‹ Recherchess anatomiques et physiologiques sur les Diptères, accompagnées de considérations relatives a l'histoire naturelle de ces insectesChapitre 30 sur 84 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

APPAREIL GÉNITAL

ARTICLE 1"

APPAREIL GENITAL MÂLE,

Il se fait remarquer par sa petitesse et difière essentiellement de ceux des familles qui précèdent. Je prendrai pour type de ma description celui du B. posticus. © N

Les testicules, ovoïdes et d’un brun ferrngineux, dégénèrent insensiblement en un conduit déférent fliforme , coloré comme eux et de leur longueur au moins. Les vésicules séminales forment une masse agoglomérée, au milieu de laquelle se perdent les conduits déférents, rapprochés et contigus. On prendrait, au premier coup d'œil, cette agglomération pour une seule grosse vésicule; mais un scalpel adroït et heureux y démêéle deux pelotons égaux contigus, formés chacun par les entortillements inextricables d’un vaisseau unique aussi fin que le brin d’un cocon et dont la longueur dépasse celle de linsecte; le canal éjaculateur, presque entièrement caché sous ce peloton, est à peu près droit et de la longueur du conduit déférent.

L'armure copulatrice, qui se dérobe à l'œil au milieu de la fourrure du bout de l'abdomen, peut facilement étre mise en évidence par une compression expulsive bien ménagée. Le forceps en forme la partie la’ plus apparente : il est ovale ie coriacé, velu, plus large et bombé à sa base, déprimé et atténué à lextrémité de ses branches, qui est obliquement tronquée; une plaque triangulaire, placée comme un coin entre les bases du forceps , est l’analogue de la pièce basilaire. La volselle, qui est inférieure , tantôt dépasse et tantôt n’atteint pas les extrémités du forceps; elle est formée de deux pièces adossées roussâtres, terminées par un crochet ployé habituellement en dessous, mais

qui se redresse dans l'acte copulatif, Ce crochet est affilé à sa pointe et hérissé de soies piquantes dirigées d’arrière en avant, et de deux ou trois épines au côté interne. Le fourreau de la verge, situé entre les branches de la volselle, est allongé.

Dans l'Usia, les testicules et les conduits déférents ressemblent à ceux du, Bombylius; mais les vésicules séminales, loin d’être confondues en une seule agglomération, sont très-distinctes et formées pour chaque côté par un seul vaisseau très-flexueux ou reployé.

Les organes sécréteurs et conservateurs du sperme ressemblent, dans le Phtiria, à ceux de l'Usia; mais les vésicules seminales sont fort courtes, réfléchies en arrière et renflées vers leur insertion au canal éjaculateur.

Les testicules du À. venusta sont oblongs, non colorés ; les conduits déférents capillaires, de leur longueur; les vésicules séminales, tout aussi grèles et entremélées. Le canal éjaculateur est plus court que les conduits déférents.

ARTICLE Il.

APPAREIL GÉNITAL FEMELLE

Avant d’exposer les organes essentiels de ce sexe, je ferai connaître la curieuse structure de l'extrémité de l'abdomen des Bombyles femelles, et en particulier celle du B. major. Par une compression expulsive graduée, on voit se dérouler des parties qui, dans le repos, restent profondément engagées dans les derniers segments : c’est d’abord une large ceinture dorée et soyeuse de poils fins, serrés, dans le sens de la longueur du corps, formant en arrière une frange courbée; ensuite, apparaît une sorte de segment ayant au milieu un écusson brunâtre, glabre, et sur les flancs un duvet doré pâle, fin, moelleux, couche. Il y a de chaque côté du bord postérieur de ce segment un peigne à une douzaine de dents longues, fines, noires, droites et parallèles,

qui, au microscope, sont autant de baguettes cornées, un peu en massue. Deux panneaux largement tronqués, finement velus, et entre lesquels on parvient à déterminer la hernie ou du rectum ou du vagin, forment la dernière pièce mise en évidence. Il ne nous est pas donné d’assigner à @es pièces leurs attributions physiologiques, soit dans l’acte copulatif, soit pour la ponte.

Les ovaires du B. cruciatus, dans une gestation avancée, forment chacun une grosse grappe globuleuse de gaines ovigères innombrables, uniloculaires, convergentes; le calice est central, le col tubuleux, de la longueur de l'ovaire, loviducte court, terminé par deux tentacules vulvaires oblongs, obliquement tronqués; les œufs, globuleux dans les gaines, sont ovalaires dans le calice.

L'appareil séhifique (et séminal) a une complication désespérante pour le physiologiste. J'avoue et tout mon embarras pour la désignation de quelques-unes de ses parties constitutives et toute mon incertitude pour les véritables attributions fonctionnelles. Il m'a paru s'insérer à la face inférieure de l’origine de loviducte. Il y a trois orbicelles à centre brun, ovoïdes, contigus, se continuant en arrière en un col efférent qui offre au milieu un trait longitudinal brun, mclus, analogue au point central de l’orbicelle ; les trois cols aboutissent à une souche commune fort courte. Dans le B. cruciatus, le col a une dilatation qui ne s’observe pas dans le B. major, et le trait brun inclus est infiniment plus court dans la première de ces'espèces et le B. minor que dans la seconde. Dans le B. major, dont l'orbicelle est rond et forme la base d’un cône, ce trait brun se termine en avant comme en arrière par un bourrelet transversal qui dépasse un peu son diamètre; mais ce que j'ai bien constaté, en déchirant le tissu de l'organe, c'est que ce trait communique, par un conduit incolore plus fin que lui, et à l'ombilic brun de l’orbicelle et à son insertion postérieure : la texture contractile de l'enveloppe extérieure du col efférent se manifeste, au microscope, par de légers festons de ses bords.

Cette glande offre d’autres modifications spécifiques dans le B. ctenopterus; les orbicelles à centre brun et arrondis ont des cols

256 RECHERCHES ANATOMIQUES ET PHYSIOLOGIQUES trois fois plus longs que dans les précédents, courbés en anse et : tellement accolés ensemble, qu'ils en imposent pour un seul conduit; mais on parvient à les isoler : ils n’ont pas le trait brun et ils se renflent en arrière.

Les réservoirs, que} "hésite àappeler séminaux, sont au nombre de deux paires, au moins dans le B. cruciatus": l'une, que j ’appellerai essentielle, parce qu’elle s’observe dans toutes les espèces de Bombylus, est vésiculaire, ovoïde ou pyriforme, blanchâtre, à parois assez épaisses, mais souples, atténuée en arrière pour l'insertion brusque d’un col capillaire; oblongue dans le B. major et le B. ctenopterus, plus longuement atténuée dans le B. minor : ces vésicules correspondent à ce que, ailleurs, j'ai appelé provisoirement réservoirs séminaux. L'autre paire, constatée dans le B. crucialus, consiste en deux longs vaisseaux simples, plus fins qu'un cheveu, reployés et perdus au milieu de la pulpe adipeuse du bout de l'abdomen. Quelles sont donc les attributions physiologiques de ces filets capillaires reployés, qui, d'ordinaire, sont sécréteurs ? Judicent periliores!

Les ovaires de l'Usia et du Phtiria sont ovalaires et non globuleux, avec un col tubuleux bien plus marqué que dans les Bombyles, surtout dans le Phtiria; les gaines ovigères sont bi ou triloculaires dans le premier genre, uniloculaires dans le second : les œufs à terme, dans celui-ci, sont ovales et d’un roux pâle. Il y à dans l'Usia trois orbicelles à centre brun et deux réservoirs séminaux longs, filiformes.

FAMILLES DES THÉRÉVIDES ET DES LEPTIDES.

J’examinerai en commun leur splanchnologie dans le seul but d'abréger mon texte, car, en entomologie, ce sont deux groupes bien distincts. J'ai disséqué les :

1. Thereva plebeia. L. L. Thereva confinis. Mer. 2 bipunctata. Merc. 5: Leptis tringaria. L.

3 nobilitata. T. 6. Chrysopila aurata. Maco.

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