PRODUITS DE LA FORÊT
Bardeaux mille 65,197 0.85
été comme suit en 1886 :
Produits de l’agriculture $2,405,888.80 de la forêt 1,169,715.65 LL des mines 271,914,75 de des pêcieries 395,130,82
ne mo ms
Son valeur 39,775 10% 3,977,60 Mouton " 18,450 10% 1,845.90 Autre viande “4 52,005 10% 5,300.50 Pommes " 55,302 10% 5,330.20
Planches etc., etc. 1000 pds 614,985 $200 le mille $1,029,970.00
19,318.,95 Piquets, lattes etc, val. $213,881 20% 42,776.20 Douves fé 220,001 10# 32,560.10 Shookx * 79,064 35% 27,672,40 Voliges 1000 pds 8,709 #200 le mille 17,418.00 $1,169,715.65 PRODUITS DES MINES
Charbon ton. 362,558 $0,75 la ton. $271,914.75
PRODUITS DES PÊCHERIES Morue séche et salée Ibs. 18,590,432 ct. par lb. $92,952,16 Maquereau “12178400 let. , 123,278.91 Hareng Fri 10708067 der. 4 53,960.00 $395,1830.82
En résumani toutes ces données, on trouve que les taxes de douane acquittées aux Etats. Unis par les produits naturels du Canada, tels que plus haut mentionnés, ont
LR
En me basant sur les paroles mêmes de l’hon.
premier ministre, je prétends que si rous avions la réciprocité commerciale avec les Etats-Unis, les producteurs canadiens benilicieraient de ce montant de taxes, c’est à-dire que la valeur de leurs produits serait augmentée d'autant, que ces producteurs seraient enrichis d'autant.
La proposition de l’hon, député de South-Oxford a pour but de procurer ou de faire procurer aux habitants du Canada cette augmentation de richesse. Si nous avions un traité de réciprocité, au lieu d’aller dans le trésor des Etats-Unis les droits que nos produits paient à la frontière américaine reviendraient aux producteurs canadiens. Quant un commerçant de l’autre côté de la frontière vient acheter des produits naturels, &u bois, du grain ou des animaux, il se guide naturellement sur les prix courants du marché aïéricain. De ces prix il retranche, outre les frais de transport et les profits qu'il entend faire, les droits qu’il doit acquitter à la douane de son pays. S'il achète un cheval vaiant $100.00 aux Etats- Unis, sur ce prix qu’il peut réaliser, il déduit les $20.00 qu’il devra payer à la douane et ne donne que $89.00 au cultivateur dont il achète. Si c’est du foin, il retranche pareïillement, sur le prix qu'il paie ici, les #$2.00 par tonneau qu’il devra verser dans la caisse du douanier américain.
La totalité de ces réductions représente donc la perte que nous subissons à raison du fait que nous n'avons pas la réciprocité commerciale avec les Etats-Unis.
Ces pertes, pour les habitants de chacune des provinces de la confédératiou, sont faciles à calculer. Pour Ontario, elles exèdent $1,750,000 par année, en prenant
éd TT
pour base de calcul le chiffre des exportations pour
l’année 1886. Ila été exporté de cette province aux
Etats-Unis 8,301,366 minots d'orge. Comme ce grain est
frappé d’un droit de 10 centins le minot par le tarife
américain, les droits prélévés par les douanes des Etats-
Unis et perdus par les cultivateurs d'Ontario, se sont
élevés à $830,136.60. Il a été exporté de la même
. province 8,123 chevaux valant $1,261,594 d’après les Tubleaux du Commerce et de la Navigation À 20 oo, chiffre os du tarife américain, il a été perçu sur cette exportation, par les douaniers américains, $245,226.20 ou une moyenne de $30.00 par cheval. Avec la réciprocité demandée par
l’hon. député de South Oxford, au lieu de $150.00, ce qui
est la moyenne que représentent les chiffres donnés par
| les Tableaux du Commerce, le même cheval aurait rapporté
| au cultivateur d’Ontario $180.00. En faisant le calcul pour les principaux produits naturels exportés de cette
| province aux Etats-Unis, on arrive aux résultats suivants :
Produits de la culture, grains etc., etc. $1,018,534.70 Animaux vivants 510,468.80 Divers produits, beurre, laine etc, etc. 221,351.58 | $1,750,355.08 | Le Si on ajoute à cela les droits sur le bois, on forme un total excédant $2,000,000, seulement pour la province d'Ontario.
| Dans les provinces maritimes, ce sont principalement les pêcheurs qui souffrent de la muraille de Chine, qui | les exclut du marché américain et qui perdent les $400,- 000 prélevées sur leur poisson par la douane américaine. A Nouvelle-Ecosse perd en sus $80,364 sur les 107,152 tonneaux de charbon qu’elle a vendus aux Etats-Unis et la Colombie Anglaise a perdu sur le même article $#190,416.
IT is
Sur l'exportation de la planche seulement, la province de Québec a subi une perte d'environ $150,000. Sur le
foin la perte a été de $125,342 et de $128,176 sur les chevaux.
Eh bien, M l'Orateur, je le demande en toute sincérité : n'est-ce pas absurde de tenir à ce système anormal qui paralyse les forces productives de la nation, qui enlève à la partie de notre population la plus affectée par le résultat du tarife protecteur que nous avons, plus de $5,000,000 par aunée sur la valeur de s2s produits?
Que diraient nos cultivateurs, nos pêcheurs, nos propriètaires de mines et nos marchands de bois,sion proposait de leur imposer une taxe directe de cinq millions par armée? Ils se récrieraient bien fort: or la politique absurde que nous poursuivons en nous obstinant à rester dans le slatuquo, à continuer les relations commerciales qui permettent aux Etats-Unis de prélever d'aussi fortes taxes sur nos produits naturels, cette politique absurde, dis-je, équivaut à une taxe directe d'autant. Toute la différence, c'est qu'au lieu d’être prélevée par notre gouvernement et de lui bénificier, cette taxe est prélevée pur le gouvernement américain et profite à lui seul.
Est-il possible d'imaginer quelque chose de plus absurde, de plus contraire à nos plus chers intérêts ?
On parle de protection, de politique nationale. Nous la voulons, cetté politique nationale, nous la demandons cette protection, mais nous la demandons pour toutes les classes de producteurs, pour le cultivateur, le pêcheur, le mineur et le marchand de bois, comme pour l'industriel et le raffineur de sucre. Vous avez pris le moyen de protéger l’industrie manufacturière contre la concurrence étrangère, prenons aussi le moyen de protéger l’industrie
extractive contre la même concurrence. Pourquoi soumettez-vous le.cultivateur à un désavantage de 10 à 20 et même 30 o7o dans la lutte avec les cultivateurs américains, quand vous donnez à l'industriel un avantage de 80 o7o et plus dans la lutte contre l’industrie étrangère ? Est-ce que le citoyen de ce pays qui se livre à l’agriculture, à l'exploitation de la forêt, des mines ou des pêcheries,n’a pas autant de droit que l'industriel à laprotection du gouvernement ?
Voyons donc ce qui se fait dans les autres pays ! Pourquoi la France, par exemple, est-elle si riche ? Parcequ’en protégeant l’industrie agricole autant que l’industrie manufacturière, elle augmente les ressources du cultivateur et le met en position de consommer ou d'acheter en plus grande proportion des produits de l'industrie manufacturière. En conceutrant ainsi ses ressources, elle a pu supporter sans trop de gêne les frais d’une guerre extrêmement dispendieuse et payer une indemnité qui eût été rüineuse pour un pays dont le système économique eut été moins bien équilibré.
. Nous la voulons la protection, mais nous voulons qu’elle soit équitable, qu’elle s'applique également à toutes les classes qui forment la masse des producteurs Nous voulons que le cultivateur qui paie tribut à l’industriel, soit mis en position d’acquitter cette charge sans trop de difficulté ; nous voulons le protéger en le soustrayant à l'impôt que perçoit sur ses produits un fisc étranger. Par là même, nous voulons augmenter la protection, ou si vous voulez, les avantages dont jouit la classe industrielle, caren augmentant la valeur des produits de l'egriculture,de la forêt,des mines et des pêcheries,vous augment:"” les ressources de ces quatre classes, qui forment P > la moitié de la population totale du pays et
M, à. Ce
vous les mettez en lieu de consommer une plus grande proportion des produits de l’insdustrie manufacturière.
Est-il rien de plus juste,de plus conforme aux intérêts bien entendus du pays?
Pour protéger l'insdustrie manufacturière, vous avez inauguré une politique de monopole. L'agriculture, los pêcheries, l’insdustrie forestière ne demandent pas de ces odieux previlèges; tout ce qu'elles veulent, c’est la concurrence, maïs la concurrence sur un pied d'égalité, la lutte à armes égales; tout ce qu’elles attendent pour prospérer et se développer davantage, c'est que vous Ics débarrassiez des entraves qui gênent l'accès de leurs produits aux marchés des Etats-Unis. La protection qu’elles demandent, c'est la liberté. Donnez-leur cette liberté et elles supporteront sans peine comme sans plainte le monopole que vous avez créé en faveur de l’industrie manufacturière.
Voilà ce que comporte la proposition de l’hon député de South-Oxford. À moins d’être aveuglé par les préjugés, ou enlassé par les liens de parti, il n’est pas un homme qui puisse raisonnablement s'opposer à l’adoption d’une proposition aussi équitable et aussi patriotique.
Ces considérations, M. l'Orateur, indiquent assez
clairement le sens du vote que je vais donner sur cette question ; je m’associe de tout cœur à ceux qui demandent un acte de justice aussi élémentaire en faveur de la grande majorité de la population du Canada.