‹ Recherches sur Nova Herculis 1934 et contribution à l'étude comparative des principales novæChapitre 77 sur 127 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

LES SUPERNOVÆ.

1. Généralités. -— On sait qu’on peut Joindre aux novæ de notre galaxie, des astres qui apparaissent dans les nébuleuses extérieures dites extragalactiques. Elles présentent en effet les mêmes caractères, que ce soit la fréquence moyenne de leurs apparitions évaluée à 30 par an et par nébuleuse, la courbe de lumière, l’aspect et les variations du spectre ou la magnitude absolue au moment du maximum. Il s’agit là, sans nul doute, d’une même catégorie d’étoiles. Le fait a été mis parfaitement en évidence par l’étude des novæ de la grande nébuleuse d’Andromède, dont le nombre dépasse une centaine. Les travaux de Hubble et Baade permettent de leur assigner une magnitude absolue moyenne au maximum de — 7,0, valeur identique à celle des novæ de notre galaxie.

A certains moments, s’allument pourtant, dans ces mêmes nébuleuses, des étoiles temporaires dont l'éclat intrinsèque est beaucoup plus grand, avec une magnitude absolue pouvant atteindre et dépasser — 15 : ee sont les supernovæ. ,

Remarquons tout de suite que les supernovæ ne sont pas particulières aux nébuleuses extragalactiques. Nous en connaissons très probablement au moins deux qui ont brillé dans le système stellaire où nous vivons. La première est apparue en 1054 près de © Tauri. Les astronomes chinois et Japonais de l’époque lui ont trouvé un éclat égal à celui de Jupiter (— 2,2 à l'opposition). Il y a de bonnes raisons de croire qu'il nous reste de cette étoile la nébuleuse engendrée par l'explosion; c’est la € Crab

Nebula », voisine aussi de © Tauri. D'ailleurs les mesures du spectre par N. U. Mayall (1) et des détails de la photographie directe par Duncan (?) ont donné à la fois la distance et une valeur tout au moins approchée pour la durée de l'expansion. On a trouvé 1500 parsees et pour l'explosion

une date voisine de 1054 [1105 Æ 93: Lundmark (#)]. La valeur de — 13,2 EE M

(OSRSASS, PT 40 08p 00 (®) Comm. M. Wilson, n° 76, 1921.

() Bergstrand Festsk., 1938, p. 87.

obtenue pour la magnitude absolue de l’étoile la classe effectivement parmi les supernovæ.

La seconde étoile temporaire galactique à faire aussi entrer dans cette classe est l'étoile dite Nova B Cassiopaiæ, dont lapparition a été rapportée par Tycho-Brahé en 1552 et qui était à son maximum d’éelat plus brillante que Vénus (magnitude à la plus grande élongation — 4). Les recherches de Humason (1) dans l'emplacement indiqué par Tycho- Brahé conduisent à admettre pour cette étoile une amplitude de variation de plus de 20 magnitudes absolument insolite pour une nova ordinaire. Cette considération, jointe à celle de l’éclat exceptionnel de l’astre, laisse peu de doute sur sa nature de supernova.

La première supernova extragalactique étudiée scientifiquement est apparue en 1885 près du centre de la nébuleuse d’Andromède. Cette étoile, désignée par S Andromedæ dans la notation des variables, atteignit à son maximum une magnitude apparente de 7,2 malgré l’énorme distance qui la sépare de nous. Dix ans plus tard, Mrs Fleming, en 1895, découvrait Z Centauri dans la nébuleuse irrégulière NGC 5253. En 1917 cinq autres étaient découvertes dans les nébuleuses NGC 6946, 4321 et 2841, dont trois par H. D. Curtis. L'arrivée d’une autre supernova dans la spirale barrée NGC 4303, en 1926, fit décider l’organisation d’une prospection méthodique des nébuleuses à l'Observatoire du Mont Wilson. Elle enrichit encore la collection des supernovæ connues, de sorte que W. Baade et F. Zwicky (?) avaient à leur disposition, en 1934, suffisamment de documents pour établir définitivement que les supernovæ définissaient bien une catégorie spéciale de novæ, à grande luminosité, nettement distinctes, à ce sujet, des novæ ordinaires. C’est à la suite de ces premiers résultats que des recherches beaucoup plus étendues furent entreprises au nouvel Observatoire du Mont Palomar, avec une chambre de Schmidt permettant, tout en couvrant 700 carrés, d'atteindre la grandeur 17,5 en 30 minutes de pose. Dans le courant de 1937, dès la mise en service de cet appareil, Zwicky découvrait trois supernovæ dans les nébuleuses NGC 4157, 1003 et IC 4182. Depuis ce moment, les découvertes se sont succédé, augmentées aussi par celles qu’on a pu faire au moyen de l'examen rétrospectif des anciens clichés.

Le chapitre que je consacre aux supernovæ doit être court, et 1l n’est pas question de passer ici en revue toutes celles qui sont actuellement connues. J’ai fait ailleurs une mise au point de la question aussi complète

(Hs Ap. J., 88, 1938, p. 228.

(OP EN224282220; 1934, pr 204:

que possible (1). Je réunirai done seulement en un catalogue toutes les supernovæ dont j'ai pu avoir connaissance jusqu’en 1941, soit un peu plus d’une trentaine, avec les résultats principaux de leur étude et quelques références bibliographiques. Le tableau XLIV donne dans la première colonne un numéro d’ordre, dans la seconde le numéro de la nébuleuse dans le Catalogue de Dreyer (NGC ou IC) avec le type de la nébuleuse et dans la troisième la magnitude globale de cette nébuleuse et son module de distance (m—M) quand il est connu. Les autres colonnes donnent successivement l’auteur de la découverte, la date du maximum, les observateurs de magnitudes et les auteurs qui ont publié une courbe de lumière, la magnitude apparente au maximum quand elle a pu être observée (Max. obs.) ou lorsqu'on l’a déterminée par une méthode d’extrapolation. dont je dirai quelques mots plus loin (Max. extr.); enfin la magnitude absolue de la supernova au moment de son maximum M,,, et la différence entre les magnitudes de la supernova et de la nébuleuse : mysx — Mur Toutes les magnitudes de ce tableau sont photographiques, à l'exception du maximum de S Andromedæ, observé visuellement. Des remarques et références bibliographiques complètent le catalogue.

À partir de 1940, les renseignements dont je disposais ont été des plus réduits, ce qui explique que ce tableau soit incomplet dans ses dernières lignes, et que les sept dernières étoiles ne puissent être considérées comme des supernovæ avec toute la certitude désirable.

(1) B.S. À. F., 55 année, 1941, p. 73 et 103.

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