‹ Recherches Sur Quelques Has De Broncho-Pneumonie AiguëChapitre 15 sur 44 · EN TE · texte numérisé non relu

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ques minutes pour que grâce aux perles de verre sur lesquelles se fixe la fibrine, on obtienne une solution d’hémoglobine dans l’eau, prête à servir aux cultures.

Le sang lui-même peut être emprunté soit à l'homme, soit aux différents animaux de laboratoire,

Chez l’homme, il existe deux procédés, que l’on peut désigner sous le nom de procédé du doigt, et procédé dela ponction de la veine.

Le procédé du doigt a l’avantage considérable d’être extemporané, rapide et de n’exiger aucun aide puisque l'opérateur prend le sang sur lui-même, il a l’inconvénient d’êtré d’une pratique délicate ; cependant nous devons dire qu’il nous a été enseigné par notre chef de clinique et ami J. Hallé quienobtient toujours de bons résultats. Le voici : on pratique mécaniquement avec une brosse et une pierre ponce le nettoyage de la région préunguéale de la face dorsale d’un doigt de la main gauche. Savonnage consécutif, nettoyage au sublimé, à l'alcool, à l’éther et à l’eau bouillie.

Avec la main droite, on comprime alors le doigt nettoyé en l’exprimant pour ainsi dire de la base à la phalangette. Quand le doigt est congestionné, piquer la région préunguéale avec une aiguille stérile, faire sourdre le sang par pression du doigt et aspirer le sang sur place avec une pipette stérilisée préparée comme il a été dit plus haut.

Le procédé de la ponction de la veine est plus délicat. C'est ce procédé que l’on doit employer pour mettre le sang en culture. On nettoie chirurgicalement la région antérieure du coude d’un malade ou d’un aide. On applique une bande de toile à la région moyenne du bras, de façon à faire gonfler les veines du pli du coude. On applique ensuite, soit sur la veine même, soit à côté de la veine (il suffira ensuite de faire glisser la peau) une pointe de feu avec l’aiguille fine du thermocautère. Par cette piqûre, on ponctionnera la peau avec l'aiguille de la seringue stérile employée. Le sang sitôt aspiré est mêlé à l’eau du tube à pomme de terre.

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Enfin, en hiver, on peut prélever le sang dans le cœur à l’autopsie. Il faudra vérifier l’asepsie de ce sang.

A cause de sa richesse en hémoglobine, à cause aussi de sa très grande instabilité chimique, le sang de pigeon est très recherché. On le prend dans les veines axillaires de l'oiseau, ce qui permet de le laisser guérir et de le garder pour des prises répétées.

Il suffit d'arracher quelques plumes à la naissance de l’aile pour faire apparaître de grosses veines. Après nettoyage de la peau, on ponctionne avec une pipette flambée, ou une seringue stérile, et on se hâte de mettre le sang dans le tube à pomme de terre, à cause de sa coagulation rapide. e

Pendant notre travail au laboratoire de M. le professeur Grancher,M.Dembinski faisait des recherches sur la phagocytose dans la tuberculose aviaire, qui ont paru dans les Annales de l’Institut Pasteur. Plusieurs fois nous avons renouvelé notre provision de sang dans le cœur des cobayes qu'il venait de sacrifier.

Il est facile de faire dans la veine fémorale du chien de nombreuses prises de sang.

Chez le cheval, Grassberger a utilisé le caillot aseptique après les saignées fréquentes des Instituts antidiphtériques.

L’animal le plus facile à manier est le lapin.

On peut prendre le sang, soit dans les veines marginales de l'oreille, par ponction directe à la seringue, soit dans les carotides, et dans ce cas, nous verrons qu'il existe deux procédés distincts.

Voici le dispositif employé : L'animal étant fixé sur le dos, sur la table à opération, on coupe aux ciseaux les poils de la région du cou et on pratique le nettoyage chirurgical de la région. Ceci fait, on incise sur le milieu d’une ligne passant par les angles de la mâchoire jusqu’au sternum; on sectionne sur la ligne médiane les aponévroses jusqu’à la trachée. A ce moment, on prend la sonde cannelée, et en dégageant la partie latérale de la trachée on fait saillir la carotide, accompagnée du

pneumogastrique et du nerf de Cyon, que l’on sépare de l'artère. |

[1 faut alors dénuder l’artère sur la plus grande étendue possible, et passer sous elle trois fils de catgut. L'un, le supérieur, est lié immédiatement, il sert à empêcher l’hémorrhagie par le bout superficiel après ouverture de l’artère, — le deuxième sera lié sur la canule, — le troisième, inférieur, servira à une ligature provisoire, qui permet d’opérer sans perdre une goutte de sang. Cette ligature provisoire se fera, soit en relevant simplement le catgut qui comprimera la carotide, soit en serrant l'artère par une pince à forcipressure, garnie de caoutchouc, posée sur les deux bouts du catgut.

On fait alors aux ciseaux une ponction à l’artère, et on introduit sans hémorrhagie un petit appareil formé d’une canule mousse coupée en biseau, à laquelle est adapté un tube de caoutchouc sur lequel est posée une pince à forcipressure. Après avoir lié le catgut sur la canule et levé la pince qui retient le catgut inférieur, le sang pénètre dans le tube de caoutchouc et on le recueille dans les tubes préparés.

On peut également recueillir le sang du lapin dans un flacon d'Erlenmeyer. La coagulation permet de séparer le sérum qui est utilisé pour obtenir en milieu liquide le pneumocoque capsulé (Bezançon et Griffon). Mais si on laisse le sérum et le caillot en contact, j'ai observé que le sérum redissolvait une forte proportion d’hémoglobine, et ce sérum chargé d'hémoglobine est essentiellement apte à être ajouté à la gélose, car il constitue un milieu gélose-sérum-hémoglobine particulièrement riche.

Voici maintenant le procédé qu'ont décrit Bezançon et Griffon (Société de Biologie, 4 février 1899): « Dans des tubes contenant de la gélose fondue dans une certaine quantité de bouillon et maintenue liquide au bain-marie, on reçoit aseptiquement le sang au sortir de l'artère de l'animal ; on fait le . mélange en évitant de secouer le tube ; on le pose sur un plan incliné : en se refroidissant la masse de gélose emprisonne le

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sang dont on l’a additionnée. On a ainsi un terrain de culture où, grâce au substratum de gélose qu'on lui a fourni, le sang constitué, sans être modifié, un milieu solide utilisable. »

« Pour que ce milieu ait plus de consistance, la gélose est ajoutée au bouillon dans la proportion de 2 p. 100 ; on l’additionne, d'autre part, de 6 p. 100 de glycérine. »

On peut aussi utiliser le procédé suivant :

Après avoir retiré Le sérum d’un flacon d’'Erlenmeyer rempli de sang de lapin, on peut verser sur le caïillot une légère quantité d’eau distillée, stérilisée à l’autoclave. Cette eau dissoudra l’hémoglobine du caillot et donnera une solution aqueuse riche en hémoglobine apte à être employée. C’est le procédé du lavage du caillot, qui est particulièrement simple et m'a donné des résultats remarquables.

Vogel,en Allemagne, a décrit un procédé qui consiste à recevoir dans de l’agar bouillant une solution d’hémoglobine. Le tube d’agar est ensuite incliné et se coagule dans une position favorable. Mais, par ce procédé, l’hémoglobine est détruite, et nous n'avons eu que de mauvais résultats.

On voir combien sont multiples les procédés pour obtenir l’hémoglobine ou le sang. De toute façon, et à titre de vérification, il sera indispensable d’ensemencer un tube de bouillon avec chaque tube hémoglobinifère obtenu. C’est le seul moyen d'éviter des accidents fâcheux dans les recherches.

Il faut maintenant transformer le tube de gélose ordinaire en tube d’agar sang ou d’agar hémoôglobine. La manœuvre est simple : avec une pipette stérile, on aspire un ou deux centim. cubes de la solution sanguine que l’on répand sur la surface de la gélose ; on laisse hors de l’étuve le tube de gélose incliné d’une façon convenable, si bien que toute la superficie s'imbibe d’hémoglobine et que le tube pourra s’ensemencer et servir à des séparations de germe, comme un tube de gélose ordinaire.

Pour aspirer la solution d’hémoglobine, on utilise soit des pipettes fraîchement étirées, soit des pipettes effilées de façon

que la partie étirée ait environ un demi-millim. de lumière. Au moment d’utiliser la pipette, on la flambe en la tenant à ses deux extrémités, et on détermine ainsi l’amincissement d’une partie située près de la pointe. En courbant la pipette, après refroidissement on la casse en ce point. Il est inutile d’attendre le refroidissement complet du verre.

Les recherches de Grassberger,que nous avons vérifiées, et les cultures que nous avons faites nous ont montré qu’une tem- * pérature de 55° n’altérait pas les propriétés de culture de l’hémoglobine, pourvu qu’elle ne fût pas maintenue plus d’une heure à cette température.

Il est facile d'adopter le milieu d’agar-sang à la recherche des anaérobies, en la pratiquant soit par la méthode de Zuber- Veillon, soit par d’autres procédés.

On sait que Zuber et Veillon, reprenant la méthode de Liborius, ont décrit dans les Archives de Médecine expérimentale

(1894) un procédé qui consiste à employer des tubes de gélose sucrée contenant une colonne de gélose de 10 à 15 centim., et que l’on ensemence après avoir laissé refroidir sans se coaguler la gélose que l’on a fait fondre au bain-marie.

Dans la colonne de gélose se développent les colonies que l’on ira cueillir avec une pipette pour se livrer aux autres recherches. Il est aisé, lorsque la gélose est presque refroidie et avant l’ensemencement, d'introduire dans le tube une pipette d’une solution d’hémoglobine que nous avons décrite.

Ce procédé permet l'emploi d'un milieu spécial à la recherche des anaérobies et il est probable, a priori, qu'il permettra de trouver des espèces qui ont, dans la série anaérobie, les mêmes exigences que le gonocoque ou le bacille de Pfeiffer.

Pour faire les contrôles des cultures de microbes exigeant les milieux à sang, nous préférons nous servir de bouillon simple, et non de gélose ordinaire. Voici pourquoi : en faisant un ensemencement large, ainsi qu’il doit être fait pour tout contrôle, sur gélose ordinaire, on risque d'entraîner avec la prise suffisamment d'hémoglobine pour que le repiquage soit douteux ou même

positif. Ce sont de tels apports de matériaux utiles qui ont permis, par exemple à Macaigne, de cultiver le gonocoque sur gélose simple. Un ensemencement fait dans ces conditions resterait négatif sur le bouillon, à cause de la dilution extrême de l’hémoglobine ajoutée.

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