter, il faut connaître sa vie , ses habitudes, ses sociétés et son siècle; il faut même pénétrer dans son cabinet, examiner ses livres, se mettre, s'il se peut, dans la confidence de ses lectures; voir si à côté des pièces de Plante, de Térence, et du théâtre italien et espagnol, on ne trouvera pas les canevas embellis par Scaramouche et Mezzetin, ainsi quelles comédies de Bruno Nolano, de l'Aveugle d'Adrie, etc. ; jeter un regard curieux sur une tablette qui doit être chargée de quelques centaines de volumes tout pétillants d'une gaieté un peu grivoise, et auxquels les amateurs donnent le nom de facéties; se saisir en passant des Quinze joies du mariage y livre qui rappelle quelquefois le naturel et le génie comique de Molière ; des Serées de Bouchet,etdes Balivemeries d'Eutrapel, joyeux recueils de ces

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