CHAPITRE DEUXIÈME
» Aucun historien québecquois, croyons-nous, n'a encore signalé ce fait à ceux qui aiment à connaître toutes les particularités de l'histoire de la vieille capitale.
» L'autre jour, en faisant quelques recherches dans les archives de la province de Québec... un passage du procès-verbal d'une assemblée du conseil souverain de Québec tenue le 26 fé\Tier 1687 a attiré mon attention.
» Dans ce procès-verbal, il est dit que Joseph Petit-Bruno et Simon Jarent, tous deux marchands de la \àlle des Trois-Rivières, ont accusé Jean Gauthier, dit La Rouche, un taillandier, d'avoir tiré un coup de fusil, dont Henry Petit, marchand, bourgeois de Paris, et frère de Petit- Bruno, a été blessé et en est décédé. Puis le procès-verbal ajoute : que le 18 décembre 1686 le heutenant-général a rendu une sentence par « laquelle ledit Gauthier est déclaré dûment «atteint et convaincu d'avoir le jour, que le » buste de Sa Majesté fut élevé à la basse-ville » de Québec, à la place publique >\ tiré le coup ^) de fusil dont ledit défunt fut blessé à mort )\..
» Louis XIY étant la « majesté » régnante alors, le buste « élevé à la basse-ville de Québec », était donc celui de ce grand roi.
» Nos antiquaires pourraient-ils nous donner quelques détails sur ce buste ? Sur quelle place pubUque était-il ? A quelle occasion fut-il élevé ? Qu'est-il devenu ?
C'est M. Philéas Gagnon, l'érudit conservateur des archives judiciaires de Québec qui se chargea d'éclairer le pubUc et voici la substance de sa réponse.
Ce fut Jean Bochart, seigneur de Champigny et intendant du Canada, qui voulant plaire
aux puissances, commença par se recommander en apportant « un buste en bronze du Roi, qu'il fit élever à ses propres frais, le 6 novembre 1686, sur la place de la basse-ville de Québec, en grande cérémonie ».
^I. Gagnon est d'opinion que ce monument disparut en 1690, lors du bombardement de Québec par l'amiral Phipps.
Le Glaneur, 1890.