‹ Récits d'histoire canadienneChapitre 128 sur 152 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

» conséquent, ma mort ne fera pleurer ni souffrir » personne.

)) Au nom du Dieu qui nous entend, je vous » supplie de me laisser mourir à la place de cet » homme, qui est le seul soutien de sa femme et » de ses enfants ».

Le commandant, en entendant ces paroles, devint presque fou de colère. « Si tu aimes à mourir, tu peux prendre la place du prisonnier », dit-il à notre héros en accompagnant ses paroles d'un formidable juron.

Cetteintervention avait déplu souverainement aux soldats qui furent de l'avis du commandant. Ils insultèrent notre compatriote, lui montrèrent le poing et le traitèrent de fou.

« Qu'il meurt, puisqu'il le veut », s'écrièrent-ils.

Le jeune Brodeur prit la place du prisonnier et se tint prêt à courir les cent verges.

]Mais avant que le signal du départ fut donné, tous les soldats de la batterie du jeune canadien, sortirent des rangs ainsi que quelques autres soldats de ses amis. Ils étaient visiblement émus. Ils s'opposèrent énergiquement à ce que l'on tira sur lui, ce qui apaisa les autres, et le sang ne fut pas versé.

Voilà un acte d'héroïsme qui mérite tous nos éloges. Nous en sommes d'autant plus fiers qu'il a pour acteur un de nos compatriotes canadiens. La Patrie, 9 mars 1896.

Henri Brodeur se distingua par la suite à Cuba, aux Philippines, en Chine. Il est mort accidentellement, à Manille en 1910. Au cours d'un exercice de tir à la cible, la balle d'un de ses camarades lui fracassa le crane. Il était frère de M. Hector Brodeur de la maison Rougier Frères, de Montréal.

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