DEUXIEME PARTIE
Dan^ le mémoire que j'ai eu dernièrement rhonneur de soumettre à l'Académie, j'ai cherché d'abord à établir par des mesures exactes les caractères géométriques généraux que présente le zodiaque circulaire de Denderah. De là nous avons déjà pu conclure avec beaucoup de vraisemblance que ce monument offre une projection de la sphère céleste, opérée par développement autour d'un point du ciel choisi pourpole. En discutant, d'après cette indication , les détails qu'on y observe , la position relative des figures nous a conduits à soupçonner que certains aster ismes , compris dans l'intérieur ou sur le contour de l'anneau zodiacal, mar-: quaient les positionsabsolues et précises de certaines étoiles, situées dans les parties correspondantes
$6 SUR LE XODI&QUC aHCULAIRE
du ciel. Le calcul. a confirmé ce soupçon en montrant tjwe les distances et tes positions respectives dé ces divers points entre eux , sur la sphère céleste , étant déduite^ du montimeiit en vertu du mode de projection qui lui est propre , s'accordaient avec les distances et tes positions réelles déduites dé!» toérdqnnèes àsAh-ohottiiquis, d\itie manière singulièrement exacte , même beaucoup plus exacte qu'on n'aurait sans ()oute c^é l'espérer d'observations ancienties, tranportées graphiquement sur un tableau sculpté. L'évaluation rigour reuse de la probabilité d'une pareille coïncidence, en la supposant due au hasard , s'est trouvée si excessivement fâibte, que ♦e ^é^ufltkt contraire , c'est-à-dire, la justesse de l'hypothèse géométrique qui l'avait donnée , a acquis uti dsffré de Waisëmblatice preswpie équivalent k la certitude. Moi*s 46S triantes sph^^ques formés au pôle incoûciu dfu rbonùnyent^ «et les triangles sphériques formés par tes mêmes iëtoftes au p&te de 4'iéieliptique d'une époque fixe , se sdnt trouvés avoir une base cofla-* mune qui était la distance céi^este des étoites entre diés. Ges detix ^ystémfes de triangles tétant aifasi liés Vtm à 4'at»tre et étant d'aëleurs^odmplèfcemènt déterminés par les seules longueurs de tenrs *co^ tés , nous avons pu en déduire la |>o6ttioh céteste dwiipole incminu, reiativettient à l'écliptique «t k l'éqninoxe fixes, que nous avions prises pour 'origine des tx>ordoiinées astroiiicmiiques. No«s avons ainsi cotmti la longitude de ce.pèle et sa latitude ,
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iesqMlles, conclues de deux coiiibiiiaifions d'observations entièremetit indépendante» ont Conduit k de^ positions presque coïncidente» sur ta sphère céleste ; ce qui tenait sans doute à l'avantage que nou^ avions eu de pouvoir employer comme élémens de tios calculs les seules dbtances polaires , et de n'y Caire entrer pour rîeh les différences d^âscensions droites dans lesquelles la nécessité de la meèurè du temps jette toujours beaucoup dHncertitude. En prenant la moyenne de ces résultats, entre tesqiieis nous n'aurion» pu choisir, uorn avons reconnu que le point du ciel ainsi déterminé , ^ iudiqné comttie pMe dé pro^tion par (e inonilMent métoe , était 'i pèin^ A deu^ <legrés de distance de la position qu'avait réellement le pÂle de l'équateur tètirèstre 7 16 ans avant Tère chrétienne. £t coniine d'billefurs il n'y avait autonh* de cè p6iht aucune étoile remarquable , que , méMe le» pin» voisines , parmi celtes qui peuvent être â^r^»es à la vue simple , en étaient beau- Coup plu» éloignéeis que no» deux évaluations isolées nfel'étaient entre elles , nous avons du conclure qne le 'd^»ein primitif des auteurs du moiïumeM avaient été effédivemnt dfe prendre pour pôle de pfrôfecftiôn, le p61fe même de l'équateur de cette époqœ. L'excessive probabilité de cette induction ne nous a plus laissé qu'une dernière épreuve à faire , c'est de construire pour l'époque qu'elle nous indique , une prcgection développée de la sphère céleste , de la construire siir Ja même
échelle de grandeur qu'une copie très-fidèle du monument, et enfin de l'appliquer sur cette copie. Car, si le monument est aussi exactement exécuté dans toutes ses parties qu'il l'est dans celles qui ont servi d'élémens pour la détermination de son pôle , il est clair que l'on doit nécessairement trouver ainsi entre lui et le ciel calculé , une correspondance générale ; laquelle aura le double avantage , de donner une démonstration irrésistible d'identité par la coïncidence des figuççs connues avec les étoiles qui leur appartiennent , et de fournir une interprétation certaine des emblèmes astronomiques inconnus que le monument renferme, en nous montrant les étoiles que l'on a voulu y placer.
J'ai effectué cette comparaison et j'en mets ici le résultat sous le yeux de l'Académie. Mais, ne croyant pas pouvoir répondre de 1 6 ans sur une époque pour laquelle les données primitives nous ont laissé une incertitude dix fois plus grande , j'ai adopté, pour le calcul, l'époque séculaire de 700 ans avant l'ère chrétienne, au lieu de 716, et j'y ai rapporté les positions de l'équateur et de l'écliptique que j'ai comparées au monument.
A cet effet j'emploie la méthode que j'ai exposée dans mon astronomie pour le calcul des observations anciennes(i). Je prends, dans le catalogue de Lacaille , les longitudes et les latitudes des as-
(i) On trouvera cette méthode exposée à la fin de Touvrage dans la note 4.
DE DENDERAH. DQ
très relativement à l'écliptique et à l'équiiioxe vrai (le 1750 que je considère comme fixes dans le ciel. Je calcule ensuite , d'après les formules de la mécanique céleste, le déplacement du point équinoxial sur cette écliptique entre les années 1760 et — 7 1 6 , ainsi que l'angle formé avec le même plan , à cette ancienne époque, par Féquateur de la terre. La théorie de l'attraction montre que les variations séculaires de cet angle sont excessivement petites, même pour les observations les plus anciennes; cependant il est nécessaire d'y avoir égard. L'arc de précession étant ajouté aux longitudes de Lacaille, donne les longitudes pour — 7 r 6, comptées à partir de l'intersection de l'équateur mobile , sur l'écliptique fixe de 1750. Avec ces longitudes et les latitudes demeurées constantes , on peut calculer l'ascension droite et la déclinaison des astres relativement l'équateur de — 716 dont l'inclinaison sur l'écliptique fixe a été déterminée. Les déclinaisons seront celles de cette ancienne époque sans aucune correction ; mais il n'en sera pas de même des ascensions droites , parce qu'elles se trouveront comptées à partir de l'intersection de l'équateur mobile , sur l'écliptique fixe , au lieu que, dans l'observation réelle, el^es se comptent à partir de l'intersection de cet équateur sur l'écliptique vraie, c'est-à-dire, sur le plan variable de l'orbite de la terre, que l'action dès planètes déplace continuellement dans le ciel. Pour, les ramener à cette origine , on ajoutera aux ascensions
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droites obtenues par ie premier calcul , la petite ()%iantité qui mesure la distance du point équiiloxial vrai au point ëquinoxial pris sur l'écliptique fixe, quantité fecile À calculer et dont la tâleur tst ici 33^ i4''» Avec l'addition de cette constatite les déclinaisons et les «scénsnons dn^es seront rigoureusement celles qui avaient lieu eu— 71^6, du moins sauf les effets inconnus des mouvenàens propres, et en feisant abstraction des petites er- ^reurs que les formulés des variations séculaires peuvent donner, étant tranpo^ées à de si grandes distances de nouS/ f jes ascensioùs droites et les .déclinaisons étant ainsi connnes , on peut aisément construire la projection complète <^ la sphère céleste , d'après le mode (employé dans notre monument. On peut y tracer Téquateur, et les parallèles qui seoront des cercles concentriques, d'un rayon égal au développement de leurs distances polaires. Enfin, on y peut aussi figurer l'édiptique. Il ne faut pour <;ela que oonveitir en déclinaisons et en ascensions drôles les longi-* tndes et ies latitudes des divers points de ce oerde comptés à partir de l'équkioxé vrai , comme on' le ferait pour un astre quelconque* Scalement la latitude devient alors constante «et égale à 90°; mais , comme la représentation que l'on veut obtenir est celle de l'écliptique vraie , fl faut, jKJur ctfoctuer cette dernière transformation , déterminer l'obliquité de cette écliptique variable sur Téquateur pour l'époque que l'on considère, ce
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qui se fait encore par les formules de variations ^ séculaires données dans la mécanique céleste. Alors la^CQurbe que le calcul assigne , et qui doit coroprentlre les signes du zodiaque, offre cette propriété géométrique que nous avons dit plus haut appartenir à tous les développemens de grands cercles ; deux quelconques de ses rayons diamétralement opposés forment toujours une somme constante, quoique tous ces rayons soient • individuellement inégaux. Les cerdes principaux de la carte céleste étant ainsi tracés d'après leurs ' élémeni» numériques , on y place les principales étoiles de la même manière , conformément à leurs positions calculées; après quoi, pour les étoiles secondaire» qui les avoisinent , on peut se borner à les prendre par différence de déclinaison et d'ascension droite sur un glpbe à pôles mobiles bien exécuté.
Dans le tableau du ciel ainsi construit , ie solstice d'été, MIT l'édiptique vraie , se trouve répon* dre k une longitude intermédiaire entre ^ et «y dn Cancer beaucoup plus près de y que de ^. L'équi<noxe an printesops répond presqii'esçaot^ment a la longitude d'à du Bélier qui n'est que de ig' lo". Sur la projection , le colure des solstipes passe tnès-^ès des mêmes étoiles du Cancer, surtout de Y dont ra^ceiQusion droite Le dépasse seulement de 53' 27''; de Tautce eùU dueieL, ce colure se troiive fiiwivon à 3^ i l'orient ^d'a et ^ du Caprio(Mme. Lti ûolure des équkioxes passe eavivoli à
fn SITE LE ZI>DIAQCE CIRGri.AJRE
4^ à Foiient d's do Bélier, presque sur la dîrectioii ilo de la Baleine et d'Arcturus. renonce ki ces résultats d'après le calcul. Ils ne pourraient é¥Îdeniment être fixés ainsi avec une sufifisante exactitude par une projection graphique , qud^Die soignée qu'elle (ut ; et j'ajoute même que le calque de ce ciel doit être comparé immédiatement au monument, ou à l'original d'un dessin trèsexact. Car, ici, comme pour les cartes géographiques, les dimensions absolues sont toujours sensiblement altérées, dans les copies gravées, par l'effet hygrométrique que le papier éprouve' quand il est soumis à la presse ; ce qui dérange toute l'exactitude des coïncidences. Aussi aije eu soin de comparer mon ciel immédiatement au dessin de M. Gau, sans autre intermédiaire qu'un calque ; et même , pour tous les points dont la coïncidence ou l'écart pouvait être de quelque importance, je ne m'en suis plus rapporté à ce dessin quoique si fidèle , et j'ai comparé les résultats du calcul à des mesures absolues prises sur le monument.
Lorsqu'après avoir pris toutes ces précautions , on place la projection calculée sous le cialque *de la copie figurée , on reconnait aussitôt entre elles une correspondance générale dont il est difficile de n'être pas surpris , quoiqu'elle fût prévue. Sans doute, cette coïncidence n'opère pas des réunions astronomiquement impossibles. Ainsi elle ne rassemble pas, elle ne doit pas rassendbler dans
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la figure droite, mince, allongée vers le centre, qui désigne la Vierge sur le monument, les mêmes étoiles que comprend la Vierge de nos globes, qui est représentée couchée le long de Técliptique sur une étendue de plus de quarante degrés. Toutefois, on voit paraître dans ce signe les étoiles qui le caractérisent particulièrement. Ainsi, la belle étoile de la Vierge tombe en projection aux pieds de la figure de la Vierge. Le groupe ovoïde dont Gallimaque fit plus tard la chevelure de Bérénice forme la tête de l'épi que cette figure tient à la main. A côté d'elle , et dans la partie du ciel où les étoiles du Lion se joignent et se mêlent en ascension droite aux étoiles de la Vierge , on voit une autre figure de femme plus petite, d^ebout comme la première, et dans une direction parallèle, mais qui est portée sur la queue du Lion. Les étoiles principales du Lion se trouvent de même dans l'emblème qui le représente. Régulus au cœur, y sur sa crinière, ^ à l'origine de sa queue, ainsi qu'on la place encore aujourd'hui dans nos globes ; ^, la quatrième du quadrilatère, tombe un peu au - dessus , dans une petite figure couchée sur le dos du Lion , et dont la forme usée par le temps est devenue assez incertaine, mais qui par sa place répond à ce que l'on nomme aujourd'hui le Petit-Lion. Plus loin, en remontant contre l'ordre des signes, les étoiles y y }, ^ du Cancer, qui ^nt ici solsticiales , viennent exactement se poser dans les étroites limites d'ascension droite que
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leur offire la figure emblématique substituée ;^u signe du Cancer. Puis, en suivant le zpdiaqua , on voit l'étoile PoUux se placer dans PoUux le seppad des Gémeaux ; l'étoile Castor est dans la v(wn de Castor, le gémeau précédent; l'étoile que |iqi|s plaçons à soq^pied de devant et qui est nomouée par cette raison Propus, tombe devant son pî^ occidental ; tandis qu'aunlesaous , mais plus à l'opcident, les belles étoiles d'Orion viennent se placer dans son emblème, a près de son fQuet; lUgel k sa ceinture ; Içs trois étoiles dont nona faisoiis Je baudrier suivent ia direction d'un de se3 bra^ ; et , sous ses pieds, on voit l'emblème d'un petit ani* mal idéal sur lequel tombent plusieurs» des étoiles que l'on met aujourd'hui dans le Lièvre. Au-di^s- S0118 encore, est placé un grand sapent dont le corps est ramassé et serré en replis dirigés yers le centre du tableau , comme si l'on eût voulu ainsi indiquer une ^constellation t|[*op étendue dans le sens des pa|*allèles, pour pouvoir étive fi^iré^ entièrement en place , mai^ dont on aurait^ par cett^ raison^ resserré et contracté l'emblème. C^s caractères, ainsi que la position même de l'emblème dont il s'agit sous les pieds d'Orion, nous désignent clairpment la constellation de l'ÉHdan pu du fleuve appelé chez les anciens le Fleuve d'Oripo^ et ils s'y a ppliiquent d'autant plus exac|teinei}t, qu# , devant remblèipfe qui l'exprime , on voit s^ le monument une grosse étoile pla/cée fort près du bord du miilaillon circulaire , par isqnséquent
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très- australe, laquelle se trouve à la distance juste de ce bord où se trouvait la belle étoile Âchariiar, la brillante du fleuve, 700 ans avant Fère chrétienne. En efifet , cette distance est de 8o""qui réduits en degrés à raison de 774*^9 rayon du médaillon , pour une demi - circonférence , font 18® 36' 17" ; or la distance réelle d*Âchamar an pôle austral , calculée pour 700 ans avant Tère chrétienne, est 18^ 5' 10'', de sorte que la différence n'est que de 3i'7''. On ne saurait désirer un accord plus fidèle. Mais , précisément, cette grande latitude australe d'Achamar et des dernières* si-
nuosités du fleuve qui Tavoisinent, était une circonstance qui imposait la nécessité de le contracter dans le monument, et de l'y désigner seulement par un emblème d'une signification évidente; car , selon le mode de projection employé , sa représentation aurait dû occuper , près du bord du médaillon circulaire, un arc de 70^ en ascension droite, ce qui n'aurait plus laissé aucune place pour les nombreuses indications que Ton voulait y consigner. Remarquons d'ailleurs, comme une circonstance curieuse, qu'Achamar était alors trop australe pour être visible sur l'horizon de Denderah, la latitude du temple étant , d'après les observations de Nouetde a6° 8' 36'' ; de sorte que , si ce n'est pas un heureux hasard, qui a fait placer Tétoile que nous examinons, si exactement à .sa distance polaire véritable , il £siudra en conclure que les auteurs du monument avaient sur l'état du ciel
austral des renseignements assez fidèles , qui ne pouvaient leur venir que de pays aussi avancés vers le sud que la Nubie, puisque c'était seulement à une latitude aussi méridionale qu'Acharnar pouvait être aperçu alors.
Au delà des Gémeaux et d'Orion , en remontant toujours contre Tordre des signes , notre monument nous ofiBre le Taureau , sur lequel viennent se placer toutes ses étoiles les plus remarquables , Nath ou ^ du Taureau , Aldebaran a, , les Hy ades , les Pléiades; ces deux derniers groupes sur cha* cun des rayons qui , prolongés jusqu'au bord du médaillon^ vont aboutir à leurs emblèmes; et, pour juger de la justesse de cette rencontre, il n'y a qu'à prendre sur le monument l'angle compris entre ces rayons, et le comparer avec la différence d'ascension droite que le calcul leur assigne 700 ans avant l'ère chrétienne. L'ascension droite d' Aldebaran, calculée pour cette époque, estSa^io'aô"; celle de vi, la claire des Pléiades, est 19° a 5' 56''; la différence est donc la® 44' 3o". Or le monu* ment la donne de ia<» ai' 18'', dé sorte que l'erreur est seulement o® a 3' la" en arc. Cet accord est d'autant plus utile à remarquer, qu'il a lieu dans une portion du monument où nous ne trouvons pas de distances polaires spécialement fixées , de sorte que cette partie est demeurée totalement étrangère aux élémens dont nous avons fait usage pour déterminer notre époque et notre pôle de projection. Ici je crois devoir rappeler en-
core que toutes les mesures de cordes et de distances polaires prises sur lé monument et, qui ont servi d'élémens aux calculs que je viens d'exposer, comme à ceux que j'aurai à exposer encore, ont été définitivement déterminées et arrêtées avant d'avoir été soumises à aucune épreuve théorique; de sorte que j'en rapporte les résultats tels qu'ils sont venus d'eux-mêmes , exacts ou non exacts, sans y rien changer.
Au-dessus du Taureau, dans l'intérieur de l'anneau zodiacal , le monument présente une figure d'homme tenant une tête de chèyre dans sa main gauche. A ces traits , on reconnaît le Cochier de nos cartes modernes. £n , effet , la belle étoile que nous nommons la Chèvre, tombe dans la projection au bas de la tête de chèvre , tandis que les étoiles du Cocher, particulièrement ^ la plus belle d'entre elles, viennent se placer sur la figure de l'homme qui tient cette tête à la majn. Comme on a contesté que l'emblème dont il s'agit fut réellement une tête de chèvre, j'en ai fait graver ici un calque exact et de la même grandeur que l'original, dans lafig. 2. pi. i; on verra s'il y a le moindre sujet de doute. L'application de l'étoile de la chèvre sur cet emblème, doit paraître d'autant plus frappante , qu'elle se trouve être une conséquence matérielle de la projection , quoiqu'elle ne soit entrée absolument pour rien dans les élémens qui ont servi à l'établir.
A l'occident du Taureau^ sur le contour du zo-
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diaque , on trouve le Bélier , un peu remonté vers Tintérieur du médaillon relativement à nos cartes modernes; au-dessous, sont deux figures humaines parallèles Tune à l'autre et dirigées vers lui , de sorte qu'elles semblent se rapporter à ce signe. Quand nous essaierons plus loin de discutée les emblèmes qui ne sont pas astronomiquement reconnaissables par les étoiles qui les couvrent^ nous verrons que ces deux figures entre lesquelles passe géométriquement dans la projection le coïure des équinoxes , désignent vraisemblablement cette époque de la période annuelle, de même que la figure emblématique substituée au Cancer désigne le solstice. Mais ici l'image du Bélier n'est pas rejetée hors de sa position astronomique. A la vérité , si on la comparait à nos cartes actuelles , on la supposerait un peu trop rapprochée du centre du tableau. Mais cette disposition , loin d'être une anomalie du monument , o£fre au contraire une concordance avec l'époque à laquelle nous le rapportons ; car on sait que les étoiles de la constellation du Bélier étaient'' distribuées par les anciens sur cet emblème autrement que nous ne le faisons aujourd'hui : a la plus brillante du groupe que nous plaçons à la tète , est indiquée par Hipparque comme étant placée au pied de devant; et c'est aussi, dans le monument, à l'un des pieds qu'elle se trouve répondre
Au sud du Bélier , la constellation australe du Monstre Marin ou de la Baleine, dilatée par la pro-
OB DENDXRAH. 69
jectioD , distribue ses étoiles sur une étendue de 45* en ascension droite. N'est-ce pas elle que veulent désigner quatre figures à têtes humaines et à queue de poisson , placées à la suite les unes des autres au bord du médaillon circulaire, précisément dans Tazimuth auquel les plus nombreuses étoiles de la Baleine répondent? Plus loin à l'occident, sont les Poissons, placés au lieu qui convient à leurs petites étoiles. Entre eux, comme dans nos globes, et sur les bords du rectangle figuré qu'ils comprennent, on voit a d'Andromède et Algenib ou y de Pégase , qui s'alignent presque sur un même rayon mené du centre , tandis que les deux autres étoiles qui complettent le carré de Pégase, Sheat et Markab, s'alignent exactement sur la figure emblématique qui porte la pre- .mière sculptée sur- sa tête, conformément à ce que la discussion générale du monument nous avait feit primitivement découvrir. La distance polaire de âbeat , mesurée sur le monument, est 3a 7 ^ millimètres, qui convertis en arc valent 76® 9' 45*'. Le calcul effectué pour 700 ans avant l'ère chrétienne donne 74® 5o' 57'', de sorte qu'il y a seulement 1* 18' 48" d'erreur. En outre, l'ascension droite de Sheat, calculée pour la même époque à partir de l'équinoxe vrai, est 3i4^ ^9' 5"; nous avons vu plus haut que celle de la Pléiade était 19^ 25' 56''; la différence agS^ 3' 9'' doit donc exprimer l'angle compris sur le monument ^itre les rayons menés à Sheat et à la pléiade. Or, cet anr
gle , effectivement déduit delà mesure des cordes, se trouve de agS** i6' 28'%- par conséquent en excès de o® i3' 19' sur la valeur calculée. La petitesse de cette différence nous confirme encore l'exactitude de la partie du monument comprise entre les deux astres que nous vignons de comparer. L'alignement précis de ShéÂt et de Markab sur la jonction de la figure emblématique qui porte Sheat sur sa tête, est aussi une confirmation complète du motif auquel lious avions attri^ bué la déviation de près de 3o^, donnée à cette figure relativement au cercle horaire sur lequel elle se trouve ; et la quantité de cette déviation est elle-même un élément caractéristique de l'époque céleste représentée par le monument.
Un peu avant le carré de Pégase, vers l'orient , sur un rayon intermédiaire entre le Bélier et les Poissons , on voit dans l'intérieur de l'anneau zodiacal une figure monstrueuse assise, dont la forme semble n'offrir aucun rapport avec les emblèmes astronomiques que nous connaissons. Mais en posant le dessin du monument sur la projection calculée du ciel , on voit toutes les parties de cette figure, son corps, ses bras et ses jambes suivies et couvertes par les plus belles étoiles de de Cassiopée. £t, comme pour indiquer encore d'une manière plus évidente l'intention de désigner spécialement cette constellation , on a placé sur le même rayon , au bord du médaillon , une figure assise sur un siège , ainsi que Cassiopée est
DE D£ND£HAU. 'Jl
représentée de toute antiquité : et cette figure est sans tête , comme si Ton avait voulu marquer que les étoiles qui la composent sont représentées audessus d'elle dans le tableau. Cette même image monstrueuse fait partie d'un groupe où se trouvent deux autres animaux , savoir , au-dessus un oiseau; au-dessous une gazelle avec les jambes pendantes, figurant à ce qu il semble un animal mort. On a cru que ce groupe composé de trois corps devait désigner la constellation du Triangle boréal. Mais la chose paraîtra peu probable si, Ton considère que le Triangle n'a que des étoiles peu brillantes et occupe peu de place dans le ciel, tandis que le groupe dont nous parlons s'étend presque depuis le centre du médaillon où le bec de l'oiseau se réunit à a de la Petite-Ourse, jusqu'au bord de l'anneau zodiacal où la queue de la figure monstrueuse assise descend tout près de p d'Andromède. Aussi, outre les étoiles de Cassiopée que nous avons vu appartenir à ce système, on trouve que la gazelle, à jambes étendues, pose, dans la projection, ses pieds de devant sur a de Persée , ses pieds de derrière sur y d'Andromède, deux étoiles de seconde grandeur; de sorte que ses contours semblent évidemment appropriés à cette intention. Quant à l'oiseau qui couronne ce groupe , on ne trouve dans le ciel .^ieu qui puisse lui donner ime signification astronomique ; mais il ne serait pas invraisemblable de le supposer un emblème astrologique ou mitho-
^2 SUR LE ZODIAQUE ClRCULAfEE
logique, lié à la fable du phénix. En continuant toujours à suivre le zodiaque, on trouve à Foccident des Poissons lé signe du Verseau, sur lequel viennent se placer les plus belles étoiles de ce signe ; et aundessous on voit Fomalhaut , dont la distance polaire boréale mesurée sur le monument est 574"" qui valent 1 33** 29' 18''; tandis que le calcul donne pour 700 ans avant l'ère chrétienne 1 3 1 ® 4o' 48'^ d'où résulte une dififérence de i **48' 3o'' un peu plus forte que celle de ^ de Pégase et dans le même sens : ce que l'on peut attribuer peut-être en partie, à une évaluation trop forte de l'obliquité de l'équateur sur l'écliptique, genre d'erreur que les plus anciens astronomes paraissent avoir généralement commis ; et qui se trouve également indiqué ici par les valeurs trop faibles d'environ deux degrés, que nous avons obtenues, pour la latitude boréale du pôle de projection du monument, qui était alors le pôle de l'équateur terrestre.
On peut voir aussi , sur le dessin même , que l'ascension droite de Fomalhaut est celle de toutes, sur laquelle le monument est le plus en erreur, ce qui doit peu surprendre d'une étoile aussi australe. A cette époque, son ascension droite calculée était 3o3^ 4^' 2 1'^ à partir de l'équinoxe vrai. Nous venons de voir que celle de p de Pégase ou Sheat relativement au même équinoxe , était de 3i4^ ag' 5"; la différence, lo^ 48' 44'' exprime donc l'angle qui doit être compris sur le