DURÉE
de la variation
de l'angle des feuilles
d'or de 20° à 10*.
RAPPORTS
Air en repos
secondes
Courant d'air des expériences précédentes
Courant d'air de la soufflerie. . .
Des expériences faites avec un courant de gaz acide carbonique ont conduit aux mêmes conclusions.
Ces expériences variées et concluantes montrent donc que la décharge des corps électrisés se fait par l'inter-
médiaire du gaz ambiant.
§2. — Expériences da?is l'air à diverses pressions.
Une conséquence immédiate des expériences qui précèdent est qu'en raréfiant l'air autour des conducteurs électrisés on doit ralentir la vitesse de déperdition due au rayonnement de l'uranium, et l'annuler dans le vide absolu. C'est ce qu'ont montré les expériences.
Pour ces observations, après divers essais faits avec une cloche de verre où l'on raréfiait l'air, et dans laquelle le disque d'uranium employé dans les expériences précédentes agissait sur une boule électrisée, isolée et reliée à un électroscope, j'ai utilisé une petite sphère d'uranium métallique de i3mm,yo de diamètre, habilement taillée par M. Werlein dans un lingot d'uranium presque pur que je devais à l'obligeance de M. Moissan.
S^smnnr-
Celle sphère d'uranium, soutenue par des supports parfaitement isolants, dans l'air ou dans divers gaz, perd sous l'influence de son rayonnement toute charge électrique qui lui a été communiquée.
On a employé, entre autres, la disposition suivante pour étudier cette déperdition. Une ampoule de verre (fig. 8) munie d'une tubulure latérale à robinet, et s' adaptant sur une trompe à mercure, présentait à la partie inférieure une
électrode en forme de coupole, que l'on reliait à la terre. La sphère d'uranium était suspendue et isolée au centre de l'ampoule, reposant sur un anneau maintenu par une tige de cuivre qui traversait un bouchon de diélectrine, coulée dans un tube conique rodé, fermant l'orifice supérieur de l'ampoule. La sphère d'uranium ainsi isolée était mise en relation soit avec un électromèlre de Hankel gradué pour la mesure des faibles potentiels, soit avec un électroscope à feuilles d'or gradué également, soit encore, pour certaines mesures de comparaison, avec ces deux électromètres réunis entre eux. On chargeait le système de la sphère d'uranium et de l'électromètre, et l'on étudiait la Mtesse de déperdition de l'électricité lorsque l'ampoule était pleine de gaz ou lorsque le gaz y était raréfié. Les expériences ont été résumées dans des tableaux détaillés publiés à la fin de ce chapitre. Les vitesses de déperdition y sont exprimées en volts par seconde. Pour avoir le débit d'électricité il faudrait multiplier cette déper-
Fig. 8.
dition par la capacité du système. Celle-ci est, du reste, variable avec la divergence des feuilles d'or, et on verra plus loin comment on peut l'évaluer.
Dans ces expériences il faut tenir compte de la déperdition qui se produit en l'absence du rayonnement étudié, déperdition due au défaut d'isolement du système. Pour quelques déterminations qualitatives on s'est borné à retirer la sphère d'uranium, ce qui modifiait un peu la capacité totale; mais pour des expériences plus précises on substituait à la sphère d'uranium une sphère de cuivre de même diamètre, et on étudiait la déperdition dans les conditions où l'on avait expérimenté avec l'uranium.
Je donnerai seulement ici un résumé succinct des tableaux d'expériences qui se trouvent à la fin de ce chapitre. Ceux-ci mentionnent d'abord des expériences faites avec la sphère d'uranium sous une cloche où l'air était raréfié; la diminution de la déperdition a été sensiblement proportionnelle à la racine carrée de la pression (i ).
PRESSIONS