‹ Recherches Urologiques Dans La TuberculoseChapitre 6 sur 17 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Variations de l'urée , des phoesphates et des chlorures dans la tuberculose

Pour étudier les variations des éléments normaux de l'urine, il faut les rapporter à un type considéré comme physiologique. Ce type n'a rien d'absolu, il est la résultante d’un ensemble de facteurs : poids, âge, sexe, alimentation, travail. C’est croyons-nous, pour avoir souvent négligé ces données que les auteurs étudiant les variations des : éléments normaux de l'urine chez les tuberculeux sont arrivée à des résultats différents. On doit tenir compte, en effet, chez ces malades de leur alimentation souvent défectueuse, de leur repos en général presque complet et de leur état de maigreur. Nous avons pensé en tenir compte en prenant comme moyenne normale les chiffres les moins élevés donnés par les auteurs. Ainsi on considère que l'excrétion physiologique de l’urée chez la femme bien portante varie entre 20 et 28 grammes : nous avons pris 20 grammes comme type normal. De même pour les phos-

phates et les chlorures.

LR

Variations de l’Urée.

On admet, en général, qu'à toutes les périodes de la tuberculose, il y a une diminution de la production de l’urée. Cette diminution, à peine sensible au début, augmente, graduellement avec les progrès de la maladie ; la déchéance de plus en plus grande de l'organisme le fait suffisamment comprendre.

Plus encore que le degré de la maladie, l'état du malade influe sur la production de l’urée et suivant que cet état s'améliore, reste stationnaire ou diminue ; l’urée augmente, reste stationnaire ou diminue. Tout cela est relaüif, car dans les meilleures conditions l’urée est encore souvent diminuée. ”

La fièvre peut aussi parfois augmenter d’une facon sensible l’excrétion de l’urée. Manot lui nie toute influence. Rauty fait une distinction. D’après lui la fièvre due à une poussée congestive, à l’éclosion de nouveaux tubercules, ‘augmenterait la courbe de l’urée, tandis que la fièvre hectique due à la résorption de produits septiques la diminuerait de plus en plus.

Cela est vrai, mais c’est, croyons nous, moins la nature et l'intensité de la fièvre qu’il faut considérer que

l'état du malade. Il en est de même dans la tuberculose que dans les autres maladies : un malade débilité avant l'invasion de la fièvre, peut, malgré une fièvre intense, ne rejeter que peu d’urée, tandis que celle-ci peut être en augmentation notable avec une fièvre plus légère chez un malade non débilité. Chez deux de nos malades prises, en pleine santé, d’hémoptysie avec fièvre, nous avons trouvé l’urée légèrement augmentée, alors que nous n'avons jamais observé ce fait sur d’autres plus avancées dans l’évolution tuberculeuse et qui avaient une fièvre intense.

Comme moyenne d'élimination d’urée chez nos 50 malades à tous les degrés, nous avons trouvé 14 gr. 50, soit encore 72 p. 0/0 du chiffre normal. Prenant £0 gr. comme minimum de l’excrétion de l’urée chez la femme, nous n'avons eu que 24 p. 100 de nos malades à atteindre ou dépasser ce chiffre ; 30 p. 0/0 avaient moins de 10 gr. Le chiffre le plus fort obtenu à été de a gr. 25, le plus faible de 6 gr. 25.

Voici le tableau détaillé de nos eee 4

Elimination normale de l'urée chez la femme : 20 à 28 gr. par 24 heures.

17 malades au 1° degré :

Urines contenant plus de 28 gr. d'urée.....: O0 « « plus de 20:97 4 2. PTEeUUES « « moins de 20 gr77 1... 40 D Elimination la-plus forte, : .:...,......,, ARE Te 9 00 « laplus faible, or PART 16 g.

Moyenne des 17 analyses........,..,,..... 19 g, 65

FE eee

17 malades au 2 degré

Urines contenant plus de 28 gr. d’urée...... (0

« « plus dé 2Q gr. .:2.He0 7e 4

« BE Moins. de, 20 Er 0 13 Elimination la plus forte: 24, 6,2 poeme 24 g. 19 « la plus fible AU URE, CPS Seat Moyenne des 17 analyses...............,,.. 14 g. 90

16 malades au 3° degré

Ürines contenant plus de 28 gr. d’urée...... Ô « « blus de PO SPEL Eee (0 « « moins de 20 gr...... A 16 Elimination laplus forte: 45. 2e NL Ce « la plus faible: re re ete 6. g..25 Moyenne des 16 analyses. 2.:..,42:.4. 7020 9'g.

Moyenne des 50 analyses... 14 g. 75

L'importance pratique de l'étude des variations de l’urée dans la tuberculose nous semble très grande au point de vue du pronostic.

L’accroissement et la diminution de l’excrétion de l'urée mesure pour ainsi dire le degré de vitalité de l’organisme ; ils indiquent que les phénomènes nutritifs se font bien ou mal et par là ils permettent de voir si le malade se maintient dans un état convenable, s’il pourra guérir ou àu moins yivre encore longtemps, ou bien s’il s’achemine rapidement vers la cachexie et la-mort, Les varia-

DR

RP À -RREt tions de l’urée suivent d’ailleurs toujours les oscillations de la balance. | Si le malade a de la fièvre, l'augmentation ou la diminution de l’urée fera connaître plus que la nature de la

fièvre, l'état de résistance du malade et cela mieux encore à notre avis que les oscillations du poids.

Page 1