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Dissertation sur Molière , par Beffara, page

102 RECHERCHES SUR MOUÈRE.

brogé tuteur. Ce [dernier appui venait de lui manquer et c'était un beau-père qui désormais allait être chargé des in* téréts de la fille de Molière. « Elle se trouvait au couvant,. dit M. TaschereauS lors du second mariage de sa mère; » elle avait alors près de douze ans. La tradition syoute qu'elle était grande, bien faite, peu jolie, mais qu'elle réparait ce défaut par beaucoup d'esprit, et que « lasse d'attendre un parti du choix de sa mère, elle se laissa enleverpar le sieur Claude Rachel , écuyer, sieur de Montalant , » puis que des amis communs accommodèrent l'affaire •. M, Taschereau a placé la date du mariage de Madeleine Poquelin vers i6S5 ou 1686'. Les contestations survenues entre la fille de Molière, sa mère Armande Béjard et son beau-père Guérin ; les transactions qui précédèrent et suivirent la mort dé la veuve de Molière, servent à rectifier la plus grande partie des faits qui précèdent. Le 9 mars 1691, Guérin et sa femme « auparavant veuve du sieur de Molière » avaient rendu devant Jacques Baudelot, < commissaire enquêteur et examinateur au Châtelet, » leurs comptes de tutelle et de communauté concernant les successions de Molière et de Madeleine Béjard, à Esprit^Madeleine Poquelin, fille majeure, usante et jouissante de ses biens et droits, « fille unique et seule héritière du défunt sieur Jean-Baptiste Poquelin de Molière, son père, et légataire substituée de damoiselle Madeleine Béjard, sa tante*. » Peut-être la fille de Molière était-elle restée jusqu'à sa majorité chez sa mère, et voulait-elle désormais vivre indépendante avec ce qui pouvait lui revenir de son. père et de sa tante ; ce qui est certain, c'est que Madeleine Poquelin ne se trouva pas satisfaite de la manière dont sa^ fortune avait été gérée et que, trois mois après ce compte de tutelle, elle demeurait « comme pensionnaire, au couvent des dames religieuses de la Conception, rue Saint-Honoré».» Elle se

t. Histoire de Molière, 3* édit. , page 194.

2. Histoire du Théâtre François , par les frères Parfaict, tome XI , p. 320

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