‹ Recherches sur une propriété nouvelle de la matièreChapitre 35 sur 86 · AUTRES ÉPREUVES. CHAMP MAGNÉTIQUE H · texte numérisé non relu

AUTRES ÉPREUVES. CHAMP MAGNÉTIQUE H

Papier noir,

épaisseur

0mm,065

Aluminium,

épaisseur

0mm,10

Aluminium,

et papier noir superp.

Limites. Côté le plus déviable. •.

Maximum

Limites. Côté le moins déviable

Limite plus déviable. . .

Maximum

Limites. Côté le moins dé- , viable

Limite plus déviable. .

Maximum

Limite moins déviable.

SUR UNE PROPRIÉTÉ NOUVELLE DE LA MATIERE. l6l

Ces nombres ne sont que très grossièrement approchés. Les valeurs relatives au champ de 2'36i unités doivent être considérées comme plus exactes, car l'intensité a été mesurée par la méthode électro-magnétique au moment même où l'on a fait l'épreuve photographique. Nous verrons plus loin comment on peut obtenir par une autre méthode les valeurs du produit RH pour les mêmes rayons. Les nombres qui précèdent donnent cependant une idée de l'ordre de grandeur du produit RH et de ses variations dans le faisceau dispersé (i).

§ 5. — Variation apparente de l'absorption avec la distance des écrans à la source active.

Au cours de ces expériences, il s'est présenté un phénomène inattendu. On vient de voir que si l'on place sur une plaque photographique, à côté d'une petite cuve contenant du radium, divers écrans formés de bandes de papier, de mica ou de verre, et si l'on ramène sur la plaque le rayonnement de la cuve en le soumettant à l'influence d'un champ magnétique, les impressions s'arrêtent à des distances inégales de la source. S'il n'y a pas d'écran sur la plaque, l'impression se fait jusque dans le voisinage immédiat de la petite cuve, montrant ainsi l'existence de

1 1 ) Dans mes premières publications, le champ magnétique avait été déduit d'une mesure optique de polarisation rotatoire magnétique, dans une direction faisant environ 83° avec le champ. On avait trouvé H = 17 40. Or, une erreur de 1° sur l'angle de la direction du rayon polarisé avec le champ conduit à une erreur relative de 0,18 sur la valeur du champ. La mesure électro-magnétique doit être considérée comme beaucoup plus exacte.

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rayons très fortement déviés, inégalement arrêtés par les divers écrans dont il vient d'être question.

Mais si, au lieu de placer ces mêmes écrans isolément sur la plaque photographique, on les place sur la petite cuve elle-même qui contient la source active, et s'il n'y a pas d'autre écran sur la plaque, on observe une impression qui s'étend jusque près de la source, comme si l'écran avec lequel on vient de la couvrir n'existait pas. Ce fait a paru général. H a été observé avec du papier noir et des lames d'aluminium, de cuivre et de plomb d'environ omin,i d'épaisseur.

Les radiations ont leur intensité plus ou moins diminuée par ces écrans, mais quand ceux-ci sont très près de la source, l'impression plus ou moins affaiblie s'étend jusqu'à la source elle-même, montrant qu'il arrive alors sur la plaque des radiations de toute déviabilité, depuis celles qui sont très peu déviées et très pénétrantes jusqu'à celles qui viennent s'arrêter sur le bord même de la cuve. .

11 semble alors que chaque écran se laisse traverser par les radiations qu'il arrête lorsqu'il est posé sur la plaque.

Au lieu de placer les écrans sur la cuve elle-même on peut couvrir celle-ci d'une petite gouttière cylindrique plus ou moins épaisse. Dans ces conditions l'aluminium sous omm,20 d'épaisseur a transmis des radiations bien plus déviables que celles qui sont arrêtées parla même épaisseur du inétal posé sur la plaque. Une épaisseur de plomb de omu,,33 a arrêté la partie très déviable du rayonnement. L'épreuve reproduite (PI. VI, lig. 36) est relative à l'expérience faite avec l'aluminium et peut être comparée avec la figure précédente (A-2i-3-oo, PI. VI, lig. 34).

L'effet n'est pas dû à ce que l'écran n'est plus en contact avec la plaque photographique, car deux lames d'aluminium de om, i d'épaisseur, parallèles toutes deux à la plaque photographique Tune posée sur la gélatine l'autre à 2 millimètres au-dessus, ont donné la même absorption qualitative.

Si l'on dispose trois lames d'aluminium d'égale épaisseur, l'une sur la plaque, l'autre inclinée à 45°, et la troisième verticale, toutes trois s'approchant très près de la source, on constate que pour ces trois plaques la limite des radiations qui impressionnent la plaque photographique se rapproche progressivement de la source.

J'ai vérifié cette variation dans l'absorption apparente des écrans avec leur distance à la source par des observations de phosphorescence. M. et Mme Curie, ainsi que MM.Meyerctv. Schweidler l'ont égalcmentvérifiée par des expériences électriques. Le phénomène est différent de celui qui a été observé par M. et Mme Curie pour les rayons a du radium et pour les rayons du polonium, car ces ravons sont d'une autre nature.

On verra plus loin comment on peut reconnaître que certains rayons, partiellement absorbés, provoquent une émission de rayons secondaires à leur sortie des écrans partiellement transparents tels que l'aluminium. Ces rayons secondaires sont plus déviables et moins pénétrants que les rayons excitateurs ; ils se substituent aux l'ayons arrêtés par l'écran et si celui-ci est assez près de la source, leur intensité est telle qu'ils ne paraissent pas différer des rayons qui seraient issus de la source et auraient été transmis sans absorption. Dans le cas de surfaces cylindriques, ces nouveaux rayons, normaux à la surface, semblent

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provenir d'un point de l'axe de ces surfaces. On verra également que cette substitution n'a lieu que pour les rayons très déviables et qu'une très grande partie du rayonnement traverse sans modification les écrans métalliques. Nous traiterons ce point avec quelques détails dans l'un des chapitres suivants.

Le phénomène de la variation de l'absorption avec la distance à la source n'est donc qu'une apparence due à la production de rayons secondaires qui ont toutes les propriétés des rayons arrêtés et auxquels ils se substituent.

Un petit tube de verre contenant du radium émet des rayons de toute déviabilité, rayons dont une notable partie est un rayonnement secondaire excité dans le verre du tube, et qui pourrait être partiellement arrêté par un second tube de verre semblable au premier.

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