CHAPITRE IV
Urobilinurie chez les tuberculeux
L'urobiline ou plus exactement son chromogène (urobiline réduite de Disqué) existe presque constamment dans l'urine normale, mais elle ne s’y trouve qu’en minime proportion.
Elle augmente notablement dans les maladies avec retentissement sur le foie, surtout dans les maladies fébriles aiguës ; chez les alcoo!iques ; après l'injection de certaines substances toxiques, l'injection de tuberculine par exemple. Chantemesse a souvent observé la présence de l’urobiline dans l’urine des chevaux de l'Institut Pasteur soumis aux injections de toxines ; à l’autopsie il a constaté plusieurs fois une dégénérescence graisseuse du foie trés prononcée.
L'urobiline diminue au contraire dans les maladies accompagnées d’un ralentissement notable dans les phénomènes de la nutrition générale, la chlorose, l’anémie, ainsi que la convalescence des fièvres graves, |
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La tuberculose doit-elle étre rangée parmi les maladies produisant l’urobilinurie ?
M. Hanot pense que oui, puisque, dans-son service de Saint-Antoine, ila trouvé sur 300 examens d’ urine de tuberculeux 38 fois p. 0/0 de l’urobiline chez les hommes et 30 fois 0/0 chez les femmes. M. Hayem, au contraire, estime que l’urobilinurie est rare dans Ja tuberculose. D’après lui, toutes les fois qu'un tuberculeux a de l’urobilinurie il y a une raison, et cette raison ne dépend souvent pas de la ‘ maladie (alcoolisme, maladie étrangère, troubles cireula-. toires à retentissement hépatique).
11 faut tenir compte dans la sfatistique de M. Hanot de la clientèle de Saint-Antoine qui est une clientèle de buveurs. Un bon nombre de malades qui entrent dans le service de M. Hayem à Saint-Antoine ont de l’urobilinurie; elle disparait en général rapidement par le régime de l'hôpital.
Sans être très fréquente, l'urobilinurie existe cependant assez souvent dans la tuberculose, surtout chez les malades avancés dont le foie est toujours plus ou moins dégénéré. M. Hayem voit dans le degré de la maladie k bien plus que dans l’emploi de la créosote (Hanot) la cause de la fréquence ou de la rareté de l’urobiline dans les urines des tuberculeux.
Voici le résultat de ses recherches faites sur 28 malades. Sur {1 malades entrant dans son service il a constaté :
9 fois absence d'urobiline dans le tube à essai : > fois une trace nette en couche épaisse :
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10 fois le chromogène plus ou moins abondant ;
2 fois l’urobiline en grande abondance.
Chez 17 malades en traitement dans le service, 8 prenaient de la créosote et 9 n’en prenaient pas.
Chez les créosotés il y avait:
6 fois absence d’urobiline, 2 fois une trace, 8 fois le chromogène.
Chez les 9 malades non créosotés et dont 8 avaient de la fièvre, M. Hayem trouva:
1 fois absence d’urobiline, 6 fois une trace, 2 fois une grande quantité.
Comme on le voit, l'urobiline existe en bien plus grande quantité chez les malades ne prenant pas de créosote, et cela semble donner raison à M. Hanot, d’après lequel la créosote diminuerait et ferait disparaitre l’urobiline de l'urine des tuberculeux.
M. Hayem fait remarquer que la véritable raison de ce fait est que plus le malade est avancé et moins on lui donne de créosote, et que c'est parce qu’il est plus malade et non parce qu'il ne prend pas de créosote qu'il a de l’urobiline dans les urines.
Nos recherches portant sur 100 urines de malades à tous les degrés, en traitement depuis plusieurs mois, quelques-unes, depuis plusieurs années à l'hôpital, nous ont démontré que l'urobilinurie véritable, caractérisée par la bande d'absorption dans le spectre entre b et F lorsqu'on
LS ADRE
examine l'urine dans un tube à essai, est rare dans la
tuberculose, Nous ne l’avons rencontrée que 9 fois sur 100 exa-
mens et 7 fois chez des malades très avancés. Nous sommes donc pleinement de l’avis de M. le professeur Hayem, et comme lui nous pensons que si on écarte toutes les causes qui peuvent produire l’urobilinurie en dehors de la maladie, elle est rare dans la tuberculose.
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