ENT EE
En mai, les trois raies typiques du stade nébulaire 5007, 4959, 4363 ont fortement augmenté, et 4640 subit diverses transformations résultant des variations individuelles d'intensité pour les raies qui la constituent. Tantôt elle apparaît avec des bords nets, comme le 12 mai et, à d’autres moments, large et diffuse, comme les 2 et 27 mai.
Stratton remarque, pendant le stade nébulaire, l'apparition d’une large bande à 4520 et d’une beaucoup plus faible à 4200. Je pense qu'il s’agit des bandes de N III: 4518, 4523 et 4196, 4200 notées aussi par Mac Laughlin
dans le spectre nébulaire de Nova Herculis 1934, en octobre 1935.
7. Dernières observations spectrales. — La nova ne pouvant être observée pendant les mois d’été, en raison de la position du Soleil, les observations ne reprirent qu’à l'automne 1912. La phase nébulaire n’était pas terminée, mais le spectre possédait des raies caractérisant les étoiles de Wolf-Rayet.
Voici, d’après les estimations de Wright, le tableau des émissions classées par ordre d'intensité décroissante en 1912 et 1913. On y constate aisément, d’une part, la progression en intensité des raies nébulaires par rapport à celles de l'hydrogène, et, d'autre part, l’accroissement relatif des raies de Wolf-Rayet par rapport aux raies nébulaires elles-mêmes. On a compris dans H; les émissions en partie Juxtaposées avec elle : 4097 et 4103.
Date. Intensités.
1912. Mai 27... 4640, Ha= Hy= Il;, 4363, 4472, 5007 = 4267*, 4416**, 4959 Août 9... 4363, 4640, Hg= H,, Hÿ= 5007, 4959, 4472*** Déc. 20... 4363, Ha, 4640, 5007, Hg, HL,, 4959, 4686, 4605****, 4472, 4267
1913. Avril 8... 4363, 5007, 4640, Hs, 4959, Hs = 4686, 4605 = I, Sept. 4... 4363, 5007, 4959 — 4686 — 4640, 4603
Nov. 6... 4363, 5007, 4605, 4640 = 4959, Hg = H,= H5
CONSO ETTe LE N EVE
Jai dit, à propos de Nova Persei, quelques mots des recherches d’Adams et Pease sur les spectres des novæ plusieurs années après leur maximum. Ces recherches concernent aussi Nova Geminorum. Un spectre, obtenu le 22 février 1914, prouve que He IT 4686 est, à ce moment, devenue la rale la plus intense. Viennent ensuite 5007, 4605 — 4363, 4959, les raies de l'hydrogène Hs: = H, = H; et enfin 4520 et 4200. De plus, le fond continu est intense, alors qu’en octobre 1913, c’est-à-dire quatre mois auparavant, 1l ne figurait qu’à l’état de très faibles traces.
Comme dans le cas de Nova Perser 1901, le spectre s’acheminait donc vers le type Wolf-Rayet. Le fait a encore été confirmé par des spectres pris, au Mont-Wilson, au printemps de 1915.
SO
@. Structure des émissions. — Comme il est dit plus haut, les bandes d'émission, dans le spectre de Nova Geminorum, comprennent une partie centrale superposée à une bande plus faible et plus étendue. Les largeurs mesurées sont généralement celles des parties centrales. Elles sont proportionnelles à la longueur d'onde, comme l'exige le principe de Doppler- Fizeau, excepté le 18 mars 1912, c’est-à-dire quelques Jours après leur apparition. Wright observe, en effet, à ces dates, des largeurs de 2r;, 25, 32 et 51 À, pour H;, H,, H3 et H, respectivement. Toutes causes d’erreur considérées, il lui apparaît nettement que ces largeurs ne sont pas proportionnelles à À mais à A2et sont représentées d’une manière satisfaisante par la formule suivante : | '
Lis tros mais les clichés pris deux jours plus tard lui permettent d'affirmer que la loi linéaire s’applique alors à nouveau.
La partie centrale contient deux maxima, l’un sur le bord rouge, l’autre sur le bord violet, à peu près équidistants du centre de la raie qui est très peu déplacée par rapport à la position normale.
Stratton a donné pour Hs, H, et H;, en mars et avril 1912, les largeurs, les déplacements du centre, les positions des maxima par rapport à ce centre et la distance des dits maxima entre eux. Ce sont, en angstroms :
Posilion du maximum Déplacement RE. Distance Raie. Largeur. du centre. rouge. violeL. des maxima. À À À À À LOSC 2200 + 1,8 +6,1 —5,8 1#29 ER 22,8 +2,3 +6,41 —7,2 Sal Hp eee DOS +2 ,6 +7,0 —8 ,2 TO
Cette structure, fortement marquée pour les raies de l'hydrogène, se remarque aussi pour un certain nombre de raies métalliques. Elle s’est maintenue d’une façon permanente et se retrouve dans les émissions du type B et dans les bandes nébulaires. On peut le voir, au cours de l’évolution spectrale, par les déplacements moyens des maxima exprimés en kilomètres par seconde. Les observations suivantes de Wright donnent en outre le déplacement du centre.
Printemps 1912. Hiver 1912-1913. Fin de 1913.
. km/s km/s km/s Maximum rouge... +720 +-660 +600 Maximum violet... —450 — (29 — 405 Centre verre + 99 HI +120
Elles indiquent une diminution du déplacement des maxima avec le temps. La largeur moyenne des bandes diminue également.
FN de
D’après le même auteur, un troisième maximum s’est dessiné, à certains moments, entre les deux maxima principaux, vers le milieu de la raie, et pour 4363, où la dispersion est suflisamment élevée, 1l est apparu dédoublé.
Les maxima ne se sont pas montrés d’égale intensité pour toutes les émissions et subissaient des variations au cours du temps, pour une même bande. C’est ainsi que He I 4472 et He IT 4686 ont été vues parfois parfaitement uniformes; mais quand elles possédaient leurs maxima, elles ne se distinguaient pas des autres bandes.
9. Spectrophotométrie du spectre continu. — Les intensités des divers détails du spectre, dont nous venons de parler, ont été le plus souvent estimées sans être soumises à des mesures photométriques précises. Bill (4) s’est pourtant livré à ce travail, sur le spectre continu de cette nova, par comparaison avec celui de l'étoile BD + 320 1433, du type A. Ses clichés ont été pris jusqu’à la fin d'avril 1912 et au début de 1913. Les résultats qu’il a obtenus peuvent être résumés de la manière suivante :
Sur les clichés de 1912, le fond continu présente, par rapport à celui de l'étoile À, deux maxima, l’un dans le Jaune rouge et l’autre dans l’ultraviolet, avec un minimum prononcé, entre les deux, dans le bleu. L’intensité de ce fond continu est le principal des facteurs qui interviennent dans les variations d'éclat de la nova. Les fluctuations sont d’ailleurs plus importantes dans la région photographique que dans la région visuelle, et la courbe des intensités relatives du fond continu se déforme, ses diverses parties ne se comportant pas de la même manière. Au moment d’un maximum d'éclat, le sommet de cette courbe, situé entre 5500 et 4700 À, se trouve déplacé vers le violet, ce qui semble indiquer une augmentation de la température effective, mais c’est l'inverse qui a lieu pour la région de plus courte longueur d’onde, entre 4700 et 3400 À. Quant aux émissions, elles sont passées par un maximum d'intensité, pour faiblr ensuite avec l’étoile. Elles suivent ses fluctuations avec un certain retard.
Les clichés de 1913 montrent que le fond continu, qui possède toujours ses deux maxima, a considérablement fabli, surtout dans la partie visuelle. Les résultats concernant les émissions sont en accord avec les estimations de Wright : celles de l'hydrogène ont baissé à peu près au même taux que le fond continu, tandis que les bandes nébulaires baissent moins vite et, par suite, se renforcent vis-à-vis des premières.
(2) Publ. Potsdam, 23, n° 70, 1914; À. N., 211, 1920, p. 1; 212, 1921, p. 457.
Or
10: Vitesses des absorptions. — Nova Geminorum 1912 est la première nova où l’on ait mis nettement en évidence et bien suivi plusieurs systèmes
d'absorption. | Pour cette nova, nous adopterons, comme l’a fait Wright, la notation
de Stration. Il distingue trois de ces systèmes, qu'il désigne par absorptions I, Il et III respectivement, dans l’ordre des vitesses croissantes.
15 Mars 20 25 4'Avr, 5 10 15 20 25 50
Fig. 11. — Nova Geminorum 1912. Vitesses des absoOrptions.
Observateurs : @ F.J. M. Stratton; © W. H. Wright; à W. S. Adams fet A. Kohlschutter.
Les tableaux qui suivent fournissent les vitesses observées par ces deux auteurs et au Mont-Wilson par W. S. Adams et A. Kohlschutter (1). Ils ont servi à construire la figure 11 sur laquelle j’ai tracé des courbes passant au mieux par les points d'observation. Les dates des clichés de
Et
Stratton sont extraites du tableau II de son Mémoire. Toutes les dates
sont en T.M.G.
11. Absorption I. — Présente sur les premuers clichés le 13 mars, elle a été bien suivie pendant une semaine environ, Jusqu'au 19 mars, et même un peu au delà. Dès le 17 mars, elle est devenue très faible et ne se signale plus que par un petit nombre de raies. Stratton a suggéré une réapparition le 29 mars, avec sept raies seulement, qui ont aussi des composantes dans les absorptions IT et II.
La vitesse décroît de — 570 km/s le 15 mars à — 150 km/s le 10, au taux de 105 km/s par jour environ. On remarque que dans ce système les raies H et K donnent une vitesse largement supérieure à celles de
l'hydrogène.