‹ Récit complet et authentique des événements de décembre 1851Chapitre 8 sur 14 · ST · texte numérisé non relu

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l'o SITISION.

Le général Carrelet, commandant la première division, est un ancien colonel de gendarmerie. C'est un homme ferme et un officier honorable, ayant beaucoup de commandement. *

Le général de Cotte est un officier de cavalerie' placé à la tête d'une hrieade d'infanterie, et lui communiquant sa bravoure et son €ntram«

M. de Cotte ' est une nature élevée et rare, réservée à un graaé fff enir ; officier brillant de l'armée d'Afrique, nul n'a plus d'iaitrépi£té calme et d'audace simple et naturelle.

M. de Cotte a attaqué de sa personne et le premier, la barricade de la rue Saint-Denis. Son cheval tué s'abat sous lui; le colonel du 72* est blessé, le lieutenant-colonel, radjudant-major sont Uàéa^ vingt hommes tués ou'blessés tombent à ses côtés ; et les soldats se sentaient profondément émus/ au spectacle d'un courage si noUe et si maître de lui. .^

Ce qu^il y a de distinction dans l'esprit et dans le caractère du général de Cotte n'est ignoré de personne dans l'armée, non plus ' que son chaleureux dévouement a la cause du Président de la Ré-^ publique.

* Le général Bourgon est un officier distingué, honoré du soldait^ plein de résolution , d'intelligence et de sang-froid.

Le général Canrobert est un officier de |;rand avenir , et , comme on dit, hors ligne. Les combats dé la guerre d'Afrique dans lesquels il s'est distingué ne se comptent pas. Au siège de Constantine, il était capitaine adjudant-major du brave colonel Combes, tué à ses côtés ; pendant la lutte avec Bou-Maza, il commandait et entraînait le 5® bataillon de chasseurs de Vincennes ; au siège de Zaatcha^ il fit, à la fête des zouaves, l'admiratron de l'armée, montant le premier à l'assaut, à la tête de vingt hommes, dont deux Seulement restèrent debout avec lui.' '

Commandée par des hommes tels que le général Canrobert, une armée sent doubler son courage, et est irrésistible.

Le général Dulac est un officier de résolution, un homme de devoir et d'exécution. C'est lui qui, aux journées de juin, enleva avec son régiment la grande bamcade du faubourg Saint- Antoine et fut nommé général de brigade pour ce fait. •

Le général Beybell, commandant la brigade de cavalerie, est un

homme d'une énergie connue et éprouvée. Il avait déjà donné,

aux Journées de Février, Ig^ mesure de ses sentiments de loyauté et

* d'honneur; car c'est lui qui, esclave de son devoir, accompagna le

roi jusqu'à Saint-Cloud.

I Bécessilé de nouveHes forces; le général Forey conduisit lui-même [ Jes renforts, et les repréEenlanta ayant déclaré qu'ils r.e céderaient I qa'à la force, un commissaire de police saisit M, Benoit-d'Azy, et f 1 entraîna. Toute résistance cessa a l'instant même; les représentants furent placés au centre de quatre files profondes de soldats, et conduits sans obstacle à la caserne du quai d'Orsay.

Quelques tentatives du général Oudinot/pour détourner les sol- ii dais de l'accomplissement de leurs devoirs, ne soulevèrent dans les i rangs (jUe des murmures. Reconnaissant un sergent qui avait assislé au Eiégc de Home, il lui dil : s Gomment, c est toi, MArtin, qui . me conduis en prison? — Pardon, général, répondit le sergent, maisje n'ai pas assez de pouvoir pour TOUS relever de celle puni- . fion-là. V

Les représentants arrfilés dans la journée s'élevaient à deux ce'nt * dix-sept. Ils furent, à l'entrée de la nuit, iransfcrés à !a prison Ma- ' zas, au Monl-Valérien et à Vincennes. '

Pendant que s'accomplissait cette importante opération de la ^ mairie du 10e arrondissement, M. l'archevêque de Paris étailprié, avec déférence, de permeltïe que des agents armés fussent placés ■ dans les t3urs ou clochers de toutes les églises de Paris, pour empêcher les rouges d'eiéculer leur projet de faire sonner le tocsin.

Enfin, ik la même heure encore, la haute Cour de justice s'était "" spontanément réunie au Palais. Elle avait déjà rédigé l'arrût en ^ vertu duquel elle se déclarait saisie de la connaissance des événements, lorsque deux commissaires, appuyés d'un batidllon de garda municipale, entrèrent dans la salle, et exhibèrent l'ordre d'arrêter leî membres de Is Cour, si elle ne se séparait immédiatement. Aucune résistance ne fut opposée; U Cour ae leva et se sépara à l'instant même, sans emporter les papiers placés devant le président; parmi lesquels le plus important était l'arrêt déjà rédigé, mais sans signal ure.

Ici finissent toutes les tentatives de résistance de la joUrnée , , tentalixes paï<i elles, sans résolution, saus éclïo, fondées sur l'absence complète et évidente de tout danger sérieux pour leurs auteurs; car, le 24 février, les deux Assemblées législatives, le Conseil d'Etal, la Cour des comptes s'étaient laissé dissoudre sans réûstance ; les orateurs politiques, qui avaient de belles gccasions de laire des harangues, n'en avaient prononcé aucune; pas une seule

légion de la garde nationale ne s'était réunie pour protester. Et cependant; k 24 février, il ne s'agissait pas d un appel loyal fait au pays, sous la {protection de Tarmée et de Fadministration tout entière; le 24 février, tout s'écroulait, gouvernement, lois,* fînan-^ ces; sécurité publique et privée; et tous les foudres d'éloguence et' de guerre qui venaient d!e s'insurger, devant Louis -Napoléoû Bonaparte maintenant Tordre et sauvant la société , s'étaient tus et s'étaient enfuis devant la démagogie s'imposant à la France et me* naçant l'Europe.

L'armée de Paris était de nature à écarter toute crainte ; son effectif, sa bravoure, sa discipline, son dévoûment à l'ordre, ne permettaient pas de douter que la France ne pût, sous son égide, librement dispeser de ses destinées , sans craindre ni les coteries des partis rivaux , ni la tyrannie brutale des socialistes et des démagogues.

Cette armée comprend onze brigades, savoir :

La brigade de Cotte, • ^

La brigade de Bourgon,

La brigade Canrobert ,

La brigade DhUc ,

La brigade de cavalerie ReybcU, Ces cinq brigades composant la division Carrelet.

La brigade Sauboul,

La brigade Forey,.

La brigade Ripert, Ces trois brigades composnant la division Renaud! .

La brigade Herbillon,

La brigade Marùlaz,

La brigade de Courtigis, Ces trois brigades composi^nt la division Levasseur. Considérées au point de vue de leurs éléments, ces onle brigades comprennent :

Diif-huit régiments d'infanterie de ligne, . Trois régiments d'mfanlerie légère,

Quatre bataillons de chasseurs à pied/.

Deux bataillons de garde républicaine,

Deux batallloûs de gen^rmcrie mobile^

Qaatre campaguies du génie,

Ûoe ^OBipagnie de minears.

Deux régiments de lanciers.

Deux escadrons de guides, >

Deux escadrons de garde républicaine,

Deux escadrons de gendarmerie mobile,

Neuf batteries d'artillerie embrigadées, ^ Dix batteries d'artillerie non embrigadées.

C'est là l'effectif de l'armée de Paris, proprement dite, sans parler des garnisons environnantes, qui pourraient doubler cet effectif en quelques beuresr

Il n*a été appelé du dehors, pendant les journées de décembre, qu^la division de grosse cavalerie de Versailles, conomandée par ie^géoéral Korte, comprenant le 1*"' et le 2^ régiments de carabiniersj.le 6^ et le 7^ régiments de cuirassiers, et le 12^ régiment'de dragons.

XXK.

Qu'on nous permette maintenant, pour faire apprécier cette armée, une esquisse du caractère et. des services des officiers généraux chargés de diriger ses mouvements. *

Le général de Saint-Arnauld, ministre de la guerre, est un esprit élevé, inventif, résolu. Formé dîins la guerre d'Afrique, qu'il a faite pendant auinze ans, à l'école du maréchal Bugeaud, dont il était l'ami, il s est révélé comme un chef militaire éminent, et dans son dernier commandement de la province de Constantine, et dans son expédition de la Kabylie, qu'il a conduite avec ^ne grande habileté. Trois mois d'expédition, vingt-six combats , la campagne la plus rude de toute la guerre d'Afrique , une grande

Sopularité dans l'armée, — c'étaient là des garanties qui avalent ésigné le général de Saint-Arnaud à la confiance du chef de l'Etat, et qui le faisaient digne du grand et honorable rôle qu'il vient dejpuer.

Le général Maçnan, commandant supérieur de l'armée de Paris, est un ancien soldat de l'Empire. Officier brillant, d'une erande autorité dans l'armée, il a conduit, avec un remarquable talent de commandement, les opérations de ces derniers jours, et notamment celles de la journée décisive du jeudi 4. Ordres précis, bien donnés, prévision sûre, calme parfait.

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