VALEURS MOYENNES DÉDUITES DES EXPÉRIENCES DE M. KAUFMANN
Les nombres extrêmes sont moins bien déterminés que les autres. On remarquera, en particulier, que la vitesse calculée pour les rayons les moins déviables est supérieure à la vitesse de la lumière. Il n'est pas démontré que ce résultat corresponde à la réalité et ne soit pas du à des erreurs d'expérience, bien que trois épreuves sur cinq aient donné la valeur inscrite dans le tableau ci-dessus.
Il résulte donc de ces expériences que la valeur du
rapport — calculé par les formules de la théorie balis-
tique, est une fonction de la vitesse v.
Ce fait une fois constaté, on peut aller plus loin dans les conceptions théoriques et se demander si la masse m ainsi calculée n'est pas, en partie du moins, apparente.
En effet, si la masse en mouvement représente un élément de courant d'intensité i, défini par ids = ev, tout phénomène qui tendra à changer la vitesse fera varier i, et comme toute variation de i provoque des phénomènes d'induction qui tendent à s'opposer à cette variation, c'està-dire au changement de y, on voit que l'existence d'une charge en mouvement crée une sorte d'inertie particulière de nature électromagnétique, qui augmentera la valeur de la masse m, si elle ne constitue pas cette masse toute entière.
Dans la première publication citée plus haut, M. Kaufmann, appliquant à ses premières mesures un calcul théorique de M. Searle, avait conclu que la masse calculée comportait une partie apparente qui, pour les vitesses petites par rapport à celle de la lumière, pouvait atteindre le tiers de la partie réelle, et qui, pour les rayons les plus rapides, surpassait notablement la masse réelle.
Dans la seconde et surtout dans la troisième publication, M. K au fin an n a appliqué à ses déterminations une théorie de M. M. Abraham et il a reconnu qu'en supposant la masse m entièrement de nature électromagnétique, les formules de M. Abraham permettaient de calculer des déviations électriques et magnétiques dont les différences avec les nombres observés étaient voisines de o,oi et ne dépassaient pas généralement o,o5 de leur valeur, c'est-à-
dire l'ordre de grandeur des erreurs expérimentales. La conclusion de M. Jvaufïnann est que, aussi bien pour les rayons déviables du radium quepour les rayons cathodiques, la masse des électrons est purement électromagnétique.