OSCILLATIONS
Per. 1901, 1'° quinzaine de mars 1901 » avril-mai et 1" quinz. de juin 1901.
A ql. 1918
Les oscillations de Nova Persei avaient donc une amplitude deux fois plus forte que celles de Nova Aquilæ et une période trois fois plus courte.
12. Courbes de Nova Pictoris et de Nova Herculis. — Elles ont été décrites en détails dans l’étude de ces deux novæ. Elles sont remarquables
par leurs maxima secondaires importants, les amenant à une magnitude voisine de celle du maximum principal et la chute très lente de l’éclat accompagnée de fortes fluctuations sans caractère apparent de périodicité. Ces différents traits les distinguent nettement des novæ rapides, qui ne présentent pas de fluctuations au voisinage de leur maximum et qui ensuite sont plus régulières dans leurs oscillations.
Pour Nova Herculis, la chute brusque vers le minimum profond s’est produit à 3,4 magnitudes du maximum. La première partie de la courbe prolongée se raccorde à la dernière partie en un point qui se trouve à 5,3 magnitudes du maximum. Je suis donc parfaitement d’accord avec Mec Laughlin pour conclure que l’affaissement de la courbe de Nova Herculis correspond bien, par les distances en magnitudes au maximum du début et de la fin, à la phase oscillatoire des novæ rapides telle qu’elle est délimitée dans le tableau LVII.
13. Indices de couleur. — La comparaison des variations rapides de ’éclat d’une nova et de celles de l’indice de couleur n’a pas fourni de résultats très nets, bien que divers observateurs aient cru voir un rougissement au moment des minima (cas de Nova Aquilæ 1918).
Relativement à l’évolution générale de l'indice, on peut s’en tenir à la règle suivante, qui aura besoin sans nul doute de confirmation : dans les premièrés semaines du déclin, l'indice paraît diminuer et peut même devenir négatif; 1l augmente ensuite plus lentement et d’une manière continuelle.
Les indices de Shapley pour N. Aquilæ 1918 ont en effet présenté, comme nous l’avons dit, une valeur négative de —0oM,3 environ pendant les cinq premiers mois pour devenir ensuite positifs et croître sans arrêt. Pour les indices que j’ai indiqués dans le cas de Nova Cygnt 1920 et de Nova Lacertæ 1936, figures 18 et 24, toutes deux rapides comme Nova Aquilæ, la variation paraît analogue. Pendant le premier mois il y a une chute de oM,5 qui amène l’indice à la valeur — o,r environ. Il augmente ensuite graduellement et atteint, au bout de quelques mois, + 0M,6 pour la première nova et + oM,9 environ, pour la seconde. À noter, en outre, que pour Nova Cygni (fig. 18), l'indice paraît avoir eu deux minima à 25 jours d'intervalle au lieu d’un seul minimum comme dans le cas de Nova Lacertæ.
D’après C. Payne-Gaposchkin (!), Nova Herculis a montré un phénomène curieux de déplacement vers le rouge au moment du grand minimum
(1) Act. Scient. et Ind., n° 895, 1941, p. 69.
d'avril : l'indice passe de —oM,2 environ à + 1%,5 pendant la chute brutale jusqu’à la 13° grandeur pour décroître ensuite jusqu’à une valeur voisine de + oM,2 quand l'éclat a remonté jusqu’à la 7€ grandeur. Il y a done là un rougissement important en relation avec le minimum considéré.
Au chapitre précédent ($ 5). j'ai dit quelques mots de l’indice de couleur des supernovæ. Contrairement aux novæ, il paraît y avoir une augmentation de cet indice immédiatement après le maximum puis une diminution
graduelle. Tel est le cas de la supernova dans IC 4182.
14. Évolution spectrale. Généralités. — Les novæ, qu’elles soient rapides ou lentes, ont des évolutions spectrales qui se ressemblent dans leurs grandes lignes : le spectre typique, genre P Cygni fait place à un spectre nébulaire qui disparaît lui-même pour donner un spectre de Wolf-Rayet. Cette similitude n’est cependant pas comparable à ce que Minkowski et d’autres ont trouvé pour les supernovæ; le détail des observations fait apparaître de notables différences.
15. Spectre avant le maximum et au moment du maximum. — Nous avons déjà dit qu’on ne savait à peu près rien sur la classe spectrale des prenovæ : seule l’observation de Nova Aguilæ 1918 a décelé un spectre du type A, quelques dizaines d’années avant l’explosion. Il y a encore moins d’espoir d'obtenir à ce sujet des renseignements précis sur les supernovæ. Leur distance est, en effet, encore beaucoup plus grande et leur spectre avant l'explosion est hors d’atteinte avec les spectrographes actuels.
On possède deux exemples très nets où le spectre est passé du type B au type À durant la montée vers le maximum. Le phénomène, qui paraît se produire en quelques heures seulement, a eu lieu pour Nova Aquilæ 1918 et Nova Herculis 1934, pour la première, à moins d’une demi-magnitude du maximum et pour l’autre à 1M,7 environ. On a vu aussi que des observateurs avalent proposé pour Nova Lacertæ 1036, les types B3 ou By, la veille du maximum.
J'ai réuni dans le tableau LIX les caractères principaux du spectre pendant la phase considérée.
Pour les novæ rapides de ce tableau, l'émission avant le maximum était, peut-on dire, inexistante : elle ne se développe qu’au moment du maximum ou plutôt immédiatement après. Elle prend alors très vite une grande importance. Pour les deux novæ lentes, au contraire, elle était présente avant le maximum, mais relativement étroite. Dans le spectre de Nova Herculis sa largeur diminuait encore pendant la montée finale de l'éclat. Au moment du maximum elle avait entièrement disparu. Elle
reparut peu après, très intense. Le cas de Nova Püictoris est différent l'émission est restée bien développée pendant toute la durée du maximum. En ce qui concerne les bandes brillantes, 1l y a une différence profonde entre les novæ rapides et les supernovæ. Ces dernières, dans tous les cas où l’observation a pu s’effectuer, ont montré, avant leur maximum, des émissions déjà intenses et extrêmement larges.