CHAPITRE PREMIER
sister. Cependant, comme autrefois Frontenac sous qui il avait servi en 1690, il fit une belle réponse qui mérite d'être connue. A la sommation que lui fit Nicholson de se rendre, il répondit :
« — Allez dire à votre général qu'il vienne luimême chercher les clefs du fort ».
Par trois fois, le feu de la place repoussa l'armée assiégeante. Ce ne fut qu'après dix-neuf jours d'un siège très violent que Subercase consentit à capituler. Nicholson, enthousiasmé de sa belle conduite, lui accorda des conditions très honorables. La garnison sortit en ordre de bataille, avec armes et bagages, tambours battants et couleurs au vent.
« Les Anglais, dit encore M. l'abbé Casgrain, furent saisis d'étonnement en ne voyant défiler pour toute garnison que cent cinquante-six hommes, y compris les officiers, hâves et défaits, et vêtus de guenilles. C'était le dernier jour de TAcadie française mais il était glorieux, comme devait l'être celui de la Nouvelle-France, un demi siècle plus tard ».
M. de Subercase s'embarqua pour la France avec ses officiers sur un vaisseau anglais et arriva à Nantes le l^r décembre 1710.
Bulletin des Recherches Historiques, 1910.
Daniel Auger de Subercase, malgré sa superbe défense • fut soupçonné », en France, « de trahison et il ne put jamais recouvrer la confiance publique ».