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SUBSTANCES REPOSANT

SUR UNK DOUDLU KEUILLIÏ D ALUMINIUM BATTU.

Blende hexagonale.

Diamant.

Platino-

cyanuro île

baryum.

Sulfate

double

d'uianylc

et de potassium.

sur du

papier noir.

Sul fate

double

d'uianylc

et de potassium.

Ce tableau, ainsi que d'autres analogues que je ne rapporte pas, montrent qu'un même écran absorbe inégalement le rayonnement qui excite la phosphorescence de diverses substances.

On peut interpréter ce résultat en admettant que chaque substance est excitée par une partie spéciale du rayonnement total, comme on l'observe pour le rayonnement lumineux, et l'on en conclut que le rayonnement de la source radiante se compose de rayonnements de diverses natures, caractérisés ici par leur absorption, et présentant des différences analogues à celles des radiations de diverses longueurs d'onde d'un faisceau de lumière blanche.

On reconnaît, en particulier, que la phosphorescence du sulfate double d'uranyle et de potassium est excitée par des rayons très pénétrants; le faisceau filtré par du papier noir contient moins de rayons absorbables que celui qui a traversé seulement la double feuille d'aluminium battue. L'intensité de ce faisceau pénétrant est seulement réduite au tiers après son passage au travers d'une lame de cuivre de omm, i . Au contraire, le rayonnement qui excite la phosphorescence des autres corps, et en particulier celle du diamant est extrêmement absorbable; le mica et le papier noir ne laissent passer que quelques centièmes de l'intensité primitive de ce rayonnement particulier.

Parmi les effets de phosphorescence observés, l'un des plus curieux est la persistance considérable de la phosphorescence excitée par le radium dans certains minéraux, et en particulier dans la fluorine. La phosphorescence de la

fluorine reste observable pendant plus de vingt-quatre heures après que l'influence du radium a cessé.

On a expérimenté avec divers échantillons de fluorine réunis autrefois pour mes recherches et qui, exposés à la lumière du jour ou au soleil, puis examinés ensuite dans une chambre noire, sont faiblement phosphorescents. Si on les expose à la lumière de l'arc électrique, ils deviennent beaucoup plus lumineux, et conservent une phosphorescence appréciable pendant des heures entières. Le même effet est obtenu lorsqu'on fait éclater, très près d'un cristal de fluorine, la décharge d'une bouteille de Leyde. Le rayonnement du radium produit une action presque aussi intense.

On doit rapprocher ce phénomène de celui qui a été observé par sir W. Crookes puis par mon père (i), sous l'influence des rayons cathodiques dans un tube à gaz très raréfié; la persistance lumineuse de matières qui s'éteignent assez lentement dans le phosphoroscope est considérablement augmentée; on observe facilement ce phénomène avec le spath d'Islande, le verre, la fluorine, la leucophane; la phosphorescence des substances qui s'éteignent très vite, comme les sels d'uranium ou les platinocyanures, ne présente pas de persistance observable autrement qu'au phosphoroscope. Dans les expériences précitées, mon père avait reconnu que le spath fluor blanc se colore rapidement en violet sous l'influence des rayons cathodiques; le même effet avait été observé en i83a, par

(1) Comptes rendus de V Académie des Sciences, t. CI, p. 205;, 1885.

M. Perseal (i), sous l'influence de l'étincelle électrique. Le rayonnement de la préparation de radium avec laquelle ont été faites les expériences présentes n'a pas fait naître, pendant la durée relativement courte de l'influence, ce phénomène de coloration au travers d'une feuille de mica qui supportait les fragments de fluorine influencés. 11 semble que ce soit le même phénomène que la coloration violette du verre sous l'action du radium, signalée par M. et Mme Curie.

L'influence des radiations du radium sur la phosphorescence par la chaleur, a donné lieu à un résultat intéressant.

On sait que la fluorine naturelle est phosphorescente par la chaleur ou thermo-luminescente. Si on réchauffe, elle rend sous forme de lumière une quantité d'énergie qu'elle a dû emmagasiner antérieurement, et quelle aurait conservée si elle n'avait pas été échauffée. Cette élévation de température la rend impropre à devenir de nouveau lumineuse par une calcination ultérieure. Un grand nombre de minéraux et toutes les préparations phosphorescentes présentent cette propriété.

Dessaignes, en 1809, avait observé qu'en faisant éclater la décharge d'une bouteille de Leyde, très près des corps calcinés et devenus inactifs, on leur rendait la faculté d'être de nouveau phosphorescents par la chaleur, soit immédiatement, soit à une époque ultérieure quelconque. L'action prolongée des rayons violets et ultra-violets produit le même effet (2).

(1) Ann. de Ch. et de Plujs., t. XLIX, p. 337 et 346, 183-2.

(2) Ed. Becquerel, « La Lumière », 1. 1, p. 51.

J'ai eu l'occasion de montrer (i) que dans le phénomène de la phosphorescence par la chaleur, la lumière émise est identique, comme composition, à celle que l'on observe avec le phosphoroscope sous l'influence de la lumière.

Pour la fluorine, en particulier, le spectre de la lueur émise se compose des mêmes raies et bandes, qui apparaissent et persistent dans un ordre révélant la plus ou moins grande rapidité d'extinction, ou la plus ou moins grande capacité lumineuse de substances ou de combinaisons diverses existant dans le minéral. Avec la fluorine verte qui a servi aux expérierîces décrites plus haut, lorsque l'étincelle rend au cristal, devenu inactif, une énergie nouvelle, l'émission lumineuse est la même qu'au phosphoroscope. On remarque toutefois la prédominance d'une lueur continue verte et bleue, avec deux maxima dont les longueurs d'onde sont comprises dans les limites (0^,530 à o^,5 10 et o'J,488 à 0^,480). On reconnaît, avec le phosphoroscope, que cette lueur a une durée de persistance plus grande que celles des autres bandes, mais qu'elle est plus lente à atteindre son intensité maximum.

On a soumis à l'influence du radium, en les plaçant sur une lame mince de mica, à quelques millimètres au-dessus de la matière active, des fragments de fluorine préalablement calcinés et rendus inactifs.

Ces fragments, qui deviennent alors instantanément lumineux, redeviennent rapidement capables de rendre, quand on les échauffe, une lueur identique à celle qui est émise

(I) Comptes rendus de l'Académie des Sciences, t. CXII, p. 557, 1891

lorsque la faculté de luire est restituée par une étincelle électrique; on y observe la prédominance de la bande (53 1 à 4/8) signalée plus haut.

Déjà, en 1897, M. Borgman (1) avait pu manifester avec les rayons de L'uranium un effet de thermo-luminescence sur des mélanges de sulfate de calcium et de sulfate de

manganèse.

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