DANS LE JARDIN, A L'AUBE
L'aube a bu la fraîcheur de votre main levée Frissonnante déjà du baiser des corolles Qui s'extasient en plein azur et qui s'affolent De vous trouver si tôt près d'elles arrivée ;
0 vous, limpide et chaste et si candide, fleur D'un sang plus riche et plus pur ! ô vous, dans l'éveil Du jour songeur et doux dont le lys s'émerveille, Vous accueillez en votre éclatante pâleur
Les dons de la rose et du jasmin, les parfums Et les haleines et les pudeurs matinales De la couleur encore hésitante aux pétales Dont la gloire vaincra les midis importuns ;
Vous absorbez et vous fondez par le sourire Dans l'éclat fier de votre geste et de vos yeux Tout le rêve subtil du ciel audacieux Et, par vous, la beauté de l'univers respire.