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tiens bilingues , les caractères hyérogliphiques qui correspondent aux noms propres de personnages étrangers à TÉgypte, M. ChampoUion a remarqué que le système d'écriture employé pour les traduire, consistait à 'remplacer chaque lettre, ou chaque son du mot étranger, par la représentation d'un objet naturel , dont le nom égyptien commençait par le ^son analogue. Cette comparaison lui a fourni un alphabet hiéroglyphique de sons , quHl a pu considérer comme applicable à tous les noms ainsi traduits. Or, en l'essayant sur un grand nombre de cartouches sculptés dans les teniples d'Egypte, il a trouvé qu'il reproduisait les titres et les noms de plusieurs empereurs romains , tels que César , Tibère , Domitien , Claude , etc. Il a cru même reconnaître , suf le contour extérieiu* du Zodiaque circulaire de Denderàh, le mot autocrator , exprimé dans ce genre de caractères ; ce qui établirait que ce monument a été sculpté sous la domination romaine. Le travail de M. Letronne, quoique conduisant à des résultats équivalens , est fondé sur des preuves d'une nature toute différente. Il repose sur la discussion des inscriptions grecques trouvées en Egypte , et dont quelquesunes étaient sculptées sur les temples mêmes de Denderàh et dé Latopolis. En rapprochant Une foule de circonstances de détail que ces inscriptions^
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indiqueut, M. Letronn6 prouve que , sous les Ptolémées, et sous les empereurs romains mêmes, les Egyptiens ont continué d'élever des temples consacrés à des Divinités de leur pays , et d'y sculpter des tableaux hiéroglyphiques , avec le même mode d'architecture, le même système de décorations, et, autant qu'ils le pouvaient, avec les mêmes formes usitées chez eux dans des temps plus anciens. Il montre ainsi , par une inscription , que le portique du temple de Denderah , où se trouve le grand zodiaque rectangulaire , a été bâti du temps de Tibère. Une autre inscription, trouvée par M.Gau sur un des temples de Latopolis , et relative aux sculptures astronomiques de ces temples , lui apprend qu'elles ont été faites , ou au moins ache? vées, du temps des Antonins.^ Au reste, il faut le dire , le caractère peu ancien de ces ouvrages avait frappé les artistes habiles , qui, depuis un certaiii nombre d'années, ont visité l'Egypte, et dessiné avec soin ses monumens. Car M. Gau et M. Huyo, par exemple, sans s'être nullement communiqué leurç porte- feuilles, y avaient marqué de même les diverses phases de l'art égyptien ; et , avec un tact également délicat , ils avaient rapporté les sculptures astronomiques à la plus récente. D'après l'acr cord parfait de preuves si diverses, il parait désormais bien difficile de douter que ces monumens
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astronomiques ne soient en efiet beaucoup plus iiiodérne^ qu'on ne l'avait cru d'abord, d'après une étude moins approfondie. Mais, en faisant évanouir les nuages de Pantiquité fabuleuse dont on les avait couverts , ces diverses recherches ne révèlent jusqu'ici que leur âge , et non l'époque des sujets astronomiques qu'ils représentent. Il se pourrait encore que ces sujets eussent toute l?antiquité qu'où leur avait attribuée , et que les monumens offrissent le souvenir d'une science antérieure remontant bien loin dans la nuit des siècles. Or c'est là, qu'on nous permette dé le dire, si non le seul point important de la question, du moins un de ceux qui en font le plus une question importante ; puisque c'est ce point qui intéresse le plus essentiellement l'histoire des sciences et celle de la civilisation humaine: car, sans doute, la seule exécution physique d'entreprises colossales telles que les pyramides et les autres édifices gigantesques qui couvrent l'Egypte, atteste un état social régulièrement ordonné ; mais qui pourrait très-bien n'avoir consisté que dans l'esclavage absolu d'une nombreuse population , presque sans aucun développement d'intelligence. Au lieu que des résultats scientifiques , et d'une science aussi abstraite que l'astronomie mathématique, seraient des monumens d'un tout autre ordre.