‹ Recherches sur plusieurs points de l'astronomie égyptienne, appliquées aux monumensChapitre 23 sur 29 · DE D£ND£BAH. ACK · texte numérisé non relu

DE D£ND£BAH. ACK

foptaiues sacrées coairae Plutarque et Honis-Apotlo l'attestent. Il paraît donc par ce passage du scholiaste, que les Egyptiens de son temps considéraient le lever héliaque de Syrius qui coïncidait alors avec le débordement Aw Nil , comme le renouvellement de leiur année agricole. Mais il ne nous dit pas si le même usage subsistait également dans les siècles antérieurs, où la même coïncidence n'avait pas lieu ; et surtout il ne nous fait pas distinguer si c'était alors la première apparition du débordement, ou le lever héliaque qui déterminait l'origine agricole de l'année. Il serait très-naturel de croire que ce devait être le débordement , puisque ce phénomène seul servait effectivement de règle fixe à l'agriculture, tandis que le lever héliaque ne lui oflrait qu'un pronostic plus ou moins vague et éloigné. En tout cas, on voit par un autre passage du même scholiaste, que cette idée du renouvellement de l'année agricole, était purement l'expression des rapports qui subordonnaient les travaux de la terre à l'état du fleuve, sans aucune application à la mesure du temps; car il fait dépendre cette mesure de l'année fixe, chez ces mêmes Égyptiens, dont il vient de faire mention. Le passage qui met ceci en évidence est relatif à la constellation de l'Hydre que le scholiaste décrit comme embrassant l'étendue de trois dodécatcmories zodiacales ( Tf twv [Aoipaç ^oAwv ), celles du Cancer, du Lion et

a m SUR LK ZODIiLQUF. CfRCULAIRE

îi les rapporte, coïncident précisément avec celles que nous avons données plus haut , d*après les voyageurs français; et ainsi Ton conclura encore de cette coïncidence qu elles sont , de même que éelles-ci , rapportées au "zodiaque mobile. Mais ^ en outre, par là, nous pouvons connaître quelle était cette première dodécatémorie que le Scholiaste appelle sacrée; car, puisqu'elle répondait au mois d'epiphi qui commence au a 5 juin, c'està-dire exactement ou presque exactement avec le solstice, on voit que c'était celle qui suivait ce phénomène, et que nous nommerions aujourd'hui la dodécatémorie du Ciincer (i). Etait-elle appelée sacrée il cause de sa coïncidence avec le solstice, époque constante du renouvellement de la crue annuelle , ou parce que , depuis les temps les plus anciens, c'était toujours dans cette première dodécatémorie du Cancer que s'était trouvé le soleil , lors du lever héliaque de Syrius ? La première supposition semblerait préférable, puisqu'en effet c'était le solstice et non pas Syrius qui servait d'époque fixe à la crue du Nil, objet de tous les vœux et principe de tous les travaux. Néanmoins, sans prétendre décider cette question, je ine bornerai à conclure des citations précédentes

(i) Cest ce qui est en effet confirmé par un autre manuscrit des mêmes scholies également cité dans Téd. de Leip. , p. io3 ; car on n*y trouve pas seulement , comme dans Tautre , les mots : ircpi TT)v Upriv ftoîpav, mais «tpl rh U^i'* a&îpav to3 xotpxivGÛ.

BE DEIfDERAH. !ll3

ce fait incontestable , savoir : que , vers le quatrième siècle de l'ère chrétienne , il y avait en Egypte des cérémonies sacrées , attachées à des «poques fixes dç l'année solaire; et c'est , en effet, ce que nous atteste également Plutarque, pour l'époque à laquelle il écrivait son traité dlsis ou 4'Osiri&, puisqu'il y rapporte aussi certaines cérémonies, à des dates fixes, et à des circonstances physiques fixes dans la marche des saisons. Mais quelle preuve a->t-on que ces cérémonies , toujours relatives aux phases du Nil , qui sont ellesmêmes fixes dans l'année solaire , fussent liées à autre chose qu'À ces phases; et se rappoitassent à une forme particulière d'année commençant au lever héliaque de.Syrius ; surtout dans les temps anciens, où ce.lever ne coïncidant ni avec l'inon^ dation, -ni avec le commencement de la crue, n'offrait qu'un indice vague, beaucoup plus difficile à observer que le solstice même? Rien, as- -surément dans les passages qui précèdent, ne peut autoriser à tirer cette conséquence , à moins qu'on ne leur donne une application rétro^ade ,. qui n'y est nullement exprimée. Peut-on avec plus de vraisemblance , l'établir sur le passage -suivant dlIoras-Apollo , que nous avons prouvé être d'une époque à peu près pareille (i)? « Lors- « que les Égyptiens veulent indiquer l'année, ils ce disent seulement un quart; parce que, selon

(i) Horus-Apollo, 5* hiéroglyphe.

ai4 SUR LE ZOBIAQXJE CIRCULAIRE

« eux, eiitre un lever de Syrius et le lever suivant , a il faut ajouter un quart de jour (an nombre en- « tier de jours écoulés. ) Car l'année sacrée est ce composée de 365 jours, ce qui £siit qu'après « quatre ans il faut ajouter un jour entier. ]> Mais cet auteur étant postérieur à l'introduction de l'année fixe en E^jrpte, son témoignage relative^ ment à l'intercalation ne prouve rien pour les temps antérieurs , surfout cette extension étant formellement contredite par tous> les écrivains plus anciens; et, quant au mode emblématique par lequel , selon lui , les Égyptiens indiquaient l'année de Syriui, il ne dit pas non plus qu'il fut anciennement usité , maisrseulement qu'il l'est à l'époque où il écrit. Or nous savosis en effet , que Fintervalle constant des levers héKaques de Syrius devait être connu alors. £t^ de même, l'astrologue Yettius Yalens , qui vivait du temps d'Adrien, parlant de la détermination du point du ciel dont l'influence domine tous les évènemens de l'année , a pu écrire : « Les anciens ont « généralement choisi la néoméniC'de Thoth , pour « l'époque dominante de l'année et de tous les <K mouvemens qui s'opèrent dans ^ Tuiûvots ; car « ils comptaient le commencement de rannée de- « puis cet instant, et plus naturellement, depuis « le lever héliaque du Chien (i). » Dans un au-

(i) Voyez la discussion critique du texte de ce passage, dans la note 6.

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leur postérieur de lao ans à Fère chrétienne; cette dénomination ^anciens employée en passant, d'une manière générale et vague 9 peut très -bien désigner des écrivains antérieurs de quelques siècles , tel que pouvait être , par exemple , Eudoxe de Cnide qui, au rapport de Pline, considérait la succession de tous les évèqemens naturel comme embrassée par une période quadriennale^ ayant son origine et sa fin marquées par le lever héliaque de Syrius; mais ce serait étendre le sens de «étte expression d'une façon étrange que de vouloir, comme Baimbridge et Fréret même , la faire remonter jusqu'à treize ou quatorsbe siècles avant l'ère chrétienne, pour l'appliquer aux anciens Égyptiens. D'autant, que l'alternative de choix que Vetlius laisse entre le lever de Syrius et la oéoménie de Thot, deux phénomènes généralement d'époques bien différentes , montre que l'ori- ^ne dont il parle n'a qu'une application astrologique, c'est-à-dire qu'elle marqué seulement le point duquel il faut partir pour marquer l'influence à laquelle chaque instant suivant de l'année est soumis. Or , ce choix n'a pas le moindre rapport avec une forme spéciale d'année agricole ou civile que l'on commencerait à l'instant ainsi désigné. C'est aussi ce que montre évidemment le passage lui-même , lorsqu'au lieu de le présenter isolément comme l'ont fait jusqu'ici tous les auteurs qui l'ont rapporté , on le rapproche de tout l'ensemble du chapitre qu'il renferme , lequel traite

ai 6 SUR LE ZODIAQUE CIBCULAIRE

Du signe dominateur de l'année. Il nous reste enfin a discuter le passage souvent cité de Porphyre , qui ^ dans sa bizarre dissertation, sur un passage de rodyssée , dit : « Les Égyptiens ne commencent pas « leur année comme les Romains au Yerseau , mais « au Cancer : car, près du Cancer, parait Tétoile et Sothis que les Grecs appellent l'astre du Chien ; et ce le lever du Chien est pour eux le renouvellement « de l'année ( veo[ji7ivia ) , parce que cet astre do- <c mine l'époque de la nativité du monde. » Il n'est pas facile de donner un sens précis et rigoureux à ce mélange d'idées astronomiques et : a8t]:oIo-^ giques ; cependant on pourrait encore le comr prendre en supposant qu'il s'agit ici du Cancer comme signe et non pas comme constellajtipD.

Car, depuis 2800 ans avant l'ère chrétienne jusqu'à près de 1000 ans après cette même, ère, c'est toujours dans la dodécatémorie du Cancer que s'est trouvé le soleil à l'époque de l'année où Syrius se levait héliaquement pour l'Egypte. Ainsi Porphyre pouvait dire qu'une année dont le commencement était fixé au lever de Syrius, commençait aussi au Cancer , quoique non pas au premier point de ce signe. Si de plus on fait attention qu'au temps de Porphjnre le lever héliaque de Sjrius en Egypte, devait, à fort peu près, coïncider avec le débordement du Nil , origine naturelle des travaux agricoles , on verra que ce passage dit absolument la même chose que le scholie de Théon rapporté plus haut; et qu'ainsi

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Ton ne peut absolument rien en conclure pour les temps' antérieurs. Quant à ce que Porphyre ajoute que le lerer de Sothis donime la nativité du monde, ceci parait être une allusion aux idées astrologiques que Ton avait attachées à la période caniculaire, bien certainement connue du temps de Porphyre, et dont le renouvellement mathé* matique s'opérait, comme nous l'avons dit, aux époques distantes de i4^i années vagues où le lever héliaque de Syrius se trouvait coïncider avec le premier jour dé Thot. Les astrologues consi* dérant tous les évènemens de chaque année comme soumis à l'influence de l'aspect céleste qui la commençait , avaient jugé que l'origine de la grande année héliaque devait présider à un événement beaucoup plus général, et ils l'avaient appliquée à la naissance du monde. Quelques-uns d'entre eux, par exemple, Firroicus, croyaient que cette grande année marquait le temps après lequel toutes les planètes devaient se retrouver h la fois en conjonction. D'autres en avaient composé la durée de la vie du phénix qui renaissait de ses cendres après i46i ans, et cette fable se trouve dans Tacite. Sans doute des interprétations pareilles prouvent des notions fort imparfaites d'astronomie. Mais ne semblent*elles pas déceler aussi une application bien peu ancienne , et bien peu usuelle, de la période même? car, si elle eut été depuis nne liante antiquité réellement connue et employée; si, par exemple, on en eût

ai8 sua LE zodiaque CiaCULAlRE

embrassé une révolution entière par des observa* 9;ions effectives, est-il probable que le sens en eût ^té assez peu répandu pour qu'on le défigurât ainsi ? "Quoi qu'il en soit , il nous suffit d'avoir montré |>ar la discussion précédente , que le passage de Porphyre dont on a voulu s'appuyer pour prouver l'antique usage d'une forme d'année égyptienne commençant au lever héliaque de Syrius , n'est d'aucune autorité à cet égard ; et cela, par la même raison qui s'applique aux passages d'Horus-Apollo, de Théon, de Yettius Yalens ; savoir : parce que ces. écrivains, tous postérieurs à l'ère chrétienne , expriment uniquement ce qui se fair Mit de leur temps, sans en étendre l'application à l'antiquité; et, que pour leur temps même , ce qu'ils disent peut très-bien ne conccirner que des usages religieux ou astrologiques , indépendans de la forme de l'année. Tirer de là la preuve, ou seulement la présomption, que les mêmes déterminations fussent connues et employées scientifiquement depuis une très-haute antiquité, en Egypte , avec un degré d'exactitude qu'elles n'ont pas même dans les auteurs qui les citent , c'est ce qui semble absolument contraire aux règles .de ta logique ; car les écrivains dont il s*agit , n'indiquant point cette haute antiquité, dans le sens qu'on lui donne, et n'étant pas même, à raison de leur époque récente , suffisans pour l'attester , vouloir l'établir sur des expressions qu'ils appliquent à une chose actuelle, c'est donner à leur

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témoignage une application antérieure qu'il ne comporte en aucune mapière, qu'ils, ne lui ont pas donnée e;ux-mqmes , et qui se troi^ye démcjntie par le silence absolu de tous les écrivains plus anciens qui se sont spécialep^ent occupés de chronologie ou d'astronomie. Rejeter ceux-ci pour suivre indéfiniment quelques indications vagues, détachées des autres, c'est, autant qu'il soit possible de le faire , conclure du particulier au général, et, du, présent au passé le plus éloigné. Tout ce que l'on pourrait inférer de ces indications avec, quelque vraisemblance , en leur donnant la plus grande extension possible , ce serait que l'époque annuelle de. l'inondation, si importante pour l'Egypte , ayant dû être de tout temps , dans ce pays, l'objet de. l'intérêt le plus jpiiissant , et des observajtiops , leSk plus attentives , on à dû, fort anciennement,, s'attacher à remarquer les circonstances de toute. nature qui pouyaiept ou l'annoncer, ou la signaler. Dans ce nombre, la plus régulière , la plus . frappante , la plus facile à reconnaître, était, sans doute, le sobtice d'été dont le retour annuel coïncidait nécessairement , et d'une, manière absolument fixe, avec le premier accroissement des eaux. Les plus simples observations de longueurs d'ombres sur des gnomons perpendiculaires , ou Ja seule remarque du retour du soleil levant aux points de l'horizon qui limitaient annuellement sa marche vers le nord , suffisaient pour trouver très*exactement cette époque

a20 SUR LE ZODIAQUE CIUCULAIRE

importante des solstices, ainsi que la durée approchée de Tannée tropiicjue, durée que l'on put supposer d'abord égale à 365 jourt, puis" bientôt à 365 jours |. C'était assez; de ces résultats pour toutes les applications usuelles. Mais , on petit tt marquer encore que, vers f époque du débordement, et toujoims plus ou' mfoins long- temps aMTU ce phénofnène , une étoile très-btîHànte , la pkis brillante du' ciel , eh ttn' mot Syrius, se rrmntrait le matin près de Thorizôuf , avant le lever du soleil. On put donc joindre ce pronostic aux îndlcàtioDS plus savantes des longueurs ou dès dissections d'ombre* solsticiàles, comme on y joigihît également lé |>rè^ mier souffle des vents étésiens , Tapparitionde certaines espèces de poissons dans lëë éâûk an Nil, et cette particularité inconnue qui faisait safcrifier ui^ caille vers le mêrtie tempsJ Rien tfemjffêche que ces remarques n'aient ëté très - ancîenriënteht iaiteis , puisqu'elles supposaient settléttitertè'dtf^^eux et un motif d'observer. On'avâit doiic pu âti^si^ dans des temps très-reculés' et sans âfttcurie ndtSbki- précise d'astronomie , remariquter qu'à Pépôqnë dé Tannée où Sjrrius commençait airisi à t^Jiarattre, lé soleH se trouvait toujours dans im riiêrtife groupé d'étbilés zodiacales; car, cela a eu ItéÙ constamment ainsi depuis plus de trente siècles aviant Tère chrétienne jusque bien long-tehlpis aptes dette même ère. Il était donc aussi naturel que fecite de consacrer ce groupe au soleil, en Fappelant le Lioû; et cela se pouvait faire sans aucune science. On

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pouvait de même, sans science, faire dire à Isis, sur ces antiques colonnes dont parle Diodore : c< Je a me lève avec l'astre de la Canicule. » Mais, entre ces simples indications et des déterminations précises, entre ces annonces larges et des fixations astronomiques de date rigoureuse, il y a une différence infinie, et il peut s'être interposé beaucoup de siècles; non pas tant à cause de la difficulté d'obtenir de pareils résultats, qui n'était pas trèsgrande en elle-même, ainsi que nous l'avons plus haut fait voir, mais à cause de l'esprit d'exactitude et de calcul que leur recherche suppose; esprit qui a pu tarder aussi long-temps à naitre chez les Egyptiens , qu'il a tardé chez les Chinois où, depuis un temps immémorial, l'observation, disons mieux, la contemplation des astres, forme de même une partie essentielle du gouvernement ^t de la religion. Or, pour prouver qu'un tel esprit existe dans une nation , ce n'est pas assez de quelques idées isolées, sur le système du monde, ou sur le retour des comètes que nous reconnaissons aujourd'hui , comme conformes à la nature. De pareilles idées peuvent naître sans aucune science , et subsister long-temps sans aucune fécondité. Il faut bien qu'elles se développent comme d'autres , dan« la multitude des chances qu'offrent les combinaisons de l'esprit systématique, lorscjue le frein du calcul et de l'expérience ne le retient pas. Ce qui peut attester l'existence d'une science véritable, et ce qui seul peut l'attester, c'est la précision des

21^ SUR LE ZODIAQUE CllCtJLAIRE

Quelle raison aurions -nous de leur enlever cette gloire pour 1 attribuer aux anciens Égyptiens dont nous ne connaissons absolument aucun résultat qui suppose plus que la simple inspection du ciel. Il serait évidemment contraire aux règles de la critique d'agir ainsi , et une pareille extension de conjectures appliquée aux questions historiques produirait les plus grandes erreurs. Mais , ici, un autre motif très^rave doit contribuer encore à nous rendre cette ancienne science fort douteuse ; c'est qu'à l'absence des résultats , il se joint l'existence d'une circonstance physique qui devait les rendre presqu'impossibles à obtenir. Car, au rapport de tous les xistronomes qui ont essayé d'observer en Egypte , ce L'horizon y est toujours si chargé de « vapeurs que , dans les belles nuits , on ne voit u jamais d'étoiles au-dessus de l'horizon, dans la a seconde et troisième grandeur; et que le soleil, a même , à son lever et à son coucher, se trouve eri- « ticn;ment déformé ( i ).» Ces expressions de Mouet, l'astronome de l'expédition d'Egypte , ne sont pas obscures : lui-même a tenté d'observer , en Egypte, des levers héliaques , et n a jamais pu y réussir. On en sera peu surpris si l'on veut, comme je l'ai fait, essayer par l'expérience combien de pareilles observations sont difficiles et incertaines, même dans nos climats septentrionaux, et dans

(i) M(*moirc de Noiict sur les antiquités de Denderah, inê^»ré dnnA le» aeuyrcn de Volncy, tome y y p. /|25.

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les horizons les plus tranchés de nos nuits d'hiver. La nébulosité constante que Nouet attribue à rhorizon de l'Egypte , ainsi que la déformation du disque du soleil à son lever , semblent devoir y résulter , non seulement des vapeurs répandues dans l'atmosphère, mais encore du mirage perpétuellement existant sur les plaines arides et sabloneuses du désert. Un horizon nébuleux n'est point un obstacle pour nos observations actuelles qui se font toutes à de grandes hauteurs des astres ; afin d'éviter les irrégularités des réfractions atmosphériques. Mais c'en était un très-grand pour les anciens, dont l'astronomie, avant Hipparque, se fondait presque entièrement sur des observations de levers €t de couchers. Peut-être, sous ce rapport , les habitans de I9 Chaldée étaient-ils plus favorablement placés que ceux de l'Egypte ; et c'est aussi pour cela , peut-être , que c'est d'eux , et d'eux seuls, qu'Hipparque et Ptolémée ont pu tirer d'anciennes observations. Lorsque les écrivains latins ou grecs veulent citer d'anciennes méthodes d'astrologie ou d^^stronpmie , ils nomment presque toujours les astronomes çhaldéens et les méthodes chaldéennes; rarement. ou jamais les Égyptiens. N'y a-t-il pas une singulière force dans ce silence , constant et unanime ? Pour moi, je voudrais pouvoir trouver les anciens Égyptiens plus savans en astronomie. Je crains que les efforts de ceux qui ont voulu relever leur science, dans ces derniers temps , n'aient contribué à dimi-

niier Vidée que Ton s*en formait , en la jugeant crun point de vue plus éloigné. On rassemble aujourd'hui de toutes parts, avec le plus grand zèle , toutes les citations qui pourraient leur faire attribuer quelque découverte précise ; pour suppléer au silence de. tous les grands astronomes cîe Tantiquité , on a' i^pporté quelques passages isolés d'auteurs arabes qui leur attribuent tardivement la connaissance assez approchée de Fannée sydérale ; on a présenté ' cette connaissance comme étant mystérieusement renfermée dans une sorte d'énigme proposée à Hérodote par les prêtres d'Héliopolis , et que ce père de l'histoire rapporte avec sa fidélité ordinaire ; quoi qu'il soit évîde^t, par ses;paroles mëniies, que le nombre que l'on prétend interpréter, n'est pas dans Fé^ hofiçé' égyjitieh / et qu'il résulte seulement du mode arbitraire d'évaluation qu'Hérodote y applique (î)! Mais né doit-on pas s'étonner de trouver si. peu à leur donner , après tant de concessions ? Au lieu d'adrnirer qu'ils eussent reconnu à peu près exactement Tannée tropique et Fannée sidérale , ' s'il était yriaiî toutefois qu'ils les eussent ainsi déterminées , on devrait être sin*pris qu'ils h'eùsàènt pas fait davantage en tiant de siècles , et qu'ils n'aieut j^ias trahsmis autre chose à la postiérité. Les pyramides, dit-on > sont

(i) On YciTa plus. loin, dans la note 7®, l'exposé des diverses interprétations que Ton a voulu donner à ce récit.

'DE DeSDEItAH. 2 2 7

fort bien orientées ; mais cette orientation était très-fâcilé à raidé des amplitudes ortives et occasés des étoiles, ou du soleil aux époques des solstices. Or il paraît qu'ils observaient de pareilles amplitudes; car, la direction des temples de Denderah et d'Esné, -si exactement appropriée à l'observation des levers et des couchers de Syriu^, semblé en éi^e une confirmation évidente. Mais, avec ce seul procédé , ils auraient pu aisémetj^ découvrir en quelques siècles tous les fondemens de Tastrornipiiie ancienne , et même la •précession des équinoxes. Comment ne l'ont-ils pas fait? Ou ^ slls l'ont fait ^ comment les astronomes qui soht venus apI^ès eux ,- l'ont-ils entièrement ignoré ; quoique à l'époque où plusieurs •d'entre eux existaient , la langue hiéroglyphique fût encore intelligible , et qu'on eût même traduil en grec les mémoires des prêtres ? Je ne vois réellement qu'an seul moyen de concilier ce skléncé général des faits et des écrits avec la supposition de cette ancienne science astronomique si étendue, que l'on veut continuer d'attribuer aux Égyptieïis. C'est de dire , et on l'a dit en effet, qiie toute cette science, principes, métboiles, résultats, a péri lors de l'invasion des Perses, par conséquent,' avant l'époque d'Hérodote et de tous les écrivains qui -nous ont décrit l'Egypte après Uii; que, dans ce désastre général , tous les prêtres qui possédaient la langue sacrée des anciens 'hiéroglyphes où se trouvaient consignés les

ia8 SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

trésors de la science , ont péri également. Eu sorte qu'il n*y a plus eu après eux, que des imposteurs ignorans , qui se flattaient fisiussement de les connaître. Il est évident que cette supposition expliquerait parfaitement pourquoi les historiens et les astronomes qui ont étudié les sciences et les connaissances de rÉgypte depuis cette époque jEatale., n'auraient rien pu recueillir d'un si riche héritage , ou ne nous en auraient transmis tout au plus que quelques débris. Grâces à cette supposition , Ton peut encore conserver pour l'antiquité égyptienne toute la vénération possible , sans qu'on puisse y rien objecter, sinon qu'avec un semblable mode de raisonnement, fondé sur des faits inconnus qui arrivent et disparaissent , en ne laissant point de traces, il n'y a plus du tout d'histoire. Pour nous, et, à ce que nous espérons, pour tous ceux qui veulent encore s'en tenir à la méthode critique dont les faits réels et attestés sont la base, il nous suffira ici d'avoir montré que le grand cycle sothiaque de 1460 années juliennes, et l'année liéliaque de 365 J-^ dépendante de Syrius, sont des résultats qui ne portent pas eq euxmêmes la preuve nécessaire d'une antiquité . reculée; et qu'il n'aurait pas fallu de longs espaces de temps pour les déduire d'observations même fort grossières. Nous avons vu d'ailleurs que les traditions littéraires qui nous les ont transmis;, n'assignent point l'époque où on les a imaginés. Si donc on prétend en reconnaître l'image sur des

DE DElfDERAH. Uklà^

monumens que Ton suppose avoir été construits à des époques très-reculées et très-distantes les unes des autres, il faudra faire sortir cette conclusion, des monumens mêmes, et rétablir par la seule discussion des tableaux astronomiques qui y sont tracés. Car, agir autrement, ce serait tomber dans le cercle vicieux le plus palpable ; puisqu'après avoir établi Fantiquilé des monumens par celle de la science , on prétendrait prou* ver celle de la science par les monumens.

Examinons donc, sous ce point de vue , le système d'interprétation que M. Fourrier applique aux zodiaques d'Egypte , et que nous avons plus haut textuellement rapporté. Selon lui , ce sont des représentations, et des représentations faites à dixhuit siècles de distance les unes des autres de cette période héliaque annuelle , dont nous venons de voir Texistenoe tardive attestée seulement par quelques témoignages douteux; et dont l'antiquité, qui -devrait être prodigieuse , n'est absolument établie sur aucune autorité historique. Selon lui encore , les différens modes , d'après lesquels la série des douze signes du zodiaque y est partagée , répondent aux dififérentes constellations dans lesquelles le soleil s'est successivement trouvé, lors du lever héliaque de Syrius , dans le temps où chaque monument a été construit. Que l'objet de ces tab* leaux soit une période héliaque , M. Fourrier le conclut uniquement , et peut uniquement le con-^ dure, de ce que^ sur l'un d^eujCj on voit une tête

a3o SUR LE zodijkquk circulaire

dlsis enveloppée par des rayons qui semblent p'étre pas tout-à-fait symétriquement dirigés par rapport à ses deux faces latérales : mais cette inter* prétation n'a rien de nécessaire , car on peut aussi bien considérer un pai^eil emblème comme l'image d'un lever simultané , ou presque simultané de Syrius avec le soleil , ainsi que le calcul du zodiaque circulaire nous l'a indiqué. M» Fourrier suppose ensuite que celui des douze signes qui est le premier de la série sortante dans les zodiaques rectangulaires , désigne la constellation que le soleil parcourait la première après le renouvellement de l'année héliaque ; et que le dernier signe de la série entrante , série qui peut être considérée comme la suite de l'autre , désigne la constellation dans laquelle le soleil se trouvait à la un de cette même année , lors du lever héliaque de Syrius. Il fonde cette interprétation sur deux motifs ; l'un est la substitution de la tête dlsis à la place du dernier signe de la série jentrante dans le zodiaque rectangulaire de Denderah; en effet, si cette tête enveloppée de rayons désigne le lever héliaque de Syrius , sa substitution à la place que devrait occuper le Cancer, doit vraisemblablement signifier que le phénomène qu elle exprime arrivait dans cette constellation. L'autre motif: consiste en ce que, sur le zodiaque circulaire, là disposition des douze signes lui parait formw une spirale continue , dont le Cancer , plus rapproché -du centre que tous les

DE DENDERAK. a3l

autres > est le dernier terme , et le Lion le premier. £n effet ^ si Ton suppose que le développement de cette spirale se fasse du coté que les signes reg.irdent , il se trouvera conforme à l'ordre de marche du zodiaque rectangulaire , et conGrmera ainsi Tidc^ de premier et de dernier appliquée au Lion et au Cancer. Mais, de ces deux motifs , Fun dépend de l'interprétation précédemment attribuée à la tête d'Isis , de sorte qu'il n'apporte par lui-même aucune probabilité i^ouvelle y et est sujet aux mêmes objections ; quant à l'autre qui se tirerait de la disposition spirale des signes dans le zodiaque circulaire, cette disposition me semble absolument inadmissible ; car , non-seulement on peut, comme l'a fait Yisçonti, et comme nous avons été aussi conduits à le faire , considérer ce Cancer excentrique comme rejeté entièrement , et exprès , hors de la série générale , afin de pouvoir mettre à sa place, et en ligne, la figure qui porte une légende explicative ; msûs encore, si l'on.accordait qu'il dût être gçomjétriquement lié avec les autres emblèmes • cela ne serait pas encore assez pour établir entre ceux-ci une

spire continue ; car , cette spire se .trouverait brisée et interrompue au Bélier et à la Balance „ qui soiKt évidemment plus rapprochés rdii centre .qif il ue conviendrait à la continuité aune pareille

I tlt « A •; 'Jf|(r

courbe; et dont la disposition propre, aiijisi^qiie celle des signes qui les .avoisinîbnt /ne .saurait iamais se plier à cette complète uniCorniité *d m-

a3a SDR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

flexion sous laquelle M. Fourrier les représente dans les planches qui accompagnent ses mémoires. Du reste, M. Fourrier n'assigne entre les parties de ces zodiaques aucune relation géométrique rigoureuse. Il ne voit même dans le zodiaque circulaire aucun indice d'un mode régulier de projection, ce qui serait , en effet , incompatible avec la disposition spirale des signes sur laquelle il se fonde. Ainsi donc ce système d'interprétation , ne reposant pas , du moins à ce qu'il nous semble , sur des autorités historiques que l'on doive admettre, et n'offirant dans ses bases , ou dans ses applications , aucun élément géométrique précis par lequel on puissse le saisir et l'éprouver , il est évident qu'il ne saurait lui rester pour appui que les inductions plus ou moins plausibles qu'il peut suggérer pour l|explication dei emblèmes physiques ou astronomiques distribués sur ces mohùmens. Or , si dé telles explications sont toujours eh ellés-mèines assez incertaines , que sera-ce , èSiovi lés transporte des zodiaques de Denderah à ceiiix d'Esné^ où Ton ne trouve plus ni le même

If*'' ■" \ ' ' ' ' ' M

mode de partage' des signes , lii une tète dlsis . dans lès rayons du soleil , ni rien absolument qui .indiqué le moins du monde que l'on ait voulu v désigner des levers héliàques de Syrius. Alors, pour' appliquer à ces moniunens la même interprétation , oh poiura uniquement s'autoriser de ce.quils offrent aussi la série des douze signées du zodiaque distribués en deux bandes parallèles i

DB VÊMUOLAB. a33

dont Fune entre dans le temple , et Fantre en sorL Et , comme le zodiaque céleste n'a pu , à ce que BL Fourrier suppose , é tre partagé ainsi par le cmnmencement et la fin de Tannée hâiaque qu*i des époques antérieures de quinze ou vingt siècles à celle que le monument de Denderah désigne, il Êiudra , pour suivre une si fi^le analogie, soutenir sans aucune autre preuve et contre toutes les ob* jections historiques les plus puissantes , qu'un pareil état du zodiaque a été en effet anciennement observé, et sculpté sur les portiques où les tableaux existent. Enfin, comme la composition de ces tableaux, la forme des emblèmes, le style des sculptures et de toute Fardiitecture même des temples où ils se trouvent , ofiGre à l'observateur attentif un état de l'art presque absolument identique , on se trouvera encore engagé à aflbmer, contre toutes les vraisemblances morales, et contre le témoignage de l'expérience la plus universelle , que la main , la pensée , la volonté , sont demeurées invariablement fixes pendant trente ou quarante générations successives, tant chez ceux qui ont exécuté ces monumens, que chez ceux qui les ont érigés. Nous £ûsonsnous illusion en pensant que la série des conséquences que nous venons d'exposer , devrait suffire pour £iire abandonner le système dont elles dérivent, quand nous n'aurions pas montré d'abord combien ses bases sont peu solidement établies?

a34 SUR LE .:(OOIAQU£ CiaCULAIRE

Mais y qu'est-îl be^in de kii opposer des ttiducT lions tirées de la critique. Le principe même , le principe mathématique sur lequel toute Texplication repose n'a rien de réel. Jamais, à Tépoque du lever héliaque de Syrius en Egypte , le soleil ne s'est trouvé occuper dans le ciel les position^ successives que M. Fourrier lui assigne, et qu'il prétend reconnaître dans les zodiaques de Den^ derah et d'Esné.

Pour ne laisser à cet égard aucun doute, .^ rappelerai de nouveau ici les propres termes dan$ lesquels M. Fourrier a décrit les lois astronomiques de ces dépkcemens, tels qu'il les suppose. Je le tire de son mémoire intitulé : Becherches sur les Sciences et le Gouvernement de l'Egypte, pages i4 et i5. <x Le point , dit-il, où se termine l'année V d'Isis , c'est-à-dire, celui où le soleil doit parve- •« uir pour renouveler le lever héliaque de Syrius « n'est point fixe dans le ciel ; il se meut par rap- « port aux étoiles : il était encore dans le ^îgne « du Lion vers le milieu du xxv* siècle avant l'ère « chrétienne, lorsqu'on imposa en Egypte, aux a constellations zodiacales des noms et des figures « propres à ce climat. Environ trois siècles après, m il était au point de division qui sépare le Lion 4c du Cancer, et il s'est avancé de plus en plus « dans cette dernière constellation..... » Dans le paragraphe suivant, M. Fourrier ajoute : «c lies « Égyptiens ont connu , par le long usage de l'an- 4c née caniculaire , le déplacement progressif du

ir point héliaque. Ils ont vu autrefois cette année « se terminer lorsque le soleil était entré dans le « signe du Lion. A cette époque le lever de Syrius « suivait de peu de joiu^s le solstice d'été. L'inon^ « dation avait lieu un mois après , dans le signe « de la Vierge. Ce premier état est représenté dans

« les deux temples de Latopolis Us observèrent

ir dans la suite , que le soleil n était point encore a sorti de la constellation Au Cancer lorsque le le» «t ver héliaque de Syrius désignait la fin de Tannée « liaturelle de 365 jours •4-. Ils représentèrent l'an- « née dans cette nouvelle position , ce que l'on «observe sur les deux monuraens de Tentyris% « On reconnaît distinctement, dans le zodiaque « rectangulaire du temple dlsis, que le terme de « Tatmée agricole est marqué dans le ciel par la « première apparition de Sothis , le soleil étant « dans le signe du Cancer. »

Dans ce passage , et dans les autres parties du mémoire de M. Fourrier, le mot signe alterne souvent avec celui de constellation» Néanmoins ^ le sens veut qu'ici ce soient les constellations que M. Fourrier désigne. Car, il dit, que, vers le xxv* siècle de Tère chrétienne, le soleil se trouvait dans le signe du Lion lors du lever héliaque de Syrius; et il ajoute : que ce lever suivait alors de peu de jours le soltice d*été. Or le soleil au solstice d'été ne peut jamais se trouver dans le Lion , considéré comme signe. Il est nécessairement dans le signe du Cancer. Mais il peut se trouver dans le Lion ,

aaa SUR LE ZODIiiQ&E CIRÇOLÂIRE

résultats, et la recherche méthodique de leurs déterminations. Or, de telles preuves^ nous n'en trouvons aucune dans l'iincienne Egypte. A la vérité , nous voyons bien que Tépoque précise du lever héliaque de Syrius , et la période exacte de ses retours , y sont connus et employés après Hipparque et Ptolémée ; mais , sachant que ces grands astronomes avaient enseigné les moyens de calculer théoriquement ces phénomènes, et ne trouvant, avant eux, aucune trace certaine qui montre que l'on sût le faire , nous n'avons aucun droit d'affirmer que cette connaissance leur fut antérieure. Et même, d'après l'intérêt puissant et personnel qu'ib avaient à rechercher des ré* sultats astronomiques pareils , afin de s'en servir pour donner à leurs propres travaux des fonder mens plus solides , nous devrons plutôt être portés à croire, que s'ils n'ont pu eux-mêmes en découvrir aucun vestige , c'est qu'en effet ils n'existaient pas auparavant. En général, on ne peut serfaire h priori, une idée du temps qu'il a fallu, ou qu'il faudra, pour développer, dans une nation , l'esprit de précision et de recherche. Qu'on nous dise poiu'quoi l'antiquité grecque, si féconde en guerriers , en orateurs , en poètes , en philosophes , et même en géomètres pleins d^ génie , n'a pas produit un seul homme qui sût observer les lois de la nature physique , les conîitater par des mesures précises, les développer par des expériences imaginées à dessein. Pour-

DF DEICDERAH. ai 3

quoi, après des Euclide et des ArchiBièdè ,. a-t-il fallu qu'il s'écoulât vingt siècles, av^uit que cetteidée si simple , de faire des expériences pour constater les lois abstraites des phénomènes , sortit de la tète d'un Galilée? Personne > sans doute, ne saurait le dire. Mais, il n'en est pas nmns cer* tain que cette seule idée , si tardive , a ouvert la. route fermée jusqu'alors , et a produit ,. en deux cents ans , mille fois plus de découvertes q^e n'en, avait fait l'antiquité tout entière, et que n'en aurait fait une autre antiquité, qui aurait suivi celle-là , sur les mêmes erremens. 11 se peut quel'astronomie, l'astronomie exacte qui calcule et qui mesure , ait eu , dans son développement , de^ phases pareilles. Il se peut qu'elle ait été bornée ,, pendant des siècles , aux seuls résultats qu'une longue contemplation du ciel peut faire reconn^tre , sans trigonométrie sphérique , sans cal-cul mathématique et presque sans instrumens ; jusqu'à l'époque où le génie de l'observation a paru et en a fait une science féconde. Sur cela nos propres réflexions ne peuvent nous instruire , et les restes littéraires de l'antiquité peuvent seuls nous, apprendre quelles ont été ces périodes successives par lesquelles a passé l'esprit humain. Or, aucun document pareil ne nous montre l'astrono** mie mathématique existante avant Hipparque; nous assistons même, pour ainsi dire, à sa première enfance; nous la voyons naître avec les observations de Méton , d'Aristille et de Timochari&

a38 SUR LE ZODIAQUE CIRCULAIRE

nicnlaire en — ^782. Ces nouveaux élémens na^ont donné des résultats qui difTèretot de quelques minutes de ceux qu'avait obtenus M. Ideler, comme cela devait naturellement arriver , ne fut-ce que par la dissimilitnde des méthodes dont nous avons fait usage pour calculer les anciennes portions de Syrius. Mais de pareilles différences né sont d'aucune importance pour le fait que je me propose d'établir. J'ai donc connu ainsi les trois longitudes du soleil lors du lever béliaque de Syrius à Denderah aux trois époques proposées. Ces longitudes, étant toutes trois comptées à partir de l'équinoxe vemal de leur époque, marquent les lieux correspondans du soleil dans les signes mobiles. Pour connaître à quelles constettations ils répon dent, il n'y a quà déterminer, par les formules de la mécanique céleste, l'arc de rétrogradation que l'équinoxe vernal a décrit sur récliptiqué mo^ bile depuis chacune des trois époques assignées, jusqu'à une même époque postérieure, poifr laquelle ont ait des catalogues d^étoiles , par exempte, pour l'année 1730 après Tère chrétienne, à laquelle se rapporte le catalogue de La Caille. Alors, en ajoutant à chaque longitude comptée de l'équinoxe mobile , l'arc de rétrogradation que cet équinoxe a décrit pour arrivera l'année 1750, il est clair que les sommes seront les longitudes des mêmes points du ciel rapportées à l'équinoxe vernal de 1750. Il ne restera donc plus qu'à re- ^rder dans le cataflogue de La Caille quelles sont

DU SOLEIL i— 27*2, — i3aa.

Longitude du Soleil que du lever héliaque

Rétrogradation du y mobile , depuis chacun , 22 20 4^

Somme, ou longitu quesy comptée de réqub 16" i' 54^

Dénomination de la longitude \ Lion.

Pour se convaires yeux sur Tableau suivant, ellations du Lion et du Cance|*ai de 1750.

DR DENDERAH. aSg.

les étoiles de récliptique situées à ces mêmes longitudes , et ce seront celles parmi lesquelles le soleil se trouvait lors du lever héliaque de Syritis , aux trois époques assignées.

Ces explications données on comprendra sans peine le tableau ci-joint qui contient les résultats des divers calculs que nous venons d'indiquer.

On' voit que les étoiles de la constellation du Lion , et celles de la constellation du Cancer se mêlent tes unes parmi les autres , vers la longitude de i|ttàtre signes plus onze ou douze degrés* Mais > en* deçà et au delà de cette limite commune , elles aie séparent. Les longitudes moindres appartiennent à là constellation du Cancer , les plus grandes à celle du Lion. Or , la plus petite de nos trois longitudes calculées, qui est celle de Tannée -f- f Sg, appartient évidemment à ces dernières : elle place donc encore le soleil dans le Lion. Ainsi il est bien certain que, pendant toute la durée embrassée par les deux périodes sothiaques antérieures et Vête chrétienne, le soleil , au moment du lever héliaque de Syrius n'a point, comme M. Fourrier le suppose, successivement passé de la constellation du Lion à celle du Cancer. Il est resté constanmient dans celle du Lion. Et il ne s'est pas déplacé davantage parmi les signes mobiles , comme on peut le voir par la première ligne des longitudes qui est rapportée à l'équinoxe vemal de chaque époque; car il en résulte évidemment que, pendant toute la durée des deut périoefes , le soleil , au moment du

a40 SUR LE ZODIAQUE CIECULAIIIE

lever héliaque de Syrius en Egypte, s^est toujours trouvé daus le signe du Cancer. Ce serait donc sa permanence et non son déplacement successif , soit dans les constellations, soit dans les signes, qui devrait être représentée sur les zodiaques égyptiens , si le mode de partage des douze signes y était déterminé d'après la position du soleil à la fin de l'année héliaque , ainsi que M. Fourrier l'a supposé : et alors , au lieu de commencer par des constellations différentes, comme M. Fourrier le suppose encore, ils devraient tous commencer par la même ; car personne ne contestera que les époques qu'ils représentent tombent dans les limites de temps embrassées par les deux périodes que nous venons de calculer.

Si l'on avait quelques doutes sur l'exactitude des résultats numériques qui nous conduisent à ces conclusions , il serait très-facile de les vérifier avec une approximation suffisante , sans recommencer les calculs des trois levers héliaques, et sans recourir aux formules de la mécanique céleste pour calculer l'arc de précession correspondant à chacun d'eux. On n'aurait qu'à prendre dans Baimbridge , ou dans M. Ideler , ou dans quelqu'autre auteur, les longitudes du soleil aux instans des trois levers héliaques , longitudes qui se trouvent toujours rapportées à l'équinoxe mobile de chacune de ces époques , et Ton y ajouterait l'arc de .précession calculé avec la valeur constante de 5o", par année; ce qui reviendrait à négliger seule-

])E DElfO£RA.H. 2^1

ment les inégalités séculaires de ce phénomène. Les nombres ainsi obtenus, différeraient très-peu de ceux que nous avons trouvés par des calculs plus précis, et ils conduiraient absolument aux mêmes conclusions.

Le mode divers de partage des signes célestes dans les zodiaques rectangulaires de Denderah et d'Esné , n'est évidemment pas un résultat que Ton puisse exiger comme une déduction, et par conséquent comme une vérification nécessaire de la constn^ction que nous avons assignée au premier de ces monumens. Rien ne prouve, en effet , que les uns et les autres eussent la même destination , ni qu'ils dussent seulement exprimer des choses analogues; mais je signalerai cependant une relation singulière qui existe , de fait , entre ce mode de partage et la direction azimutale de l'axe longitudinal des temples où les monumens sont sculptés.

Les trois temples ont leur façade extérieure tournée vers la partie boréale de l'horizon , mais leurs axes longitudinaux ne sont point dirigés suivant la ligne méridienne. Les extrémités nord de ces axes , qui aboutissent aux portiques , dévient toutes vers l'est. Pour le temple de Denderah, cette déviation est d'environ 1 7 degrés ; à Esné elle est de 46 ou 47 degrés pour le grand temple , et de 71 pour le petit temple situé un peu plus au nord.

Nous avons remarqué qu'à Denderah le zo-

a44 SUR LE ZODIA.QUE CIRCULAIRE

dans marche vers le temple, la série des signes ascendans se dispose à en sortir.

Répétons enfin la même construction pour le grand, temple d'Esné , dont la déviation orientale est seulement de 46% et plaçons-y toujours Tembléme de Syrius sur Taxe longitudinal du temple du coté du nord. Dans ce cas , si Ton conçoit , comme tout à rheure , une ligne méridienne menée par le cercle du médaillon circulaire , ou trouvera qu elle coupe Tanneau zodiacal du côté du nord au milieu de la poitrine du Lion , presque sur le. cercle horaire de Régulus; en sorte qu'à la vérité le premier signe entièrement descendant sera encore la Vierge comme dans l'autre temple , mais cependant on ne pourra pas considérer le Lion comme complètement passé de l'autre côté du méridien : il faudra donc le figurer comme, étant à moitié oriental et à moitié occidental. Vers Je sud , une pareille ambiguité n'existera point , et la ligne de partage passera encore entre le Verseau et les Poissons. Or c'est encore là. précisément le mode de partage qu'ofifre le zodiaque rectangulaire sculpté sur le portique de ce temple; seulement, par une particularité dont on ne saurait se rendre compte, si elle est réelle, le sens général de la marche des signes est con- • traire à celui des deux autres zodiaques ; et la situation des bandes est aussi renversée ; celle qui se compose des signes orientaux étant à l'occident de l'autre. Il est vrai que l'on a seulement

DE DE9DÉRÀH. 11^5

une moitié de plafond de ce portique qui est la partie orientale, et peut-être la connaissance de Fautre donnerait-elle quelque lumière sur cette inversion ; mais , quant au mode de partage dés signes, il est lié avec la déviation du temple comme dans les deux autres zodiaques rectangulaires.

Les relations que nous venons de décrire peuvent également se vérifier , et même d'une manière encore plus intelligible, en se servant d'une sphère à pôles mobiles que l'on monte pour Tépoquede 700 ans avant l'ère chrétienne, et dont on place le pôle au zénith. Car, en orientant d'abord cette sphère de manière que le solstice d'été se trouve au nord , si on la fait tourner ensuite autour de son axe vertical de manière à amener successivement Syrius dans les trois directions assignées aux trois axes des trois temples , on verra à chaque fois que le plan du méridien supposé fixe , coupera la sphère et les douze signes du zodiaque , conformément au mode de subdivision que les tableaux des portiques présentent.

J'ignore quel peut avoir été lé motif de ces rapports ; mais c'est assez qu'ils existent pour montrer que le partage différent du zodiaque dans ces trois monumens , n'est pas un signe de précessîon aussi certain, aussi caractéristique qu'on l'avait voulu supposer, puisque les relations précédentes, et peut-être bien d'autres encore en peuvent donner une raison suffisante. La haute antiquité que l'on attribuait ' aux zodiaques^

346 SUll LE ZODIAQUE GiRGULAIRE

d'Ësaé , d'après la certitude que IVmi accordait à ce caractère , n'en est donc plus une conséquence inévitable ; et ainsi la déterminatioii de l'époque à laquelle ils ont été construits, ou plutôt celle des phénomènes astronomiques qu'ils représ^i^ tent , se doit tirer d'ailleurs que de cette apparente nécessité,

Or, sans rien prononcer sur la nature du suj^t que peuvent exprimer les zodiaques d'£sné ^ ce que l'on ne saurait faire que par ccmjecture , puisque leur construction n'offre point de rapports géométriques qui puissent déceler avec pré* cision l'intention de leurs auteurs, nous ferons remarquer dans les emblèmes astronomiques qu'ils renferment, certaines particularités qui indiquent que l'état du ciel auquel ils se rapportent, est, *ou le même , ou du moins très-peu différent de cplui que représentent les zodiaques de Denderah* Le zodiaque du petit temple au nord d'Esné en offre surtout des preuves manifestes. Car, outre le petit Harpocrate sortant d'une fleur de lotus qui s'y trouve accompagner le Bélier comme dans les monumens de Denderah , et qui semble par conséquent désigner de même la position de l'équinoxe vernal dans cette constellation, l'on peut remarquer que le médaillon des sacrifices s'y trouve , comme dans les premiers zodiaques, placé entre le Verseau et le Capricorne, par conséquent dans le même point de la période annuelle. Op y vpit de raêrne, sous le Cancer,

JDE D£l«DERAiI. !l47

un personnage d'une apparence supérieure aux autres , dont la tête est environnée d'étoiles , et auquel répond une légende hiéroglyphique , précisément la même que portent dans le zodiaque circulaire les personnages placés sur le cercle horaire du Cancer , et que nous avons interprétés comme désignant les diverses parties de la constellation du Il^avire, dilatées et séparées par la nature de la projection. Mais ici , comme dans le zodiaque rectangulaire de Denderah , cette dilatation n'a pas lieu ; et le chef de la constellation , Canopus , a pu être seul employé pour la désigner. Conformément à la même analogie , le Sagittaire du petit temple d'Esné est également jBguré avec une barque sous ses pieds , emblème dont nous avons trouvé le sens dans les rapports de position qui existaient entre cette constellation et celle du Navire à l'époque représentée sur les zodiaques de Denderah. Enfin , la direction même de ce petit temple correspond exactement à l'observation du coucher de Syrius pour le même temps. Le zodiaque du grand temple d'Esné offre des indices moins nombreux de cette correspondance; et 9 en général, on peut remarquer que les emblèmes astronomiques y semblent figurés et disposés avec moins d'intention ; mais on y trouve cependant un caractère saillant d'analogie dans la figure d'un homme tenant à la main une fleur de lotus et porté sur le dos du Capricorne. Car ce personnage , qui a aussi son correspon-

a48 SUR LE ZODIAQUE CIRGULAI&B

dant sur le zodiaque rectangulaire de Denderab , se voit de même , et se voit porté sur le dos du Capricorne , dans le zodiaque circulaire , où , à la vérité, il tient une légende hiéroglyphique au lieu d'une fleur de lotus. Or nous avons trouvé que Tétoile marquée dans cette légende, fixe précisément le lieu astronomique du quadrilatère du Dauphin , lequel, à Tépoque représentée sur le zodiaque circulaire, avait une relation de position extrêmement remarquable et importante avec le point équinoxial. Si donc une relation pareille existait aussi dans l'état du ciel que les mouumens d'Esné représentent ; si le Sagittaire étant au méridien supérieur, le Navire se trouvait sous ses pieds ; si les parties principales de cette même constellation du Navire se trouvaient sur le cercle horaire du Cancer; si les emblèmes religieux y répondaient aux mêmes temps de l'année ; si enfin le Bélier s'y trouvait également désigné avec les caractères de l'équinoxe vemal; il faut incontestablement reconnaître que cet état du ciel appartient à la même époque céleste que représentent les zodiaques de Denderah, ou à une époque très-peu différente ; et cette conclusion qui concilie toutes les autres analogies de dessin , d'exécution , de lieu même , que ces monumens rassemblent, achève de faire évanouir le prestige de cette antiquité prodigieuse dont on les avait revêtus.

DS DEHDERAH. ^49

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